Récit de la course : Marathon de Paris 2011, par LongJohnSilver

L'auteur : LongJohnSilver

La course : Marathon de Paris

Date : 10/4/2011

Lieu : Paris 16 (Paris)

Affichage : 944 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

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Le Marathon de Paris, c'est HOT

Oui, avec un titre pareil, les moteurs de recherche vont faire remonter le récit. Mais j'ai vu une lapine sur la course ! 

Prologue

J'ai resigné. Je me suis entraîné avec un plan objectif 3h45. Pas de problème pendant cette préparation, et tout semble prêt. Le stress/trac de la dernière semaine est éclipsé par le travail. Retrait du dossard vendredi soir où je rencontre Anne Valéro et Bettina Linssen, 2ème l'année dernière au Paris Running Tour, mais dont c'est le premier marathon.

Par contre, dans la nuit de vendredi à samedi, je dors mal : je construis deux fois la course et j'ai l'impression de n'être pas bien reposé. La journée de samedi, je ressens des douleurs dans un talon, puis dans le mollet . Je rejoins donc les kikous à Running Expo pour faire un resto pâte le soir.

Je rencontre pour la première fois chtigrincheux et ArnaudP59. Je retrouve le Bagnard, Land, mara, linda, michel et le solitaire. Au moins, avec autant de projets et de souvenirs, la soirée est détendue. On prend l'apéro en face de Paris Expo avec Brunoheuby. Le bagnard menacé de réincarcération, mara et son futur raid au canada. Bref, il va vite être temps de rentrer se coucher.

Les préparatifs du dimanche

Je cours seulement depuis l'année dernière, et pourtant, c'est déjà un peu le rituel : petit déjeuner normal 3h avant le départ. Puis habillage court et léger (il va faire chaud - HOT). La puce est en place, le dossard prêt à être mis avec deux jeux d'épices de nourringle et le sac de course rempli avec de l'eau et un t-shirt sec.

Encore un coup d'eau et c'est parti! J'oublie le bracelet d'allure avec les rendez-vous de mes fans attitrés ; mais comme je les ai notés, il est maintenant superflu. Un coup de Vélib de la maison à la place des Ternes, histoire de réveiller un peu les muscles. Je marche ensuite jusqu'à l'avenue Foch d'un bon pas, direction la consigne. Les entrées/sorties des consignes sont à sens unique, ce qui fluidifie le flux de coureurs.

A 7h55, je suis au pied de l'Arc de Triomphe. Je retrouve le bagnard, Land, bubulle, Francois, Astro, Arnaud, chtigrincheux et plein d'autres kikoureurs. Mention à chtigrincheux pour la tenue ; j'espère qu'il a trouvé ses ravitaillements houblonnés : sans, il a probablement fondu . On attend mara et le solitaire pour la photo. Je rate Linda , mais comme bubulle, je préfère regagner mon sas lentement. Enfin, lentement, ça bloque au sas 4h et je contourne en trottinant un pâté de maison complet pour atteindre le sas 3h45.

Je retrouve mes collègues dans le sas. Je rajuste mon dossard (4ème fois). Je resserre mes lacets, pour m'éviter de les remettre en course. On me propose une huile massante, un gel : je refuse tout. J'ai maintenant sélectionné mon plan de course : 5'10 au km avec un arrêt à tous les ravitaillements pour de l'eau et manger deux/trois raisins secs. Ma bouteille d'eau à la main pour les 5 premiers km.

Une minute de silence sur les Champs Elysées pour le Japon.

L'heure H

Enfin l'heure H, c'est vite dit. Les plus rapides en 1er, donc place aux handisports. Puis ensuite les associations : petite pensée pour Charlotte que j'ai accompagnée sur un 15km. Et enfin les manifestants avec leurs drôles de banderoles s'élancent. Ils ont pas l'air d'accord : elles portent toutes un numéro différent et pourtant tout le monde part dans le même sens. J'adore ce départ ensoleillé sur les Champs-Elysées. Après deux km tranquilles, je passe tranquillement à l'allure marathon. C'est un peu plus rapide que celle préconisée par le plan, mais c'est celle que j'ai assimilé pendant ces semaines.

Je croise Ced C Bien (*) vers le 4ème km. Au premier ravitaillement, j'ai le souvenir d'une longue table. Je ne me précipite pas avant de mettre le clignotant à droite et j'arrive après les dernières tables . Je cours donc à l'envers chercher ma deuxième bouteille : la première est déjà vide. Le rythme est sans à-coup. C'est le même parcours que la fin du semi-marathon de cette année. Les montées avant la place de la place Félix Eboué et porte Dorée passent sans problème.

Vincennes, son château, ses cors de chasses

Rue Daumesnil, je ravitaille en eau. J'ai raté le km 9 : je me demande s'il n'était pas sur l'autre branche du parcours à porte dorée. Contrairement à l'année dernière, je ne passe pas mon temps le nez sur le cardiofréquencemètre, et je ne vérifie que vaguement les temps de passages. Nous passons à côté du château de Vincennes, puis on s'enfonce dans le bois.

