Récit de la course : Ultra Trail du Mont Blanc 2006, par Beness

L'auteur : Beness

La course : Ultra Trail du Mont Blanc

Date : 25/8/2006

Lieu : Chamonix Mont Blanc (Haute-Savoie)

Affichage : 2704 vues

Distance : 158.1km

Matos : chaussures lafuma unlimit twin lace
batons
veste en MP+

Objectif : Terminer

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Le récit

Voilà le récit de MA course !

Mes deux derniers mois d’entraînements furent assez rudes…
Début juillet, participation au Grand Duc de Chartreuse (77kms – 4000m D+) pour se tester 2 mois avant la course à laquelle je pense depuis très longtemps maintenant… Je la termine en a peine plus de 13h mais complètement HS et directement à l’arrivée, je me demande bien si je suis capable d’en faire le double pour l’UTMB ! D’autant que mes pieds sont plus très beaux à voir, avec pas mal d’ampoules !
La motivation revient vite et l’entraînement également… je met les bouchées doubles !
Ca fait 2 ans que je cours avec les Salomon XA PRO 3D, mais vu l’état de mes pieds après le Grand Duc, je décide de m’acheter des nouvelles chaussures début août… le temps presse car il faut que je les ‘’fasse’’ bien à mes pieds avant le départ de l’UTMB ! Les recherches commencent et décident finalement de prendre les Lafuma Active Trail Twin Lace. J’ai effectivement les pieds assez larges et le double laçage est assez astucieux ! Les entraînements qui suivent me donnent tout de suite satisfaction, je suis bien mieux que dans les Salomon et ne ressent plus aucune douleur aux pieds ! C’est parfait !
Le mardi 15 août est mon dernier entraînement avant la dite course ! Un peu plus de 35kms au programme…
A présent le stress commence à venir avec la préparation de toutes les affaires indispensables…


