Récit de la course : 100 km de Millau 2008, par bruno12

L'auteur : bruno12

La course : 100 km de Millau

Date : 27/9/2008

Lieu : Millau (Aveyron)

Affichage : 1223 vues

Distance : 100km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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Le récit

Bon je me lance pour un CR. J'espère que vous avez un peu de temps devant vous, ça risque d'être un peu long. 

Prologue:

Juin 2006, ça fait 2 mois que je cours et je viens de m'inscrire à mon premier marathon, un rêve que j'avais déjà depuis très longtemps mais que je n'osais pas accomplir car j'ai toujours eu les genoux un peu fragiles. J'en ai trouvé un pas loin de chez moi et en septembre (c'est souvent là que je suis le plus en forme, je n'ai jusque là jamais réussi à faire de footing l'hiver). Ce sera vous l'avez peut-être déjà compris à Millau.

Comme je veux faire les choses correctement, je me documente, j'achète quelque magazines et recherche sur internet. Evidemment quand on tape 'marathon Millau' dans Google, on tombe très vite sur l'excellent site de Bruno Heubi. Et là je découvre un autre monde. Je ne savais même pas qu'il était envisageable de courir plus qu'un marathon. Je dévore tout ce que je trouve sur le site (au sens propre comme au figuré car il y a aussi des conseils alimentaires), je passe des heures à lire les histoires sur le forum dont l'excellent fils de Zeltron sur sa prépa qui m'aura fait pleurer de rire plusieurs fois... J'arrive à Millau et c'est très frustrant, je ne fait 'que' le marathon. Ailleurs, c'est la course des as. A Millau c'est la course des gamins. Il faut que je revienne faire cette deuxième boucle un jour.

Septembre 2007, je fais maintenant parti d'un club de CAP. Je me suis laissé entraîner pour la course des Templiers car pas mal de copains y vont. 4 membres du club sont sur le 100km et je vais me poster au carrefour en haut de Tiergue pour aller les encourager (c'est pratique on voit passer tout le monde deux fois). Re frustration, ce n’est pas sur le bord de la route que je devrais être c'est avec eux, l'ambiance est géniale. Bon cette fois c'est décidé, ce sera mon tour en 2008. 

Avant la course :

Vendredi 26 septembre 2008: On y est enfin, j'ai avalé le plan de prépa de Bruno Heubi pour Millau (vraiment excellent ce plan) avec 5 à 6 séances par semaine. Je suis aussi super content de pouvoir retrouver quelques membres du forum, même si ce n’est vraiment pas facile de se reconnaitre dans la foule. J'échange quelques mots avec Emmanuel (meneur d'allure 10h) qui me rassure en me disant que j'ai fait une bonne prépa, ainsi qu'avec Chantal et Confetti.Je mange à la pasta avec Mathieu mon accompagnateur ainsi que nos deux pompom girls préférées Julie (mon épouse) et Magali la copine de Mathieu. L'ambiance est évidemment excellente. 

Samedi matin. Lever à 7h, je n'ai comme souvent avant une course importante presque pas dormi. Je prends le petit dej avec Mathieu, le reste de la troupe est encore au lit. Nous partons pour le parc de la victoire. Nous suivons l'itinéraire de la fin du 100km (nous avons dormi à Luzençon) et je m'imprègne bien ces derniers kilomètres dans la tête, en espérant bien les revoir ce soir. 

9h30 je suis placé près de l'entrée du parc et la procession derrière la fanfare commence. J'y retrouve Gérard (de mon club, un vrai diesel qui a fait Millau en 8h45 il y a deux ans) et d'autres Aveyronnais que je croise souvent sur les courses de la région. Nous bavardons joyeusement ce qui nous évite bien de stresser. 

Le marathon en 3h53:

Les fauves sont lâchés, enfin la fin de la période de préparation que j'aime le moins. Faire du jus pendant 15j c'est chi...t, j'aime pas ca. Mais maintenant, c'est parti. Je pars tranquillement à l'allure prévue (5'20 sur le premier kilo, puis 5'30 sur les suivants ). Nous nous faisons doubler par quelques centaines de coureurs, il y a beaucoup de postulants pour les moins de 8h cette année  . Après quelques kilomètres, Emmanuel m'interpelle, "Et oui Bruno, je suis bien juste derrière toi". Cool pile dans le bon tempo (bon le gps ça aide un peu quand même). Je cours un peu avec lui puis commence à faire le yoyo avec le groupe 10h car je ne m'arrête pas aux ravitos. J'ai une ceinture avec des petites fioles pour le début et Mathieu se chargera du reste ensuite.A Aguessac, je retrouve Mathieu, je lui donne la ceinture et c'est parti pour le marathon. Mathieu est chargé du tempo boisson/gels et de tout le reste, je ne m'occupe que des jambes.

