Récit de la course : 100 km de Millau 2012, par Montana

L'auteur : Montana

La course : 100 km de Millau

Date : 29/9/2012

Lieu : Millau (Aveyron)

Affichage : 528 vues

Distance : 100km

Objectif : Battre un record

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100 km de Millau : Que du bonheur!

29 septembre 2012, ce sera mon 5ème 100 kms de Millau et toujours autant de plaisir de participer à cette épreuve mythique !

 

Objectif n°1 : terminer Objectif n°2 : en 8h59'59'' si possible

 

Départ à 10h00 de Paris. Depuis 3 ans, je viens sur Millau avec Helder et nos 2 accompagnateurs respectifs Stéphane et Adrien. Comme tous les ans, l'ambiance est détendue dans la voiture. C'est surtout vrai pour moi, car l'an dernier la météo m'avait bien (trop) stressé et précipité ma longue descente en enfer. Mais cette année, le temps est annoncé pluvieux et je préfère 1000 fois ça aux courses trop chaudes et ensoleillées.

 

Arrivée à 17h15 sur Millau où nous nous garons sans difficulté et où nous récupérons nos dossards. Ça n'a rien à voir avec l'année dernière où le Parc de la Victoire était blindé à la même heure.

 

Après un petit dîner « sportif » (juste une petite pression comme entorse au règlement), tout le monde au dodo. La journée sera longue demain et nous aurons largement le temps de discuter. Finalement, ça ne va pas trop me servir de me coucher tôt. A peine si j'ai réussi à dormir 3 heures.

 

6h45 : lever et direction le petit déjeuner. L'appétit n'est pas au rendez vous, mais il faut se forcer un peu.

 

Arrivée à 9h15 au Parc de la Victoire. Le temps est couvert, il ne fait pas trop chaud mais l'absence de vent permet d'attendre le départ en débardeur.

 

10h00 : Après la petite parade traditionnelle, le départ est donné. Je me suis fixé l'objectif de passer le marathon en 3h30 soit 5 mns/kilo. Ça commence bien : premier arrêt au bout de 100 mètres où je relace pour la énième fois mes lacets Pour un gars qui ne veut pas s'arrêter, c'est plutôt mal parti. Je trouve rapidement mon allure et parcours les premiers en compagnie de Christophe, un de mes anciens collègues de travail et marathonien confirmé. C'est son premier 100 bornes mais il vise également un temps aux alentours des 9 heures. Je récupère Stéphane, mon accompagnateur, vers le 7ème kilomètre. Après quelques kilomètres, son allure étant légèrement trop élevée pour moi, je laisse Christophe s'échapper. Je discute également durant quelques kilomètres avec Vincent Toumazou qui court lui son 11ème 100 kms de Millau !!!

 

La première partie du parcours se déroule sans encombre. Je passe le semi en 1h44. Je commence à rattraper dès le 30ème kilomètre quelques marathoniens en souffrance qui en finiront bientôt eux !!!. Vers le 35ème kilomètre un spectateur m'annonce 53ème sur le 100 km et 200 mètres plus loin, Serge Cotterau « himself » m'annonce 47ème sans que j'ai besoin de doubler personne. 6 places de gagnées! A ce rythme là, je vais finir avec un classement négatif !!! Le marathon est bouclé en un peu plus de 3h28, 5 minutes de plus que l'an dernier mais dans un état de fraîcheur qui n'a rien à voir.

 

A  la sortie de Millau, quelques coureurs ont déjà bien réduit l'allure. Certains ont du forcer un peu sur la fin du marathon pour faire un bon chrono....intermédiaire, comme moi l'année dernière et après, bonjour les dégâts...La course commence vraiment et je commence déjà à être moins bavard. Il n'y a pas de petites économies ! La première difficulté se présente avec la côte de Creissels au 48ème kilomètre. Pour un apéro, c'est plutôt costaud. Je me sens bien, mais je me freine car la route est encore longue et comme on dit : les secondes gagnées au départ se paient souvent en minutes à l'arrivée .

 

La montée se passe sans accroc et la longue descente vers Saint Georges de Luzençon s'amorce. Les écarts entre les coureurs sont déjà assez importants. Tout le monde a trouvé sa place. Enfin, c'est ce que je me dis jusqu'au moment où un coureur me rattrape à tout allure dans la descente et m'interpelle à la vue de mon maillot de club. Nous discutons quelques centaines de mètres et il s'avère que nous connaissons pas mal de monde en commun. C'est pas que je n'aurais pas voulu continuer la conversation mais c'est qu'il avance sacrément vite le bougre. Je le salue poliment et lui souhaite bon courage pour la suite. Je le vois alors s'échapper doucement mais sûrement. Je sens bien que je ne suis pas super à l'aise dans la descente. Je n'arrive pas à trouver le bon équilibre entre l'accélérateur et le frein et ma foulée est particulièrement bruyante et destructrice pour mes cuisses.

