Récit de la course : 100 km de Millau 2016, par sergicus

L'auteur : sergicus

La course : 100 km de Millau

Date : 24/9/2016

Lieu : Millau (Aveyron)

Affichage : 940 vues

Distance : 100km

Objectif : Terminer

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100 kms de Millau

 

Récit des 100 kms de  Millau 2016

Arrivés à Millau le lundi 21 septembre en début d'après midi, mon épouse et moi récupérons notre logement auprès de gens très charmants et accueillants. Nous profitons de ces 4 jours d'avant course pour visiter la région, qui est d'ailleurs magnifique. Je profite de ces quelques jours pour faire le plein de glucides en mangeant pâtes, riz, blé, quinoa, pommes de terre et oeufs.

Vendredi 23 septembre en fin d'après midi on récupère le dossard à la salle des fêtes de Millau au Parc de la Victoire, et là j'y suis, c'est le début de la course... Il y a l'ambiance d'avant course avec le profil du parcours affiché, le podium d'arrivée, le grand écran, les gens qui se photographient devant le parcours, les gradins, la sono, les sourires sur les visages... bref tout ce qui fait le parfum d'avant course.

Samedi 24 septembre, réveil à 5h45 puis solide petit déjeuner composé de pâtes et de riz. A 8h30 mon épouse me laisse devant l'entrée du Parc de la victoire. Après une fouille rapide des sacs par les agents de sécurité ( suite aux attentats terroristes de Nice ), je pénètre dans la salle des sports où déjà une multitude de coureurs sont présents et où le speaker "chauffe " la salle. Je laisse rapidement mes 2 sacs à la consigne, un pour Millau et le deuxième qui ira à Saint Afrique. J'ai mis une paire de chaussures , un change complet, une bouteille de 0.5l de maltodextrine dans chaque sac, plus un tee-shirt à manches longues, un sweat et une frontale pour le sac de Saint Afrique. Je vérifie mon sac à dos, 0.33l d'eau, 0.5l de maltodextrine, 3 gels, 1 barre de céréale, 1 tube de pommade Niflugel, 1 tube de pommade Nok, 1 bande Velpeau, du sparadrap anti ampoule, des pansements, du papier toilette, des épingles à nourrice, 1 paire de lacets, 10 gélules de BCAA et 4 tubes d'Arnica 9 CH( unidose ).

9h00, je rejoins le bas du Parc de la Victoire où une foule bariolée, nombreuse et enthousiaste s'anime, discute et s'encourage. 9h30, précédé de la fanfare, le cortège composé des coureurs et de leurs accompagnants se dirige tranquillement vers la ligne de départ sous les applaudissements et encouragements d'un public venu nombreux en ce début de matinée. Cette "traversée" de la ville est bon enfant et a le pouvoir de me déstresser  de la tension du départ. 9h55 je suis à quelques mètres de la ligne de départ, derniers moments de concentration.

 10h00, ça y est c'est le Grand Départ, sous un beau soleil le starter libère les quelques 1600 centbornards et les 400 marathoniens. Je pars tranquillement, mon sweat à la main et au bout de quelques centaines de mètres je le laisse à mon épouse qui est venue m'encourager et qui attend patiemment sur le côté de la route. Un petit bisou et je m'élance à l'assaut de mes 100 kms. Je prends rapidement mon rythme de croisière (9.5 km/h ) au sein d'un peloton assez groupé.

Aguessac (6.5° km ) premier ravitaillement, je prends 2 sucres et 2 verres d'eau que j'avale en marchant tranquillement sous les applaudissements de nombreux spectateurs. A la sortie d'Aguessac les accompagnants vélo sont là. Ils sont rangés sur plusieurs centaines de mètres de chaque côté de la route, guettant leur coureur, les chiffres pairs à droite et les impairs à gauche. Tout se passe bien, comme dans un ballet bien huilé les vélos rejoignent leur coureur, je ne suis pas gêné et je continue tranquillement mon bonhomme de chemin. Avec l'arrivé des vélos, le peloton s'est étoffé et animé. Il y a plus de "bruit", de discussions, ce qui rend la course plus agéable.

