Récit de la course : Courmayeur - Champex - Chamonix 2010, par blob

L'auteur : blob

La course : Courmayeur - Champex - Chamonix

Date : 27/8/2010

Lieu : Courmayeur (Italie)

Affichage : 562 vues

Distance : 81km

Objectif : Pas d'objectif

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CCV 2010 - mieux vaut tard que jamais

Ça fait un bout de temps que j’ai ce récit dans mes cartons… Allez, je publie

 

Avant course

La préparation pour cette course a été sérieuse. Depuis début Juin, j’ai enchainé le Maratrail de Lans en Vercors, la première course de l’Aravistrail et le TGV, soit une course en montagne toutes les 2 semaines. Je profite également du stage « Trail et Spa » organisé par Maï74 auquel participe Cathy pour aller crapahuter 2 jours à Chamonix avec Nico, alias Mr Maï74. Tout ça m’amène début août avec de bons atouts de mon côté. Je continue en août à aligner quelques sorties càp, et surtout de la rando en montagne avec un gros sac bien chargé. Enfin, la semaine avant la course, direction les Houches pour s’imprégner de l’ambiance et se relaxer au mieux.

La Course

A la sortie de la navette à Courmayeur, nous découvrons la ville sous un plafond nuageux très bas. Je suis avec David (mon compère du TGV), et nous partagions la navette avec Astro, Land et LoicM. Sur place, on fait la jonction avec Yayoun, Stephanos et Severine07, Béné38, on croise Epi & co qui préfèrent aller se prendre un café avant le départ, et on se glisse dans la foule qui commence à se masser derrière la ligne de départ. Rapacette (et le rapaceau dans le dos) nous prend quelques clichés, et les premières gouttes se mettent à tomber. Que faire ? On sort la goretex de suite ou on attend ? Comme la pluie redouble, je préfère enfiler une couche imperméable.

Départ ! On commence à trotter dans les rues de Courmayeur, ça part forcément lentement, obligés de reprendre la marche par moments, et on se retrouve enfin sur le premier chemin qui entame la montée vers le refuge Bertone, puis Tête de la Tronche. On se retrouve rapidement coincés dans la file des coureurs. Bien sûr, des abrutis en profitent pour faire une file parallèle au chemin, voire coupent la pente, conscients ou non qu’ils ne font qu’empirer la situation des coureurs « honnêtes ». Enfin, peu importe, ça se débloque et même s’il est compliqué de doubler, le rythme monte et on commence à grimper.

Refuge Bertone : 12 kms, 2h07 de course, 1080 ème

Je prends juste le temps de compléter un peu la poche à eau, de ranger la Goretex, et j’attaque la montée vers Tête de la Tronche. Land et LoicM sont avec moi, Astro également, un peu derrière. Nous rattrapons Stéphanos et Séverine avec qui nous allons faire un bon bout de chemin. Séverine attaque gaillardement la pente, et Stéphanos mitraille avec son APN. La montée est régulière, on voit bien la file des coureurs qui s’étire et se découpe par moment sur les crêtes. La pluie commence à bien se calmer.

Tête de la Tronche : 17 kms, 3h18 de course, 1114 ème

Je ne m’attarde pas, le vent souffle bien sur le col, et je m’engage dans la descente. On descend là encore un peu en convoi. De temps à autre, un « camping-car » ralentit l’allure de la file et nous patientons qu’une occasion se présente de le passer sans problème. Je me retrouve à nouveau avec mes compères parisiens, Land et LoicM sur cette descente. Le temps s’est considérablement amélioré puisque nous courrons maintenant sous le soleil, et ce sentier en balcon descendant nous permet d’admirer le Val Ferret, superbe ! Un petit coup de cul et nous voici au ravito suivant

Refuge Bonatti : 22 kms, 4h14 de course, 1108 ème

Un petit arrêt au refuge, on refait la jonction avec Astro, ainsi qu’avec Stéphanos et Séverine. Remplissage de la poche à eau, et c’est reparti.

