Récit de la course : 100 km de Millau 2009, par Ya+K

L'auteur : Ya+K

La course : 100 km de Millau

Date : 26/9/2009

Lieu : Millau (Aveyron)

Affichage : 815 vues

Distance : 100km

Objectif : Pas d'objectif

7 commentaires

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Le récit

Il ne méritait pas ça … 

Mais j’aurais pu l’intituler « hommage aux hommes de l’ombre » …

 

Il ???

« Mon » suiveur !

Celui qui reste le postérieur vissé sur une selle de vélo pendant des heures sans broncher et qui doit prendre soin de « son » coureur, le bichonner, le soutenir, le féliciter. Le tout, en faisant abstraction de ses propres doutes, de ses douleurs intimes (si, si, intimes), de cette lassitude dans le temps qui passe, de ces efforts à fournir pour « avancer » à 3 km/h dans une côte à 7 ou 10% à coté de « son » (faignant) de coureur, qui marche en se plaignant « elle est encore longue cette côte ? »…

 

Pour moi, ce serra : Valentin.

Valentin, ce grand Homme par son humilité, son soutien, son implication …

Valentin, qui, dès mes premiers souhaits de courir CE cent bornes m’a dit :

« Si tu veux un suiveur, je suis ton homme ! »

Cet énergumène avec qui j’ai partagé les 100 Km de Belvès en 2008 (même s’il finit loin devant moi)…

Valentin, ce finisher des 100 de Millau ou 2 fois de l’UTMB, sans négliger son Ironman d’Embrun terminé avec panache cette année pour sa première année de triathlète…

 

Oui, je pourrais vous parler de « mon » 100 Km de Millau, mais voila, je ne l’ai pas vécu comme je l’espérais, alors je préfère me laisser du temps pour (peut être) vous compter cette escapade sportive une autre fois et vais me concentrer sur cette SUPERBE aventure Humaine au sein d’un groupe de 13 personnes (8 coureurs et leurs 5 suiveurs) + 2 « extérieures » (que je n’oublierai pas de citer) et qui ont, TOUTES et TOUS, joué leur rôle à temps plein dans cette expérience extraordinaire.

 

Oui, je pourrais vous narrer cette épreuve mythique !

Mais le serait-elle sans cette Ambiance, ce Partage ?

 

Alors avant de rentrer dans le sujet je souhaite faire un aparté, juste pour m’expliquer sur ma perception et ce sentiment d’échec face à ma performance :

Si je fais du long, c’est en partie pour me découvrir, me connaître un peu plus à chaque épreuve et me battre contre moi-même …

Et sur celle là…                      … j’ai merdé, j’ai échoué, même!

 

Finalement, je suis rassuré que mon « p’tit » frère (par l’âge), Dav’,  n’est pas pu faire le déplacement de sa banlieue Montpelliéraine pour me voir dans cet état.

 

Il y a quelques heures, une amie (et néanmoins ex-sportive de haut niveau) m’a fait la réflexion suivante :

« Selon le vieil adage : l’essentiel est de participer. Tu l’as fait, c’est déjà un bel exploit. Tu ferras mieux la prochaine fois ».

 

Et là, je me rends compte que je dois des explications, qu’on ne comprend pas ma déception.

Merci « Mumu » … elle a raison, sur le fond. C’est sur la forme que je ne suis en colère :

 

Sachez que je ne suis pas déçu par ma performance, loin de la.

Et qui pourrait me reprocher d’être sous les 12h sur LE « 100 Km de Millau », par une chaleur accablante et un genou qui refusait de participer ?

Loin de moi cette prétention d’annoncer que je vaux mieux que ça, de renier ma 303ème  place sur plus de 1700 partants (1705 pour être exacte) pour « seulement » 1330 extra-terrestres « finisher » !!! Loin de moi cette arrogance de prétendre devoir être devant mes prédécesseurs, d’affirmer faire mieux que les 11H44 affiché par le chrono officiel…

 

Mais voila, ma révolte est bien plus complexe. Je n’accepte pas cet échec : celui de ne pas avoir gagné sur mon corps ! D’avoir perdu le contrôle de celui-ci, de m’être laissé mener par ces sensations …

 

Il m’a vaincu, autant moralement que physiquement.

Moralement, parce qu’il a réussit à me faire douter comme jamais je n’ai eu le cas sur une course…

… et physiquement car mon genou n’aura pas arrêté de m’handicaper dès le 18ème kilomètre sans jamais faiblir, malgré ma volonté de gérer (et je l’ai déjà fait). Je pense avoir tout tenté (et j’ai eu le temps de réfléchir à toutes les possibilités qui m’étaient offertes) : j’ai ralenti, économisé, compensé, assoupli mes appuis, raccourci mes foulées, marché, ou au contraire, allongé les foulées, accéléré, brutalisé, pour tenter de casser le processus. J’ai arrosé à l’eau fraiche, massé (avec de la crème « biofreeze ») qu’un concurrent me passera au détriment de sa propre course…

J’ai luté, douté, crié, pleuré, mais surtout, surtout, j’ai pesté de ne pas trouvé la solution et d’imposé « ça » à Valentin.

 

Et Valentin en a payé les pots cassés, le pauvre !

Que va-t-il retenir de notre collaboration ?

Je n’ai JAMAIS été aussi pitoyable en course à pied (et je ne fais pas référence au chrono). Et il fallait que ça tombe sur lui !!!

 

Avec un peu de recul, je me demande comment il a pu accepter ces situations, supporter ma déconfiture, a quel point il a pu comprendre mon désarroi et comment il a fait pour gérer ce capharnaüm …

 

Combien de fois, il a pu desceller mes larmes de rage et de douleur, derrière mes lunettes de soleil, les sanglots dans ma voix, face à cet échec, pour lui faire comprendre que le combat était inégal.

 

J’en suis désolé (encore maintenant) et j’avais beau tenter de le lui dire, il faisait bonne figure (tout comme moi aux grés des rencontres et du soutien des personnes connues ou inconnues) en espérant me faire croire que cela n’avait pas d’importance !!!  Sacré Valentin, va !

 

Et les autres, ces furieuses et furieux du bocal …

Je ne veux pas en oublier : Anne, Wendy, Denis, Marc, Laurent, Fabrice et Alain, les coureurs, et leurs suiveurs respectifs : Gilles, Cyril, Olivier et Alain …

… avec une dédicace particulière pour : Géraldine (GMC, qui se reconnaitra) et Cécile B (alias Barbie) avec qui et sans qui cette aventure aurait été différente. Merci les filles, notre « yoyo » sur le parcours fut une échappatoire importante dans ma gestion de l’instant présent…

 

Revenons donc sur cet échange humain, puisque c’est la bonne leçon du week-end :

Que du bonheur ! Un régal à l’état pur !!!

 

Une ambiance de groupe à vivre intensément, un respect mutuel qui me touche.

Des moments de vies intimes et pourtant si collectifs …

C’est ces moments là que je suis en train d’apprécier et que je suis prêt à revivre.

Mesdames, Messieurs, c’est quand vous voulez pour vous accompagner sur d’autres épreuves de dingues (même sans y courir).

 

Quels souvenirs extraordinaires de vous croiser, à si peu d’intervalle, dans la descente de St Afrique ou de voir Alain me passer avec tant d’aisance. De voir vos mines réjouies, ce bref instant de partage, vos (nos) regards qui en disent long …

Ce cri uniforme de sympathie et de sincérité, à mon arrivée, de GMC et Barbie, qui savourent leur moment de gloire… « Encore deux filles après qui je courrais sans pouvoir les chopper » comme on me l’a si gentiment fait remarquer !  

Mais aussi ces moments magiques de vos arrivées successives avec ce sentiment de réussite…

Le sourire exemplaire de Wendy qui sait qu’elle a accompli un exploit sans précédent …

Ces accolades qui en disent bien plus que les paroles par leurs sincérités et leurs pudeurs …

Ce respect mutuel d’échange, de sensation, de bien être et d’accomplissement d’un fait surréaliste …

Ce téléphone (celui de Valentin) qui sonne pour prendre des nouvelles du groupe tout au long de la course et jusque tard dans la soirée …

Ce soutien paranormal que l’on ressent tout au long de l’épreuve venant de nos proches ou de nos « collègues » de club qui ne se sont pas alignés au départ …

 

Bref, juste pour TOUT ça, je vous remercie et vous prie de croire en mes sincères pensées.

 

Mais rien n’aurait pu exister sans cette organisation d’orfèvre, ces bénévoles, ces échanges d’expérience, ce plan de préparation aux petits oignons de Rodolphe et cette pression qui règne à Millau et qui font de cette épreuve ce qu’elle est : un mythe.

 

On est 13 à l’avoir fini à l’ASB !!!

Car sur cette course, nous étions huit à courir mais nous sommes 13 à l’avoir accomplit, en beauté …

… et c’est ça que je retiendrais.

 

Bravo à toutes et tous et merci, messieurs les suiveurs (surtout « mon » Valou).

 Eric, le boulet.

7 commentaires

Commentaire de francois 91410 posté le 30-09-2009 à 20:57:00

Belle leçon de respect et de reconnaissance des autres ! mais aussi belle séance d'autoflagellation !

Si tu savais à quel point j'admire pourtant ta performance ...

Commentaire de Marlène/Mô posté le 30-09-2009 à 22:15:00

Rien à dire.
Respect.

Commentaire de Marlène/Mô posté le 30-09-2009 à 22:16:00

Rien à dire.
Respect.

Commentaire de momoVH3 posté le 30-09-2009 à 22:47:00

Avec tout ça, tu dis que tu as raté ta course. Bien au contraire, je trouve qu'elle a été super à tous les niveaux. Si tout s'était bien passé, elle aurait été très banale en dehors du fait d'être allé au bout. Là, au contraire, tu t'es renforcé moralement. Tu as fait des connaissances que tu n'aurais peut être pas fait. C'est bien l'hommage que tu rends a ton suiveur. Ils le méritent tous alors que très peu en parlent.
BRAVO. A notre niveau, le temps n'a que très peu d'importance. Les rapports humains qu'on trouve sur ce genre de course sont beaucoup plus intéressants. Soigne toi bien.

Commentaire de CROCS-MAN posté le 30-09-2009 à 23:34:00

RESPECT!

Commentaire de calimero posté le 01-10-2009 à 09:51:00

Tu as beaucoup souffert sur cette course et en plus tu te martyrise derrière, pourquoi?

Tu as eu le mérite de ne pas lâcher, ce qui aurait été si simple!

MILLAU çà se mérité grâce à des coureurs comme toi!

Merci et respect pour ton courage!!

Commentaire de Manuwak59 posté le 01-10-2009 à 16:02:00

Bravo et ravi de t'avoir rencontré.....

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