Récit de la course : Marathon de Paris 2016, par catcityrunner

L'auteur : catcityrunner

La course : Marathon de Paris

Date : 3/4/2016

Lieu : Paris 16 (Paris)

Affichage : 1723 vues

Distance : 42.195km

Matos : NB 890 V5

Objectif : Faire un temps

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Un peu d'histoire

Paris, mon premier marathon. C'était en 2003 et Jacques, mon ami et coach avait fini par me convaincre de tenter cette distance mythique. A ce moment là, mon objectif était de simplement de finir...

En 2005 je remets ça avec cette fois un objectif d'améliorer mon temps. Cruelle désillusion avec un gros coup de mou dès le passage au semi (en 1h37) et une fin de marathon dans la souffrance. Au final 3h36 (soit 13 min de plus que mon premier marathon) avec le souvenir d'avoir été rejoint, avalé et distancé par une masse compacte autour des meneurs d'allure 3h30.

→ leçon n° 1 : réaliser un entraînement structuré

Suite à cet épisode un peu raté, j'attends 2008 avant de me réaligner sur la distance. Pour la première fois, je m'astreint à suivre un programme un peu structuré.

Avec un semi de préparation en 1h27, je me prends à rêver d'un marathon proche de 3h. Jusqu'au 30ème km, je tiens le rythme de 3h05. Ensuite baisse de régime et début d'hypogycémie. Après un copieux ravitaillement au 35ème km, je finis en 3h13. Nouveau record personnel et la certitude de pouvoir faire mieux.

→ leçon n° 2 : bien gérer les ravitaillements

2009, c'est l'année où le virus de la course à pied me prend vraiment : débuts des fractionnés sur piste, achat de la Garmin 305, VMA, etc.. Bien décidé de viser les 3H au marathon de Paris, je suis à la lettre un programme avec 70/80 km par semaine. Le jour J, je pars sur la base de 3h tout se passe comme prévu jusqu'au 30ème km passés en 2h07. Les jambes deviennent plus lourdes, mais jusqu'au 36ème je maintiens le rythme. Et là des crampes me tétanisent, me contraignant à l'arrêt à plusieurs reprises. Et 10 minutes de perdues, 3h11, amélioration de mon record de 2 minutes, mais grosse déception tout de même.

→ leçon n° 3 : ne pas négliger le volume, la vitesse c'est bien, mais les muscles doivent tenir 42km

2010, la séquence de préparation marathon est bien au point maintenant : fractionné court, long, sortie longue. Par rapport à 2009, je fais moins de kilomètres qu'en 2009, mais plus de qualité. Au final, mon premier marathon bien géré de bout en bout, quelques moments d'euphorie et un temps de 3h03.

2016, c'est mon 6ème marathon de Paris et mon 11ème au total. Entre 2010 et 2015, la découverte du trail et au total 5 marathons (New York, Amsterdam, Nice-Cannes x 2, La Rochelle), dont le dernier en 2h59.

L'objectif est donc de repasser sous les 3H une seconde fois, cette fois sur le marathon à domicile. Ayant un peu soupé des préparations millimétrées, je prévois une série de trails en début d'année : marcassins, flambeaux, ecotrail 30km. Il y a aussi l'influence kikouresque (tropisme vers le trail..).

 

La course

 La météo s'annonce ensoleillée, à peine une petite fraîcheur au petit matin.

Après le RV kikou à l'Arc de Triomphe, on gagne rapidement nos sas respectifs avec Boubou, Flanker et un troisième kikou dont j'ai oublié le pseudo.

Départ à 8h47 pour le sas 3H. Ben non, ils font partir d'abord la partie droite du sas ! À 8h49, c'est parti. Même dans le sas 3H, c'est presque la bousculade d'autant qu'on rattrape les coureurs les plus lents partis un peu avant.

Difficile de se caler sur un rythme, ça zigzague un peu. J'essaie de me maintenir entre 4'10 et 4'15 en phase avec mon objectif. Ca oblige à changer de ligne régulièrement, pas recommandé en début de marathon. Mais voilà c'est la course.

Je vois tout de suite qu'on risque d'avoir chaud : on a droit à un beau soleil, bien agréable mais il faudra bien s'hydrater.

Champs Elysées, Rue de Rivoli, je n'arrête pas de doubler. J'essaye quand même au maximum de suivre la ligne verte tracée. Pas la peine de rajouter des hectomètres, 42,2km ça suffira bien.

Passage au 5ème en 21'10. Plan de marche suivi, jusqu'ici tout va bien

Je prends un gel tous les 5 km, à chaque ravitaillement. On a droit à des bouteilles d'eau, plus pratique que les gobelets, mais beaucoup de gachis : on boit une ou deux gorgées avant de bazarder la bouteille dans les poubelles prévues à cet effet.

A partir de là je me retrouve avec une allure homogène avec les coureurs qui m'entourent. On est tous sur l'objectif 3H.

On arrive dans le 12è, pas loin de Nation. Petite bosse quand on passe à côté du métro Montgallet. Ca redescend un peu derrière.

