Récit de la course : Courmayeur - Champex - Chamonix 2015, par redgtux

L'auteur : redgtux

La course : Courmayeur - Champex - Chamonix

Date : 28/8/2015

Lieu : Courmayeur (Italie)

Affichage : 712 vues

Distance : 101km

Objectif : Terminer

5 commentaires

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Première CCC, premier Ultra et premier récit

Pour cette course, qui est mon "objectif majeur" de cette année 2015, je suis accompagné par une super "team" : mes parents sont là, ainsi que mon beau-frère et enfin ma compagne qui m'accompagne courageusement sur toutes mes courses depuis 2 ans (et c’est réciproque !).


 

Mercredi, nous nous rendons à Chamonix pour le retrait des dossards, mais aussi pour voir l’arche d’arrivée sous laquelle j’espère bien passer dans 3 jours. C'est l'affluence et il nous faudra plus d'une heure pour récupérer le précieux dossard, un tee-shirt et un bracelet au poignet : me voila "bagué" ! Chaque course a sa couleur ce qui permet aux coureurs de se reconnaître dans la rue. On sent que l'organisation est très bien rodée, tout en conservant un côté familial. Après un rapide tour sur le salon du Trail, retour aux Houches par le chemin de la TDS, ce qui nous permet d'encourager les premiers arrivants.


Jeudi, dernière balade au Brévent, puis repos et préparation du sac. La météo est annoncée très chaude, je prends donc plus d'eau qu'à l’accoutumée. Avec tout le matériel obligatoire, c'est la première fois que je vais courir avec autant de poids sur le dos (pour finalement ne pas me servir de grand chose).

 

Vendredi matin, lever et petit déjeuner rapide. Notre hébergement est à quelques centaines de mètres du point de départ des bus pour Courmayeur. L'organisation est vraiment top et permet de se concentrer sur la course à venir. Le bus arrive à l'heure prévue, après les adieux à la famille je me retrouve dans le bus, à discuter avec un coureur expérimenté. Ses conseils me seront bien utiles :

  • bien se placer au départ pour ne pas se retrouver dans les bouchons

  • la course étant “rapide”, se méfier des crampes

  • bien s’alimenter et s’hydrater

  • ne pas croire que la course est plus facile que l’UTMB parce qu’elle est plus courte


 

Ce n'est qu'une fois arrivé à Courmayeur que je me rend bien compte de l'évènement : il y a des coureurs partout et de tous les pays ! Après le traditionnel "pipi de la peur", je marche vers le départ pour m'installer dans mon SAS... Et là, premier problème : impossible de rentrer :  le SAS est plein et je dois attendre sur le trottoir ne sachant pas si je pourrai m'insérer au moment du départ. Tant pis pour moi, il aurait fallu arriver plus tôt mais il faut dire que j'ai passé pas mal de temps à attendre aux toilettes. Cette position "inconfortable" m'empêche de me concentrer sur le départ et de profiter pleinement de l'ambiance.


 

Heureusement, dès les premières notes de Vangelis et le départ des premiers coureurs, je parviens à me faufiler dans le sas et à m'élancer... pour m'arrêter quelques mètres plus loin à cause d'un embouteillage.

 

Ça repart rapidement, très rapidement même pour une course de 100 km. Après un petit coucou à mes supporters (qui eux ne m'ont pas vu) j'essaie de me caler sur un rythme tranquille (mais pas trop) pour éviter les bouchons quand le chemin se resserrera.


Les premiers km se font dans les rues de Courmayeur, sous les encouragements de la foule et au son des cloches. Ensuite on s'enfonce dans la forêt pour attaquer la première montée vers la tête de la tronche, qui est aussi la plus longue du parcours (plus de 1300m de D+). Nous sommes à la queue leu-leu et il faut se caler sur le rythme des autres coureurs car il n'est pas simple de doubler. Il n'y a pas de grosse difficulté technique, et au bout de 2 heures 20 j'arrive en haut.

 


Ensuite, c'est une descente assez roulante vers le premier ravitaillement de Bertone. Les paysages sont magnifiques, avec une superbe vue sur le Mont Blanc. A l'arrivée au ravitaillement bonne nouvelle : en plus de l'eau il y a aussi un peu de solide, et des gens sont montés jusqu’ici pour nous encourager.

 


Nous partons ensuite pour une portion assez plane jusqu'au refuge Bonati. Depuis le départ j'essaie de boire et de m'alimenter régulièrement car il commence à faire chaud. Pour le

 

moment les sensations sont bonnes même si je peine un peu en montée. Nous croisons quelques randonneurs qui se rangent pour nous laisser passer. A Bonati, j’ai la très bonne surprise de voir mon équipe qui est là pour m'encourager (mais pas pour m'assister).

 


Après une soupe (dont la moitié finit sur mon tee-shirt) et quelques tucs, je repars pour une des grosses difficultés de la course : l'ascension du grand col Ferret, qui marque le passage en Suisse. Avant le col, nous descendons à Arnuva où je refais le plein d'eau et de soupe. Ma dernière ascension de ce col s'était faite sous la pluie et dans le froid ; aujourd'hui c'est plutôt la chaleur qui est gênante. Malgré tout, depuis le départ, je double des coureurs et j'essaie de ne pas m'arrêter plus que nécessaire aux ravitaillements. Parti vers la 550è place, je suis désormais autour de la 420è place.