Bon, il y a plus forestier que la rue de la Pyramide, mais il y a quand même plus d'arbres que rue de Rivoli . Au km 13, je prends le virage tout à l'extérieur pour voir si Xbo n'est pas dans le coin, mais pas vu l'homme au vélo (la prochaine fois, il faut venir dans le bois de Boulogne, on va moins vite, on a le temps de chercher! ). En tout cas, les cors étaient là et sonnaient la chasse (faudrait peut-être aussi les mettre dans Boulogne pour ouvrir la chasse aux coureurs qui traînent des pieds ). Dans les méandres qui nous amènent à l'avenue de Gravelle, j'encourage Raphael et Zoé sur deux joellettes, qui roulent toutes deux à bonnes allures. Je croise aussi Ced91 (*) avec un drapeau dans le sac à dos : la chaleur le fait douter de son objectif.

Le début de l'avenue de Gravelle descend et j'ai pris un peu de vitesse. Je m'en rends compte car j'ai maintenant une flamme violette devant moi. Au km 15, je ravitaille en eau. On longe la pelouse de Reuilly sous un soleil qui chauffe un peu. Mais j'ai mon buff un peu humidifié sur la tête : tout va bien.

Tous à la Bastille

J'ai déjà vécu ça en Mars : on rentre porte de Charenton. La rue de Charenton dans ce sens est une belle descente. Je passe la flamme violette et me retrouve derrière une autre flamme violette. Euh, un peu rapide là peut-être. Les flammes ne sont parties qu'une petite minute avant moi. Bon, je me cale derrière cette flamme, pas la peine non plus de se griller.

Au ravitaillement du 20ème, je reprends une bouteille d'eau. Et je fais une découverte de taille : alors que je m'apprête à jeter ma bouteille dans la poubelle à ordure ménagère, la poubelle me signifie violemment que le recyclage, c'est en face! Je me rattrape comme je peux en me brûlant le bras. Moralité : ne pas s'approcher de la poubelle verte à moins de 5m quand les gens n'arrivent pas à y jeter leurs pelures d'oranges .

Juste avant le semi, Land, Astro et le Bagnard sont en embuscade. Ils attendent le kikou de pied ferme. Merci de s'être levés pour nous. Le semi passe en 1h50'52. Je ne suis pas fort en calcul mental, mais c'est pile dans l'objectif. Je ralentis un tout petit peu le long du port de Bastille, mais mon fan club prévu n'est pas là. Tant pis.

Paris sur Seine

On arrive sur les quais quelques peu ombragés par les immeubles. Je ne rate pas le ravitaillement au km 24, où je prends une nouvelle bouteille. Quel plaisir d'être là le long de la Seine. Les gens crient des encouragements depuis la rue au dessus de la voie sur berge.

Au km 25, adieu les saules pleureurs : on rentre dans le tunnel surchauffé sous le Louvre. Cette année, il n'y a pas beaucoup de cris : avec la chaleur étouffante, je renonce à perdre un peu d'énergie en répondant aux appels. La sortie du tunnel est éblouissante. Le soleil tape les yeux et la tête, mais cette année, j'ai encore de l'eau. Je passe les tunnels "casse-patte" en suivant sagement la première flamme violette. Le public donne de la voix à chaque montée.

Au km 29, comme l'année dernière, mes meilleurs fans m'attendent : je m'arrête et je vois vaguement la deuxième flamme violette qui me repasse. Mais le bisou, c'est mieux que les flammes . Je prends une nouvelle bouteille, et je reçois juste après les encouragements d'une amie venue juste exprès!  Je repars au même rythme en profitant de la vue sur la Seine. J'ai la deuxième flamme violette en ligne de mire, et tout va toujours bien.

Boulogne, plus long que Vincennes ?

La traversée du XVIème arrondissement me paraît toujours tristounette avec son public clairsemé et ses immeubles austères. Ce n'est pas la faute du public, qui nous encourage, c'est juste qu'il y en a moins que 200m avant. Mais au km 32, non pas le mur : ma bouteille est vide. Je n'ai pas spécialement fait attention, mais j'ai soif, et il n'y a plus rien dedans. Je pense que j'ai économisé entre le 24ème et le 29ème km, et ma nouvelle bouteille est vide au bout de 3km.

Psychologique ou pas, peu après le km 33, je sens les crampes qui montent à l'avant de mes cuisses : les mêmes que l'année dernière . J'essaye des étirements à l'arrêt mais je trouve finalement ça un peu contre productif. Je choisis donc de marcher d'un bon pas quelques secondes, et je repars. Ca marche, ça cours, mais j'ai toujours une de ces soifs.

