Récit de la course : 100 km de Millau 2007, par momoVH3

L'auteur : momoVH3

La course : 100 km de Millau

Date : 29/9/2007

Lieu : Millau (Aveyron)

Affichage : 2315 vues

Distance : 100km

Objectif : Pas d'objectif

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Le récit

Mon 100 kms de Millau 2007

Début juillet, je pensais aller courir les Ch. de F de marathon à Dunkerque le 14 octobre 2007. Avec la chaleur, et mon âge aidant, je me suis vite rendu compte que je m'épuisais car je ne récupérais pas assez. Je décide donc au mois d'aout d'abandonner l'idée de courir à mon niveau ces championats. Après beaucoup d'hésitations, et le plaisir de retrouver les copines et copains du forum de Bruno Heubi, je me décide donc de participer aux 100 kms de Millau. J'envoie mon inscription, comme ça, je ne peux plus reculer. Je décide de m'entrainer à une vitesse spécifique d'environ 10, 5 kmh en allure 100 kms. Pour l'allure marathon, je laisse tomber. Trop fatiguant. En aout, en vacance, je fais 250 kms d'entrainement en 4 semaines avec une semaine à 105 kms. En septembre, de nombreux problèmes, notament une grippe intestinale me mettent KO, si bien que je ne parcours que 102 kms dans le mois dont 10 kms par semaine les deux dernières semaines. C'est mal parti.

Je décide donc de courir à 10,5 kmh le plus longtemps possible, et après j'aviserai. Mon objectif est surtout de me faire plaisir, et d'essayer de terminer car je reste sur 2 échecs dus à des blessures.

Vendredi 28 septembre, me voilà parti pour Millau. La météo s'annonce idéale pour courir le samedi. Arrivée à Millau à 11h30, je fais de suite la connaissance avec un jeune sympa qui vient du Luxembourg pour tenter son 1er 100 kms, et il a choisi le légendaire 100 kms de Millau. Il a des problèmes pour entreposer ses sacs. Je lui propose donc de les stocker dans mon vehicule afin de le rendre libre de ses mouvements. Petit repas, et en début d'après midi les participants se pointent petit à patit au parc de la Victoire. On fait vite connaissance et les discussions vont bon train. Les copains du forum arrivent les uns après les autres et nous sommes très heureux de nous retrouver. DANL et Bruno installent leur matériel vidéo pendant que les meneurs d'allure (Cagouille, Vincent, Jean-Mari, Léonard, et les autres expliquent aux coureurs intéressés leur plan de route. Mon Luxembourgeois, arrive accompagné de Fabienne (Fabi) qui nous vient de la Réunion pour participer. Elle a déja à son actif la Diagonale de la Réunion. Elle a donc de la distance dans les jambes. Hyper sympatique, elle discute facilement avec tout le monde. Je rencontre Phil, Joel, Marmotton et bien d'autres. Tout est hyper bien organisé et l'attente du dossard est minime malgré les 1600 coureurs pour le 100 et les 300 coureurs pour le marathon. Je rencontre Poisson qui vient accompagner un copain à vélo. Le tee shirt Mizuno jaune est très beau et fera un excélent souvenir.

20 h, c'est l'heure de la pasta party. Tout les monde autour de la table discute et explique un peu sa stratégie. Il y a de la gaité partout. vers 22h, c'est l'heure d'aller se coucher car demain 6h, il faut se lever. Direction ma voiture où un bon duvet m'attend, surtout que la nuit promet d'être très fraîche.

La nuit se passe à peu près bien. Elle a été froide. 6h, me voilà debout. Toilette complète et direction la salle où on peut prendre un bon petit déjeuner pour 5 euros, ensuite, direction la voiture et je me remets jusqu'à 8h dans mon duvet tellement il fait frisquet.

9h, on a prévu de faire une photo de groupe, mais quelqu'un me pose des questions et lorsque j'arrive, c'est passé et tout le monde s'est dispersé. Je fais pointer mon dossard. Je rencontre Babou qui a décidé de faire un bout de chemein avec moi, mais en fait, elle ira plus vite.

9h30, la fanfare commence à jouer et nous commençons à la suivre tranquillement vers la ligne de départ. L'ambiance est bon enfant et tout le monde est heureux, malgré le défi qui nous attend tous. Il y a un groupe de légionaires d'Aubagne qui a fait le déplacement.