On continue un sentier en balcon du Val Ferret, relativement roulant, qui finit par nous amener au dessus du ravito suivant, à savoir Arnuva. Quelques lacets serrés pour descendre, et nous y voilà.

Arnuva : 27 kms, 5h13, 1105 ème

A Arnuva, nous tombons sur Yayoun qui était devant nous. Elle commence à souffrir du genou et est peu rassurée. Visiblement, ça se passe bien dans les montées, moins dans les descentes…

Je passe peu de temps au ravito, juste l temps de boire un coca, de remplir la poche à eau et vider ma poubelle. L’idée est de passer du temps quand j’aurai fait la jonction avec mes accompagnateurs, soit à partir de la Fouly. Mais avant, le fameux « grand col Ferret » nous attend. Il est temps de s’y attaquer.

On se lance donc à l’assaut de ce fameux col. Je progresse selon le schéma suivant : j’accroche un train de coureurs (ou un coureur) un peu moins rapide que moi, je suis quelques minutes, et quand je vois une opportunité de doubler je fonce. Ainsi, je reste toujours un peu sur la réserve et ne crame pas trop de watt. La montée est certes longue, bien raide par endroits, mais je n’en garde pas pour autant un mauvais souvenir. Par contre, je décroche mes compères lors de cette montée.

Grand Col Ferret : 31 kms, 6h37, 1071 ème

La Suisse !

La montée s’est bien passée, on va pouvoir basculer sur la longue descente vers la Fouly. On m’a prévenu d’être prudent. Comme c’est roulant, on a tendance à envoyer un peu, et il faut arriver frais à Champex. Donc, de la réserve.

Les bâtons dans une main, je commence donc à trotter vers la Fouly. Le sentier est effectivement très agréable à courir : large, roulant, souple. Je m’étonne par contre de croiser beaucoup de coureurs en train de marcher. Je me dis que s’ils sont mals à ce stade, ça sera dur pour eux de boucler l’intégrale. Sur ce terrain, les hokas sont un vrai bonheur. Je garde les jambes bien fraîches et déroule en douceur. Passage rapide à la Peule. Quand je quitte le ravito, je suis appelé par LoicM qui y arrive. Ça va, ils ne sont finalement pas très loin. Et je poursuis la route vers la Fouly.

Avant d’arriver à la Fouly, passage su un pont. J’ai la joie d’y retrouver mes chers accompagnateurs, Maï74 et Zybo. On échange sur mon état de forme (excellent à ce moment) et on se donne rdv à la Fouly

La Fouly : 41 kms, 7h50, 968 ème

Arrivé au ravito. Je retrouve Maï74 et Zybo qui m’y attendent. Surpris, je retrouve David quelques places derrière moi. J’ai du le passer dans les derniers mètres sans le voir. On se pose pour se ravitailler un peu, et on décide de repartir rapidement, car c’est bien surchargé. On passera plus de temps à Champex.

David et moi partons ensemble. Néanmoins, sur le terrain roulant qui suit, je creuse un peu l’écart et je me retrouve bientôt seul. Je suis étonné de me trouver aussi frais après plus de 8h de course et un marathon, et je me dis que ça ne va pas durer. Ça se vérifiera rapidement. En attendant, nous traversons des hameaux suisses préservés, avec de magnifiques chalets. Par contre, côté météo, ça craint. Il pleut depuis que nous sommes repartis de la Fouly. Je reste pour l’instant dans la même tenue, je me changerai à Champex.

A un moment, nous apercevons en hauteur Champex-Lac, et on s’attaque à la montée. C’est à ce moment-là que je commence à sentir les kms. La montée est longue, mais surtout toujours en sous-bois, ce qui fait qu’on n’en voit pas le bout. Le coin est sympa, bourré de champignons (sculptés en bois, ou réels), mais pas le temps d’aller à la chasse. J’en profite également pour bien boire, m’alimenter (gel, sandwich). Enfin, je reconnais le chemin, on va bientôt déboucher sur la route. C’est là que les autres années, je me posais pour encourager les copains qui faisaient la course.  On attaque donc la dernière montée en nous voici à Champex-lac.