Au 34ème, je m'attends à un ravitaillement en eau, c'est du PowerBidule bleu fluo. J'ai peur du résultat sur l'estomac, mais en fait je pense que j'aurais pu prendre une bouteille. Même une bière fraîche, n'importe quoi, à boire! Un peu après le km35, enfin de l'eau. Je vide sur place une bouteille et j'en prends une seconde. Malgré ça, les cuisses refusent de se détendre. J'ai le choix entre courir en force et peut-être me faire mal, ou bien relâcher un peu en marchant et courir. bubulle me dépasse à ce moment-là : je n'ai pas l'air en forme, alors que ça va plutôt bien ; j'avance alors que j'ai deux jambes de bois .

Je choisis la deuxième solution. En même temps, personne n'est à côté pour me dire "aller plus que quelques kms, gaz!" A chaque redémarrage, je double beaucoup de coureurs, mais les séquences marche me font perdre du temps. Au 40ème km, je ravitaille en eau pour la dernière fois, et j'aurai le temps de boire tout en 2km! A mon entrée dans Paris, c'est le km 41 et je marche un peu : merci à tous les inconnus qui crient mon prénom pour m'encourager. Mais fidèle à ma tactique, je peux repartir en courant et terminer mon 2ème marathon sans blessures ni bobos (si on excepte la brûlure au bras!).

Arrivant once again

Temps réel, 3h52'46, soit 10' environ de plus que l'objectif qui était dans les jambes au départ. C'est frustrant d'avoir marcher beaucoup sur les 7 derniers km, mais j'ai quand même terminé en assez bonne forme, et ce malgré la chaleur. Pour l'hydratation en course, 33cl/5km était insuffisant avec cette chaleur. Et toute cette eau est partie en vapeur (je n'arrose les arbres ni au bois de Vincennes, ni au bois de Boulogne). Malgré tout, je n'ai pas perdu autant de poids que l'année dernière, je devais donc être mieux hydraté quand même (j'ai bu 3l en course et 1,2l à l'arrivée).

Pour le reste, merci à tous de faire de cette course une fête aussi grande! Parce qu'avoir mal aux cuisses, ça n'empêche pas de bien rigoler . Euh... à l'année prochaine ?

(*) Si tu te reconnais mais que tel n'est pas ton pseudo, merci de m'en informer, je rectifierai derechef

7 commentaires

Commentaire de Scoubidou posté le 12-04-2011 à 07:02:00

Salut

J'ai beaucoup aimé ton récit et particulièrement l'épisode du powerbidule au 34ieme ;-). Je me suis fait la même réflexion en arrivant à ce ravito; mais après un temps d'hésitation, je l'ai bu goulument ;-)

Scoubidou

Commentaire de Flex77 posté le 12-04-2011 à 09:10:00

Coucou !
Sympa ton récit!! Je crois qu'on a tous été traumatisé par le powerbidule bleu ^^ J'ai aussi été forcé d'en prendre un verre !! T'as contribué à me donner envie de participer l'année dernière, et même si j'ai super mal aux jambes, aucun regret ^^
C'était une belle course, Bravo pour ton chrono !! tchao ;)

Commentaire de david42195 posté le 12-04-2011 à 14:43:00

C'est sur le Powerbidul c'est dégeu ! Si bien que tout le monde le jette par terre et après ça colle sous les baskets ! C'est pour ça que tant de monde se retrouve scotché dans les derniers kms :-)

Bravo pour ta course et bonne continuation !

Commentaire de bubulle posté le 12-04-2011 à 22:30:00

On aurait du franchement courir ensemble en fait, on n'était vraiment pas loin d'après ta description. C'est vrai qu'après coup, je m'en suis voulu de pas avoir fait un peu l'effort qu'on reste ensemble vu que j'ai du te "rattraper" (après que tu m'aies probablement passé une ou deux fois) vers le 39 ou 40ème.

Même si on était à peu près au même point, ça aurait été plus solidaire, mais c'est vrai qu'à ce stade, on perd un poil de lucidité.

Sympa, ton CR, en tout cas. On se programmera une course en duo l'an prochain, allez!

Commentaire de Génep posté le 16-04-2011 à 18:33:00

On est au moins deux à avoir souffert sur ces 7 derniers kilomètres (+ des milliers d'autres :) ).
Bonne récup !

Commentaire de francois 91410 posté le 19-04-2011 à 18:57:00

Merci bcp pour ce récit si fidèle à notre ressenti sur ce type de course ! lutter pour ne pas perdre plus de 10 mn à l'arrivée, c'est un challenge dans le challenge, je finis aussi par m'y habituer. Finir la course est tjrs le plus honorant quoiqu'il en soit.
A+

Commentaire de Dandan posté le 19-03-2013 à 15:57:20

Je suis contente de ne pas te rater dans la foule :) C'est mon premier marathon de Paris aussi, entant que supporteuse ^^

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