Rivière sur Tarn ( 12° km ) deuxième ravitaillement, les vélos sont invités à se mettre du côté gauche de la route et les coureurs du côté droit afin de bénéficier du ravitaillement sans être gênés. Je refais le plein de ma bouteille d'eau et je prends 2 sucres et 2 verres d'eau que j'avale en marchant sur une vingtaine de mètres. A ce ravitaillement un coureur demande un verre de bière qu'on lui tend gentiment, et une bénévole de répliquer: << mais ils boivent de la bière en courant!!! >>. Il y a toujours beaucoup de monde qui encourage les participants, c'est "chouette". Je repars sur ce parcours à peu près plat à mon allure de sénateur. Je suis bien.

Boyne ( 16° km ) troisième ravitaillement, le peloton s'est considérablement étiré ce qui me permet de prendre mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau sereinement. Je refais le plein de ma bouteille d'eau, et je repars. A la sortie du village je me retrouve seul, un groupe de concurrents me précède d'une trentaine de mètres et un autre groupe me suit aussi à une trentaine de mètres. Cela va durer quasiment jusqu'au  prochain ravitaillement. La route et le paysage sont beaux. Je suis toujours bien.

Le Rozier ( 21° km ) quatrième ravitaillement, je remplis ma bouteille et je prends mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau. Je profite de cet arrêt pour mettre de la pommade Niflugel sur mes 2 genoux à titre préventif, notamment le gauche car depuis 2 semaines j'ai un peu mal et il y a de " l'eau" dedans. Mais pour le moment aucune douleur et après quelques étirements des genoux je repars, toujours sous les encouragements d'un public venu en nombre. A la sortie du village il y a la côte de Peyreleau que je passe en courant sans aucune difficulté, mais là, dans la montée je double un concurrent habillé en treillis et qui court en "crocs", incroyable!!!. Puis j'enchaine sur la descente et là après quelques dizaines de mètres une douleur fulgurante dans le genou gauche qui m'oblige à m'arrêter et à marcher sur quelques mètres. Je repars et de nouveau une douleur assez vive dans le genou. Après quelques minutes d'étirements je continue doucement jusqu'au bas de la descente avec une gêne dans le genou. Arrivé sur le plat la douleur se fait presque oubliée. La route continue à monter et à descendre jusqu'au prochain ravitaillement et la douleur revient dès que cela descend ou que je veux accélérer. Ainsi dans les descentes je ralenti fortement, allant jusqu'à marcher sur quelques mètres, mais dès que c'est plat ou que cela monte je cours sans trop de gêne.

Les Prades ( 25° km ) cinquième ravitaillement, je prends mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau, sans oublier de remplir ma bouteille d'eau. De nouveau je profite de cet arrêt pour m'étirer doucement et marcher sur quelques mètres. Je repars en direction du prochain ravitaillement sur cette portion de route bien vallonnée avec de bonnes côtes et de bonnes descentes. Comme dans les descentes mon genou me fait souffrir, je décide de faire toutes les côtes en courant et de marcher par intermittence dans les descentes, finalement je fais l'inverse de ce que j'avais programmé. Cela me fait sourire, car les coureurs que je dépasse dans les côtes me redoublent dans les descentes. Peu après ce ravitaillement un homme cours avec un pack de gourdes à la main et un sac à dos conséquent, il est à la recherche de son épouse. Il est son accompagnateur vélo mais il a cassé son dérailleur et il a abandonné son vélo sur la route et il essaie de rattraper son épouse. J'admire son courage car on cours ensemble sur plusieurs kilomètres et il est bien chargé.

La Cresse ( 30° km ) sixième ravitaillement, je remplis ma bouteille d'eau et je prends mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau. Je prends aussi un demi verre de Saint- Yorre que je déguste tout en marchant. Il y a toujours autant de monde pour nous encourager et les stands de ravitaillement sont toujours aussi bien garnis en solide, en liquide, en sucré et salé. Même si je ne me contente que de sucres et d'eau je dois avouer que les ravitaillements sont vraiment au top. Je repars toujours à mon rythme et comme la route est beaucoup plus plate mon genou se fait oublier, ce qui me remonte le moral. Par contre il commence à faire bien chaud et quelques coureurs autour de moi s'en plaignent auprès de leur accompagnateur. Personnellement je ne crains pas trop la chaleur et là je suis plutôt bien, donc je déroule très tranquillement en admirant le paysage.