Tous les coureurs s'arrêtent derrière la ligne, le décompte commence 7,6, les coeurs commencent à battre plus vite 5,4,3,2,1, et PAN, c'est parti et pour beaucoup c'est parti très vite, si bien que devant moi, la route est noire de monde. Je me cale sur mon polar à 10,5 kmh, et je régule à cette vitesse. Babou me rejoint et reste un moment avec moi afin de s'imprégner du rytme . Tout est bien et 1ere heure avec pil poil 10,5 kms. Les meneurs des 11h qui sont avec Syrano me tallonnent en alternant course et marche. DanL m'encourage chaque fois qu'ils reviennent sur moi. Ensuite, lorsqu'ils marchent, je reprends un peu de l'avance. Arrêt pipi à deux reprises en 2 heures. Passage au 20eme km au Rozier en 1h53mn. Très bien. Là, les premières bossent font leur apparition à Peyreleau. Je suis très à l'aise et obligé depuis le départ à me freiner pour ne pas aller plus vite.Montagnes Russes jusqu'au 30 eme avec de longues côtes parfois assez dures, et descentes. Je rencontre DOUDOU83 avec qui je fais un bout de chemin Passage au 30 eme km en 2h50mn30s. Les aducteurs commencent à me faire souffrir, ainsi que l'échauffement sous la plante des pieds, alors que tout les reste est OK ??? Arrivé à La Cresse au 32 eme km, je n'ai plus d'aducteur. Ceux-ci me font énormément souffrir et je ne peux plus courir . A la Paulhe au 35eme , je suis obligé de marcher. Cela fait 3h22 mn que je suis sur le circuit. Le groupe des onze heures me dépasse et m'encourage à les suivres, mais pour moi, c'est impossible que je coure. je les laisse donc partir et décide dans un premier temps de rentrer sur Millau en marchant comme je peux. Les pieds me brulent, les aducteurs me font mal, mais je marche à 6,4 kmh.

