Récit de la course : 100 km de Millau 2008, par guirlande

L'auteur : guirlande

La course : 100 km de Millau

Date : 27/9/2008

Lieu : Millau (Aveyron)

Affichage : 1320 vues

Distance : 100km

Objectif : Objectif majeur

8 commentaires

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Les 100 km de Millau

Pfffff quelle nostalgie face à ce superbe we...

Mais n'allons pas trop vite.

Le départ

Après avoir dormi une heure pour ma part et Nath pas du tout nous nous amenons avec notre puce et Guirlande (le vrai) chez Louis fine à 2h50 du matin. Chacun est déjà là et ça sent un doux mélange d'effervescence et de sommeil.

Nous nous mettons en route vers les 3h10 et je prends pour une fois la tête (lol). Rapidement nos amis de No Télé d'abord et Do ensuite me dépassent. La traversée de Lille se fait aux 110 requis pour ma part et Do me laisse sur place. Nos amis de No Télé feront une halte carburant à Orcq. Nous ne les reverrons que bien plus tard.

La route Lille-Paris est tuante avec son cortège de camions et c'est à l'entrée de Paris que nous rattrapons Do et cie (facilement reconnaissable avec le porte vélo).

Le reste de la route se passe comme un long fleuve tranquille et nous entrons dans notre gîte de Rivière sur Tarn sur le coup de 12h (ébahis pas la patience sur la route de notre petite Elina). Le temps de défaire les paquetages et nous voila partis vers Millau pour nous sustenter et y retrouver Jean 'M Debois.

Millau

On se retrouve autour d'un sandwich et ensuite, pendant que ces dames vont faire un petit tour, autour d'une mousse. Louis est tendu comme un string tandis que Jean est plus dans ma gamme d'émotions, cool et détendu.

Vers 16h nous nous rendons au parc de la Victoire pour le retrait des dossards et là Jean devient le seul cool car pour moi, humer ce parfum me met l'estomac à l'envers.

Nous redescendons vers 17h et sommes surpris par l'arrivée de nos reporters de No Télé qui ont eux disons prolongé certains arrêts récupérateurs.

Le temps de reprendre les voitures, nous remontons dans nos gîtes respectifs car perso j'avais oublié de signaler que nous n'y mangerions pas. Notre gîte est d'ailleurs majoritairement composé de coureurs pour le lendemain. L'estomac reste noué et la route aidant, la fatigue me gagne et nous regagnons nos pénates.

27 septembre 2008 (le avant)

Levés à 7h (les 3 heures de digestion sont ici moins importantes), je termine de préparer mes affaires et Nath de me faire remarquer que j'ai un visage des plus fermés. Je ne suis pas tant stressé par le résultat que par la dose de souffrance qu'on s'apprête à encaisser. Je serai 100 bornard ce soir, je n'en doute pas (mwouais???)).

Il fait très froid mais le ciel sera azur toute la journée.

Sur les coup de 8h, nous nous mettons en route pour prendre Louis et descendre sur Millau.

Nous rejoignons leur gîte de Pailhas et une étrange atmosphère proche du recueillement flotte dans l'air. Jaife que je vois pour la première fois du WE semble être bien stone (pfff ces jeunes).

Nath nous dépose devant l'entrée du parc et je l'embrasse une dernière fois ainsi qu'Elina et nous voilà en route pour le check-in. Je sais que Louis est taiseux dans ces cas là (nous ne retrouverons Jean que juste avant le départ) et ne sais trop si je dois parler ou me taire alors j'essaie l'entre-deux et par politesse je crois il ne m'envoie pas bouler (joke).

A ce moment là, je lui dis me sentir installé dans une attraction de fête foraine où on attend le départ, on craint mais on ne peut plus descendre. A part que là ça dure 2'.

La lente marche au son de la fanfare nous amène sur la ligne de départ et la pression est retombée d'un cran. On dirait que je suis dans ma course. Simon de No Télé nous accompagne un peu. Ce n'est qu'à quelques secondes du départ que les trois larrons pourront se souhaiter bonne chance et se dire à dans quelques heures.