Paulhe ( 34° km ) septième ravitaillement, je remplis ma bouteille et je prends mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau. Je profite de cet arrêt pour me frictionner le genou gauche avec la pommade Niflugel qui de temps en temps me fait mal. il fait de plus en plus chaud et des concurrents se rafraichissent sous une douche improvisée à l'aide d'un tuyau d'arrosage. Je repars, mais je commence à me poser des questions au sujet de mon genou. Est-ce que je continu au risque de vraiment m'abîmer le genou, ou est ce que j'abandonne. Rien que le mot "abandon" me fais peur, dans ma tête je ne suis vraiment  pas prêt pour abandonner, mais ce genou m'embête terriblement et plus je cours, plus j'y pense. Je continu et au 36° km je rencontre Anass, un Lyonnais qui cours à la même vitesse que moi. De ce fait on se met à parler, à échanger nos sensations, à faire un peu connaissance et ainsi les kilomètres défilent et je pense moins à mon genou qui d'ailleurs me fait moins mal, mais comme la route est plate c'est un peu normal.

Millau Plage ( 39° km ) huitième ravitaillement, je prends 2 sucres et 2 verres d'eau tout en marchant une quinzaine de mètres. Je repars et j'essaie de rejoindre Anass qui a été plus rapide que moi au ravitaillement, mais il me faut un bon kilomètre pour combler la quarantaine de mètres qui nous séparent. On rentre dans Millau, on traverse la ville sous les applaudissements des Millavoises et des Millavois, la circulation dans Millau est ouverte mais nous ne sommes nullement gênés. J'ai toujours se dilemme en tête, j'arrête ou pas, car on arrive au Parc de la Victoire, je sais que mon épouse m'attend, mon genou me fait toujours un peu mal... On croise des coureurs qui s'élancent à l'assaut de la deuxième boucle, ils me donnent envie de les suivre.

Millau ( 42° km ) neuvième ravitaillement, j'entre dans la salle des fêtes, je remplis ma bouteille et je prends mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau. Mon épouse est là qui m'encourage et me demande si tout va bien, je lui dis que ça va à part le genou qui me fait un peu souffrir mais j'ai pris ma décision, je continu, on verra bien !!! Je me frictionne de nouveau les genoux avec le Niflugel, un petit bisou à mon épouse et je repars. Je sors de la salle des fêtes et je descends l'allée du Parc de la Victoire où je croise les concurrents qui finissent cette première boucle de 42 kilomètres. Il y a beaucoup de monde, d'encouragements et d'applaudissements, c'est bien. J'attaque cette deuxième boucle dans l'inconnu car c'est la première fois que je vais courir plus d'un marathon. Je traverse Millau direction Creissels sur un petit nuage, vu les encouragements que l'on nous donne. Je ne vois plus Anass, on s'est perdu de vue au ravitaillement, je ne sais pas s'il est devant ou derrière moi.  

Creissels ( 47° km ) neuvième ravitaillement, je remplis ma bouteille d'eau et je prends mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau. Je prends aussi un peu de Saint-Yorre et je mange 3 petits morceaux de pain aux amandes. Je repars mais au bout de 500 mètres je suis obligé de m'arrêter pour retirer ma chaussure et ma chaussette de mon pied droit car il y a un bout de sparadrap qui se promène sous mon pied et ça me gêne. Une fois rechaussé je repars soulagé de ce petit soucis. Puis j'arrive à Raujolles où débute la terrible côte du Viaduc de Millau. J'attaque cette longue ligne droite de 2 kilomètres à 8% sans aucune appréhension. Je dépasse  bon nombre de concurrents qui marchent, car hormis le pourcentage assez élevé de cette côte, le soleil "tape" fort. A mi-parcours je marche une vingtaine de mètres, puis je repars tranquillement jusqu'au sommet. C'est là que je me dis que mon entrainement en côte paye. Puis c'est la descente vers Saint Georges de Luzençon; l'on passe au 50° kilomètre où le photographe officiel de la course "capture" les images de tous les coureurs qui passent. Dans la descente je me fais une petite frayeur, tout en marchant et en buvant je me tords la cheville gauche sur une différence de niveau de goudron. J'ai vraiment eu peur, mais non tout va bien. Je continu la descente en alternant marche et course jusqu'au ravitaillement.

Saint Georges de Luzençon ( 53° km ) dixième ravitaillement, je remplis ma bouteille d'eau et je prends mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau. Je prends aussi un peu de Saint-Yorre et je mange un petit bout de pain. Je me frictionne aussi le genou avec le Niflugel car la descente a mis mon genou à rudes épreuves et il me fait mal. Je retrouve Anass et on s'échange quelques encouragements. Je m'octroie quelques minutes de repos avec étirements puis je repars avec toujours les applaudissements et encouragements des spectateurs. Cette partie de la course est celle que j'ai la moins aimée, car la route est large, peu ombragée, en faux plat montant et je ressens aussi un peu de fatigue. Mais la bonne nouvelle c'est que mon genou ne me fait pas souffrir et que finalement je maintiens mon rythme de croisière sans difficulté.