Après le Rozier, une première montée, tiens bizarre, dans mon souvenir c'était bien plus raide que ça. Cette fois, elle ne me fera même pas ralentir, je reste à 5'30 au kilo. Ensuite on commence les toboggans. Emmanuel a du accélérer un peu car sous la pression du groupe derrière moi j'effectue un kilo en 5'00, attention, on ne s'emballe pas ! Kilo suivant 5'35, OK ras. J'en profite pour faire un peu de causette avec Anne Cécile en préparation pour les championnats du monde de 24h, qui est elle aussi juste devant le groupe d'Emmanuel, normal, c'est son épouse. Beaucoup de coureurs se demandent d'ailleurs ce qu'elle fait. Elle nous largue, puis s'arrête, se retourne, repars. Ceux qui ne savent pas qui elle est ne comprennent pas qu'elle fait juste une petite sortie longue d'entrainement de 42km.

Au 35ème kilomètre, Bruno Heubi est là pour nous encourager. C’est super sympa. La chaleur commence à monter et je sais déjà que 10h ce sera pas pour cette fois, il va falloir ralentir un peu pour ne pas exploser. Pas grave, l’essentiel et d’arriver au bout en bon état et d’en profiter un maximum.

Passage au marathon en 3h53 (143ème). Exactement comme prévu. Bruno Heubi est encore là pour nous encourager à la sortie de la salle des fêtes. Nos pompom girls grimpent sur leur montures et se mettent derrière nous. Je suis très content de les voir. Même si je m'inquiète un peu car ma petite femme adorée a horreur du vélo. Elle aime mieux avoir les pieds a terre et courir.

Millau-St Affrique en 3h16 :

Ca fait maintenant plus de 4h que je cours à 11km/h sans interruption, je commence à m’en lasser un peu. Vivement les côtes qu’on puisse changer un peu de rythme (je n’ai après tout qu’une expérience d’ultra en trail pour le moment). On arrive au rond point de Raujole (pas sur de l’orthographe). Ouf, je pose le pied et je commence la marche. Ca fait du bien. Emmanuel qui était bien entendu toujours sur mes talons me passe alors en donnant une impression de puissance, il n’a pas du se rendre compte que ca montait. Tout comme ma femme d'ailleurs qui grimpe tranquille sur sont vélo, on voit qu'elle est bien motivée pour suivre un moment. Je monte tranquillement en marchant à 6,5km/h, c'est a dire pas beaucoup plus lentement que ceux qui courent (mis à part Emmanuel bien sur). Arrivé en haut, on bascule, on en profite pour rassembler la petite troupe pour la photo officielle devant le viaduc.

Dans la descente vers St Georges, je me relance facilement à plus de 11km/h mais d'après Mathieu, je tapais un peu, probablement pas assez concentré sur ma foulée.Arrivé à St George, j'ai beaucoup plus de mal à tenir le rythme sur le plat et je vais faire probablement ma principale erreur de gestion, je vais insister pour tenir le tempo. Je demande à Mathieu un gel coup de fouet pour m'aider. Je parviens à continuer de courir mais ma foulée n'est plus bonne, je suis à 10km/h puis 9km/h et je m'essouffle beaucoup.

Au km58 je décide d'alterner marche course, ce qui me sera bénéfique  car je vais progressivement repasser à 10km/h de moyenne jusqu'au pied de Tiergues. Cette portion m'aura fait beaucoup souffrir.

Je suis beaucoup mieux en arrivant au pied de cette montée, je suis content de pouvoir marcher un peu. J'en profite pour prendre quelques gâteaux apéro, je bois, je mange et je monte en marchant. J'accélère progressivement le rythme de marche. Julie qui n'aurait normalement du aller que jusqu'à St Rome, ne fait demi-tour qu'au dernier lacet de la montée. Chapeau pour quelqu'un qui n'aime pas le vélo, elle aura fait plus de 40km.  Magali elle est bien décidée à ne pas lâcher le morceau comme ça et continue (elle a pas fait 500 bornes en vélo pendant les vacances pour rien). Je relance la course dans le petit faux plat après le lacet, mais un peu trop soudainement, ma cuisse droite me fait savoir que si je continue les co...ries, ce sera la crampe. J'abdique pour le moment et je reprends la marche. J'entends également que mon estomac commence à en avoir assez du liquide. Il a tout gardé ce que j'ai avalé dans la monté et ça fait floc-floc. Je demande alors a Mathieu de me prendre un sandwich au ravito de Tiergues. 

Arrivé en haut je me suis refait une petite santé et j'attaque le plat, puis la descente à plus de 11km/h pour terminer à descente à 12, pas question de manger le sandwich maintenant, ça attendra bien St-Af. Je ne boirai pas non plus pour ne pas aggraver le problème. Je rentre dans St-Affrique, m'arrête pour marche et manger mon sandwich pâté, humm c'est bon. Je passe comme d'habitude le ravito sans ralentir si ce n'est pour la douchette du contrôle de passage. St-Affrique 7h09 de course 123ème, on rentre à la maison.  