Jour J – 25 Août 2006 :
J’arrive à Chamonix sur les coups de 15h en compagnie de mon frère Pierre qui participe également à la course… je retrouve presque immédiatement mon collègue de boulot Alain, aussi partant ! Après la recherche des dossards (1177 pour moi, 1169 pour mon frère et 2916 pour mon collègue) et une dernière collation (des pâtes bien sûr !), la préparation du sac et mon habillement pour la course se font très minutieusement… je me met en ‘’long’’ car la nuit va être froide !
Je décide de rallier la ligne de départ vers 18h30 en compagnie de mon frère et de mon collègue… première impression : c’est vraiment le ‘’bordel’’, pas d’autres mots à dire, tellement il y a de monde ! On se demande encore comment des personnes ne faisant même pas parti de la course peuvent être présentes parmi les 2500 concurrents ? Cet endroit devrait être réservé aux coureurs uniquement ! Enfin on y changera rien ! Le stress monte et le départ est donné à 19h02 avec la fameuse musique de Christophe Colomb en fond ! Je ne ressent pas du tout les mêmes sensations qu’à mes 2 dernière participation…
Les rues de Chamonix sont étroites ; on marche ; on s’arrête, on marche, on s’arrête, c’est comme l’accordéon dans un bouchon de voiture !
Après 2-3 kms, première photo :
On est content de partir, mais on sait très bien que ça s’annonce bien rude tout de même ! Le temps est parfait pour débuter et se chauffer !
J’arrive aux Houches et au premier ravitaillement vers 20h avec mes deux compagnons de course ! On veut vraiment la terminer cette course, après 2 échecs en 2004 et 2005 ! Le rythme est donc assez lent, pour ne pas se cramer d’entrée de jeu !
Peu après débute le col de la Voza, première difficulté du trail… Il passe relativement bien et on arrive la-haut à 21h08 ou plus de 1700 concurrents sont déjà passés… la nuit vient de tomber et il n’y a déjà plus de soupe et plus de salés… Je suis donc un peu énervé mais sors ma frontale du sac, me la visse sur la tête et repars vers les Contamines ! La descente se passe très bien mais mon frère commence déjà à ressentir une douleur à un genoux. On arrive ensuite dans une courte mais assez pentue montée et là ça bouchonne carrément ! On est à l’arrêt et c’est vraiment pas cool. Je pense que 10 bonnes minutes sont perdues… J’arrive aux Contamines à 23h10 après déjà plus de 4h d’efforts ! Beaucoup de spectateurs sont présents et il y a vraiment une bonne ambiance ! Par contre le ravitaillement a vraiment été pillé et encore une fois il ne reste quasiment plus rien ! Je suis énervé surtout que l’UTMB commence vraiment depuis les Contamines avec l’ascension du col du Bonhomme puis celui de la Seigne dans la foulée ! environ 15-20min de pause et c’est reparti…
Je me répète, mais il y a vraiment trop de monde et bien que les bénévoles soient super sympathiques ils n’arrivent pas à gérer la demande aux ravitaillements !
Un long faux-plat nous mène jusqu’au pied du col et l’ascension peut enfin commencer ! Toujours sur le même rythme j’arrive avec mon collègue Alain à la Balme juste avant 1 heure du matin, Pierre étant retardé par son genoux. Le ravitaillement, toujours même problème ! Ca commence a ne plus aller ! Encore 10 min de pause et on se lance donc tous les deux dans la dernière partie du col du Bonhomme. La nuit est très étoilée et il fait super froid ! Mais vaut mieux ça que la pluie ! Le chapelet de lumière qu’on laisse dernière nous est vraiment magnifique et je vois même une étoile filante ! Que du bonheur !
Arrivés tous la haut a plus de 2500m, le froid est intense et on ne tarde pas un instant a se lancer dans la longue descente vers les Chapieux. La descente est assez boueuse, avec des rigoles de terre dans de grands prés mais elle se passe très bien et on arrive au gros ravitaillement à 3h54 du matin. Une bonne partie de la nuit est donc déjà passée !
Enfin du salé ! c’est pas trop tôt ! Je prends tout ce qui me vient sous la main, soupe, saucissons, fromages et du pain puis vais m’asseoir pour manger tout ça ! J’en profite pour changer mes vêtements du haut ainsi que mes chaussettes en n’oubliant pas de me remettre de la crème NOK ! Les pieds, c’est vraiment trop important !