Pont du Dourdou ( 57° km ) onzième ravitaillement, je remplis ma bouteille d'eau. Je veux prendre mes 2 sucres, mais je ne les vois pas sur la table. Je demande aux bénévoles s'il y a du sucre et une dame s'empresse de m'en trouver une boîte. C'est vrai que c'est le plus petit des ravitaillements, mais il y a l'essentiel. Je prends donc mes 2 sucres en remerciant beaucoup la dame, et mes 2 verres d'eau. C'est à ce moment là que le futur vainqueur de l'épreuve nous croise, il file d'une belle foulée vers sa deuxième victoire d'affilée. Nous l'applaudissons tous et je suis vraiment en admiration. Il ne lui "reste" plus que 15 kilomètres à parcourir, tandis qu'il m'en reste environ 43 et avec encore pas mal de difficultés à franchir. Je repars en sachant que maintenant je vais aussi croiser tous les coureurs qui sont devant moi, mais je suis dans ma course et cela n'a aucune influence sur mon moral, qui est très bon. La route est toujours large et  en faux plat montant, mais malgré tout, ça va.

Saint Rome de Cernon ( 60° km ) douzième ravitaillement, je remplis ma bouteille d'eau et je prends mes 2 sucres, mes 2 verres d'eau et 3 petits morceaux de pain aux amandes. Toujours autant de monde et d'encouragements, c'est formidable. A la sortie du village je prends à droite pour la montée de 4 kilomètres de Tiergues. C'est de nouveau une jolie petite route ombragée, et comme je cours, je double des concurrents qui marchent. Je dépasse Anass qui marche et je l'encourage d'une tape amicale. J'arrive au sommet de la côte et là aussi je me satisfais de mes entraînements en côte. Cette montée je ne l'ai quasiment pas "vu". Juste avant d'arriver au prochain ravitaillement, des spectateurs nombreux nous encouragent et cela me fait penser à l'ambiance "Tour de France" cycliste. C'est vraiment super et je les en remercie vivement.

Tiergues ( 65° km ) treizième ravitaillement, on est accueilli par une fanfare, je prends mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau. J'effectue quelques étirements et je marche sur une vingtaine de mètres. Je repars direction Saint Afrique, 6 kilomètres de descente. Depuis un moment je n'ai plus trop mal au genou, mais là je ne sais pas ce qu'il va se passer. Je viens de m'apercevoir que je n'ai pas rempli ma bouteille d'eau mais comme il fait moins chaud et que ça descend, je ne me fais pas trop de soucis. Effectivement  la première partie de la descente se passe bien, pas de douleurs, je déroule pas trop vite. Par contre les 2 derniers kilomètres sont plus pentus et de nouveau je suis obligé de marcher quelques mètres et de ralentir fortement mon allure lorsque je cours. Je me languis d'arriver à Saint Afrique.

Saint Afrique ( 71° km ) quatorzième ravitaillement, juste avant d'arriver au ravitaillement un speaker annonce les prénoms des coureurs à la sono, devant des dizaines de spectateurs qui les reprennent en coeur tout en nous encourageant et en nous applaudissant, c'est vraiment top. Super ambiance!!!  Je me dirige dans la salle où je peux récupérer mon sac à la consigne. Je m'installe à une table et je prends ma lampe frontale, mon tee-shirt à manche longue, mon sweat et ma bouteille de maltodextrine. J'avais aussi prévu une bouteille de maltodextrine à Millau mais comme à ce moment là je n'avais pas fini celle de mon sac à dos, je ne l'avais pas prise. Je rends mon sac à la consigne pour qu'il l'achemine à Millau. Puis je prends mes 2 sucres, mes 2 verres d'eau et 2 petits bout de pain aux amandes. Je me frictionne aussi le genou avec le Niflugel et j'effectue quelques étirements. C'est mon arrêt le plus long depuis le départ, entre 15 et 20 minutes. Puis je repars et 400 mètres plus loin je" re dépasse"  Anass. De nouveau je l'encourage mais je crois qu'il commence à accuser le coup et il ne peut m'accompagner. Puis juste avant la sortie du village la route s'élève, et assez fortement. Je suis sur la route du retour, je sais qu'il y en a pour 6 kilomètres de côte, mais je me sens bien et c'est tout naturellement que je cours tout le long de la montée. Ainsi je double pas mal de concurrents qui marchent et j'en croise aussi beaucoup qui se dirigent sur Saint Afrique. Là, je sais que je vais aller au bout, je cours et je suis bien.