 

J'arrive à Saint Georges de Luzençon où je décide de ne pas m'arrêter, mon accompagnateur me ravitaillant à merveille, une écurie de Formule 1 à lui tout seul. Pas besoin de parler, un simple geste et il sait ce que je veux. J'entame le long faux plat qui nous emmène jusqu'à Saint Rome de Cernon. Alors là, c'est le désert total. Pas un coureur à l'horizon. Des faux plats interminables, descendants quant on a l'impression de monter et vice versa. Un groupe de jeunes cyclistes nous rattrape et nous demande si nous sommes la tête de la course. Ça me fait plaisir d'entendre ça et je me dis que « esthétiquement » mon allure doit être correcte mais malheureusement pour lui, je lui réponds que les premiers sont bien loin devant et que je dois plutôt être aux alentours de la 30ème ou 40ème place. L'horizon s'est déjà bien obscurci et je sais que sur Saint Affrique, ils doivent déjà bien ramasser. A peine dit, que les premières gouttes font leur apparition.

 

60ème kilomètre, nous arrivons à Saint Rome et la pluie se fait de plus en plus intense. La température a chuté mais cela reste toujours supportable en débardeur. J'attaque la côte de Tiergues à bonne allure. Je double quelques coureurs qui alternent marche et course. Étonnamment, je me sens plus à l'aise dans les montées que dans les descentes. Il pleut très fort maintenant et et je m'efforce d'éviter au mieux l'eau qui ruisselle abondamment sur la route. A peine arrivé en haut de la côte que je croise Michaël Boch sur le retour. Il semble vraiment dans le dur. Je l'encourage mais pas sur qu'il m'est entendu. 500 mètres plus loin, je croise David Laget qui semble lui vraiment facile. A ce moment là, j'ai du mal à imaginer que Michaël Boch puisse conserver gagner ce 100 km une troisième fois d'affilée. Il me fera mentir quelques heures en maintenant cet écart pendant plus de 20 kilomètres. Impressionnant !!!

 

Je passe le 65eme kilomètre, la pluie ne se calme pas et il commence vraiment à cailler. Même si je me réchauffe un peu dans la descente, je ressent maintenant quelques douleurs dans le bas du dos. Le problème, c'est que nous n'avons qu'une veste pour 2 ! Stéphane a les mains congelées sur le vélo et ouvrir un tupperware en roulant relève maintenant de l'exploit. A contre cœur, je suis obligé de demander à Stéphane de me prêter la veste de pluie le temps de me réchauffer un peu.

 

Contrairement aux descentes précédentes, j'arrive à maintenir l'écart avec les coureurs qui me précèdent. Nous croisons dans la descente une douzaine de coureurs qui repartent vers Millau ce qui me fait croire que je suis plutôt bien classé pour l'instant. J'arrive à mon tour à Saint Affrique après 6h04 de course et pour la première fois en 5 éditions, je décide de ne pas m'arrêter à ce ravitaillement. Je ne me retourne et je ne vois pas Stéphane. J'espère qu'il n'a pas cru que je m'arrêtais. Ouf, le voilà ! Il m'explique qu'il a du « négocier » avec les bénévoles pour..... ne pas s'arrêter lui aussi.

 

C'est parti pour 6 kilomètres de montée mais cette fois-ci, retour à la maison. Comme dans les montées précédentes, j'essaie de maintenir une allure aux alentours des 9 km/h. Je croise de plus en plus de coureurs qui descendent vers Saint Affrique. Beaucoup m'encouragent, et j'essaie de leur répondre du mieux que je le peux d'un geste de la main. Caché sous ma visière, j'avance désormais comme un robot. Chaque foulée me rapproche un peu de l'arrivée. J'arrive enfin à me réchauffer et je redonne ma veste à Stéphane qui est à la limite de l'hypothermie mais qui ne se plaint pas une seconde. Mon portable n'arrête pas de sonner mais impossible de répondre car tout est mouillé dans le panier. Au niveau de l'alimentation, l'horloge s'est aussi un peu déréglée et maintenant, c'est plutôt au feeling. J'évite de trop boire dans les montées de peur de casser le rythme. D'un autre côté, il suffit d'ouvrir la bouche pour se désaltérer. La pluie se calme au fur et à mesure que nous nous éloignons de Saint Affrique. Je croise en haut de la côte de Tiergues Helder qui après un marathon difficile a du faire une super 2ème partie de course. Nous nous encourageons mutuellement. Je zappe également le ravitaillement en haut de la côte de Tiergues qui s'est nettement rempli depuis mon premier passage. Je sais que ça descend jusqu'à Saint Rome et contrairement aux deux descentes précédentes, je descend totalement libéré et franchit le kilomètre 80 en 6h59. Pour passer sous les 9 heures, c'est possible mais il faudra tout de même maintenir une moyenne de 10 km/h et donc aucun coup de mou ne sera permis.