Je me couvre au maximum, bonnet et veste bien fermée… car après cette pause, ça va cailler ! je prends encore 2-3 choses à grignoter et repars avec Alain après environ 25 min ! Juste à la sortie du chapiteau, surprise, mon frère Pierre arrive tout juste. On échange quelques mots et me disant que son genoux lui faisait toujours mal mais qu’il n’était pas question d’abandonner ! Excellent !
La montée du col de la Seigne va être rude, c’est la deuxième grosse difficulté ! Je connais pas cœur cette partie du parcours, l’ayant déjà faite 2 fois ! Je suis donc confiant et garde toujours le même rythme avec mon compère Alain. On double pas mal de personnes depuis la Balme et on se retrouve donc aux environs de la 1500ème place maintenant. Plus on monte et plus le serpent de lumière dernière nous est magnifique ! Je ferais l’UTMB rien que pour voir ça ! Le chemin étant assez escarpé, des bouchons se créent encore dans la montée. Mais c’est peut être un mal pour un bien car ça permet de ne pas nous enflammer et de s’économiser un peu… Tout la haut encore à plus de 2500m, il est maintenant 6h30 du matin et le jour pointe son nez… c’est toujours plus agréable de marcher sans la faible lumière de la frontale ! Le soleil se lève donc enfin dans la descente vers le refuge Elisabetta qu’on atteint à 7h12. Une petite pause de 15-20 min s‘impose ! Les ravitos sont enfin corrects depuis les Chapieux !
Après une longue ligne droite d’environ 2kms on se lance a l’assaut de l’arrête du Mont Favre… Je décide de garder mon rythme et Alain me lâche un peu tout en sachant qu’il n’est vraiment pas trop loin derrière ! Dans cette montée, coté Est, la vue sur le Mont Blanc est vraiment splendide et il n’y a pas un seul nuage en vue ! Ca me motive vraiment surtout avec ce qu’ils avaient annoncé au départ ! En haut à 8h30 précise, je ne m’arrête pas un seul instant, pressé d’atteindre Courmayeur !
L’année passée j’avais fait l’erreur de courir a toute vitesse dans cette très longue et très dure descente (qui m’avait complètement tué les genoux !) et décide donc de la faire sans se presser. Il reste encore un ravito à la maison Veille du Col Chécroui avant d’entamer la dernière partie de la descente. Comme d’habitude on peut y boire du vin ! Je n’abuse quand même pas et regarde par contre la danseuse orientale qui bouge super bien ! C’est assez rigolo de voir ça ici !
Alain vient de me rattraper dans la descente et on repars vers Courmayeur.
Il est 10h précise et une bonne partie du parcours est déjà faite ! Je suis assez confiant pour la suite car pas trop entamé physiquement parlant.
Je prends le temps de donner un petit coup de fil à ma chérie en faisant la queue pour me faire masser… je trie également un peu mes affaires, réorganise mon sac, rempli à nouveau mon camel-back puis la place se libère. Là des petites mains expertes me font un bien fou aux cuisses et mollets… 10-15min suffisent pour me revigorer et je bondis déjà dans tous les sens pour essayer de repartir au plus vite. Je fil aux toilettes, encore une queue ! Puis il faut également se remplir le bide : encore une queue ! Je mange le plus rapidement possible, je me change en enfilant short, casquette, nouvelles chaussettes et t-shirt pendant que l’heure tourne… il est maintenant 11h30 et il est temps de repartir car ça fait 1h30 que nous sommes arrêtés ! Mon frère nous a également rejoint mais ne peut repartir avec nous tout de suite car son genoux lui fait trop mal et a un besoin crucial de se faire masser ! En tous cas, il est toujours aussi motivé et suis content pour lui !
L’année passée, j’avais complètement craqué dans la terrible montée du refuge Bertone avant d’abandonner 12kms plus loin à Arnuva. Je la redoute donc particulièrement surtout qu’il fait bien chaud à l’heure là et qu’il n’y a toujours pas de nuages en vue !
Je repars donc avec Alain et un autre sur le même rythme que précédemment… Les 800m et quelques mètres de dénivelé passent plutôt bien ! Nous avons été constant tout au long de la montée et doublant pas mal de personnes scotchées, n’en pouvant plus, comme moi l’année dernière… On atteint donc le refuge Bertone En 1h30 de temps de puis Courmayeur. Pause de 10min environ en s’hydratant bien et en alternant toujours le sucré et le salé.
La partie suivante de 12kms va être assez longue. Pas de difficulté majeure jusqu’à Arnuva en passant par le refuge Bonatti, c’est juste en dent de scie et le temps paraît un peu long !
