Récit de la course : 100 km de Millau 2009, par sachanono

L'auteur : sachanono

La course : 100 km de Millau

Date : 26/9/2009

Lieu : Millau (Aveyron)

Affichage : 825 vues

Distance : 100km

Objectif : Pas d'objectif

5 commentaires

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Un Millau pour la route

Un Millau pour la route
1er 100 km sur route !

Désolé c’est long !

Après avoir fait les 100 km ultra run drômois en Mai, je voulais tenter autre chose pour la deuxième partie de l’année. Je regarde le calendrier, et un truc clignote en orange fluo devant mes yeux : 100 KM DE MILLAU. Quand on commence la course à pied, MILLAU c’est un grand mythe, une référence, la Mecque quoi. J’ai jamais fait de la route aussi long, alors ça va changer, c’est sur.

Juillet  Vacances, donc c’est en aout que je commence la préparation.
Mais impossible de suivre les plans d’entraînement, car la chaleur est trop forte, faire du fractionné 30/30 ou de la séance à 80% est suicidaire alors qu’il fait plus de 30° degré. C’est un coup pour finir au bord de la route, alors je me contente de courir à mon allure.

2 mois d’entraînement, c’est un peu juste, mais on verra bien.
J’embrigade mes enfants pour me faire les suiveurs vélo, le grand (15 ans) pour la petite boucle, le petit (13 ans) pour la grande boucle. Et je leur mets une pression de folie « J’ai absolument besoin de vous, faudra pas me perdre, et aller jusqu’au bout »  père indigne !
J’attache un vieux sceau à peinture avec du fil de fer à l’avant de mon VTT, c’est horrible mais très fonctionnel, les gamins ont horreurs de faire les sorties d’entraînement avec, ils ont trop la honte ! ! !

Millau vendredi 25 septembre, on arrive le soir, retrait du bungalow au camping et retrait des dossards, y’a déjà une bonne ambiance.
Je demande à un meneur d’allure comment il gère les arrêts au ravito, les allures. Et comme toujours la même phrase que j’ai lu sur plusieurs forum: partir doucement, attention c’est long, la vérité se fait dans le col de thiergue !!

Pour une fois pas de départ à 4H du matin, ici c’est 10H, on a le temps de se lever tranquillement.

Les vélos partent un peu + tôt, pour aller se mettre à 7 km et nous attendre sagement la bas. Mon fils y va en suivant le mouvement.
Passage par l’arrivée pour faire valider la puce. Puis c’est en cortège que le peloton se dirige vers la ligne de départ, accompagné par la fanfare, cela fait fête du village et est très sympa.

C’est parti, et la rue est un peu encombrée, alors je décide d’accélérer pour m’extraire du peloton et pouvoir courir à mon aise. Je suis un peu vite mais bon, je passe à coté de Bruno Heubi (allure 9H), mais je me dis qu’il pars doucement.

Arrivé devant la section des vélos suiveur, c’est une portion de plus d’1 km remplie de vélo de part et d’autre de la route, c’est impressionnant, d’autant plus qu’ils se penchent pour voir leur poulain arriver, ça fait un peu la foule dans la montée du ventoux au tour de France ! !

Je retrouve mon gars, il se range à mes cotés et on avance, je lui demande à combien on est sur le compteur vélo, il me dit 14,5 km/h, je râle « fait ch… ce compteur il s’est déréglé pendant le trajet en voiture ». Plus loin, j’entends des conversations d’autres coureurs « je fais 2H35 au marathon, .. » et la je comprends ce qui m’arrive  je suis parti comme une balle ! ! !

Pas de panique, je dis à mon gars :
- tu sais je vais exploser, je suis parti beaucoup trop vite.
- pourquoi tu ralentis pas alors ?
- parce que je suis bien, il fait beau, le paysage est superbe ! ! !

J’explique à mon gars, tous les ¼ d’heure tu me tends le bidon, toute les heures tu me donnes un sportenine. Et il va faire cela à merveille, en assurant le remplissage des bidons au fur et à mesure, un vrai pro.

Au demi-tour, une petite côte, le public encourage « Aller Olivier », mais d’ou ils connaissent mon prénom !!! En fait ils regardent rapidement le N° de dossard et la liste des inscrits. C’est super sympa.
Dans la descente qui suit je me laisse aller et fait bien de 17km/h. Un concurrent se met à coté de moi et m’explique que c’est pas bon pour les muscles, je casse de la fibre, que je vais le payer. Alors je lui explique que de toute façon je suis parti trop vite, que je vais exploser, et que je peux pas m’empêcher de bombarder dans les descente car J’ADORE ça !

De retour à Millau pour le marathon en 3H16 (j’ai jamais fait moins de 3H30 au marathon !), les cuisses me font mal, je sens le contre coup arriver. A la sortie de la salle, je récupère mon autre fils, ils se sont passé les consignes pour l’eau, et on repart, sauf mes jambes. J’ai du mal, pourtant ça descend, les jambes lourdes, je sais, je savais, et je vais payer !! Des concurrents me double, j’avance plus, j’ai envie de m’arrêter. Une petite voix me dit « t’as fait un bon temps au marathon, tu peux arrêter la », mais vis à vis de mes enfants, de ma femme qui assure la logistique et viens me voir au bord de la route je ne PEUX pas faire ça. C’est alors un passage à vide de 20 kms jusqu’à Saint Rome de Cernon avec la montée du viaduc sous la chaleur, la descente derrière ou je n’arrive même pas à faire mon allure normal, le faux plat ensuite, long, vent contraire, je suis régulièrement doublé. Heureusement je suis encouragé « aller les UFO » par quelqu’un derrière moi, je me retourne, c’est un femme, petite, agile, elle assure un train millimétrée, c’est Brigitte Bec. Je l’encourage aussi, elle me dépose cm par cm, c’est beau la régularité, j’ai beaucoup à apprendre je crois !

