Récit de la course : Marathon de Paris 2003, par L'dino

L'auteur : L'dino

La course : Marathon de Paris

Date : 6/4/2003

Lieu : Paris (Paris)

Affichage : 2671 vues

Distance : 42km

Objectif : Pas d'objectif

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

201 autres récits :

Le récit

Salut les zanimos,

J'étais donc ce WE à Paname pour y courir le désormais célébre et
très couru marathon de Paris.

Avant de commencer un CR, je tiens tout d'abord à remercier, sur la
place publique, le sieur Electron et Mme pour leur hospitalité pendant
ces deux jours. Je leur dois une part de ce que j'ai vécu dans le
centre du monde ce 6 avril..Encore merci à vous.

L'attente, les préparatifs, l'AAB...

Décollage de Genève samedi 11h00. Entre nous, par beau temps, la vue
aérienne sur les Alpes enneigées est superbe. Le Mont Blanc.....

Je suis sorti de l'avion, j'ai pris mon sac, j'arrive dans le hall
d'arrivé et l'Electron est tout surpris de me voir arriver ! Le vol
n'est pas encore indiqué comme arrivé !! Bon présage, je vole plus
vite que les avions ;-)))

Déjeuner, carottes pates poulet fromage fraises accompagné d'eau et
d'un verre de vin (j'ai pas voulu offensé le greffier, vu la cave,
vaut mieux gouter un peu :-)) C'était bien bon tout ça, merci Mme
Electron...

Papotage....puis footing dans le parc de maison laffitte. Je demande
30', nous faisons 32'44...arghhh...facile..j'avais mis le cardio très
bas pour que le rythme ne s'emballe pas, il a pas sonné souvent..

Direction le Marathon Expo. Du monde partout partout. Retrait du
dossard, de la puce et puis de pas grand chose d'autre ! Les bénévoles
n'ont plus rien à donner, même pas un sac pour mettre le T-shirt..Plus
d'inscrit que prévu..limité à 30000, il sera annoncé 34000 coureurs !
Le marathon à grandit, faudra y penser à l'avenir, et cela n'a pas que
des avantages, j'y reviendrai.

Je tombe sur le Millespattes qui semble un peu soucieux...on retrouve
l'Electron qui a trouvé le Fluet (pas si fluet que ça d'ailleurs le
zanimal ! belle carrure). Papotage ...Le 1000pattes n'en aura pas
assez (de pattes) pour nous rejoindre à L'AAB. Dommage.

Justement l'AAB : L'bourrin et l'Electron sont inséparables, 15 coups
de téléphones 10 minutes avant de se voir ! Je fais la connaissance du
Bourrin, de Bio-Puce et du Chacal. Je refuse la bière de l'apéro,
prends un jus d'orange et laisse, bien malgré moi, toutes les
cacahuètes à Bio-Puce. Y en avait pas assez d'ailleurs :-))))) Remise
officielle du Panard du raid 28 qui trônera ad vitam eternam dans le
salon de miss cahuète si ses coéquipiers du R28 décline les futures
invitations AABesque qu'elle pourrait lancer....quelqu'un a-t-il une
photo du Panard ??? L'electron ???

Je m'empifffffffffre de pates, Fluet et L'proton aussi. Ce dernier
refusant de courir le lendemain quand même !

On a passé un très bon moment tous ensemble, même s'il est vrai que
tous n'était pas aussi détendu les uns que les autres..Fluet et moi...

Ces AAB d'avant match ont quand même la particularité de détendre les
joueurs du lendemain, c'est une bonne chose à mon avis.

Retour chez l'Electron et dodo..

Reste a bien dormir...

../...

T-Rex le dino_ki_a_bien_dormi

Salut les zanimos et les Net Teamiens,

Levé 5h50. Déjeuner, céréales lait et 1/3 de carbocake avec un bol de
café.

J'ai plutôt bien dormi pourtant je baille souvent. Signe de détente
avant la compet.

