Récit de la course : Marathon de Paris 2016, par Caracole

L'auteur : Caracole

La course : Marathon de Paris

Date : 3/4/2016

Lieu : Paris 16 (Paris)

Affichage : 961 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Terminer

13 commentaires

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Marathon d'enfer!

Alors voilà, on est prêts, vaillants et frais. Enfin Bérénice et moi on pétoche mais la présence de Bubulle est très revigorante. Arrivée dans le sas je suis bien. L'ambiance est bonne, il fait un beau soleil et ça, c' est inespéré.

C'est parti tranquille, fluide. L'allure me convient très bien, je regle mon pas sur celui de Bubulle. Lui, ben ma foi il fait son courrier, répond au téléphone, passe des coups de fils, et surveille le chrono, preuve que tout de même il sait qu'il courre.

Jusqu'au 2e ravito, je profite du paysage (c'est vrai que c'est beau Paris, ça faisait longtemps que je n'étais pas venue) et de cette première journée de printemps. J'ai galéré quand même à chaque ravitaillement pour mettre mon sachet d'effinov dans mon bidon, ça s'ouvre mal, c'est très con.

Puis surgit Raya, tout sourires, venu faire un bout de chemin avec nous. On papote, on plaisante. Bubulle et Raya ont profité de l'occasion pour faire "chauffeur de salle", pour la plus grande joie du public qui répond allègrement. Je me sens super bien, détendue, à l'aise. On a ralenti un peu quand même parce que Bérénice a du mal. Son cardio s'emballe, et elle nous parle d'un vague malaise. Le rythme descend et je suis souvent obligée de m'arrêter pour les attendre. Je me fous du chrono, mais je ne parviens pas à me caler sur la nouvelle allure, parce que je me sens bien à 6'15 ou 6'20 et que la masse m'entraîne sur ce rythme là.

Raya me conseille de partir devant mais je n'ai pas envie de les quitter, d'abord parce qu'on est partis ensemble et que pour moi on doit arriver ensemble, et d'autre part parce que je sais qu'il est bien trop tôt pour faire la maligne.

On arrive au semi en 2h20 ou 2h025, on sait qu'on ne fera pas les 4h20 prévues. Pas grave, l'essentiel est que Bérénice passe son mauvais moment et puisse repartir. Mais je suis de plus en plus obligée de ralentir et je sens que ça me déstabilise.

Au km 2.(?), je sais que je ne m'arrêterai plus. J'ai des remords, l'impression de lâcher Bérénice alors que j'étais si contente de partir avec elle. Et puis je n'ai même pas dit au revoir à Raya qui a dit nous quitter à l' Hôtel de ville. Ma punition : pour le plus dur je suis toute seule.

Et ça commence. A partir de la sortie du tunnel, je sens que je faiblis. Pas bon. J'ai très mal à la hanche, je sais ce que c'est : ce sont mes lombaires L4, L5 et S1 qui bloquent un nerf. Voilà, va falloir faire avec. Encore quelques km et une envie de vomir me prends. D'ailleurs un type ne s'en prive pas sur le bas côté. Je bois une petite gorgée. J'ai mon bidon à la main, j'ai bu à peu près 4l en tout. Sur la fin je ne mets plus de poudre dedans, en espérant que ça passe mieux, et j'essaie de manger. Mais la nausée ne me quittera plus.

Je ralentis régulièrement. Au 32, ça commence à être vraiment dur. C'était un peu prévisible : je ne travaille le foncier que depuis le mois de décembre. Avant d'être une kikoureuse, je crois que je ne courais qu'au seuil. Je le paye maintenant, et ça va être cher.

Le rythme général est devenu catastrophique, beaucoup marchent, repartent. J'en fais partie parce que ma nausée revient à chaque fois que je cours. Il reste 6 km, c'est l'enfer. J'ai mal aux deux hanches, et le spectacles des gens étalés par terre, livides, le regard vide et la bave aux lèvres me refroidit sérieusement.

Et puis la crampe à l'intérieure de la cuisse. Je m'étire, je marche, ça passe un peu. Je repars. Au 42 je remarche parce que je ne vois pas l'arrivée. Mais un groupe de femmes hurle mon nom. ça à l'air important pour elles, alors je leur fais un signe et je repars, elles m'applaudissent.

Arrivée. C'est fini. Je tombe quasiment dans les bras de Patfinisher que j'avais déjà croisé au salon. Un grand jeune homme éclate en sanglots à côté de moi. Pat me demande des nouvelles de Bérénice. Je ne sais pas, je lui laisse un message. J'espère de tout coeur qu'elle va mieux. Finir sans eux me gâche ma fête.

J'appelle mon mari, je remonte avec Pat. Tee-shirt, médaille. Et Bérénice m'appelle! Elle vient d'arriver, elle a fini, je suis super contente. Et Bubulle a la gentillesse de prendre le téléphone pour me demander des nouvelles. Maintenant je peux me réjouir. On est finisher! Quelque soit le chrono, 4h56 pour moi, très en dessous de celui espéré, on s'en fout on l'a fait.

Leçon : ne pas envisager une épreuve aussi longue quand on n'a pas travaillé l'endurance. Au stade où j'en suis je pense assurer sur un 10km ou à la rigueur un semi, mais le marathon... je reconnais sur la 2e partie avoir été à côté de mes pompes.