Saint Rome, ma femme est la, j’ai même pas la force de lui dire un mot, je sais que derrière y’a le juge de paix, le col de Thiergues. La montée commence et au bout d’1 km, je marche, c’est la loose dans ma tête ! ! ! Mais au bout de 3 minutes je me fais violence et je reprend un semblant de course, c’est alors qu’un cycliste que je ne connaît pas, venu du ciel (un ange), se met à coté de moi et me dit « t’a un bon rythme, 9km/h » ! ! ! ! ! Je suis ahuri ! En fait je suis pas mal du tout, mon fils n’arrive pas à me suivre, j’avance bien et je passe le col à ce rythme, le cycliste s’évanouit en haut comme il était venu.

Puis la descente sur St Affrique, j’accélère, je suis à 14, c’est bon, on croise les 1er, encouragements et respect mutuel !!!

Demi-tour puis portion marché à la sortie de St Affrique, la cote étant impressionnante !
Et retour à un bon rythme, un coureur est au bord de la route à l’arrêt, puis un autre marche, je remonte donc, c’est bon pour le moral.

A l’arrivée au col de thiergue, une impression étrange, au ravitaillement je suis en sens inverse du flot de coureur.
Un nouveau cycliste vient à mon coté, il se présente c’est YOYO du forum, on papote, il me dit que j’ai un bon rythme dans la descente (14 km/h) qu’il m’envie d’avoir à 80 km encore cette pêche. Il devrait faire coach sportif, car rien de tel pour remettre du beau dans la tête. On fait un bout de route ensemble, avec son fils qui chante à l’arrière du vélo, elle est pas belle la vie.

On croise des centaine de coureur, chacun à un mot d’encouragement, c’est GEANT, il est impossible de répondre à tout le monde, c’est bien dommage.

A saint Rome, on me dit 7ème, je vois alors le 6ème devant moi. On va faire 15 km comme ça, à qq centaine de mètre l’un de l’autre. Un autre coureur marche, on passe donc, lui 5 et moi 6. La dernière cote du viaduc, je marche, lui pas, je ne le vois plus. Dans la descente je lâche les chevaux (YOYO m’avait dit pourtant de pas le faire !) et je attrape le 5 ème en bas de la côte. Mais dès que j’approche il reprend le large, je me dit que 6 ème, je signe des 2 mains alors basta. Je m’arrête au dernier ravitaillement, lui pas, il s’en va.

A l’entrée de Millau, avant de passer le pont il est devant moi, et n’avance plus très vite. Je le passe, sur qu’il va pas se laisser faire, km 98, je suis bien, ça monte mais je donne tout ce qui me reste, km 99, je n’ose pas demander à mon fils s’il est loin derrière, de toute façon je peux pas aller + vite. On entre dans le parc, l’aiguille de mon niveau d’émotion dépasse le rouge vif. Je dis à mon fils « tu n’as pas le droit d’entrer avec le vélo dans la salle, mais tu viens quand même ». Je passe la ligne, mon fils derrière. Mais qu’est ce que j’ai fait la : 5ème en 8H33.

Je souffle, je bafouille 2 bêtises dans le micro, j’ai fini MILLAU, la légende, c’est fou !

En redescendant, je suis interpellé par quelqu’un qui m’annonce contrôle antidopage, il m’emmène dans un vestiaire ou attende les autres coureurs déjà arrivés. Il y a Brigitte, viendra ensuite Anne-cécile, toute des personnalités que j’ai souvent et uniquement vu en photo sur le papier glacé du magazine Ultrafondus. Je suis tout penaud devant ces « stars » du grand fond.

Il me faudra presque 2H et 3 litres d’eau pour faire mes 100 ml réglementaire.

Encore aujourd’hui j’ai du mal à réaliser.

J’ai gèré la course comme un âne, résultat un passage à vide démentiel, mais heureusement ensuite des anges sont venus pour m’aider à finir.

Un grand merci à mes 2 gars qui ont assuré un suivi logistique sans failles.


Olivier Muller.

5 commentaires

Commentaire de BENIBENI posté le 03-10-2009 à 12:28:00

Impréssionnant ! Bravo à toi !

Commentaire de Manuwak59 posté le 03-10-2009 à 14:24:00

Alors là chapeau !!! Avec cette course saccadée et ce résultat final. Une séance de fartleck, grandeur nature !!! Avec une bonne gestion, je n'ose pas imaginer la suite. En tout cas mes félicitations à toi et à tes 2 dévoués!!!!!!!
Manu.

Commentaire de CROCS-MAN posté le 04-10-2009 à 06:55:00

MEGA BRAVO, un sacré MENTAL!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
avec 3h16 au marat tu avais une sacrée avance.
Merci pour ton récit qui fait réver et bravo aux 2 fistons.

Commentaire de Clairette et Vincent posté le 07-10-2009 à 17:04:00

Je reste sans voix! J'ai probablement du t'encourager lorsque nous nous sommes croisés.
un GRAND BRAVO à toi champion! Tu es trop humble à mon goût ;-)

Commentaire de Métrolo posté le 12-10-2009 à 13:21:00


Génial ! un beau, trés beau, utra beau temps ! je suis impressionné.

Rien à dire de plus ! t'es un champion ! chapeau !

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