Champex : 55 kms, 10h08 de course, 909 ème

Je retrouve mes chers accompagnateurs, et je m’équipe pour la nuit et la pluie : t-shirt sec , chaussettes sèches, j’échange les hokas (une cata avec la boue) contre d’autres chaussures de trail, des Mizuno, collant long, pull manche longue, frontale, gore-tex. J’avale une soupe, un peu à manger, je fais charger la poche à eau avec de l’eau pure (je commence à saturer sur le sucré), et je repars. David nous a rejoint pendant les préparatifs, mais préfère prendre un peu son temps avant d’attaquer la fameuse montée de Bovines. Dès la sortie de la tente, je me retrouve les pieds dans l’eau, les Mizunos seront restées sèches 30 secondes …

A la sortie du ravito, je trotte d’abord, le long du lac, puis sur la route, et enfin le long d’un chemin forestier. Enfin, l’attaque de la montée de Bovine. Je démarre mollo, mais j’ai du mal. Pas de douleur particulière, mais une grande fatigue et l’impression de ne pas avoir de jus. La montée est rude, de belles marches à franchir, et le tout se fait les pieds dans l’eau. Nous grimpons le long d’un torrent qu’il nous faudra passer à plusieurs reprises, et ça flotte tellement qu’il est impossible de le faire à pieds secs (de toute façon, les pieds sont trempés). Je me pose régulièrement sur le bord du chemin pour souffler car j’ai vraiment du mal. A un moment, je décide de faire une pose de 10 minutes et mâchonnant une barre de céréales. David me double à ce moment-là et s’inquiète de ma forme. Je lui demande de continuer, juste de temps de me refaire. Après quelques minutes, je reprends donc à mon rythme d’escargot. Ce coup-ci, c’est à mon tour de jouer au « camping-car ». Je monte seul, puis je me fais rattraper par des coureurs, et quand je sens que je commence à gêner, je me pousse sur le côté pour les laisser me passer, etc… Pas génial comme sensation. Enfin, ça bascule dans la descente, mais quelle descente. Je me souviens de la descente vers Trient comme un single-track assez long, plein de virages serrés mais dans lequel il était possible de courir. En l’occurrence, avec la boue et les racines trempées, la marche s’impose.

Au passage au col de la Forclaz, Maï74 est là, un peu inquiète car elle a déjà vu passer David qui lui a dit que ce n’était pas la grande forme pour moi. Quand je la vois, je me lâche, râle un bon coup sur les conditions météo, et parle de mettre le cligno à Trient. Elle me renvoie tout de suite dans la descente sans me laisser plus le temps de réfléchir et me donne rdv à Trient.

Trient : 71 kms, 14h41 de course, 848 ème

J’arrive à Trient, et direct Maï et Yannick me tombent sur le dos. Ils déballent tous leurs arguments pour me remettre en condition et me faire repartir. Je suis de mon côté découragé par les conditions de course, mais je finis tout de même par repartir, habillé plus chaudement, pour attaquer la montée de Catogne.

Cette montée est pénible car longue, mais régulière et non cassante. Il suffit de prendre son mal en patience et de marcher sans se poser de questions. C’est donc ma tactique, objectif Catogne

Catogne : 76 kms, 17h02 de course, 830 ème

J’arrive au ravito de Catogne à côté duquel brûle un feu de camp. Comment ça peut brûler avec cette pluie, je n’en sais rien, mais je plains les malheureux bénévoles qui m’ont l’air transis. Je traine peu, et je repars dans la descente vers Vallorcine. Là encore, dur de dérouler dans cette descente, c’est boueux et glissant. Je gère au mieux.