Pas grave. Je viens d'avoir Bérénice au téléphone. On est fières!

 

 

 

 

13 commentaires

Commentaire de bubulle posté le 04-04-2016 à 12:00:08

Il y a de quoi ! Cette course, particulièrement celle-là, il fallait s'accrocher pour la terminer, et pas qu'un peu. Tu l'as très bien gérée. Bien sûr qu'il fallait partir devant : avec Raya, on ne savait plus comment te le dire et j'espérais un peu secrètement que tu t'en rendrais compte, ce qui n'a pas manqué d'arriver. De toute façon, pas de remords à avoir puisque j'avais promis de rester avec Bérénice.

Et tu as géré le plus dur toute seule, ce qui est encore plus dur (je retrouve les impressions de mon premier marathon dans tes derniers kilomètres, relis en compte-rendu....).

Tu as sans problèmes le potentiel pour accrocher ces 4h20 dans un premier temps...et sûrement mieux plus tard. En gardant le même travail, sans en rajouter, et juste en gérant bien l'allure.

Ah....et en changeant de gourde, aussi...;-)

Bises...et désolé de ne pas avoir pu les faire en direct à l'arrivée, mais y'avait notre Super Pat qui était là, alors ça va.

Commentaire de BouBou27 posté le 04-04-2016 à 13:11:27

Bravo Caracole
L'important est de terminer, et d'être fier de soi !
(moi, j'ai mis mon tshirt finisher sous mon pull pour aller bosser ce matin)

Commentaire de Bérénice posté le 04-04-2016 à 15:01:50

BRAVO !!! Tu as super assuré. Et si tu savais comme je culpabilisais de te voir ralentir pour moi à chaque fois. J'ai été soulagée de voir que tu avais disparu car tu devais aller à ton rythme et c'est archi normal !! Je te le disais sans arrêt que je te sentais plus prête que moi. Tu as toi aussi dépassé tes limites comme jamais et tu es allée chercher cette victoire avec ton coeur et ton courage. C'est l'essentiel :-)

Commentaire de Caracole posté le 04-04-2016 à 16:01:58

Vous êtes des amours! Bravo à toi, Boubou, ton récit est impressionnant! Mon tee-shirt à moi, mon mari l'a essayé hier, et à trouvé qu'il lui va très bien. La taille S moule admirablement ses épaules! Arf!
Pour moi, sérieusement, maintenant c'est EF, SL et lactates shuttles!

Commentaire de Caracole posté le 04-04-2016 à 16:07:29

Commentaire annexe : leçon No 2 : relire son message AVANT de l'envoyer, permet d'éviter qu'il soit truffé de fautes d'orthographe.

Commentaire de catcityrunner posté le 04-04-2016 à 21:08:41

Bravo pour ce premier marathon ! Le premier en appelle souvent d'autres !
Tu peux être fière de ta performance; tout le monde a souffert de la chaleur.
En attendant, bonne récupération.

Commentaire de Arclusaz posté le 04-04-2016 à 21:53:30

bob et pingouino ensemble, tu m'étonnes qu'il fallait vite partir devant !
bravo pour cette première marque qui en appelle plein d'autres.....

Commentaire de Japhy posté le 04-04-2016 à 23:02:37

Bravo Caracole pour ta ténacité ! C'est un peu compliqué de courir à plusieurs, on est rarement dans les bonnes phases en même temps, donc tu as très bien fait de t'envoler.
Quant au foncier, tu as raison, il faut en cumuler bien avant le plan...je l'avais un peu oublié moi aussi, on est un peu trop optimiste ! Mais tu peux être fière de toi !
Profite bien de Florence, surtout ne rate pas LA spécialité, les tripes tomate huile d'olive parmesan, si si, et pour les offices, si tu n'as pas réservé, vas-y très tôt, et prenez votre petit déj dans la file !

Commentaire de Bert' posté le 05-04-2016 à 20:00:26

Bravo pour cette première !!... qui en appelle d'autres !

C'est une superbe expérience et réussite : il en faut du courage pour s'accrocher seule jusqu'au bout quand, sur la fin, tout le monde rame à côté de soi.

Quelques sorties longues supplémentaires devraient pouvoir bien t'aider à l'avenir...

P.S : ton récit est très chouette et j'aurais beaucoup aimé être à vos côtés :-)

Commentaire de alpaco posté le 08-04-2016 à 18:44:33

Bravo !
Encore un récit qui me passe l'envie de souffrir à ce point mais me donne l'envie de partager ça avec vous z'autres, les marathoniens finishers.
Pourquoi agonir sur un marathon quand on peut faire le cacou sur un semi ;)

Bon travail en endurance.

Commentaire de IronKloug posté le 08-04-2016 à 19:40:51

bravo pour cette première et bienvenu au club.
Bonne récup italienne.
Kloug

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 17-04-2016 à 23:16:11

Un premier marathon, c'est toujours une expérience unique. Quel que soit le chrono. Bravo.

Commentaire de Caracole posté le 18-04-2016 à 06:46:25

Merci Lutin, c'est vrai que je ne suis pas prête d'oublier celle-là, mais je pense à la prochaine.

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