Je repense forcément à l’année dernière lorsque je me suis arrêté étant à bout physiquement, mais cette fois je suis déterminé à aller plus loin. Cette longue portion va tout de même nous prendre 3h de temps… Le pied du grand col Ferret, c’est-à-dire Arnuva, est donc atteint juste avant 16h. A peine arrivés,toujours avec Alain, quelques gouttes de pluie commencent à tomber ! Ca craint vraiment !
Les temps dans les 2 sens du terme, sont exactement identiques à l’année dernière ! La seule différence, c’est que je me sens beaucoup moins entamé physiquement et mentalement !
Du short, je passe donc de nouveau au long… j’effectue également un changement de chaussettes et de haut. LE temps s’annonce mal à présent avec tous ces nuages en vue ! Cependant le somment du col Ferret reste encore à vue ! Après s’être ravitaillés, nous repartons sur les coups de 16h15 pour franchir ce col tant redouté par les concurrents !
La pluie commence vraiment à tomber lorsqu’on arrive au refuge Elena… j’avais prévu le coup en enfilant ma veste très fine mais très imperméable en MP+… je me couvre donc encore la tête et mon rythme de ne baisse pas. Je me sens même très bien dans la montée. Alain, lui, s’arrête plusieurs fois dans la montée pour enlever et remettre ses vêtements de pluie. Je ne l’attends pas et continue ma montée en doublant une bonne cinquantaine de personnes. Le temps va de mal en pis mais je gravi le 700m de dénivelé en à peine 1h20 de temps pour arriver tout la haut à 17h30 passé.
Je ne peux me permettre d’attendre Alain car la pluie est bien présente et il fait froid ! Je m’engage donc dans la descente vers la Peulaz. La boue est bien présente et je glisse beaucoup par endroit. Heureusement que j’ai les bâtons ! C’est quasiment du surf par endroit, et c’est assez amusant !
La descente va être très très longue surtout avec ce temps. Je n’arrête pas de doubler des gens en trottinant bien. Arrivé à la Peulaz à 18h15, je ne m’arrête même pas 5min sinon je n’aurai plus le courage de repartir. Je me donne à présent comme objectif La Fouly, endroit à partir du quel on va être classé. Je passe la barrière des 100kms en 24h précise. C’est psychologique mais je n’avais jamais atteint 100kms en course ! Peu de temps après se profile donc La Fouly toujours avec un temps exécrable ! Il y a tout de même des supporters le long du parcours, et ça fait chaud au cœur d’être encouragé comme ça !
Arrivé à La Fouly l’envie de m’arrêter m’effleure l’esprit… avec ce temps j’ai pris un coup au mental surtout que je commence à être bien mouillé et à avoir froid…
Je me prends une soupe bien chaude, me pose sur un banc bien mouillé et arrive à me remotiver ! Il faut absolument que je reparte au plus vite pour essayer d’atteindre Champex Lac 15kms plus loin avec le moins de nuit possible ! L’idée de passer une deuxième nuit dehors me fou un peu les boules. C’est un moment difficile à passer et essaye de passer le temps en discutant avec un gars. Il m’explique un peu la fin du parcours, les dernières montées qui restent et le temps qu’il faudra compter. La nuit tombe et j’arrive à Praz de Fort tout juste avant 21h. La pause est également très courte, il faut que j’arrive au plus vite à Champex ! La frontale est ressortie et c’est parti ! Il reste quand même encore une bonne montée pour arriver à Champex où je compte bien prendre une bonne douche chaude, avoir un bon massage, bien manger et même dormir un peu vu que la barrière horaire est à 3h du matin.
Il pleuviote toujours, mes pieds sont bien humides et j’ai froid ! Je me motive, reste plus que la montée ! Mais quelle montée ! Sur le papier elle ne paraît pas, mais elle est bien rude surtout avec la fatigue accumulée. Mon pied droit commence vraiment à me faire mal en raison de l’humidité et des frottements. Je double encore beaucoup de gars à l’agonie et arrive enfin à Champex vers 22h15 en 800éme position environ… C’était dur !
Je me renseigne pour aller prendre ma douche et on m’indique un espèce de château fort sous terrain. J’ai toujours autant froid et me déshabille tant bien que mal. J’arrive dans la douche et la un gars me dit qu’elle est tiède… pas bonne nouvelle du tout ! J’y vais quand même, en grelottant déjà, j’appuie sur le bouton et là, la douche me glace ! Moi qui avait déjà froid et qui voulait me réchauffer ! Je gémie même. Il faut pourtant que je me lave. Je crois que c’est la pire des douches que j’ai jamais prise de ma vie, et pourtant je ne suis pas un frileux ! A peine sortie, je prends ma serviette et me frotte de manière vive pour me réchauffer tant bien que mal… c’est horrrrrrrible ! Je file me rhabiller, enfile mon corsaire, 2 t-shirts à manches longues puis ma veste. Même avec tout ça, je suis encore gelé, car fatigué !