En approche de Vallorcine, un type qui remonte le chemin nous annonce qu’on y est presque, et que la course est neutralisée. Pas génial de se l’avouer, mais je me sens soulagé. La pluie continue de tomber toujours aussi fort et je me demandais ce que pouvait donner la montée de Tête aux vents dans ces conditions. J’ai appris plus tard en rencontrant un des bénévoles de la course que c’était vraiment infernal là-haut, et c’est ce qui les a décidé à annuler, ils se voyaient mal gérer la sécurité des coureurs fatigués et leur propre sécurité

 

Vallorcine : 81 kms, 18h12, 844 ème

Comme prévu, on nous annonce à l’arrivée sous la tente que nous ne repartirons pas, que la course est annulée. Maï74 m’attendait, je profite donc de sa voiture pour faire le retour au chalet.

 

Bilan :

Des moments magiques (le val ferret), des moments galères, une course pas trop mal gérée malgré tout, je me pose encore la question aujourd’hui : s’il avait fait beau, comment aurais-je fini.

En tout cas, merci à mes 2 accompagnateurs, Maï74 et Zybo, car c'est un réel luxe de savoir qu'on vous attend au prochain ravito

 

6 commentaires

Commentaire de benoitb posté le 06-07-2011 à 09:56:47

Merci pour ce récit, même tardif. Je me permets une remarque : je sors de la lecture attentive du post du Papy sur l'hydratation, et quand j'ai lu que tu as choisi de passer à l'eau pure dans le camel, j'attendais de voir l'évolution des événements... C'est précisément le moment où tu perçois un gros coup de moins bien ! Y'a-t-il un lien ? Difficile à dire, mais intéressant à noter.
Encore bravo pour ta course, joliment gérée par ailleurs !

Commentaire de Jean-Phi posté le 06-07-2011 à 10:36:17

J'étais pas loin devant toi puisque arrêté en 17h24 à Vallo également. Quel enfer !! Mais c'est vrai que ça reste magique tt de même et donne envie (parfois) d'y retourner... sous le soleil !
+1 avec bendidos sur l'hydratation. Il y a qque chose à creuser là dessus. Même si je te rejoins côté saturation du sucré au bout de plusieurs heures. Reste que l'eau pure ne me parait pas géniale pour un effort aussi long.

Commentaire de Fimbur posté le 07-07-2011 à 08:05:33

Même avec un peu de retard, c'est toujours super de te lire,
merci pour ton cr,
A bientôt dans les Monts d'Or,

Commentaire de maï74 posté le 08-07-2011 à 20:35:06

Sympa de revivre ça par ton récit !... enfin "sympa" je sais pas si c'est le mot le + approprié pour caractériser cette CCV dantesque avec (et tu as diplomatiquement omis de le préciser) par-dessus le marché une Cruella en guise d'assistante !!!
En fait au col de la Forclaz, je savais que tu allais me parler d'abandon mais comme tu n'étais pas blessé, il n'était pas question de te laisser commettre cette erreur ! Plus sérieusement, tu peux être fier de ce que tu as accompli dans des conditions aussi difficiles, et ça a été un plaisir de te suivre et de t'engueler !
Tu sauras me rendre la monnaie de ma pièce dans qqs semaines...
Et enfin, pour trouver la réponse à ta dernière question : il faut "y" refaire ! Bisous

Commentaire de tounik posté le 09-07-2011 à 09:12:57

Faut y refaire, mais cette fois Cruella prendra son fouet.

L'eau c'est pas ton truc, mais le jour ou il pleut de la bière tu va nous faire un podium.

Commentaire de Land Kikour posté le 10-07-2011 à 19:52:26

Voila un récit que je relis avec plaisir, ayant participé de près a ton épopée... un ultra qui aura marqué les esprits au vu des conditions.
Je me souviens de mon décrochage irrémédiable dans la montée du Grand col Ferret, tu avais pris le bon train ;)

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