 

Pas d'arrêt non plus à Saint Rome. Direction Saint Georges de Luzençon. Contrairement à l'aller, j'aime bien ce petit faux plat. J’atteins le kilomètre 85 en 7h26. J'ai un peu accéléré et repris un peu de marge pour passer sous les 9 heures. J'aperçois au loin 2 coureurs. Cela faisait 1 heure et ½ que je n'avais pas vu un coureur devant moi. L'écart se réduit très légèrement au début puis de plus en plus vite. Il me semble reconnaître Christophe qui m'avait lâché vers le 15ème kilomètre. Je le rattrape 3 kilomètres plus loin avant de rentrer dans Saint Georges. Il m'explique que son accompagnateur a abandonné et qu'il est un peu dans le dur depuis quelques kilomètre et qu'il a du se résoudre à ralentir un peu. Je double également un autre coureur qui m'avait chaleureusement encouragé à Millau alors que je finissais mon marathon et qu'il entamait son départ sur Saint Affrique. Je lui rend la pareille et continue ma route. Ce que j'adore sur cette course, c'est le respect et la solidarité qu'il existe entre les coureurs quelque soit le niveau. Toujours pas d'arrêt à Saint Georges.

 

Je franchit le 90ème kilomètre après 7h50 de course. Je sais intérieurement que c'est bon pour passer sous les 9 heures et que maintenant ce n'est que du bonus. Je monte la côte du viaduc à une moyenne de 10 km/h. Et amorce la descente sur Creissels. Mes quadriceps me ramènent vite à la réalité et me font comprendre qu'il faut un peu ralentir. Un coureur en jaune fluo me dépose alors littéralement dans la descente et me met 200 mètres en quelques minutes. Il arrive d'où celui-là ??? C'est la première fois que je me fais doubler depuis Saint Affrique et je ne cache pas que ça refroidit un peu l'ambiance. Le 95ème kilomètre est atteint en 8h15. Je me met alors à rêver d'un temps sous les 8h40. 12 km/h sur les deniers kilos m'auraient semblé impossible tout autre jour mais aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres. J'aperçois maintenant 2 coureurs qui se sont arrêtés à l'ultime ravitaillement du 96ème kilomètre. J'accélère encore un peu et l'écart se réduit rapidement et le premier des 2 coureurs qui avait produit un effort pour résister à mon retour cède aux bout de quelques centaines de mètres. Je remonte maintenant sur le TGV jaune qui avait du un peu trop s'enflammer dans la descente et se trouve maintenant un peu à la peine. Je dois maintenant être aux alentours de 13 km/h. Je pense qu'il doit être très surpris de me voir revenir sur lui. Je m'annonce à 2 de ces accompagnatrices qui le précédait. L'une d'elle, surprise de me voir arriver freine alors brusquement et je la percute dans la foulée (sans jeu de mot). Je vois bien qu'elle est confuse et ce n'est pas la peine que j'en rajoute. Heureusement personne ne s'est fait mal et j'arrive à repartir immédiatement.

 

98ème kilomètre : 8H29 de course. Plus que 2 kilomètres, je mets les gaz. Je cours maintenant à 14km/h. C'est l'euphorie. Stéphane me demande ce que je fais et si je suis sur de moi. L'émotion me gagne plus j'approche de l'arrivée. Je maintiens l'allure. Je suis sur mon nuage et en fait je ne regarde plus trop ce qui se passe autour de moi. Les quelques spectateurs qui bravent le froid et le mauvais temps doivent me prendre pour un fou car je me met quasiment à sprinter en remontant vers le Parc de La Victoire. Je rentre dans le Parc de la Victoire et demande à Stéphane de m'attendre à l'entrée de ma salle pour que nous puissions rentrer ensemble. A peine a-t'il posé le vélo que j'arrive à l'entrée de la salle. Nous montons ensemble sur l'estrade. Le chrono s'arrête : 8h38'01'. J'ai du mal à retenir mon émotion et je lâche même une petite larme.C'est tout simplement génial !

 

Un grand merci à mon accompagnateur qui a assuré à mort et sans qui je n'aurais pas pu faire ce résultat, à ma petite famille qui a supporté tous mes entraînements (surtout pendant les vacances), à mes amis qui m'ont encouragé et enfin aux bénévoles qui sont toujours aussi adorables. Félicitations aussi à tous les participants.

 

Maintenant que j'ai réussi à passer sous les 9 heures, je vais enfin pouvoir tenter mon rêve ultime (de coureur) : faire le Sparthalon !

 

2 commentaires

Commentaire de CROCS-MAN posté le 25-10-2012 à 21:01:55

BRAVO

Commentaire de UfoLau posté le 30-03-2013 à 12:04:46

Waouh ça c'est de la course... bravo !

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