Je remonte au ravitaillement ou il fait beaucoup plus chaud et vais faire la queue pour me faire masser. Ce petit temps d’attente me fait songer à abandonner encore une fois, car si je n’arrive pas à me réchauffer, ça va être très dur de repartir ! J’ai les pieds en feu et suis pressé de passer sur la table de massage pour aller au plus vite se reposer. Mon tour arrive et ça fait du bien aux guibolles ! Heureusement que les kinés sont là ! Je vais alors au ravitaillement et mange un bon plat de pâtes au gruyère avec du saucisson et du jambon ! encore une compote et je retourne immédiatement dans le bunker pour trouver l’endroit ou dormir ! En arrivant j’hallucine un peu car il n’y a pas plus de 15 lits et ils sont évidemment tous occupés ! en m’énervant un peu, je me résigne a m’asseoir et à attendre en ayant toujours froid et en espérant qu’une place se libère… je le demande encore pourquoi il n’y avait pas plus de lit sachant qu’il y a 2500 participants ! après 20-30 min d’attente… enfin nue place ! J’y file de suite ! Entre temps, mon collègue Alain est arrivé sur la base de Champex et est allé se faire masser et manger. Au bout de 10min, il me rejoint dans ce minuscule dortoir, il est déjà 00h00 ! On décide de mettre le réveil pour 1h40 du matin… ce sera toujours ça de pris ! Au début je n’arrive pas à m’endormir car même habillé et recouvert d’une couverture, j’ai toujours froid ! Le sommeil arrive tout de même et on se lève donc 1h30 plus tard… Ca m’a fait un bien fou bien que ce soit dur de se lever ! C’est un peu la cohue car pas mal de monde s’active. Je re-prépare mes affaire, mes pieds, mon camel-back et on repart donc aux environs de 2h du matin et de la 1000ème place comme prévu !
On arrive dehors, il fait humide et froid, mais je me sens déjà beaucoup mieux qu’en arrivant ! Je donne un rapide coup de fil a mon frère Pierre pour voir où il en est et me dis qu’il est déjà reparti depuis 5min… Il n’est même pas resté 1h à Champex alors que moi j’y était près de 4h ! Il est sacrément motivé ! Je lui dit de nous attendre en marchant doucement ! On le rejoint donc environ 1km plus loin et nous voilà à nouveau les 3 ensembles ! Ca fait plaisir de se retrouver ! Son genou va mieux qu’avant !
On rejoint assez facilement Champex d’en Bas avant d’attaquer LA montée de Bovine ! Au tiers du dénivelé un bouchon d’une trentaine de personne se crée, car on peut monter qu’à une personne à la fois et il faudra même s’aider des mains à un passage !
La il faut s’imaginer le truc ! Il fait nuit noire, il est 3h du matin environ, il pleuviote, on est dans le brouillard à la queuelele et juste avec une frontale pour se diriger ! La montée de Bovine est interminable, vraiment interminable ! Je crois que cette partie fut l’une des pires de tout mon UTMB ! IL nous faudra plus de 2h de temps pour arriver la haut ! Il faut s’imaginer tous à la queue et pas une parole tous le long de la montée ! On souffrait en silence !
Si j’avais su à Champex que cette montée était comme ça, je crois que j’aurai abandonné ! C’est même sur ! Enfin dans tous les cas je ne m’attendais pas à ça !
Nous arrivons donc tous les 3 juste avant 5h du matin et espérons que la descente ne va pas être aussi dure ! Le bouchon se recrée et il nous faudra encore une fois 2h pour rallier Trient. La deuxième partie de la descente juste après le passage du col de la Forclaz fut un vrai délire ! Le jour a entre temps de nouveau pointé le bout son nez (quel soulagement de voir ou l’on met les pieds et de ranger sa frontale !). Le chemin assez raide et escarpé n’était que de la boue, de la bonne boue ! C’était du ski patinette improvisé ! Et je me suis vraiment bien amusé !
Arrivés à Trient pour 7h du matin, nous prenons donc une pause de 20 bonnes minutes histoire de bien se ravitailler et pour ma part de changer à nouveau de chaussettes…