Vu les conditions météo, temps frais et couvert, j'ai mis un shorty
avec le maillot ML du club. Les surcouches d'attentes étant récup par
mon guide du jour.

Nous retrouvons les coureurs de Houilles à Houilles et direction la
capitale. Arrivée près de l'arc de triomphe, que de monde. Ca
grouille de partout...impressionant.

On se gare dans le parking souterrain. Je place mes 4 tubes de gel
dans la maxi poche de mon shorty, ainsi que mes 2 comprimés de sodium.
On remonte le parking à pied, ce qui nous laisse le temps d'admirer
pèle mèle quelques porsche, ferrari et autres aston martin...Ca me met
de bonne humeur, cette journée commence bien.


8h30 direction le sas de départ bleu. 3h30. Je dois y retrouver mon
collègue avec lequel je me suis entraîné pour cette course. C'est son
3ème après 2 marathons des grands crus vers Dijon, son record de 4h30
ne reflète pas son potentiel et il doit être capable de faire 3h30.
Les entraînements l'ont conforté dans cet objectif. Seul doute à ce
sujet, il a toujours fini en vrac sur le 2ème semi.

Je rentre dans le sas, c'est le box :-))). On y croise toute sorte de
coureurs. Le fait que ce soit le premier sas de départ ne requérant
pas de justificatif de perf a du en faire un sas très prisé à
l'inscription. Je retrouve Christophe logiquement à l'entrée du sas
coté gauche des Champs en regardant l'arc. On se glisse plus au milieu
du sas mais impossible de rejoindre le début.. Il est 8h40. Le vent se
lève mais nous n'avons pas froid, et pour cause, nous sommes aussi
serrés que des sardines en boite !!! La voilà l'astuce du Millespattes
!! Les sardines faut pas les manger, faut se mettre à leur place :-)))

Nous attendons 15 minutes comme cela, et je quitte mon sac poubelle
avant que ne soit donné le départ. 5.4.3.2.1 ...pan...rien ne bouge.
C'est prenant d'entendre les 35000 coureurs égrenner les secondes.
Frissons garantis.

Après une minute nous faisons le premier pas, la ligne est franchie
après 5'. Il est très difficile de prendre son rythme de course. Je
m'y attendais mais tout de même ! Le premier km est dépassé au bout de
6'...pfiouuuu, déjà du temps à récupéré...Les ballons bleus qui
étaient à 15 m de nous dans le sas sont déjà bien loin...nous avons du
nous y prendre comme des manches dans ce départ.

La chaussée se rétrécie et ne facilite pas notre recherche de la bonne
vitesse. Le cardio ne me trompe pas. J'suis à 152 alors qu'il faudrait
que je sois à 160...Difficile de doubler, il faut être patient. Nous
le sommes, Christophe et moi. L'allure s'intensifie tout de même et
nous arrivons au 5ème en 26'. Une bouteille d'eau au ravito en
marchant 10" et nous repartons.

Les cinq km suivant qui nous entraîne au bois de vincennes sont du
même acabi. Dans les petites artères parisiennes difficile de se
frayer un chemin, et on commence déjà à doubler à la pelle. Jusque là
le vent ne s'est pas fait sentir et c'est tant mieux.

Nous passons le 10ème en 50'48 (temps de course je précise !), 24'48
pour les 5000m (12682ème). Toujours un peu en retard sur le tableau de
marche mais tous les voyants sont au vert. Je suis bien et reste
concentré sur ma foulée et les alentours. Il vaut mieux d'ailleur,
j'ai vu deux coureurs s'étaler sur le bitume devant moi, vigilance.

Au ravito j'ingurgite mon premier gel (elixir overstim) avec 20 cl
d'eau. Nous nous sommes arrétés aussi pour vidanger dans le bois.

Dans le bois la route est plus large et en faisant un peu l'extérieur
nous pouvons prendre notre rythme de course.