St-Affrique-Millau en 3h26 :

Mon Garmin lui en a assez, son autonomie ne s'améliorant pas avec l'âge, il me laisse tomber au début de la montée. Cette montée je suis allé la repérer en faisant l'aller retour St-Rome-St-Aff fin aout en sortie longue avec Mathieu, alors je la connais bien (et Mathieu encore plus). Ca va beaucoup nous aider (enfin moi car lui n'a pas vraiment de mal à suivre). Donc début de la monter, on laisse passer l'orage, ça grimpe. Ensuite, dès que la pente diminue, je relance en courant. Je ferai cette alternance jusqu'en haut avec de plus en plus de course. En haut, 3 copains nous attendent, Nico (notre coach) et Jéjé à vélo et Benoit à pied. Ils nous accompagnerons jusqu'à l'arrivée. Je suis tout fier d'attaquer la descente avec mes 4 vélos et mon accompagnateur pédestre. Comme d'hab, j'adore la descente et le compteur de vitesse (du vélo cette fois vu que le garmin est hs) indiquera jusqu'à 13km/h.J'aurai même un petit moment d'euphorie après St Rome où je continuerai à 11km/h sur le plat. Mais hélas pas assez longtemps pour rejoindre St George et je me remet à l'alternance marche/course. Décidément cette portion presque plate (faut plat descendant dans ce sens) m'aura bien fait souffrir. Je n'en vois pas le bout et quand Mathieu m'indique qu'on voit les toits de St-George, cela me parait encore bien éloigné. Il faudra toute la verve de mes accompagnateurs pour m'encourager à relancer chaque fois. A St-George je suis au plus bas, je demande à Mathieu un Red Tonic, j'arrive plus à courir plus de 200m à la fois, mais enfin on voit se pointer au bout de la ligne droite la montée vers le viaduc.

Jéjé sors les menaces, il me dit que cette montée, c'est la dernière fois que j'aurai le droit de marcher et qu'après je vais l'entendre et je sais ce dont il est capable pour avoir été avec lui derrière Nico (nous en vélo car ce serait impossible à le suivre autrement à plus de 18km/h) pour pousser Nico lors d'une course relais en mai dernier.

Ca y est, on grimpe, je peux marcher tranquillement. Je commence à 5km/h puis vais accélérer progressivement pour finir à 6,5. Dès la fin de la pente, je repars en courant et la descente se fera comme d'hab à bon train. On dirait que ca sent l'écurie, je n'ai plus de mal à courir. Petite montée avant Creissels je préfère rester prudent et la monter en marchant, mais cette fois j'ai des fourmis dans les jambes et je commence à 7 puis 7,5km/h. Arrivé en haut je surprends tous mes accompagnateurs en repartant directement à 12km/h. Et là j'entends la meute de suiveur qui se met littéralement à aboyer. Ils ne m'encouragent plus, ils me poussent littéralement. Kilomètre 96, je tape dans le panneau avec la main et je serre les poings. Cette fois c'est décidé, je ne ralentirai plus. Les kilomètres passent alors très vite, je respire très bruyamment. C'est un mélange d'émotions, d'encouragements, et de hargne qui me font avancer. Kilomètre 99 dernière ligne droite, Benoit qui s'était jusque là mis devant moi se met à coté et tous me disent que c'est gagné, qu'il faut que j'en profite un maximum, ce que je fais en accélérant encore (le compteur indiquera 13km/h). Je rentre dans le parc de la Victoire, Julie est là elle hurle, je ne peux pas ne pas la voir. J'avale la rampe pour rentrer dans la salle des fêtes avec un dernier coup de rein. Le podium d'arrive sera avalé dans mon élan. Je stoppe en haut, Benoit à coté de moi. Ca y est, je suis cent-bornard ! Et très heureux de l'être.

Je termine 116ème en 10h35.

4 commentaires

Commentaire de CROCS-MAN posté le 29-09-2008 à 23:00:00

Bravo Bruno, félicitation pour ta super perf et ton CR. J'espère pouvoir un jour en faire autant.
Merci.

Commentaire de patcastelnau posté le 30-09-2008 à 12:18:00

L'esprit, la perf, la joie : quel plaisir d'avoir couru à côté de vous les Cent bornards pendant mon marathon. Chapeau, chapeau et re-chapeau !!!

patcastelnau

Commentaire de Bouh posté le 30-09-2008 à 17:04:00

Bravo ! c'est clair encore une fois on se croise au départ (Après l'Ultra de l'Aubrac) !
Un de ces 4 faudrait penser à se prendre une mousse !
Superbe perf !

Commentaire de calimero posté le 15-05-2009 à 21:37:00

Bravo pour cette magnifique perf!
Je tente le coup cette année et j'espère bien faire comme toi (finir)
RDV à la Montagnette pour en parler?

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