En cours de route, je réfléchi, que j'ai laissé un sac à Ste Afrique pour le soir, et que si je ne le récupère pas, je serai obligé d'attendre le dimanche fin de matiné pour le récupérer. Je décide donc que j'irai jusqu'au bout en marchant, de cette façon je pourai rentrer sur Marseille dans la nuit. Tout le long, les coureurs me rattrapent. Le groupe des 12 h me rattrape bien avant Millau. Arrivé à Millau, je délace mes chaussures après avoir récupéré mon sac et je me vaporise le dessous des pieds avec une bombe rafraichissante. Durée de l'arrêt 8mn . Je suis passé au marathon en 4h30 et je repars à 4h38. Essais pour courir, mais je suis obligé de m'arrêter au bout de 3 pas. En route à la marche. Sorti du parc de la Victoire, je vois le groupe 13h qui se pointe vers le Parc. Direction Cressels , ravitaillement, comme à tous les autres ravito. Coca, un peu de salé et un peu de sucré. Raujolles, et là, montée d'un pas soutenu vers cette oeuvre gigantesque et magnifique qu'est le viaduc de Millau. J'ai tout le temps de l'observer et d'appercevoir ces véhicules miniatures qui le traversent. Dans la côte, je double pas mal de coureurs, car presque tout le monde marche. je suis entre 4,8 et 5,5 kmh. 27mn pour parcourir les 2,9 kms avec une pente de 6,7% . Descente vers St Georges de Luzençon. J'essaie de me laisser descendre en courant, sans forcer. Résultat, les 3,3 kms de decentes sont parcourus en 14mn, soit une moyenne de 14 kmh, avec des pointes à 15 kmh. Arrivé au bas, sitôt le plat entamé, obligé de marcher. J'envisage de faire demême dans la descente vers Ste Afrique et dans la descente de Tiergue sur le retour. Mes pieds me font énormément souffrir. J'ai de grosses ampoules sous la plante. A ST Rome, je m'arrose les pieds pour les refroidir un peu et je continue ma marche vers St Rome -de-Cernon. Je ne vois plus la fin de cette portion. J'ai encore mal aux pieds et je commence à marcher en crabe pour atténuer les brulures. Côte de Tiergue. J'encourage les premiers qui descendent. Phil fait une course terrible. Anne-Cécile est très bien aussi. Il y en a qui défendent mieux le forum que moi. En haut de la côte, je suis obligé de m'arrêter pour quitter mes chaussures et me refroidir la plante des pieds. La peau est écarlate sous les avant pieds. Je repars et au ravitaillement de Tiergue, il y a une tente de soins. Je dis que j'ai des ampoules. Le jeune pompier me dit qu'ils n'ont pas le droit de découper. Je lui dis de crever seulement. Il n'y a pas d'aiguille. On décide de faire ça avec la pointe des ciseaux en coupant un peu du bout. C'est chose faite. Il me dit qu'il n'y a pas d'eau à l'intérieur. Ce sont des ampoules sèches. Il me désinfecte. Je remets mes chaussures. J'ai toujours autant mal. 10 mn d'arrêt au total. Je prends un verre de Coca et des petits sandwich. Il y a là le groupe des 14 h avec Cagouille . On est au 65 eme Km et cela fait 8 h que nous sommes partis. Il est bien ,sachant qu'il a un arrêt à Ste Afrique et le retour vers Millau. Je vois également Joel et Diogène. Léonard lui avec le groupe des 13 h est sur le retour. Je fais deux pas pour courir. Les aducteurs vont, mais les douleurs sous les pieds sont terribles. Je décide donc de continuer en marchant. La descente sur Ste Afrique de 6,8 kms est très pénible et il me faudra 1h10 pour descendre jusqu'à la salle des fêtes. Là, je récupère mon sac, un verre de coca, une soupe chaude et quelques sanwiches, et me voilà reparti (arrêt 1 mn). Je cherche les positions de marche avec lesquelles mes pieds me font le moins souffrir. Je mets 1h14 pour regravir la côte; Un verre, un sandwiche et me voilà en route vers Millau. La nuit tombe, je mets ma frontale. Maintenant je ne vois plus que des lumières qui se déplacent, comme des vers luisants et par moment j'entends quelques paroles d'encouragement des acompagnateurs à leur Poulin. Il ne fait pas froid, mais moins chaud qu'en début d'après-midi où il y avait jusqu'à 27°. Là dans la descente de Tiergue, il fait 22°. On voit mal la route, ce qui me cause parfois des coups de douleur car je mets mes pieds dans des trous.. Voilà le panneau des 80 kms. Plus que 20 et c'est bon. Cela fait 10h51 que je suis parti. Il me reste 20 kms, j'en ai donc à 6 kmh pour plus de 3 h. J'arriverai donc après minuit. Finalement, en dehors des ampoules, je suis très satisfait car c'est très agréable de marcher dans un si beau paysage. Des participants passent (ou plustôt leur lueur). Joel me dépasse et m'encourage. Les Gendarmes font la navette sur le circuit. je me sens en sécurité. Je double des coureurs qui courent, alors que moi je marche. Plus personne ne parle, c'est la nuit noire, pas de village allentour, seulement de temps en temps une voiture . Je me sens isolé comme dans le désert. Enfin au fond la lueur d'un clocher. C'est celui de St Georges de Luzençon.. J'y arrive au bout de 11h20 de course. Je décide de ne pas m'arrêter. Passage au 90eme km en 12h28mn30s. Il ne me reste plus que 10 kms, soit moins de 2h de marche. La montée vers le viaduc est longue et il semble que celui-ci s'éloigne à mesure que j'avance vers lui. Passage sous le viaduc en 12h53mn. J'apperçois dans la vallée Millau, avec ses falaise éclairées. C'est magnifique. Ces falaises me paraissent très lointaine, mais je sais que maintenant je finirai. J'attaque la descente.Le 95 eme km est là, en 13h20. Mes pieds me font énormément souffrir, mais pas plus qu'au 50 eme km. Ils patienteront donc encore un peu. Au 97 eme je rejoins Diogène qui a un coup de moins bien. N'ayant rien à prouver, je décide de rester avec lui pour le soutenir moralement. C'est dur , mais on avance. Le parc de la victoire est là. ON rentre tous les deux en se tenant la main et bonheur intense, on franchit la ligne d'arrivée en 14h22. On a bouclé notre 100 bornes. Que du bonheur. Je pense , encore plus que celui de 2006 que , malgré qu'il fût mon 1er et bouclé en 10h37mn,ne m'avait pas autant poussé dans mes retranchements que celui-ci. Belle serviette,les copains sont là. Marmotton me photographie. Je récupère mon sac et après un tour rapide à la voiture, je rejoins marmotton pour le buffet campagnard. Que c'est bon de se reposer les pieds. En cours de route je me disais c'est mon dernier 100 bornes, hé bien finalement, VIVE MILLAU 2008 et mes plus vifs remerciements aux organisateurs et aux bénévoles, qui nous permettent de pouvoir pousser plus loin nos capacités d'endurance physique et morales en nous proposant ce magnifique et difficile circuit qu'est ce 100 kms de Millau. MERCI.

MERCI aux copains qui m'ont encouragé tout le long du circuit. Vos petits mots m'ont beaucoup aidé à surmonter mes douleurs.

3h du matin, retour sur Marseille. Sur le plateau du Larzac un brouillard très épais et gènant est présent. Je m'arrête donc sur l'aire du Larzac et y passe douillètement la nuit jusqu'à 8h30. retour sur Marseille à 11h30. Mon périple Millavois est terminé, mais quels souvenirs!!!

Je pense que physiquement, ma musculature et mes tendons ne sont plus aptes pour tenir une allure course sur 100 kms, et que l'allure VS 100 à 10,5 kmh me fatigue plus musculairement qu'une allure un peu plus élevée. Une combinaison allure course dans un premier temps, suivi d'une alternance course et marche, ou marche seulement me convient mieux, surtout si je ne recherche plus le chrono.

10 commentaires

Commentaire de may posté le 09-10-2007 à 17:04:00

Bravo Momo!!!!!!! merci de nous partager tes émotions.
maintenant, récupères bien et quel dommage que les 100km de St-Nazaire-les-Eymes 2008 n'aient pas lieu, on aurait pu s'y croiser, mais qui sait, à Chavagnes en 2008, peut-être?
bon repos et à bientôt,
may

Commentaire de Françoise 84 posté le 09-10-2007 à 17:08:00

Chapeau bas pour ta persévérance malgré la douleur ! Soigne bien tes pieds , chouchoute les pour la prochaine édition !! Bravo !

Commentaire de seapen posté le 10-10-2007 à 11:24:00

total respect pour ta perf. car c'en est une sans aucun doute. de plus, plein de sagesse, tu as toute la capacité de prendre de la distance pour gérer en repoussant tes limites ce qui n'est pas donné à tout le monde ; l'expérience est là mise à profit. bravo. paradoxalement ça me donne envie d'entrevoir un 100 bornes dans mon calendrier des prochaines années. salut.

Commentaire de laurent05 posté le 10-10-2007 à 11:33:00

bravo momo pour ta course
quel courage d'être allé au bout malgré la douleur
momo un exemple pour les jeunes
bonne recup
a+
laurent

Commentaire de frankek posté le 10-10-2007 à 12:34:00

chapeau bas!!! vraiment beaucoup de courage pour rallier l'arrivée... tu es un exemple de générosité dans l'éffort... encore bravo...

Commentaire de Geronimo posté le 10-10-2007 à 20:29:00

Merci pour ce récit chaleureux malgré l'éprouvante épreuve que tu viens de passer; bravo !

Commentaire de OUI OUI posté le 10-10-2007 à 21:38:00

Félicitations Momo pour ta course et bravo pour ta persévérance qui t'as permis d'aller jusqu'au bout malgré la douleur.

Je compte faire les 100 kms de Millau l'année prochaine et j'espère que l'on aura l'occasion de se rencontrer.

A+

OUI OUI

Commentaire de titifb posté le 14-10-2007 à 14:57:00

Bravo Momo ! Quel courage d'aller au bout avec les douleurs que tu ressentais...
Merci pour ce CR plein d'humilité et de force.

Commentaire de isopropylamine posté le 14-10-2007 à 18:03:00

Toutes mes félicitations, Momo.
C'est un réel exploit que d'arriver au bout dans ces conditions. Et un témoignage exemplaire de ce que devrait toujours viser le coureur de fond : la ligne d'arrivée coûte que coûte !
Merci encore pour ce CR d'une course, très différente de celle que j'ai vécue... et d'autant plus intéressante.

Commentaire de bluesboy posté le 08-11-2007 à 21:27:00

bravo pour ton courage,on peut dire que c'est un exploit dans ces conditions de souffrance ,mais les ressources humaines sont insoupconnables

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

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