27 septembre 2008 (pendant)

Millau-Le Rozier

Et nous y voila. Le temps est idéal. Mot d'ordre du départ, trouver son rythme. Déjà mal barré dans le 1e km où je suis encore sur les talons de Louis en 6'47". OK on lève le pied et dès la sortie de Millau je suis sur les bases voulues de 115-120 puls et tourne à ce rythme vers les 7'/km.

Les 12 premiers km me sont connus puisque c'est la route qui nous emmène à notre gîte et je suis impressionné par le long serpent de coureurs.

Un gros doute m'assaille toutefois quand, peu après le 2e km, ce sont tour à tour les 13h, les 14h et même les 15h qui me passent sous le nez. Pfff curieux mais surtout ne pas sortir de son schéma de 120 puls et d'alternance 14-1 course-marche.

Au ravito d'Aguessac, soit vers le 5e km (35'07"), je prends au vol madeleines, pain d'épice, raisins et je continue. Je m'étais donné en consigne à moi-même de bien alterner non seulement pour les apports mais aussi pour les risques de rejet et d'indisposition. A cette occasion, je dépasse les 14 et les 15h qui eux ne cyranotent pas mais prolongent l'arrêt au ravito.

La mécanique tourne sans problème si ce n'est un début d'échauffement au gros orteil droit. Je m'arrête pour remettre le tout en place et repars mais ne suis pas très confiant sur le fait d'éviter la cloche (grrrr moi qui n'en ai jamais ce serait la deuxième fois après Anvers). Qu'à cela ne tienne, je sais que Nath sera au gîte, je lui demanderai un compeed.

En fait elle sera là plus tôt au 10e km (35'26"-1h00'53") et dans la précipitation de manger, des photos, de savoir si ça va, je repars sans compeed. Je sais que je ne devrais pas la revoir avant le 30e km.

Outre, les ravitos où je diversifie, je me suis mis comme consigne de prendre un gel toutes les heures. Tout se passe, bien, le décor est somptueux, cette partie est vraiment belle et je suis surpris de déjà passer les 15 (35'35"-1h46'08") et 20e km (36'29"-2h22'37").

Je pensais qu'on virait de rive au semi mais non c'est un peu plus tôt et on repart déjà en sens inverse (semi en 2h31'31").

Le Rozier-Millau

Un peu comme sur marathon (de ma maigre expérience), j'ai un peu tendance à m'emballer à ce moment là. Tout va bien, la ballade continue (phrase bientôt célèbre je le sens) et je monte Peyreleau en courant comme une fleur. J'y tenais à celle là histoire de me dire que le travail en côte aura été utile (lol).

Elle passe très bien. Certes, le rythme diminue avec les premières difficultés mais tout va bien. 25e (38'03"-3h00'40") et 30e (37'12"-3h37'52"). Une chose m'inquiète un peu quand même c'est que je suis déjà aux 140 puls mais je me dis que ce sont quand même 30 bornes qui viennent d'être faites et que ça doit être normal.

Je vois Nath au loin, elle me remplit mes gourdes, je lui dis que tout va bien (ainsi qu'un peu plus loin à nos tintins) et continue. Elle me fait part du temps de Louis que je ne comprends mais je suppose que ça tourne aussi pour lui ainsi que pour Jean sinon elle aurait parlé autrement. Les premières douleurs apparaissent et m'inquiètent un peu car je trouve ça tôt mais en même temps je me dis qu'il ne fallait pas non plus m'attendre à me sentir comme au saut du lit au marathon.

Le 30e passé, je sais du profil et de ce que m'en ont dit mes acolytes que c'est plutôt descendant (mwouais pffff pas fameux la descente hein hihihi). 35e (38'10"-4h16'02") et 40e (36'54"-4h52'56"). Durant tout le retour j'aurais dû me freiner notamment au niveau des puls mais on va pas faire la fine bouche.

A l'entrée dans Millau, je connais une première grosse frayeur avec la tête qui se met à tourner et les jambes qui me lâchent. Heureusement, Nath (que je ne remercierai jamais assez) est quelques centaines de mètres plus loin et je m'arrête pour la première fois un peu plus longtemps pour bien me ravitailler. L'entrée dans la parc de la Victoire se fait sous le regard satisfait et même pas fatigué de Jean (RHO one point avec un superbe 4h13) Do et Phil.

