Récit de la course : 100 km de Millau 2009, par Rabichon

L'auteur : Rabichon

La course : 100 km de Millau

Date : 26/9/2009

Lieu : Millau (Aveyron)

Affichage : 905 vues

Distance : 100km

Objectif : Terminer

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Le récit

Mon premier « 100 bornes »...Une véritable aventure sportive et humaine !

Du plus loin que je m’en souvienne, tout a commencé en fait à l’arrivée de mon premier marathon. C’était en 2006 à la Rochelle. Je venais de boucler l’épreuve reine en 3h29 et quelques poussières après mon premier plan d’entrainement effectué à la lettre près, bien évidemment diront certains ! J’étais heureux, voire béat,  profitant encore de l’ambiance de la foule et en train d’effectuer mes premiers étirements lorsque je me suis dit « Tu viens de faire 42 bornes et malgré cela, tu aurais pu faire davantage…. »

J’ai su ce jour là que je n’en resterais pas là !! C’est un peu comme cela que chaque année, j’ai fixé la marche un peu plus haute.  Préférant de loin nos collines, monotraces et sentiers divers à la route, cette dernière m’offrait cependant l’opportunité de tester mon endurance sur des distances plus longues sans pour autant aborder le travail musculaire tellement spécifique au trail. Vous l’aurez donc compris, les « 100 km de Millau », la course mythique par excellence, la seule que tout le monde connait y compris les non initiés allait devenir une des futures étapes à l’accomplissement d’un rêve un peu plus fou (mais on en est pas encore là !). 

2009 devenait donc l’année des 100 km de Millau, mon objectif principal. 

Mon suiveur officiel (car il n’était pas question de faire mon premier 100 bornes sans suiveur d’autant plus que le règlement le permettait !) était déjà désigné et si l’ampleur du travail à réaliser pour nous deux nous semblait à notre portée (chacun dans notre partie), la réalité nous rattrapait rapidement……..Courant Mai, des signes inquiétants de fébrilité de mon ami me laissaient présager rien de bon quant à sa présence à mes cotés sur cette course culte (Coucou Eric, je te salue et te remercie d’avoir voulu et essayé ) !!

C’était sans compter sur « El Presidente » qui avec sa gentillesse sans faille, me proposait ses services ! « Merci Daniel ».Je dis « Merci » mais je savais aussi qu’il n’allait rien me laisser passer quant à l’entrainement que j’allais m’imposer pour réussir ce défi. Le « top », c’est que Daniel s’appropria tellement le  projet, qu’il n’a pas hésité à m’accompagner du début à la fin dans ma préparation. Il se demandait même parfois si ce n’était pas lui qui allait courir le 100 km de Millau !!! Un comble ! 

Il est un fait qu’après notre rencontre en début d’année après m’être inscrit au CLES de Gardanne, rien ne me laissait envisager que nous allions rapidement nous « pacser » pour nous entrainer à des objectifs communs : La Sainte Victoire, Mimet, Les Pas de Lure puis Millau.Et dire que j’hésitais depuis des années à m’inscrire dans un club car je n’étais pas sur d’assumer la vie dans un club…….j’ai fait très fort !....en espérant que cela nous mène pas un jour au divorce ! 

Donc, voilà comment le 25 septembre 2009 au soir, nous nous retrouvions à Millau pour le retrait des dossards ! La journée n’avait pas été simple car, en plus du voyage Gardanne-Millau (environ 300 km) l’après midi, les préparatifs du matin m’avaient d’ores et déjà épuisé ! Préparer son sac, le défaire, le refaire, le re re vérifier, checker de nouveau son matériel, préparer ses sachets magiques, sa boisson énergétique, refaire son calcul de calories, ses grammes de glucides à consommer par heure, etc., etc., etc….EPUISANT !! 

Nous ne pouvions pas faire autrement, après l’installation dans notre mobil home, loué pour l’occasion, de prendre nos VTT respectifs pour retirer le précieux sésame au centre ville ! Je passe rapidement sur le fait que le nouveau VTT de Daniel attirait des curieux : « NON, il n’est pas à vendre ».  
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Le décor était planté, l’ambiance était là et on sentait bien qua la ville s’apprêtait à un évènement d’envergure. Le soir, nous retrouvions nos plus fervents supporters, venus pour l’occasion nous soutenir : « Bonjour Maman, bonjour Papa, bonjour Fiston, Bonjour Carine ! ». Cette fois, j’y suis et ce moment tant attendu était en train de me rendre de plus en plus inquiet : « Mais qu’est-ce que je fais ici…. ??!!?? ».

 L’air de rien, la pasta party version « Trail de la Drome » (seuls les connaisseurs apprécieront) me permettait d’oublier un peu ce qui allait m’attendre le lendemain.Avant de finir dans les bras de Morphée et de rêver d’une victoire (ben quoi ? j’ai parlé de rêver !), un dernier briefing ainsi qu’une minutieuse préparation de l’alimentation et du paquetage du lendemain nous permettaient de dormir sur nos deux oreilles (hum….ne me croyez pas sur ce coup là, je viens d’écrire une c….). 

Bon, 6h30, le réveil sonne. Debout là dedans !! Le mobil home étant tellement petit (pour un camping 4 étoiles, çà la fout mal !! Ah, j’ai oublié, il s’agit du Millau Plage ……mais je ne vous ai rien dit...) que Daniel se sent obligé de faire son lit immédiatement .

 

 Je me sens aussi mal qu’hier soir et je dois totalement me remobiliser pour affronter ce défi. Pourquoi suis-je là ? Pourquoi cette course ? L’entrainement a-t-il été suffisant ? Les séances de 30/30 n’étaient-elles pas trop courtes ? Les séances de VMA longue n’étaient-elles pas trop ….longues ? Comment faire 100 bornes en courant ? Etc., etc., etc. EPUISANT Moralement !!« Mais non, tout ira bien PASCAL, rappelle toi les 6 à 9 entrainements hebdomadaires, tes séances de gainage, tes kilos en moins, rappelle toi les trails des Pas de Lure, de la Sainte Victoire, de Mimet ….tout cela, ce n’est quand même pas rien…..tu peux le faire……c’est sur !!! » 

Je quitte Daniel qui doit rejoindre Aguessac à 7km, lieu de rencontre des binômes coureur-suiveur. L’organisation semble sans faille. Me voilà sur la ligne de départ au parc de la Victoire pour un démarrage en fanfare. Un jeune coureur de 72 ans me rappelle qu’il ne faut pas oublier de boire une bière au ravitaillement du 70ème ! Epoustouflant !   

 Je me suis tellement répété qu’il fallait partir tranquille que le départ est du coup…très tranquille. Cà y est, c’est parti et je réalise qu’il faut que je profite de ce moment présent, moment attendu et préparé depuis tellement de temps. Je décoince, je me remets à sourire, à regarder de droite et de gauche……c’est sur, je suis maintenant dans ma course….je la vis….elle est à moi !

Les routes ont toutes été mises à la disposition des coureurs. Aucune circulation. 

Mon objectif : rester dans la fourchette 72-74 % de FCM (Fréquence cardiaque maximale pour les non initiés). 

Je me languis de retrouver mon « pacsé » au 7eme en espérant qu’il n’a pas entrepris de parler avec d’autres vététistes car cet homme là, est capable de parler « à des pierres », au risque de m’oublier (mais non, je plaisante !).  

 Daniel passe avec succès son premier ravitaillement et prend le rythme de la course. Anticipation sur les ravitos, pose du Vtt, marche rapide vers les tables, remplissage de gourde, préparation de la boisson énergétique, ravitaillement, reprise du VTT et coup de pédale rageur pour me rejoindre. Il est aux petits soins pour moi…n’est pas Président qui veut ! Il va avoir un sacré boulot toute la journée.

2 heures – 20 Km – Le Rozier et Peyreleau : La première étape se passe à merveille et je suis enfin chaud. Première montée (toute petite montée) mais je me régale…j’ai les jambes, dommage que ce n’est pas un trail. Certains se mettent à marcher, je n’en reviens pas. Merci mes entrainements sur les crêtes ! Je suis pratiquement sur un rythme de 11 km/h, c’est trop par rapport à ce que j’avais imaginé. Ma fréquence cardiaque n’a pas bougé. Je reste donc comme cela après en avoir discuté avec mon ange gardien ! Bonjour au passage à nos supporters !!   

