Récit de la course : 100 km de Millau 2008, par Montana

L'auteur : Montana

La course : 100 km de Millau

Date : 27/9/2008

Lieu : Millau (Aveyron)

Affichage : 1006 vues

Distance : 100km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

123 autres récits :

Mon 1er 100 Kilomètres

Mon premier 100 kilomètres de Millau. Je m’étais promis d’en faire un pour mes 30 ans. Il s’en est fallu de peu pour que ce ne soit pas le cas suite à un accident de moto survenu le 10 septembre 2008 suivi de 8 jours d’arrêt de travail et 10 jours d’arrêt de sport. Il me reste encore quelques séquelles à la cheville mais, malgré ça et après 3 mois d’entraînement intensif, je me retrouve à Millau pour me lancer dans cette course mythique avec ma maman pour accompagnatrice. 

27 septembre 2008 – Jour J 

Réveil à 6h30, je regarde par la fenêtre. La journée s’annonce magnifique avec toutefois une température matinale un peu fraîche. Nous prenons le petit déjeuner à 7h00 en compagnie d’une dizaine de coureurs. J’ai toujours autant de mal avec les pâtes au petit dej’. Je profite de l’occasion pour discuter avec un autre coureur et lui demande s’il a déjà couru cette course. Il me dit qu’il fait cette course pour la 37ème fois et qu’il a déjà terminé les 36 premières éditions !!!. Il s’agit de Jean Pierre LUCAS qui est le seul coureur à avoir participé à toutes les éditions depuis la création de l’épreuve (il terminera à nouveau cette année ce 100km en 18h environ). Moi, je dis RESPECT avec un grand « R »!!!

Comme nous avons la chance d’avoir trouvé un hôtel pas trop éloigné du départ, nous rejoignons le Parc de la Victoire à pied. Le temps de se faire enregistrer et il faut déjà rejoindre le reste du peloton. A 9h30, la pression monte encore un peu plus. Ma femme m’appelle sur mon portable et m’encourage une dernière fois avant le départ. Elle me passe mon fils aîné qui me dit « Bon courage Papa ». Oh là, qu’est ce qu’il m’arrive ?? J’ai les yeux humides tellement je suis pris par l’émotion. Ma mère me quitte pour rallier le point de rencontre au 7ème kilomètre. Tous les coureurs sont appelés à suivre la fanfare de la ville qui nous emmènera sur la ligne de départ. Nous sommes environ 1800 coureurs dont 1550 pour le 100 Kms.

 1ère partie : Le marathon

 Le départ est donné à 10h00. Le peloton est un peu dense et les 7 premiers kilomètres sont parcourus en 45 mns au terme desquels je retrouve mon accompagnatrice. J’ai prévu de courir le marathon sur une moyenne de 10 km/h. Les 20 premiers kilomètres sont plats et je passe donc le ½ marathon en 2h05 soit une minute d’avance sur mon temps prévisionnel. Les ravitaillements sont installés tous les 5 kms et sont très garnis. Les bénévoles sont d’une disponibilité et d’une gentillesse sans fin. Ce sera la première fois que je me ravitaillerai avec du pâté et du fromage et de l’Orangina !! La deuxième partie du marathon est légèrement plus vallonnée mais me permettra de boucler le marathon sans accroc en 4h12 soit pile poil le temps visé. Je suis alors en 322ème position à ce moment de la course.