 


Arrivé en haut du col, je prend le temps de quelques photos et d'admirer le paysage. Puis c'est reparti pour une très belle portion de descente vers La Fouly. Le chemin est facile,

 

il suffit de se laisser aller. On passe le refuge de la Peule où un point d'eau (officieux ?) a été aménagé. Si j'avais su j'aurai pris moins d'eau avec moi... Nous passons ensuite par quelques routes bitumées ce qui n'est pas très motivant. Tout va bien côté physique mais il faut commencer à puiser un peu dans le mental. En arrivant à La Fouly, je m'attend à revoir mon équipe d'assistance... mais il faudra attendre Champex. Heureusement, les encouragements reçus par SMS me motivent pour continuer.


Après La Fouly, on poursuit la descente en traversant de jolis villages suisses, mais là encore il y a pas mal de route. Des villageois nous encouragent et nous proposent de l’eau. Il reste ensuite une petite montée avant d'arriver à Champex et de faire une bonne pause bien méritée. Depuis le départ je cours avec beaucoup trop d’eau, ce qui m’ajoute du poids inutile, et je commence à saturer du sucré… Mais la perspective d’arriver à mi-parcours me redonne de la motivation. Sur le chemin, je croise une équipe de la PTL et nous discutons un peu, c'est encore un autre niveau !

 


A Champex, premier point d’assistance,je retrouve ma "team" et nous allons sous la tente pour refaire le plein d'eau et manger un peu... Sauf que ça ne passe pas très bien. Une fois assis, je suis pris d'un gros coup de pompe et il m'est impossible d'avaler quoi que ce soit. Madame fait tout ce qu'elle peut pour m'aider mais rien n'y fait. Je commence à me poser des questions sur la/les erreur(s) que j'ai pu effectuer. Dans la première partie de la course, j'ai fait attention à bien boire et m'alimenter mais ensuite c'était plus aléatoire. J'ai du mal à analyser ce qui m'arrive et encore plus à trouver une solution. J'apprendrai plus tard qu'il y a eu beaucoup d'abandons à Champex tout simplement à cause de la chaleur.

 

Sans avoir presque rien avalé, je décide de repartir. A la sortie de la tente, je discute avec un bénévole qui me donne de bons conseils : manger tout doucement du pain en buvant de l'eau.


Je décide de suivre son conseil et repars avec le plein d'eau et 2 tranches de pain. Certains coureurs semblent comme neufs, d’autres sont à l’agonie. Mon équipe m'accompagne un peu sur les bords du lac : le simple fait d'être entouré redonne du courage. A leur manière, ils ont l’air d’en baver aussi ;).

 


Je décide de poursuivre ma route en ralentissant le rythme et promet à mon équipe de continuer doucement en marchant... Promesse que je vais rapidement oublier car petit à petit la forme revient et je me remet à trottiner dans la descente. Je mange doucement le pain récupéré à Champex (chaque tranche va me durer 2 heures de course !) Autour de moi, il y a de moins en moins de coureurs et peu d'entre eux sont encore intacts, ce qui me fait relativiser sur mon état général. Après tout je n'ai toujours pas de douleur physique, mis à part ce coup de mou qui semble se résorber progressivement. Pendant la montée à la Giète c'est de nouveau difficile, d'autant plus que s'ajoute l'appréhension de devoir courir la nuit. Cette montée est assez technique, contrairement au reste du parcours qui était assez "roulant" jusque là. Au milieu de la montée, je pense halluciner en voyant une personne déguisée m’encourager avec une sorte de mégaphone mais non, il est bien réel… Arrivé à la Giète, j'installe ma frontale, la tombée de la nuit est magnifique, d’autant plus qu’il est rare de se retrouver en pleine montagne de nuit. Je sais à présent qu'il ne reste plus que 2 côtes et que, sauf blessure, je serai capable de terminer.

 


La descente vers Trient se passe bien : la première partie vers le col de la Forclaz est assez simple, ensuite on termine par de raides lacets pour descendre au village. Depuis le départ je m'amuse beaucoup dans les descentes, tout en économisant au maximum mes jambes. A Trient, je retrouve mon assistance, et ma team s'occupe parfaitement de moi.

 


Après une bonne pause, me voila parti à l'attaque de l'avant-dernière montée vers Catogne. Je recommence à doubler des coureurs ce qui me redonne le moral. Malgré tout, la montée n'est pas facile et j'ai souvent l'impression de manquer d'énergie (mais c'est peut-être normal après plus de 70km). A Catogne, quelques bénévoles nous attendent avec un feu de bois. On se sent vraiment perdu dans la nature, et encore plus de nuit ! La descente suivante vers Vallorcine se passe bien (comme toutes les descentes pour le moment) et je continue à doubler des coureurs. On alterne entre piste de ski et monotrace avant d'arriver

 

au ravitaillement. Là encore, être assisté m’aide beaucoup : je mange une soupe, refais le plein d'eau puis, après s’être donnés rendez-vous à Chamonix avec la “Team”, c'est parti pour la dernière bosse (mais pas la plus facile).