Le 10ème km est passé en 42'30. Le rythme est bon, jusqu'ici tout va bien.

On a le soleil en pleine poire, ça commence à chauffer un peu. Le tour du bois de Vincennes se passe bien toujours entre 4'10 et 4'15 / km. Je sens que c'est peut-être un peu rapide, mais pas de signaux inquiétants.

A l'approche du semi, je lève légèrement le pied. Il va y avoir ensuite la série de tunnel qui n'est pas agréable. Voilà 1h29 au semi, le plus dur reste à faire...

Mais jusqu'ici tout va bien.

Les tunnels, c'est le début de l'épreuve de vérité : suivant comment on gère la remontée en sortie, on voit si est bien ou si on commence à sentir les premiers signes de difficulté.

Et bien, ça commence à coincer. Rien de terrible quelques secondes de perdues. Un doute qui s'installe. Un petit coup de moins bien ça arrive, ça peut passer.. Et bien non, ça commence à se corser à l'approche des 30km.

D'ailleurs je sens une vague me submerger ; c'est le ballon des 3H avec son meneur d'allure. Le test est impitoyable : pas moyen de s'accrocher, je laisse filer. Le mental en prend un sérieux coup.

Au ravito des 30 km, pour la première fois je m'arrête. Le gel ne passe pas, là c'est plus un coup de mou c'est l'explosion. Plus de carburant, mental en berne, envie de vomir. Les jambes ça va encore.

Je discute avec un compagnon d'infortune qui a pris le même coup de bambou : on met nos ennuis sur les premières chaleurs et on repart vaille que vaille.

Maintenant l'objectif c'est de finir.

Un peu plus loin, nouvel arrêt. Il y a un journaliste (France Info je crois) qui m'interviewe : est-ce que l'arrêt fait partie de ma stratégie de course ? Ben pas vraiment ! Est-ce que je vais finir ? Bien sûr ! Etc..

Il faut que je reprenne un peu de contenance, ma famille doit être là pour m'encourager entre Molitor et porte d'Auteuil.

Plus la peine de regarder les temps, s'accrocher, tenir, plus que 10 km !

Toujours impossible d'ingurgiter quoi que ce soit, je tourne à l'eau.

Mon rythme baisse maintenant à chaque kilomètre. Je sens les premiers signes de crampes dans les mollets. Ne pas marcher, Ne pas s'arrêter. Je ne m'arrête pas mais je fais quelques séquences de marche.

Les ballons de 3h15 me dépassent maintenant. Je laisse filer, plus de jus, plus d'envie.

Nouvel objectif : ne pas se faire reprendre par les 3h30.

Je me traîne à 11 km/h, ça devrait suffire. Allez cette fois c'est bon plus que 2 km.

Même une pointe à 12 km/h pour finir en 3h28. Ma deuxième pire performance !

 

 

Le bilan

Ca faisait très longtemps que j'avais pas pris une telle gamelle en course. En fait je crois que c'était aussi le marathon de Paris en 2005.

Après une série de course bien gérée depuis le début de l'année, je suis arrivé très confiant à ce marathon.

Alors que s'est-il passé ?

  • Départ trop rapide compte-tenu des premières chaleurs de l'année ?

  • Préparation hasardeuse avec succession de courses de trail ?

  • Gels non testés avant la course ?

 

De tout échec il faut savoir tirer les leçons. On verra ça à froid un peu plus tard..

En tout cas je me suis battu pour finir et ne pas sombrer totalement.

Prochain marathon : celui du Mont Blanc. Un autre style, là pas question de partir à 14km/h !

 

 

 

 

 

 

5 commentaires

Commentaire de boby69 posté le 03-04-2016 à 19:48:10

C'est peut-être Paris qui ne te conviens pas ;-)
Tu verras ,celui du Mt Blanc ira bien mieux (c'est 'influence kikouresque qui te le prédis !)
PS J'y serai aussi .

Commentaire de catcityrunner posté le 04-04-2016 à 21:32:03

RV au Mt Blanc ! Ce sera mes débuts en trail de montagne

Commentaire de BouBou27 posté le 04-04-2016 à 10:42:56

Bravo à toi. C'est dur de trouver la motivation quand on sait que l'objectif n'est plus atteignable !
Pour battre ton record, peut être un plus plat !

Commentaire de Bérénice posté le 04-04-2016 à 15:13:02

Bravo quand même ! Tu avais tellement cartonné à l'Ecotrail que je me suis demandée comment tu allais encore enchaîner un marathon si peu de temps après... Il t'a peut-être manqué des fraises tagada :-). En tout cas c'est impressionnant de constater combien même les coureurs très expérimentés peuvent ne pas atteindre leur objectif. Mais tu sembles avoir le mental pour analyser et réfléchir encore à t'améliorer ! C'est énorme.

Commentaire de catcityrunner posté le 04-04-2016 à 21:34:19

merci Bérénice !
Et bravo pour ton premier marathon. Une première qu'on oublie pas ;-)

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