3 heures – 33 km : Première alerte- mon coup de pied droit me fait mal. Je connais cette douleur. Il faut soulager le pied en relâchant les lacets. Je n’aime pas cela car mon laçage était au minimum. 

3 heures 30 : Adducteurs contractés, limite crampe, je ne comprends pas trop bien. Le bitume fait son travail ! Je demande à Daniel de changer de boisson énergétique. 

4 heures : le premier marathon est bouclé mais les pieds s’échauffent. On s’arrête, je déchausse et les pommade grassement. Effectivement, un début d’ampoule pointe, sans doute lié à un pied mal tenu par le laçage minimum du coté droit. Je repars mais cela devient déjà difficile de s’arrêter car….il faut repartir. Les adducteurs se font oublier…la boisson ferait-elle son effet ? 

47 eme km : les difficultés commencent : la montée de Creissels. Je lâche les concurrents avec lesquels je jouais depuis le matin. Je cours et eux se mettent à marcher. Le % est bien là mais je me sens bien et les encouragements de Daniel me poussent à continuer sans me mettre dans le rouge. Cette difficulté me fait presque chaud au cœur car elle se passe bien et me rappelle que l’on attaque cette fois vraiment le « 100 km de Millau ». Au rond point, je suis surpris car des supporters encouragent un Pascal. C’est curieux, ce n’est pas la première fois que j’entends mon prénom depuis le départ. Je regarde mon dossard, pas de prénom. Le gars d’à coté doit s’appeler Pascal et la femme devait être sa fille !  

Cette deuxième partie consiste à un aller-retour sur la même route entre Millau et St Affrique soit au total 58km avant l’arrivée. Mentalement, c’est toute la difficulté de cette course. Il faut que je m’y fasse, pas évident à gérer. 50eme : Qui dit montée…dit descente vers St Georges de Luzençon. Là, j’en ai pris un coup : autant, j’adore les descentes techniques en trail, autant, je n’aime pas ces descentes sur route. Je sens bien que mon pied ne va pas bien mais rien de grave, à priori. Je gère.

Le Viaduc est énorme et magnifique. « Daniel, viens vite, y a la photo !! ».  
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On est en plein soleil, je ne connais pas la température mais il doit faire plus de 25°. Le ravito se fait languir, Daniel me passe sa propre gourde.A St Georges, je m’arrête au ravitaillement. Je vois Daniel engouffrer « je ne sais quoi » dans la bouche. Il a l’air d’avoir sacrément faim. Pour ma part, je sélectionne : citron et quart d’orange pour la vitamine C, pas de solide afin de ne pas m’encombrer mais je finis par prendre du coca-cola car c’est vraiment la boisson qui me redonne la pêche immédiatement. Je sais que ce n’est pas du tout conseillé mais cela fait du bien par où cela passe ! Adieu les bonnes résolutions ! 

Daniel surveille mes calories et quantités de glucides ingurgités. Il note tout ce que je mange et me surveille comme le feu. « Bois ! Une seule gorgée, pas plus ! » « Banane séchée, orange ? » « Oui merci, Daniel», « Non merci, Daniel », « Merci Daniel ! »….mais… « Arrête de me dire Merci, Pascal ! »…«Oui, Daniel » !!! 

57eme : La douleur est vraiment là et je n’arrive plus à la supporter. Je pose difficilement mon pied droit et je n’ai pas d’autre possibilité que de délasser totalement la chaussure en espérant que mon problème est lié à cela. 2 km plus loin, la douleur s’estompe, je souffle car je ne voyais vraiment pas comment j’aurai pu continuer avec cette pointe sur le coup de pied. Nous faisons la route avec un jeune, sans suiveur et sans porte gourde ce qui est totalement déraisonnable à 15-16h de l’après midi. Il essaye de s’accrocher, un St Bernard lui vient en aide en lui proposant sa gourde ! Devinez qui c’est ? Qui a parlé de Grippe A ? 