Tiergues ( 77° km ) quinzième ravitaillement, je remplis ma bouteille d'eau et je prends mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau. J'enfile aussi mon tee-shirt à manches longues car quelques hectomètres plus loin il y a la descente sur Saint Rome de Cernon et le soir tombe doucement accompagné de sa fraîcheur. Je repars et effectivement quelques centaines de mètres plus loin j'attaque la descente et de nouveau mon genou me fait mal. Je suis obligé de ralentir fortement ma vitesse et quelques coureurs me dépassent. Je marronne intérieurement en maudissant ce satané genou. Puis au milieu de la descente je double un concurrent qui va encore plus doucement que moi, faut le faire!!! je pense qu'il doit avoir un problème similaire au mien. Au bas de la descente, à l'entrée du village, des spectateurs assis sur leur chaise de camping et emmitouflés dans leur polaire applaudissent et encouragent copieusement les coureurs qui passent. C'est extraordinaire!!!

Saint Rome de Cernon ( 82° km ) seizième ravitaillement, je remplis ma bouteille d'eau et je prends mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau. Une petite fille me propose gentiment un verre de soupe que j'accepte volontiers et que j'apprécie particulièrement. Il y a toujours du monde qui nous encourage malgré la nuit qui arrive. Je repars à bonne allure sur cette partie de la course où la route est en faux plat descendant et je croise encore quelques coureurs et marcheurs et je me demande à quelle heure ils vont arriver, en tout cas, chapeau!!!. A la sortie du village un petit groupe de gitans ( je pense ) joue de la guitare et m'encourage avec ferveur. Je les remercie et leur adresse un "Olé", ce qui décuple leurs encouragements. Maintenant il fait nuit et j'hésite à mettre ma lampe frontale car comme la route est fermée, il n'y a pas de danger et il y a un magnifique ciel étoilé. Je décide de profiter de ce ciel et je cours en regardant les étoiles et aussi de temps en temps le sol pour éviter la chute. C'est vraiment beau, surtout que je n'ai pas l'habitude de courir si tard.

Pont du Dourdou ( 85° km ) dix-septième ravitaillement, je prends mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau et je m'étire quelques instants. Puis je repars et je suis un concurrent avec son accompagnateur vélo qui sont bien éclairés. J'arrive à les dépasser au bout d'un bon kilomètre, mais ils me suivent de près. Depuis un bon moment mon genou me laisse tranquille et je continu de profiter du ciel étoilé, c'est beau!!!

Saint Georges de Luzençon ( 89° km ) dix-huitième ravitaillement, je remplis ma bouteille d'eau et je prends mes 2 sucres et mes 2 verres d'eau. Je mange aussi 3 petit bouts de pain aux amandes et un morceau de pain blanc, puis je bois un peu de Saint-Yorre. Une concurrente a l'air d'être bien fatiguée mais un coureur et une bénévole l'encourage et l'exhorte à continuer. Ils lui donnent quelques conseils pour finir la course et l'encourage vivement. Du courage il va en falloir car la dernière difficulté est là, tout près. Après ces quelques minutes de repos je repars, mais assez sereinement. A la sortie du village j'attaque la montée tranquillement en courant, je passe au 90° km et je sais que j'en ai pour 3 kilomètres à 8% à peu près. Finalement je fais toute la côte en courant à mon rythme, ce qui me permet de doubler 6 ou 7 concurrents. Arrivé sous le Viaduc de Millau un groupe de jeunes m'encouragent, ils sont sur le terre-plein d'un rond point qui n'est pas éclairé. Heureusement qu'ils m'encouragent car je ne les avaient pas du tout vus. Je passe à l'aplomb du Viaduc et j'entame les 2 kilomètres de descente. Evidemment je suis obligé de descendre très doucement à cause de mon genou et 2 coureurs me doublent mais tant bien que mal j'arrive en bas.