Passage au marathon en 5h12'55" soit tip-top dans mes espérances de 5h15'.

Millau-St Affrique

Je dois bien avouer que sans la présence de Phil à vélo à ce moment là, je m'interroge encore aujourd'hui de savoir si je serai reparti. Non pas que j'étais au bout mais la tourniole m'avait fait très peur. Ceci conjugué à une plus forte entame de mes réserves qu'attendu...

Enfin soit, nous voilà repartis et je dirais même bien repartis car l'arrêt auprès de mon épouse m'a revigoré dirait on et on avance maintenant gentiment en discutant le coup avec Phil. 45e (40'43"-5h33'39") soit toujours assez bon avec l'arrêt un peu plus prolongé auprès de Nath. De mémoire, je ne prendrais aucun gel sur la deuxième boucle. Une explication à la suite? Mais pas trop vite.

Se profile maintenant le Viaduc et sa montée (à vue de nez entre 2 et 3 km de montée très régulière à une moyenne de 5-6% avec des passages à 7). Je dis à Phil: "voilà la bête". Alors qu'avant d'y arriver, je me disais que je pourrais l'aborder en courant, non seulement, je m'assagis très vite à sa vue mais n'y verrai qu'une personne y courir (que je rattrapperai dans la descente). Là aussi je suis rassuré car j'ai pris le pli de marcher très rapidement et je ne fais que dépasser.

Peu après le sommet, nous passons la marque du 50e km (43'36"-6h17'15") et là aussi parfait moi qui espérais 6h15'. Je dis à ce moment à Phil qu'il ne reste plus qu'à gérer (mwouais on peut en dire des conneries hein). Je me prends aussi le premier gros coup au moral en me disant qu'il reste la même chose à faire mais ainsi que je me l'étais promis, je pense d'abord à rallier le 60e (pied de Tiergues) ensuite St Affrique,...

La descente du viaduc est, de manière inattendue, terrible pour les jambes. Ouch que ça fait mal. Dans le même temps mon capital physique et mental descend lui aussi en flèche et lors du ravito de St Georges (le moins bien organisé je trouve de devoir passer commande au bar), je dois arracher mes yeux des lits de camp dans lesquels certains récupèrent déjà. Je n'y prends plus de solide parce que ça passe plus et commence au coca. Nous entamons alors sans le savoir la partie que je trouve la plus monotone et usante vers St-Rome. 7 km de léger faux plat réguliers et relativement rectilignes. 55e (43'26"-7h00'41"). On a Pascalito en ligne à qui je dis que je serre les dents.

Alors que je venais de dire à Phil que je commençais à en avoir marre de cette route, nous apercevons St Rome, son 60e km (41'51"-7h42'32") et ensuite Nath qui m'attend au pied de Tiergues. Nath m'attend avec des vêtements de rechange, des chaussettes de rechange et des compeed. Elle me soigne comme une petite maman (merci pour tout mon coeur). Je regarde ma fille et mon épouse et éclate en pleurs. Je m'étais promis d'être fort face à elles pour ne pas inquiéter mais ne sais m'en empêcher.

Au moment de me relever passe le groupe des 14h de Chantal. Je suis très surpris car je suis encore assez lucide pour savoir qu'on est plus sur les 13.30h jusque là mais je me dois d'accrocher.

Je marche vite mais suis surpassé par Chantal derrière qui je dois m'accrocher dans cette montée. Je piquerai même un petit sprint pour rejoindre le groupe (au grand bonheur de Phil lol). Je suis aussi surpris de déjà être au sommet car j'avais en tête que la côte faisait plus de 5 km. 65e (53'24"-8h35'56") et on part pour la descente ou plutôt le groupe part car mon corps rend les armes. Alors que peu avant St Rome j'étais passé en 9-1 ici, c'est plutôt du 1-9 et la descente est un vrai calvaire mental et physique. A plusieurs reprises j'essaie de me remettre à trotinner mais il n'y à rien à faire. Plusieurs fois, je fais part à Phil de mon état (comme s'il était aveugle lol).