La dernière très grosse difficulté se pointe devant nous et après ça on pourra dire que l’arrivée se profile sauf pépins malvenus ! Je pars alors sur un bon petit rythme… l’idée de la dernière montée me motive beaucoup. J’accélère même un peu et laisse sur place quasiment 100 concurrent ! Même dans les passages très boueux je ne faibli pas. Et en a peine plus de 45min je rejoint les Tseppes ! Il y a même du soleil ! C’est excellent. Je sens enfin que je vais y arriver. Alain arrive dix minutes après moi tandis que Pierre galère un peu avec son genoux douloureux. Je l’appelle sur son portable et il me dit de continuer car il est trop loin dans la montée. Le temps qu’Alain se ravitaille, je repars donc juste avec lui et nous gravissons les 100 derniers mètres de dénivelé du col. A présent il nous reste donc un peu plus de 20kms à parcourir. On tient le bon bout.
La descente jusque Vallorcine va très bien se passer malgré la boue toujours bien présente… au moins les genoux prennent moins de coups ! J’ai juste saigné du nez dont je ne sais pas encore la raison. Enfin rien de grave ! Il est alors 10h du matin et il reste 16kms ! De plus en plus de spectateurs sont à présent sur le bord du chemin et nous encouragent. La pluie refait sont apparition mais n’a plus trop d’effet sur nous tellement la fin est proche ! Le temps de pause à Vallorcine est très court, l’objectif étant à présent de rallier Chamonix sous les 42h… Je repars donc avec Alain en direction du col des Montets. Mais le dénivelé est tellement faible qu’on arrive en haut en assez peu de temps.
Le moral est au beau fixe ! On va y arriver ! Il nous reste à présent une longue et faible descente jusqu’à Argentière. Le temps alterne entre nuage humides et quelques rares éclaircies. Il est 11h20 quand atteint le dernier ravitaillement du parcours. La bénévole sur place me propose de la raclette ! Je n’hésite pas un seul instant et m’englouti ce délice ! Il reste quasiment 10kms et 1h40 pour passer sous la barre des 42h. Les jambes sont bien fatiguées mais nous repartons trop content d’être déjà là !
A présent je savoure chaque moments. La dernière partie est très longue mais je discute bien avec Alain sur tous les moments difficiles que nous avons eus… ça fait quasiment 1 an qu’on prépare cette course ! et va la terminer, mon rêve d’être un finisher va s’accomplir ! Ca faisait également 1 mois que je ne pensais qu’à cette course. J’en rêvais la nuit !
Ca fait donc passer le temps…
On arrive alors au pied du petit balcon sud juste avant Chamonix. La je ne sais pas si c’est une erreur sur le profil du parcours donné par l’organisation, mais cette dernière montée s’est avérée beaucoup plus longue prévue !
Mais surmotivés et malgré notre mal soutenu aux pieds nous la gravissons à une vitesses folles, en courant ! Je ne ressent même plus trop la douleur, l’adrénaline et l’émotion prennent le dessus. La ligne se profile… Encore une petite et courte descente et c’est bon ! Les spectateurs nous motivent encore.
Par contre les 42h de temps approchent vite et nous décidons donc d’accélérer encore un peu. Il reste 2kms et la je cours comme à l’entraînement ! Les rues de Chamonix arrivent ! Il y a de plus en plus de mondes et d’applaudissements, l’émotion est vraiment grande. Alain qui a eu une petite douleur au genou s’arrête brusquement et me dis de continuer. Je suis seul. Je cours de plus en plus vite. Je ressens de la joie, du bonheur… enfin le rêve se réalise !
Je franchi la ligne tant espérée et après tant de souffrances en 41h58… c’est magnifique ! Alain arrive à son tour même pas une minute après. On se congratule et j’éclate même en sanglot.
Mon frère Pierre arrivera finalement 40min plus tard…
Nous l’avons fait ! Il faut essayer tellement c’est bon !

4 commentaires

Commentaire de nicou2000 posté le 01-09-2006 à 16:30:00

encore un magnifique récit plein d'émotions!
Félicitations pour avoir aussi bien géré ta course!!

Commentaire de béné38 posté le 01-09-2006 à 16:49:00

Merci pour ce récit. C'était une belle course, félicitations pour la façon dont tu l'a gérée et pour ton objectif atteint.

Commentaire de riri51 posté le 02-09-2006 à 20:34:00

félicitations!!!

Commentaire de noindifference posté le 05-09-2006 à 12:15:00

Ben, bravo pour ta course mon petit! Je me suis rappele pas mal de souvenirs en la lisant et j'ai appris pas mal de details que je ne connaissais pas.

Tu devrais envoyer le lien du recit a toute la famille!

No Indifference

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