Creissels ( 96° km ) dix-neuvième ravitaillement, après hésitation je m'arrête quand même au ravitaillement, je suis seul, pas de concurrent. Je prends mes 2 derniers sucres et mes 2 verres d'eau. Je remercie encore une fois les bénévoles et je m'élance pour mes 4 derniers kilomètres. Sur cette dernière partie tous les kilomètres sont marqués. Je rentre dans Millau, je traverse la ville sur ce faux plat montant mais porté par les applaudissements et encouragements je ne sens pas la fatigue. Je savoure ces derniers kilomètres. Je remercie tous les spectateurs, je suis un peu en état euphorique. Je rentre dans le Parc de la Victoire, beaucoup de spectateurs m'applaudissent, puis je rentre dans la salle des fêtes. Le speaker annonce mon prénom, je passe la ligne d'arrivée en 12 heures 04 minutes et 33 secondes, ça y est, je suis centbornards, je suis aux anges. On me remet le diplôme officiel de la course et le cadeau surprise qui n'est autre qu'un beau couteau Laguiole gravé aux 100 kms. Mon épouse est là, elle me prend en photo et me félicite. Je reçois un coup de téléphone de ma fille qui me félicite aussi et qui est très fière de son papa. Cela me fait évidemment très plaisir et je l'en remercie vivement. Après un petit bisou je file me faire masser, puis je récupère mes 2 sacs à la consigne. Ensuite je vais prendre mon plateau repas, je m'installe tranquillement à table, mais l'appétit n'est pas vraiment là. Tout en grignotant je raconte ma course à mon épouse. Puis on s'installe quelques minutes sur les gradins afin de voir et d'applaudir les concurrents qui en finissent avec cette superbe course. Ensuite on rentre à l'appartement où m'attend une bonne douche et une bonne nuit de sommeil.

Le bilan personnel  de cette course, est que c'est vraiment la plus belle course que j'ai faite. Le parcours est exigeant mais beau, l'ambiance est super, l'organisation est au top et les bénévoles sont fantastiques. Je remercie vivement Monsieur Serge Cottereau car c'est en appliquant sa méthode d'entraînement que j'ai pu accomplir cette course. Je remercie aussi Elie Monchi , meneur d'allure en 11h, pour ses conseils d'entraînement. Enfin je peux dire que mes 5 entrainements hebdomadaire avec une moyenne de 11h par semaine m'a été très bénéfique. En effet dans cette course, hormis la douleur à un genou je l'ai passée comme dans un rêve. Je n'ai pas eu de crampes, pas d'ampoules, pas de maux de ventre, je n'ai pas eu de lassitude,  je suis arrivé fatigué mais pas exténué. Tout le long du parcours j'ai couru à mon rythme, bref j'étais bien.

En plus des ravitaillements j'ai "avalé"sur tout le parcours, 0,5l de maltodextrine sur les 1,5 l que j'avais préparé, 4 tubes d'Arnica 9CH ( unidose ) et 6 gélules de BCAA, un point c'est tout.

Enfin je remercie les organisateurs et surtout tous les bénévoles sans qui cette course ne pourrait avoir lieu. Merci, mille fois merci et un grand bravo

4 commentaires

Commentaire de -Syldenis- posté le 09-10-2016 à 08:20:26

Félicitations pour cette performance réalisée qui plus est avec cette douleur que tu sembles avoir surmontée sans trop de difficultés. Ça démontre une belle force de caractère et beaucoup de confiance dans ta préparation. Pour moi qui espère faire cette épreuve d'ici un ou deux ans, j'en retiens aussi quelques infos sur la préparation, le ravitaillement (que je pensais plus conséquent) et aussi sur le fait qu'on peut passer du marathon aux 100 bornes et ne pas forcément se faire accompagner. Ça ouvre des perspectives intéressantes. En tout cas, encore bravo.

Commentaire de sergicus posté le 09-10-2016 à 08:41:07

Merci beaucoup. Effectivement avec une bonne préparation on peut faire Millau.Je vous conseille de la faire car c'est vraiment une belle course et une aventure personnelle.

Commentaire de CROCS-MAN posté le 09-10-2016 à 17:05:36

Félicitations centbornards, on a du se croiser sur le marathon, j'étais en treillis. Bravo pour ton courage

Commentaire de Laurent42195 posté le 14-10-2016 à 10:43:24

Bravo a toi, tu as très bien géré ta course dans des conditions pas évidentes compte-tenu de la chaleur.
Ta très bonne préparation t'a permis de surmonter aisément les difficultés.
Elie, meneur 11h

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