Le 15ème est passé en 1h14'30". Nous rattrapons le dernier des 4
ballons bleu qui sont espacés sur au moins 300 m. 23'42 pour les
5000m. Nous sommes enfin dans l'allure et avons envie de laisser les
jambes aller un peu plus. Je freine plus souvent Christophe qu'il ne
le fait. C'est grisant de doubler du monde mais attention de ne pas en
faire trop. Mon cardio sonne dès que nous accélérons ou qu'un faux
plat se présente, et nous rapelle à l'ordre. J'ai prévu de le laisser
en zone basse jusqu'au 30ème.

20ème, 1h38'19, 23'49 pour les 5000m, deuxième élixir de jeunesse et
20cl d'eau. J'espère qu'ainsi j'éviterai tous les points de coté
splanchniques qui m'ont pliés en deux lors des mes précédents
marathons. Nous quittons Vincennes pour arriver sur le semi : 1h
44'13. J'avais plutôt prévu 1h42 maxi mais le départ nous a
ralenti..2' de retard sur le plan prévu..

On en est à la moitié, tout va bien et j'apprécie de ne pas devoir
refaire une boucle pour finir, mais de continuer à avancer vers
l'arrivée tout en (re)découvrant des lieux connus. C'est meilleur pour
le mental.

Tout en gardant une main sur le frein nous poursuivons notre route,
blvd galiéni, un peu d'espace nous permet de nous laisser aller sur
certain km (4'30).

A partir du 23ème je commence à sentir que l'extérieur des cuisses se
durcit. Je pense à bien allonger la foulée et à chaque descente je
décontracterai les cuisses, quelques tapes feront passer ces
sensations également.

25ème en.... ben j'ai zappé, comme j'ai pris un temps sur le semi et
que je vérifiais à chaque km j'ai pas pris celui là, 26ème en 2h08'20.
Le tempo est resté le même que depuis le 10ème. C'est à partir de là
que j'ai commencé à surveiller les douleurs au foi, les points de
coté..mais RAS.

Nous sommes sur les berges et les fameux ponts tant redoutés de tous
montrent leur bouche opaque... Nous montons les genoux et tirons sur
les bras...après les avoir tous avalés sans soucis nous sommes
d'accord pour démystifier ces petites montées. Il faut préciser que
nous avons fait nos séances spécifiques sur des routes vallonées (50m
de dénivelée) ceci expliquant cela.

30ème km, 2h27'50, 9646ème, le ravitaillement est doublé d'une
distribution de gel powergel, la route est collante tellement elle est
sucrée !! c'est un mur de sucre :-))), alors on va le manger...ou
espérer qu'il pleuve pour le faire fondre... J'avale mon dernier
Elixir de jeunesse.

Nous avons mis 19'30 pour couvrir les 4000 m précédents. Avec les
montées et descentes je me dis que l'on est toujours bon. Aux
alentours quelques coureurs commencent à ralentir sérieusement.
J'espère seulement y échapper plus tard...pour le moment tout va bien,
les cuisses ne sont pas plus dures, en relachant j'ai décontracté les
muscles.

D'un coté c'est l'angoisse et de l'autre l'envie d'en découdre
maintenant. Je sais que c'est ici que commence la course réellement.
Je me remémore les CR de lyon, L'Papy blessé, Le Zèbre triomphant, Le
Lapinos à la peine...quelques images positives..mes filles qui sont
penchées sur le portable avec ma femme attendant mon temps de passage
au 30ème..bouffée d'air et je met la tête dans le guidon. Je change la
plage du cardio pour la mettre un peu plus haute. Je suis bien et
"j'attaque" la dernière ligne droite avec le moral.

J'ai adoré suivre les berges, même si le vent nous a un peu
contrarié. Nous bifurquons vers Auteuil. Bientôt le 35 et tout est
OK.. Avec Christophe on ne parle plus, concentré sur le rythme des
jambes et attentif à ne pas se prendre un rétro ou un coureur. Les
rues sont plutôt étroites avec le monde..Au 34ème une douleur furtive
me traverse les instestins, j'expire profondément et décide de ne plus
y penser.