Cette dernière partie commence par quelques kilomètres de plat, jusqu’au col des Montets. C’est une découverte car je n’ai jamais couru aussi longtemps (que ce soit en kilométrage, en dénivelé ou en durée). Arrivé au col, je vois une ribambelle de frontales sur la montagne d’en face qui grimpe jusqu’à perte de vue : enfin la dernière côte ! Cette montée à la Tête au Vent est longue, technique mais pourtant elle se passe bien : j'ai retrouvé toute mon énergie et je suis en mode “pilote automatique”. Une fois la Tête au Vent passée (heureusement qu’il y a un panneau car il n’y a pas grand chose à voir dans la nuit noire), on poursuit en balcon jusqu’à la Flégère. Je relance sur le plat lorsque c'est possible, les jambes répondent toujours correctement même si je sens bien qu’il ne faut pas trop en demander. Le paysage est toujours aussi beau, quand on voit quelque chose…

 


A la Flégère (dernier ravitaillement), pause express puis c'est reparti pour la dernière descente. Je commence doucement puis prend le pas d'un autre coureur qui dévale la pente à toute vitesse. Nous allons ainsi doubler plus de 20 personnes ! La descente est longue et je me demande si la mécanique va tenir jusqu'à Chamonix. Plusieurs fois j'hésite à ralentir (ce serait bête de se faire mal aussi près de l'arrivée), mais en regardant mon chrono, je vois qu'en poursuivant je peux passer sous la barre des 20 heures. Je décide donc de continuer sur mon rythme et de ralentir au premier signe d’alerte (trébuchement, …). Lorsque je vois les premières lumières, je décide d'accélérer jusqu'à la fin et double mon lièvre. Je passe l'arche m'indiquant le dernier km puis croise, complètement par hasard, toute mon équipe d'assistance qui ne m'attendait pas si vite ! Du coup, tout le monde se précipite vers la ligne d’arrivée. Je repars également pour un sprint (enfin façon de parler...) jusqu'à la ligne d'arrivée : il est presque 5:00 du matin et je termine en 19heures 55, objectif atteint en moins de 20 heures !


Après la traditionnelle photo et une fois la veste finisher récupérée, nous rentrons nous coucher après une journée qui aura été certainement aussi éprouvante pour mon équipe d'accompagnants que pour moi… Enfin visiblement pas pour papa qui décide d'enchaîner sur un footing matinal, je passe mon tour pour cette fois.

 

 

 

Ce que j’en retiens :

 

  • emmener moins d’eau (mais en boire plus) même si il fait très chaud

  • mieux optimiser le poids du sac en fonction de la météo

  • je me suis trop retenu dans les descentes (sauf la dernière)

  • c’est quand même bien d’être assisté ;)

  • même si la course est moins longue que l’UTMB il ne faut pas la prendre à la légère car on passe beaucoup de temps à courir.


Prochain objectif : l’endurance trail du festival des Templiers (100 km et 4300m de D+)

5 commentaires

Commentaire de Gilles45 posté le 31-12-2015 à 08:45:56

Hello,
Chouette CR, j'ai eu l'impression de revivre ma course. J'ai terminé en 20h20 avec pas mal de souffrance et de marche à partir de Vallorcine, tu as forcément du me doubler. Bravo pour ta Course et...RDV à l'endurance Trail ou je serai également en 2016 après une nouvelle CCC ou une TDS !
Gilles

Commentaire de redgtux posté le 31-12-2015 à 15:02:18

Bonjour Gilles,

Merci ! Effectivement, on a dû se croiser. J'espère être moi aussi de retour à Chamonix l'an prochain, ça dépendra du tirage au sort...
J'ai cru comprendre que tu participais également à la MaxiRace, j'y suis inscrit aussi.

Commentaire de Gilles45 posté le 31-12-2015 à 18:44:30

La Maxirace c'était l'an passé, justement en préparation de la CCC. Une belle course mais j'en ai bien bavé ! Si le beau temps est de la partie, la seconde partie de course est superbe.
cette année je pense tenter le Grand Raid 73 qui me parait être une course sympa à dimension humaine. Donc 2016 ce sera 3 course GR73 - Chamonix (ou UT4M ou Echapée Belle en repli) - Endurance trail. Mais avant ça foie gras et champagne....

Commentaire de LaurentP-21F posté le 21-10-2016 à 23:17:28

Bonjour,
Une très belle course, ma plus longue pour le moment...
Ce n'était pas moi le lièvre par hasard ? J'ai l'impression d'avoir fait une bonne descente depuis la flégère.
Laurent, dossard 341, arrivé à 4H57

Commentaire de redgtux posté le 24-10-2016 à 18:20:42

C'est bien possible. En tout cas encore merci pour cette fin de course, pas sûr que j'aurai terminé sous les 20 heures sinon...

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