Mon rythme est moins bon que ce matin mais je peux envisager de passer sous la barre des 10 heures. Je n’ose pas y croire d’autant plus que je suis dans une période de moins bien mais cela me motive et m’oblige à vouloir rester dans l’allure imposée. La fréquence cardiaque chute à 69-71%……normal, mon rythme aussi !  Un nouveau « Allez Pascal » d’un groupe de supporters arrive à mes oreilles et je demande immédiatement au coureur d’à coté si il s’appelle Pascal. Il me dit que non….je n’y comprends rien et  je demande à Daniel ce qu’il ma manigancé !! Je regarde ma casquette, mon dossard, mon T-shirt…..rien…pas de prénom…Mais c’est quoi cette histoire, j’ai l’impression d’être traqué. Je commence à psychoter.  

 60 eme : St Rome de Cernon. On vient de se taper 7 km de faux plat monotone pour lequel je ne trouve aucun intérêt d’un point de vue touristique. Est-ce moi ou est-ce vraiment peu intéressant ? Et dire que nous devons repasser par là dans 2-3 heures ! Les km commencent à peser grave ! L’idée d’avoir mes proches au prochain village me redonne tout de même du baume au cœur. « Yes ! Ils sont là. » Mon fils prend des photos….C’est sûr, en me voyant passer, je devine qu’il me traite de fou. Merci à eux tous d’être là, je ne leur dit rien, l’émotion est présente. Ils ne se doutent pas à quel point cela me fait du bien.   

A la sortie du village, on bifurque à droite direction St Affrique, et là, çà monte !! Et çà monte encore, et encore ! Je suis le seul à courir. Ils sont tous en train de marcher. Je n’en crois pas mes yeux. Daniel me fait croire en mes capacités et accompagne chacun de mes pas. A environ 1 km du sommet, la voiture d’ouverture de course arrive en annonçant le passage du premier !! Qu’est-ce que c’est dur de le voir passer ! Nous en sommes à 6h08 de course et il a facilement 16 km d’avance sur moi.

On arrive au sommet, je cours toujours mais une envie pressante se fait sentir. Malheureusement, je suis sec comme un haricot….on verra plus tard. Je marche 1 minute et je repars déjà pour attaquer cette descente de 6km sur St Affrique.

Un peu plus loin, il y a une grosse ambiance. Des groupes de supporters scandent mon prénom !!! Cà y est, j’y suis : pendant qu’une personne annonce à une autre mon n° de dossard, une autre cherche sur la liste officielle le prénom du coureur et elles se mettent alors à vous encourager par votre prénom ! Trop bon, trop sympa, trop fort, j’ai la banane, merci à tous ! 

La descente amène son lot de douleurs et je dois me concentrer sur ma respiration pour me ressourcer. Une ampoule est en train de murir sur mon pied droit et elle ne tarde pas à me faire souffrir.Des coureurs sont sur le retour mais leur nombre n’est pas si important que cela. Etonnant !Je manque de lucidité et Daniel essaye de me convaincre que je suis bien placé. Je me rends compte que Daniel me pose des questions mais que je ne lui parle plus et ne lui réponds que par hochements de tête. Je sais qu’il sait !!! C’est dur et il comprend que je suis dans une nouvelle période de moins bien. 

71eme KM - St Affrique : petite ville,  les coureurs passent pratiquement dans la ville dans l’anonymat le plus complet. Pas vraiment d’ambiance malgré un speaker qui annonce votre arrivée à mi parcours sur la deuxième boucle. Super ravito comme tous les autres ravitos d’ailleurs. Il est un fait que l’organisation est au point. Chapeau !Il devient urgent de traiter mon ampoule. Je décide de charger en pommade anti frottement. « Daniel, sort la pommade, je vais pommader ». Nous nous arrêtons sur un banc, je déchausse et charge de nouveau en pommade. L’ampoule est superbe ou plutôt les ampoules sont superbes...bien gonflées,  joufflues, je suis fier de moi !! La chaussure n’étant plus lassée, le pied est moins bien tenu et ceci justifie cela.