 2ème partie : Millau – Saint Affrique

 Alors que les marathoniens viennent de terminer leur course, le plus dur commence pour les « futurs » centbornards. Pour ma part, je me lance dans l’inconnu car je n’ai à ce jour jamais couru une distance supérieure au marathon.La première vraie difficulté apparaît dès le 47ème kilomètre où nous entamons la côte de Creissels. Je tente de la monter en courant mais rapidement j’opte pour une marche soutenue et économique plutôt qu’une course lente et dévoreuse d’énergie. Comme je ne suis pas un très bon marcheur. J’ai beaucoup de mal à suivre le rythme des autres coureurs et me fait régulièrement dépasser. Je me fais d’ailleurs doubler par un kikou (avec un buff et un t-shirt jauve/vert fluo qui se reconnaîtra peut être). Nous passons sous le célèbre Viaduc de Millau à mi-course. Cela fait déjà un peu plus de 5 heures de course et la fatigue commence à se faire sentir. Comme je l’avais prévu, ce serait un des moments de la course ou psychologiquement ce serait le plus dur : mal au jambes, chaleur, le fait d’être à la fois loin du départ et de l’arrivée et avec la partie la plus difficile à venir. Bref, c’est le moment où je bascule dans l’Ultra. Après la descente, nous entamons un faux plat de 5 kms bien casse pattes. J’ai déjà fortement réduit l’allure. Je cours, pas très vite, mais je cours. Je ne parle plus à ma mère qui m’accompagne. J’ai besoin de rester seul par ce que je suis un (super) pénible quand je souffre(un peu égoïste le gars là !!). Je ferai toutes les côtes seul et elle me rejoindra dans les descentes. D’un autre côté, elle en bavait encore plus que moi dans les côtes, donc ça arrangeait tout le monde.

58ème kilomètre. Ouille, ouille, ouille !!! Une couleur vive et soudaine apparaît au pied. Je suis obligé de m’arrêter net. J’enlève ma chaussure et j’ai une ampoule énorme qui vient d’éclater malgré une tonne de sparadrap. A ce moment, l’idée d’abandonner me traverse furtivement la tête. Je reste quelques secondes prostré sur le bord de la route à cogiter. Non, non !!! Pas tout cet entraînement pour rien !! Je retire le sparadrap et remets ma chaussure. Je marche un peu, ça me fait mal mais cela reste supportable. Je trottine et miraculeusement la douleur s’estompe au bout de quelques dizaines de mètres. J’arrive à repartir péniblement dans le but de me faire soigner au poste de secours Saint Rome. 

Je m’arrête au ravitaillement de Saint Rome au 60ème kilomètre et je n’ai plus mal à mon pied ??? Les premiers concurrents, déjà sur le retour depuis plus de 10 kilomètres, sont annoncés dans quelques minutes. En effet, à peine repartit, je croise les véhicules officiels suivi du premier concurrent qui…marche, complètement tétanisé par les crampes, et qui abandonnera un peu plus loin. L’ascension de la côte de Tiergues se fera en marchant comme pour la précédente côte. Nous croisons les premiers poursuivants qui descendent au goutte à goutte vers Saint Rome. A ce moment de la course, il y a à peu près autant de coureurs que de marcheurs autour de moi. A la fin de l’ascension se succèdent quelques lacets qui je le croyais aller m’achever. Mais à 200 mètres du sommet, alors que je me fais doubler par les 2 meneurs d’allure des 11 heures suivis par …..2 coureurs (il y a du dégât dans l’air), je tente de m’accrocher au passage malgré mon état de fatigue avancé. Nous apercevons peu après au loin le ravitaillement du 65ème kilomètre qui sera rapidement atteint. Il y a pas mal de coureurs à ce ravitaillement. Beaucoup qui descendent et déjà certains qui remontent. Un concurrent me dit qu’il reste 5,5 kms pour atteindre Saint Affrique. Je m’élance dans la descente et là, c’est l’euphorie ! J’ai de super sensations et je double un bon paquet de coureur. Saint Affrique est atteint en moins d’½ heure.

 3ème partie : Saint Affrique - Millau

 Arrivé à Saint Affrique en 7h43, je commence à y croire. Il reste 29 kilomètres dont deux méchantes côtes. La température est plus supportable. J’entame la côte de Tiergues en marchant et je me permets même d’alterner avec de le course. 2 minutes par-là, 3 minutes par-ci. Je croise de nombreux coureurs qui descendent à leur tour sur Saint Affrique. C’est con, mais rien que de les savoir derrière moi, ça me remonte le moral. J’arrive à nouveau au ravitaillement du 65/76ème kilomètre. Ma femme m’appelle au même moment. Je la rassure sur mon état de santé et lui dit qu’il ne me reste « plus » que 24 kilomètres. Le moral est au beau fixe. Après 1,5 kilomètres de montée, j’aborde la descente qui nous emmènera à Saint Rome puis à Saint Georges (89ème kilomètre). Tout se passe bien durant cette douzaine de kilomètres. Comme dans la précédente descente, je remonte la plupart des coureurs qui m’avaient doublé dans la montée. Je m’arrête vers 19h30 pour mettre ma frontale et me recouvrir car la température a chuté brutalement.