Vers le 68e je croise Louis et Jaife et me prends une grosse frayeur dans le sens que je ne vois pas son dossard et qu'il arrivait vers moi d'un pas très tranquille mais non ouf son dossard est derrière. Il me dit avoir eu un gros coup de mou entre le 50e et le 60e et me dis que moi aussi ça peut aller mieux après. Je n'y crois pas de trop mais soit continuons, il ne sert à rien de nous éterniser en paroles. Un petit calcul le fait rentrer sous les 13 h à mes yeux pffff m'étonnera toujours ce garçon (et je n'étais pas au bout de mes surprises).

Je me mets à cogiter aux options et me dis, que je peux pas abandonner Phil ainsi au milieu de nulle part, lui qui me fait l'immense plaisir de m'accompagner mais j'avoue qu'à ce moment là je ne vois pas beaucoup d'autres solutions. Phil me dit que Nath sera à l'entrée de St-Affrique et je me dis que son vélo devrait pouvoir rentrer dans le coffre pffff. Je me traîne jusqu'en bas, je n'en peux plus, le bord du gouffre. 70e (44'25"-9h20'21") J'arrive près de Nath et m'asseois, je vais jeter l'éponge, je n'y crois plus, je n'en peux plus. J'ai Xavier en ligne qui m'encourage. Nath est très forte et avec un groupe de spectateurs, elle m'encourage elle aussi à y retourner. Je me relève, repars et très vite, j'éclate en larmes, des larmes que je ne parviens pas à arrêter. Je m'excuse auprès de Phil lequel aura tout au long du parcours LE ton approprié au moment approprié (bravo mon gars). L'équipe de No Télé est là et filme. Ils font leur boulot et de quelle manière. Il est vrai qu'à ce moment je souhaiterai être ailleurs que devant leur objectif mais c'est le jeu et je les remercie de leur délicatesse dans ces moments là.

St-Affrique-Millau

On rentre au pointage en 9h33 officiels (9h32' à mon chrono). On récupère nos sacs, je vois que No Télé (qui avait été prévenu de mon état je l'apprendrai après) ne sait trop comment se comporter. Phil semble résigné. Je me change, je vois les tables de massage et me dis qu'au point où j'en suis. Je demande conseil à Phil et j'y vais. Durant les 20 bonnes minutes de massage, je me mets à trembler et demande à Phil du ravito que je mâche consciencieusement. Je vois que Phil est interviewé par No Télé plus loin et je comprends qu'il vaut mieux que je n'entende pas tout.

Je me relève tant bien que mal et me dis que je ne saurais repartir dans ces conditions. Très vite toutefois, ça se dérouille et on repart. J'ai 10h02' à mon chrono et nous serons donc restés 30' à St Affrique. Je calcule qu'à du 10'/km (facile dans l'absolu mais là???) nous serons limite sous les 15h et même si je n'y crois plus de trop, je me fixe cet objectif. Encore 5h!!!!!!!!!!!!!! Pffff une montagne.

Bizarrement, je me remets de suite à trottiner jusqu'au retour vers Nath. Je lui dis que ça va mieux (et c'est vrai) et nous nous remettons rapidement à marcher dans Tiergues le retour. Il fait bien entendu nuit et les 6 km seront interminables. Je continue à marcher d'un bon pas 75e km (1h19'23"-10h39'44") mais Dieu que cette montée où on n'y voit goutte est longue.

Qui plus est le sommet ne veut pas dire fin de souffrances car les descentes font très mal. Phil me dit de m'alimenter mais je n'y arrive pas et continue au coca et à la St Yorre avec l'aide de Phil qui n'aura jamais autant mérité son surnom de barman.

80e km, panneau que je désespérais de voir arriver (50'12"-11h29'56") soit 12" de plus que la moyenne espérée mais dans Tiergues... OK ça va pas être facile mais j'espère encore être sous les 15h. A St Rome je dis à Phil que je vais essayer de finir comme ça en marchant le plus vite possible. Je veux toutefois tout donner pour Phil, pour les gens qui attendent, pour ne pas les faire rester jusque 4h du mat' (on se raccroche à ce qu'on peut).

Dès que je peux, je trotinne et ce, de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps mais je me dis qu'il reste encore 3h30' à souffrir. Je me dis également que je dois faire le maximum jusqu'au viaduc qui sera marché pour monter et pour descendre. Après il ne restera plus que quelques encablures.