 La remontée de 6 km : Elle est vraiment raide. Je cours, il n’y a vraiment pas grand monde qui fait de même. On double des suiveurs qui poussent leur vélo, je ne sais pas si les coureurs ont abandonné ou si les suiveurs n’ont pas pu suivre leur coureur. Je n’aurai jamais de réponse. Ce qui est sur, c’est que je suis sur le retour et je croise de plus en plus de coureurs qui descendent sur St Affrique. Cette fois, je suis dans le bons sens. Ils semblent être tous dans la difficulté. Daniel m’assure que mon classement est excellent et qu’il ne faut rien lâcher. Je l’écoute, je ne lâche rien même si la facilité serait de me mettre à marcher uniquement par fainéantise morale ou lassitude tout simplement.Cette remontée est très longue. Elle n’en finit plus et le flot de coureurs et de suiveurs est impressionnant dans le sens aller. Cà me booste. Physiquement, je suis bien et ma plage de fréquence cardiaque est toujours OK.

Ravito à Tiergues, re-sommet et descente sur St Georges.

Pendant que le flot très impressionnant de coureurs continue dans le sens aller, il semble que sur le sens du retour, les coureurs toujours en course ont trouvé leur place et que plus grand chose ne viendra chambouler le classement actuel sur les 22 km restants. 

On se retape ce grand faux plat de 7 km, seule consolation, cette fois-ci, il est descendant. Avec Daniel, nous nous demandons comment font ceux qui se dirigent vers St Affrique. Ils ne sont pas près d’arriver et la nuit approche.

Les épaules se font sentir, le cou est engourdi, j’ouvre le thorax, maintient mes épaules, je décontracte en permanence les bras mais cela ne suffit pas toujours. Heureusement que je me suis imposé les séances de préparation physique ! Au ravitaillement du Pont de Dourdou, je m’aperçois qu’il devient difficile de repartir après s’être arrêté. Je décide donc de ne plus m’arrêter aux futurs ravitos.

Je me remobilise pour retrouver une allure mais je sens bien que je ne suis plus au top. Je n’arrive ni à manger, ni à boire. Daniel comprend mais propose tout de même le dernier gel avant la dernière grosse difficulté à venir : la montée vers le viaduc. La montée est là. Daniel descend de son vélo et décide de courir avec moi. Je ne lui dis rien mais j’apprécie même si j’ai peur qu’il se fasse mal : il est génial. Je ne lâche rien, je cours toujours malgré le dénivelé. Je me refuse de marcher. De toute manière, Daniel me promet de me fouetter. En fait, il n’aurait pas du me le dire, je ne sais plus ce que je dois faire (Ahhh, on peut plus plaisanter ?) !!!! Un coup d’œil à mon cardio m’indique que je suis à 69%, un comble alors que je suis dans l’effort, le corps humain, quelle machine ! Mais cela indique aussi que je pourrais aller plus vite…. 

92eme : une chose est sure, je ne parle plus, Daniel me parle d’apéro, des tartines du paté de Millau enfilés au dernier ravito. Je lui demande de se taire car cela me devient insupportable d’entendre tout cela, je ne suis pas loin de l’écœurement.On repasse sous le viaduc, on croise le dernier concurrent. Il n’en est qu’au 49eme  Km. Cela fait déjà presque 10 heures que je cours et ce candidat en a autant à faire. Il passera toute la nuit sur la route et n’arrivera que demain matin si il n’abandonne pas. Il y a quand même des limites à ne pas dépasser pour tout défi – se dit-on !  

On attaque la descente, je ne parle plus, je ne bois plus, les abdos se contractent, l’estomac se noue. Je ne contrôle plus. Je m’arrête dans la descente, la nuit tombe, je libère mon estomac…c’est la gerbe finale !!! 

Daniel ne dit plus rien, m’attend…il m’accompagne par la pensée.  Je repars tout de même rapidement et très vite, je sens un mieux. Les jambes reviennent, je bois un coup. Cà sent l’écurie, il reste 6 km et je me sens bien. La nuit est bien présente. Daniel met la frontale, quant à moi, on en parle même pas !

Je me concentre et dans la descente de Millau, je décide de partir à la chasse aux places. Et une, et deux, et pourquoi pas trois ? Daniel me suit en vélo et m’annonce un 12km/h. Les jambes sont là et je continue sur le même rythme. Cà doit passer jusqu’au bout. Tant pis si je le paye demain ! 

97eme : Daniel me rappelle qu’il reste encore 3kms mais je sens que je peux continuer sur ce rythme. On traverse le Tarn et 3 coureurs font de nouveau les frais de mon renouveau. Effectivement, je finis fort et dans Millau, les encouragements des spectateurs me viennent droit au cœur. Il m’en faut pas plus pour en gratter encore un ou deux. 

99eme : Dernier virage dans la ville et dernière ligne droite montante. Il n’y a personne devant et Daniel me rassure sur les poursuivants doublés. Je reste attentif et maintient le rythme. Je rentre dans le parc et la foule est bien présente.   Je suis seul au monde, l’arrivée est là au bout de cette ligne droite montante, j’accélère car « booster » par l’ambiance. Je suis en train d’accomplir mon défi, je souris intérieurement, je suis heureux, je cherche des yeux mes proches. Cà y est, je passe sous l’arche, rentre dans le gymnase, les applaudissements, le bip d’arrivée, le photographe, mon fils, mes parents, « mon pacsé », mon score, l’émotion est présente. 

Et les larmes aussi ! 

P……de course !!!! Je peux dorénavant penser et passer à autre chose.  

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 Quelques chiffres :

Temps de passage au 42ème     : 03:59:17   - 217ème

Temps de passage au 71ème     : 07:08:47 - 131ème

Temps final                           : 10:24:31   - 93ème 

Données GPS sur la course

Allure moyenne    : 6,09 km/h

Vitesse moyenne  : 9,7 km/h

Calories               : 3855

% Moyen de FCM : 72%

Dénivelé positif   : 1197m

 Le ravitaillement :

Boisson énergétique               : 3,5L soit 204g glucides

Eau                                        : En pagaille

Gels énergétiques                  : 7 soit 181g

Barres énergétiques               : 2/3 soit 30 g

Bananes séchées                    : 3 soit 49,5g

Abricots secs                        : 2 soit 8g

Portions d’orange                   : 14 soit 16g

Portions citron                      : 10

Dattes                                   : 1 soit 6g

Coca-cola (verre)                   : 12 soit 127 g 

Total glucides = Environ 621g glucides soit 59g par heure. 

Les entrainements :

Ø  12 semaines de préparation à raison de 6 séances par semaine minimum.

Ø  Toutes les 3 semaines : 3 jours doublés (1 entrainement le matin, un le soir) soit 9 entrainements dans la semaine

Ø  838 km parcourus à pied – 59 séances

Ø  533 km parcourus en VTT – 17 séances    

 

8 commentaires

Commentaire de CROCS-MAN posté le 05-10-2009 à 18:19:00

BRAVO et bonne récup. Merci pour ton récit

Commentaire de chanthy posté le 05-10-2009 à 21:15:00

bravo, ce fut une superbe course et un super récit.
bonne récupération.

Commentaire de calimero posté le 06-10-2009 à 19:54:00

Une sacré préparation et un suivi de pro, bravo le résultat est là!!

Moi pour mon 1er cette année, je ne souhaitais que finit très bien et c'est le cas!

Pour 2010, je m'inspirerai de ton expérience pour essayer de m'approcher de ton chrono!!!

Commentaire de Marlène/Mô posté le 07-10-2009 à 14:25:00

Et ben, quel final ! Belle prépa, et encore bravo, les larmes sont naturelles.

Commentaire de Clairette et Vincent posté le 07-10-2009 à 16:49:00

Respect! Quel compte rendu, quel niveau de détails et quel humour!
Respect Rabichon.
Bonne récup.

Commentaire de pineau posté le 09-10-2009 à 19:24:00

félicitation autant pour le résultat que pour le compte rendu (trés détaillé).Bonne récup,ça fait 15 jours que c'est fini les douleurs commencent à être loin.

Commentaire de Métrolo posté le 12-10-2009 à 13:26:00

Belle performance ! Merci pour ton récit détaillé !

Bravo !

Commentaire de nataubi posté le 22-11-2009 à 20:59:00

bravo rabichon le centbornard ;-)

belle course beau temps cr sympa ;-)

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