 J’arrive à Saint Georges de Luzençon vers 20h10. Il me reste encore 11 kms à parcourir. Je m’arrête plus longtemps qu’à l’habitude et lorsqu’il faut repartir, ça coince méchamment au niveau des jambes. Il me faut pas loin de 100 mètres pour me remettre à courir. Je suis désormais d’utiliser la tactique 1/marcher, 2/ marcher vite, 3/trottiner, 4/courir pour m’élancer. Les cuisses, vont à peu près bien mais j’ai les mollets quasi HS. La côte de Cressels débutant dès la sortie du village, je me remets vite à la marche. Je ne vois toujours pas le panneau des 90 kms. L’ai-je déjà dépassé ? Non, quelques minutes plus tard, j’aperçois enfin ce panneau. Qu’il était long ce 90ème kilomètre ! La fin va être difficile. Les écarts entre les coureurs sont maintenant assez conséquents. J’aperçois au loin le viaduc tout éclairé. Je sens maintenant que j’approche du but. Enfin le terme de la montée. Je reprends la course dans la descente. Les kilomètres paraissent de plus en plus longs. Nous sommes un groupe d’une dizaine de coureurs étalé sur 200 mètres. Les langues se délient peu à peu à l’approche de l’arrivée. A partir du 95ème kilomètre, les kilomètres sont désormais indiqués à l’unité. Les moindres faux plats deviennent à ce moment de la course des montagnes. Et malgré l’arrivée proche, je suis obligé de marcher dès qu’une légère côte se profile. Enfin, le 99ème kilomètre  Les gens sur le bord de la route nous félicitent les uns après les autres. Je rentre dans le parc. 200 mètres, 100 mètres, 10 mètres… J’attends ma mère en vélo qui est au bout du rouleau également. Je rentre dans le gymnase. Tapis rouge ! Photo ! Le speaker annonce mon numéro de dossard, mon nom, mon temps. Ca y’est, je suis CENTBORNARD !! Je ne réalise pas à ce moment l’exploit. On me remet le diplôme et un sac à dos. Je finis 271ème en 11h37.

 Je profite de ce CR pour remercier ma mère qui avec peu d’entraînement et beaucoup de volonté m’a accompagné (et supporté) tout au long de la course. Et je remercie aussi ma femme et mes 2 enfants qui ont accepté mes entraînements (et donc mes absences le soir) durant les 3 derniers mois.

Un grand bravo aussi pour l’organisation et les bénévoles au TOP !!

 Une chose est certaine en tout cas, je reviendrai !

 Kid Ordinn 

4 commentaires

Commentaire de CROCS-MAN posté le 06-10-2008 à 09:58:00

Bravo pour ta course et merci pour ce super compte rendu. Bravo également à ta maman.

Commentaire de momoVH3 posté le 06-10-2008 à 21:28:00

BRAVO KID, on a certainement du se voir car je finis en 11h35. Je t'ai peut être doublé dans la descente de Cressel. Pour un premier, c'est un bon temps. Super CR. J'ai revecu les 100 bornes.
Momo

Commentaire de Pat'jambes posté le 06-10-2008 à 23:27:00

Que dire... 100km... Bravo Kid!
Je n'ose y penser à cette course. Ton CR me fait dire qu'un jour, peut être...

Merci pour ce CR et encore bravo.

Commentaire de UfoLau posté le 30-03-2013 à 11:51:04

Je découvre ton CR... ce n'était qu'un début !
Bravo !

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.14 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !