Récit de la course : 100 km de Millau 2006, par poussman

L'auteur : poussman

La course : 100 km de Millau

Date : 23/9/2006

Lieu : Millau (Aveyron)

Affichage : 2039 vues

Distance : 100km

Objectif : Pas d'objectif

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Millau 2006 ou la pluie Miraculeuse..

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Mardi 19 septembre, Marie a toujours du mal à se déplacer. La sciatique qui l’empêche de s’entraîner depuis le 15 août est toujours là.


- « Je crois qu’il serait plus prudent de ne pas courir » « Hors de question !! » me répond- t-elle, je le ferai même en marchant s’il le faut ! Je ne me suis pas entraînée comme une malade pendant des semaines pour rien ! »

Vendredi 22 septembre, miracle, elle n’a plus mal, enfin presque plus. Je me dis que de toute façon on peut toujours essayer.


Nous voilà partis pour Millau. Il est 18 heures quand nous installons notre campement dans le gymnase mis à disposition par les organisateurs. Le lit de camp de l’armée sur lequel nous allons passer la nuit est parfait pour le dos de la miss, dur à souhait ! Cela devrait permettre que la sciatique ne se réveille pas.


Nous partons retirer les dossards à quelques centaines de mètres de là, comme d’habitude c’est le moment de croiser tous les copains du forum et de partager la pasta avec eux avec un immense plaisir.


Nous rentrons ensuite au gymnase je prépare avec soin les affaires pour le lendemain, je vérifie tout plusieurs fois…tout est prêt vivement le grand jour .

Samedi 7 heures, le gymnase se réveille, Marie à super bien dormi, c’est de bonne augure. Le ciel est bien couvert j’espère qu’il ne pleuvra pas !


9 heures, comme nous n’avons pas de suiveur j’ai déposé un sac pour Millau (42eme km) et un pour St Afrique (72eme ). Nous sommes en fin de peloton, je n’aime pas ça, mais bon nous ne sommes pas pressés…


10 heures c’est parti. Nous voilà à 10km heure, je suis inquiet je n’arrête pas de questionner Marie : « Comment vas-tu ? Tu n’as pas mal ? » « Non tout va bien » me répond-t-elle.


Premier ravito trop de monde on ne s’arrête même pas, nous dépassons dans le mouvement les meneurs d’allure 12 et 13 heures qui cohabitent bizarrement. Les km défilent sans problème, je force Marie à boire une gorgée tous les km, les arrêts ravito sont rapides même si je dois faire la police pour que la miss ne passe pas 2 heures à choisir entre un sandwich au jambon ou au pâté (véridique !).



20 km atteint en environ 2 heures quand tout à coup le ciel se déchire et essaie de nous noyer sous un incroyable orage. « Cela ne va pas durer, ce n’est qu’un orage …» Tu parles Charles ! , Cette tempête nous accompagnera jusqu’au 80eme km ! Et quand je dis tempête je n’exagère pas, nous avons même eu le droit aux grêlons vers le 35eme km ! Le rythme lui est toujours le même environ 10 km heure.



35eme km, j’ai un flash, à ma droite ce ne peut être que lui ! Une foulée unique, un appareil photo à la main…. Chevalier le seul, l’inimitable. Je saisis mon téléphone camera et je filme cet instant inoubliable (bientôt ce collector en vente !). Une poignée de main plus tard nous laissons à ma grande surprise Chevalier derrière nous alors que je le pensais parti sur des bases de 11 heures.



Millau approche, le marathon est passé au rythme prévu, je sais que la course va bientôt commencer. Passage au gymnase nous décidons de garder les affaires mouillées vu que de toute façon il continue de pleuvoir.



« Je m’arrête 2 secondes aux toilettes » me dis la miss. Aussi tôt dit , aussi tôt fait, grossière erreur de ma part ! Elle s’est enfermée et va passer près de 10mn à refuser de sortir ! Je lui demande régulièrement si elle veut de la lecture, je reçois un flot d’insultes en retour et je regarde passer avec regret un flot ininterrompu de coureurs. La porte s’ouvre enfin, elle me parle de négrier, d’esclavagiste, me menace de tout révéler sur le forum, essaie même de me frapper mais nous voilà repartis, la course va enfin commencer.




Première grosse difficulté la montée vers le viaduc. La tactique est simple, dés que le pente dépasse les ¾ % on va marcher, enfin elle va marcher car très vite je me rends compte que je suis incapable de marcher aussi vite qu’elle. Le foruner m’annonce une vitesse de 6.5 km Je décide donc de trottiner à ses côtés.



Toutes les montées seront faites comme cela à vive allure en marchant et en récupérant pour elle. Résultat à chaque sommet nous voilà repartis à notre rythme habituel : 10 km heure. Je suis impressionné, alors qu’elle n’a jamais dépassé la distance marathon elle semble facile. J’aimerais que l’on arrive à St Afrique sans avoir encore tapé dans ses réserves c’est ce qui va se passer.



Nous croisons Bruno qui ne gagnera pas cette année, mais je suis super content de voir que même s’il n’est pas en tête il est toujours dans la course. Vincent Tomazou n’est pas loin puis suive Phil84, Joluris, Anne Cécile qui a honteusement lâché son suiveur vélo ! Je les trouve plutôt bien, ils seront tous sous les 10heures à l’arrivée c’est sûr. St Afrique nous y sommes, je récupère les frontales et nous voilà repartis. Encore 28 km et cela monte dur ! Nous marchons toujours à 7 km heure, enfin elle marche, moi je continue de courir pour éviter d’être lâché ! ….


80eme km le plus dur est fait, 8km de descente et nous serons au pied de la dernière difficulté. Le rythme a un peu baissé, nous sommes plutôt à 9km heure. Je préfère assurer car je sais que sauf accident l’objectif initial de 12 heures sera atteint. La nuit est tombée, la dernière côte est devant nous. Je rassure Marie en lui disant qu’elle peut marcher autant qu’elle veut.

90eme km le sommet est proche, je vais commettre ma seule erreur de toute la journée, la laisser penser que c’est gagné en haut de la côte. Il ne reste pourtant que 8 km à parcourir, arrivée sous le pont de Millau, mais 8km en fin de course dans la nuit noire c’est long, très long. Je n’arrête pas de lui parler, ne lâche pas ! C’est fini ! Allez on y va. Elle me rassure elle ne lâchera rien même si elle trouve les derniers km interminables.

Km 98 je lui propose de marcher pour la traversée de Millau pour mieux profiter de cet instant magique.
Km 99 on y est presque. On recommence à courir. Le Parc de la Victoire est là, il porte bien son nom celui là ! Elle accélère dans la dernière ligne droite, la ligne est là, la photo pour le souvenir même si de toute façon les images sont gravées dans notre mémoire à jamais.



Le chrono est vu le temps et l’état de santé de Marie Laure avant la course incroyable 11h30’. Je suis super fier d’elle, super fier pour elle, bien plus content qu’il y a 2 ans quand j’avais pourtant couru sous les 10 heures en solo. Quel souvenir inoubliable, la pluie le vent ne rendrons cette course que plus fabuleuse avec le temps. Je n’oublierai jamais cette arrivée main dans la main. C’était beau, c’était hier mais c’est pour toujours.

Je tiens à te remercier Marie pour avoir partagé cela avec moi, toi qui il y a encore 5 ans n’avait jamais fait de sport de ta vie et qui aurait bien incapable de dire qu’elle distance exacte faisait un marathon ou

plus encore d’imaginer que des malades courraient des 100km ! Merci d’avoir fait tout ce chemin (km…) pour partager ma passion ! Désormais tu sais que la VMA ce n’est pas une marque de bière et tu ne crois plus que Benoît Z est un cousin de Zorro.

1 commentaire

Commentaire de zakkarri posté le 29-09-2006 à 22:01:00

Félicitation à tous les deux pour cette aventure !

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