Passage à St Georges, les jambes dégustent mais le corps semble se porter de mieux en mieux et le rythme augmente. Phil d'ailleurs ne manque pas de me féliciter de mes portions de course de plus en plus longues.

85e (46'52"-12h16'48"). Ce passage me rebooste totalement car en marchant pas mal, je prends 3' sur les 10'/km. Je sais que je peux faire du 11'/km maintenant et je sens que je vais rentrer sous les 15h. Un 14 au début de mon temps restera beau surtout après St Affrique et je le dis à Phil. Après certains ravitos, je joue d'ailleurs à le lâcher car il reste un peu plus longtemps pour finir son potage. J'apprends vers 22.35 que Louis est rentré et suis épaté par ses 12.30 (que je me dis à ce moment là.....).

Je donne tout ce que je peux pour rejoindre le pied du viaduc le plus vite possible et le pire c'est que ça marche.

J'y marche le plus vite possible mais Dieu que ce viaduc est loin. 90e (42'57"-12h59'45") et là je commence à me mettre à espérer les 14h30'. Heureusement j'avais oublié qu'on avait une belle partie de plat avant de passer sous le viaduc. Je sens les jambes qui n'en peuvent plus de marcher et bizarrement elles font moins mal à courir. Dès lors dès le replat, je m'y remets.

J'ai très peur de la descente et y recommence à marcher. J'y suis dépassé par un coureur dont le suiveur (bravo la sportivité) lui fait remarquer que son poulain a bien géré en courant depuis St-Affrique contrairement à ceux qui marchent ici. Je suis piqué au vif et alors qu'un autre coureur me dépasse, je lui emboîte le pas. En deux temps trois mouvements, je dépasse l'indélicat et, tel un pantin désarticulé déboule dans la descente. Tout brûle, tout fait mal mais je m'accroche au short de celui qui me précède, aux lumières de la ville. Nous entrons dans Millau 95e (42'05"-13h41'50") et les parties marchées se font de plus en plus rares et de plus en plus courtes. Ca va le faire, on va le finir Phil. Alors que 25km plus tôt j'étais au 36e sous sol, ces 5 derniers km sont presque un plaisir. Au 97e je me dis à moi-même ça y est tu le fais.

L'arrivée

Sans Phil pas de succès, je lui dis que je veux passer la ligne avec lui car ce succès c'est aussi son succès.

L'entrée du Parc que je pensais très cassante se fait sans douleur. Je sprinte même les 200 derniers mètres et surprends tout le monde à commencer par mon épouse qui regrettera avoir été un peu prise de vitesse. Phil me dépasse, jette (vraiment) son vélo et monte la rampe, je lui crie de m'attendre et nous passons sous des paires d'yeux qui font chaud au coeur la ligne en 14h21'29" à mon chrono (39'39" pour les 5 derniers).

Poignée de mains avec les deux premiers héros, merci à Phil, et je vois ma fille que je veux avoir avec moi. Son sourire me fait tout oublier (même mon épouse que je délaisse un peu à mon grand regret encore aujourd'hui).

Je ne me dis même pas que je suis cent bornard, je suis simplement heureux d'être là entouré de gens que j'aime, entouré de gens que j'apprécie et plus rien d'autre ne compte. Je comparerai ce sentiment à un tourbillon qui fait tout oublier. J'apprendrai le temps officiel de Jean pile poil dans son objectif qu'honnêtement je trouvais trop ambitieux sur ce parcours et les 12.08 de Louis. Que dire face à de telles perfs??? Rien sinon BRAVO et ADMIRATION. A ce moment là je me sens franchement petit par rapport à Louis.

Mon objectif de 14 h n'est pas atteint mais qu'à cela ne tienne, ce que nous venons de faire tous les 3 est beau tout simplement.

Et Dieu que les différentes félicitations font du bien.

Merci à tous pour les encouragements, les SMS, les pensées mais quand même quelques uns plus particuliers.

Tout d'abord à Nath à qui j'ai fait subir des absences très longues, un stress de réussite et de santé, une journée de vacance mouvementée...

Derrière chaque grand homme, il y a une femme disait l'autre. Je n'ai pas la prétention d'être un grand homme mais je sais que sans Nath, je n'aurais pas réalisé ce défi. Merci de me l'avoir permis.

Un tout grand merci ma chérie, tu as été plus que parfaite. Tu m'as une nouvelle fois démontré combien j'ai de la chance de t'avoir. Je t'aime toi et notre petite merveille dont le sourire m'a à chaque fois tout fait oublier. Il est amusant de constater que c'est à tes côtés que j'avais en même temps le plus envie d'arrêter (l'idée du doux foyer reposant et serein?) et que c'est aussi toi qui savais me faire redémarrer.

Promis, plus de 100 km (mais un 200 ou plus??? nan patapé je rigole).

Ensuite dans un ordre strictement chronologique.

Merci à Louis pour m'avoir entraîné dans cette aventure. Merci à lui pour son amitié, sa gentillesse, son sens des valeurs qui font de lui quelqu'un à part. Je suis très fier de faire partie des gens qui ont la chance de te cotoyer Will.

Une petite anecdote à ce sujet est, qu'alors qu'il a signé LA perf du WE on ne l'a jamais entendu parler en termes de moi je même sur le ton de la plaisanterie. Un exemple.

Merci à Xavier pour les conseils judicieux prodigués. Au niveau sportif, ma saison est parfaite et ce, grâce à toi. Outre ce fait, merci toi aussi pour ton amitié, ton implication dans cette course, ton stress par procuration que je sais sincère ainsi que pour ta visite lundi pour fêter ça (hips).

Merci à Phil qui ne mesure pas à quel point sa présence était indispensable. Au départ, je pensais courir seul et puis, lecture aidant, je lui ai demandé de faire le retour de St Affrique dans le noir et ce, pour des raisons de sécurité. Je me suis vu plus beau que je ne l'étais et sans toi, je te l'ai dit, je crois que je ne passais pas le marathon et certainement pas St Affrique. A charge de revanche vieux.

Merci finalement à nos accompagnants et marathonien (Jaife, Laurent, Do, Simon, François) sur ce WE avec qui, je pense on a formé une famille et qui font que ce WE restera peut être plus pour l'esprit que pour l'aspect sportif gravé dans ma mémoire. Je le revis déjà avec nostalgie.

8 commentaires

Commentaire de agnès78 posté le 08-10-2008 à 13:14:00

un seul mot : BRAVO...
bises
agnès

Commentaire de PhilippeP posté le 08-10-2008 à 13:39:00

De ma part aussi, un tout grand BRAVO, je ne t'en croyais plus vraiment capable à l'entrée de Saint-Affrique mais c'est un autre Tony qui en est ressorti ... chapeau !

Commentaire de benoitb posté le 08-10-2008 à 13:45:00

Superbe récit, c'est vraiment sincère. Une restitution sans pudeur des émotions successives, une prise de recul par rapport aux éléments, j'ai adoré. Ca sent la sueur, les larmes, mais ça respire aussi le bonheur simple de l'avoir fait, et de pouvoir le partager avec les proches. C'est de la fierté légitime, même si ta modestie doit en souffrir.
Merci !

Commentaire de seapen posté le 08-10-2008 à 16:17:00

A la lecture d'un tel récit, on peut dire que tu as bien mérité d'être centbornard. cent fois mérité. Bravo et salutations.

Commentaire de Françoise 84 posté le 08-10-2008 à 17:30:00

Bravo à toi que je ne connais pas, ton récit est très émouvant... J'y ai retrouvé des sensations déjà éprouvées sur de grandes courses, on est bien tous les mêmes finalement! Bises et chapeau à ta petite famille pour l'accompagnement!

Commentaire de CROCS-MAN posté le 08-10-2008 à 23:46:00

Merci pour ce récit plein d'émotions et un grand bravo pour ton courage et ta volonté.
BRAVO CENTBORNARD.

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 09-10-2008 à 18:48:00

Respect Guirlande ! Tu es centbornard et c'est pas rien !

Commentaire de bluesboy posté le 09-10-2008 à 22:06:00

Un grand bravo pour ta course,et particulièrement ta fin de course .Ca me rapelle l'an dernier avec les mèmes émotions ,les mèmes doutes .Je dis souvent que si l'on arrive à ST Affrique on ne peut pas abandonner car il y a au fond de chacun d'entre nous des réserves d'énergie insoupconnables

Bonne récup

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