35ème en 2h52'31, 24'40 pour les 5000, c'est tout bon. "C'est tout bon
on sera sous les 3h30, Allez Christophe". J'ai senti qu'il fléchissait
un peu et il est de plus en plus souvent en retrait. Mais ça doit
passer. Une bouffée d'émotion me submerge, comme à la 6000d sur la
fin. Je sais à cet instant que j'ai déjà "gagné". Je marche au ravito
en prenant un "coup de fouet" et mes 20cl d'eau. Puis je me remet en
course. Je coupe l'alarme du cardio. Je vais tout donner.

36ème, le long de l'hypodrome, que l'on va contourner, ça sent la fin.
De plus en plus de coureurs sont arrétés ou en détresse, certains
poussent les arbres, d'autres sont allongés au sol... et moi j'avance,
et je double. Christophe suit à 2/3m.

Au 37ème je me suis dit que je pouvais passer sous les 3h27...si, si
si.....

Le 40ème, j'suis heureux, déjà. 3h17'04. Allez les 3h27 sont à portée
de pieds...faut juste courir..J'accèlère et allonge la foulée...les
cuisses sont dures mais elles acceptent la surcharge de travail.

Un spectateur nous annonce 1500m pour l'arrivée, je ne regarde plus la
montre, je coure....dernier virage à droite, je vois la ligne
d'arrivée...plus que 100 m...le chrono indique 3h31'.. je franchis en
3h31'55......

YOUUUUUUUUUUUPIIIIIIIII, j'ai réussi, temps de course 3h26'40....

Je me retourne et cherche Christophe, il n'arrive pas,
15"....25"...35"....45"...c'est long...le voilà...aussi sous les
3h30...1h de gagné sur son meilleur temps. J'suis hyper content pour
lui..on se tombe dans les bras..il en pleure..il n'y croit pas...

On avance, la médaille, la couverture de survie, l'eau....le ravito...
J'suis bien mais ne veut pas me jeter sur l'eau et les ravito...j'ai
peur de pas garder...

On retrouve l'Electron à l'endroit convenu..retour au
parking...saletée de descente, les jambes ont bien bossé, elles me le
rappellent..je me change..et me jette sur les cacahuètes offertes par
l'Electron...c'est bon...

Bilan :

- mon objectif est pleinement atteint. Passer sous les 3h30 en ayant
géré la course correctement. Je termine en négative split de plus de
3' ce qui est une satisfaction.

- J'ai enfin trouvé le moyen de ne pas soufrir de maux de ventre.
Avaler des gels tous les 10 km, et ce dès le 10ème. Ma stratégie
ravito a bien fonctionnée cette fois.

- Faire un marathon surpeuplé, ça aide mentalement, surtout quand on
est bien physiquement. Doubler du début à la fin et un plus
indéniable. C'est grisant sur la fin quand on va bien plus vite que
les autres, ça donne des ailes.

- Faire un marathon surpeuplé, c'est pénible, car tu ne peux jamais
relacher l'attention sur ce qui se passe autour. Et puis courir en
zig-zag c'est pas top, on a bien du faire 100m de plus :-)). Non le
plus pénible c'est les relances perpétuelles pour passer, doubler,
éviter...

- Rien à dire sur l'organisation, si ce n'est qu'il faudra prévoir
pour le nombre d'inscrit l'an prochain à la remise des dossards.

- Je pense être capable de faire bien mieux, passer sous les 3h15 me
semble envisageable. Je n'ai jamais été en difficulté sur cette
course. C'est ce que je viserai pour le prochain.

- j'ai surement d'autres trucs à dire mais je vais vous laisser
tranquille maintenant :-))))

Merci d'avoir lu jusque là...

Bonne course à tous...


T-Rex le dino_heureux_et_courbaturé.


Aucun commentaire

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.17 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !