Récit de la course : Sur les Traces des Ducs de Savoie 2015, par st ar

L'auteur : st ar

La course : Sur les Traces des Ducs de Savoie

Date : 26/8/2015

Lieu : Courmayeur (Italie)

Affichage : 932 vues

Distance : 119km

Objectif : Terminer

14 commentaires

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TDS ...me revoilà !!

 Après une année 2014 bien chargée, c’est avec une belle inflammation du tendon tibial gauche que je commence l’année 2015. Tendinite que je chope au cours du Marathon de Cernay la ville(sur le 2ème Semi que j’ai couru en OFF avec un ami)

 

De Janvier à Juin, je traite ma blessure : Injections, infiltration en Avril,  séances de Kiné, repos actif, repos total, rien n’y fait...

 

C’est seulement en Juin que je vois du progrès. Un ami/Collègue m’avait conseillé de mettre durant 15 jours une chevillière afin de maintenir et compresser la gaine synoviale et le tendon afin d’éviter les frottements qui provoquent l’inflammation et résorber l’épanchement qui était apparu. Cette méthode est assez efficace. Elle me permet de reprendre enfin la Càp doucement en juin.

Je réalise une reprise en footing uniquement et je débute en Juillet quelques sorties longue avec du dénivelé, si on peut dire…

 

Mes terrains de jeux  sont les Vaux de Cernay et les 25 bosses.

 

Durant mes 15 jours de vacances à Châtel,  je fais plusieurs sorties longues, qui me décident à participer à  la TDS fin Août. Tous les feux sont au vert !

 

Vue du Mont de Grange (Châtel) Alt: 2400m  

 

En Aout je peaufine ma "mini" préparation  avec beaucoup de PPG, gainage abdo Lombaire, chaise, saut de grenouille (merci PhilippeG516 ;-) ), escaliers, etc…

 

Voilà pour ce qui est du contexte, en résumé les stats sont:

En Juin : CàP = 104 km ; vélo 137 km  

Juillet : CàP =  204 km ; vélo 37 Km

Aout : CàP = 142 km ; vélo 50km (sans compter la TDS évidement) ; Rando 37km

 

 

24 Aout Préparation du Sac

 

 

25 Aout

Allez c’est parti avec un ami Kikou, Jonathan (JagerRunner). Départ pour Chamonix Mardi Matin 6h30, objectif : arriver pour le retrait des dossards le plus tôt possible.

 

 

Arrivés sur Chamonix, on dépose les affaires au gîte. Ensuite direction le Gymnase. Le retrait des dossards se fait dans la bonne humeur mais c’est un peu long à cette heure, environ 1h30, de  mémoire…

 

 

Au contrôle du matos obligatoire on me demandera la veste coupe pluie, le téléphone, les piles, la couche chaude, les 2 lampes. La contrôleuse inspecte ma veste sous toutes ses coutures. Elle est un peu trop tatillonne à mon gout mais bon ça se passe bien…

Enfin le dossard en main, on file au salon de l’ Ultra trail. Je m’achète quelques gels GU et de la boisson de récupération Overstim pour l’après course. 

 

 


 

 

Au niveau alimentaire, je considère une portion toutes les heures.

En course j’emporte une dose alimentaire qui doit me permettre de tenir jusqu’au Cormet de Roselend. J’ai donc  quelques barres Isostar, des pates de fruits, des barres d’amandes, des Barres salé Overstim et des gels GU

En liquide ce sera 1.5L dont 750ml avec de la poudre Overstim longue distance et 750ml d’eau plate.

Au niveau vestimentaire, je pars avec un cuissard court, chaussure XT wings, chaussettes Socks, manchon BV sport elite, TS manche courte, frontale Petzl Myo rxp.

 

Ma philosophie durant la course : très important

-Ne pas courir contre les autres (un poil compète quand même, si possible, autrement je suis là pour le  plaisir avant tout)  

- Courir tant que c’est possible (inspiration « Bikoon », de mémoire sur un de ces CR je crois…) C’est à  dire sur le plat, les descentes, sur les léger faux plat montant,mais dans ce cas c’est pas obligé, on avise selon les sensations du moment.  

- l’abandon est autorisé si et seulement si :

                        . Je me blesse de manière à ne plus pouvoir marcher ni courir.

                        . Je suis pris par les BH. Dans ce cas on n’a pas le choix…

 

En route vers Courmayeur !!

 

 

26 aout 6h00

Top départ !  La musique du film « Le pirate des Caraïbes » nous accompagne au coup de feu. Grosse pensé à mon fils Martin qui adore ce film …

Les spectateurs sont nombreux dans les rues de Courmayeur, il y a une ambiance de folie ! Que du bonheur ! Forza Italia !

 

 

 

 

En sortie de Courmayeur on s’engage vers la 1ère montée en direction du Col Chercrouit. Il fait encore nuit. J'ai pris ma frontale mais je ne l'allume pas. On voit assez bien dans la pénombre.  

Les sensations sont bonnes. Je profite de chaque instant, heureux d’être là. Il ne fait pas encore chaud. Jonathan disparait rapidement dans le peloton, devant moi bien sûr, il vise 25H/26H. Je reste avec Roger environ jusqu'au col Checroui. Nos différences d'allure et capacités à monter ou descendre les côtes font que nous avons du mal à rester ensemble.

     

 

 

Je discute avec pas mal de personnes dont un gars qui a ramené son appareil photo. Non mais pas un compact, non non il a ramené un reflex…j’hallucine, mais il avance vite dans les côtes le bougre …

 

 

 

 

CHECROUIT

tps: 01:11:46

Clt: 727è


Au ravito du Col, je ne traine pas, je file me caler dans la queue du peloton. Ça commence à déjà bouchonner. Certains s’agacent du bouchon. Je prends mon mal en patience, inutile de s’énerver.

D’autres doublent par les côtés, mais qui n’avancent pas vraiment ils  créent juste un bouchon un peu plus loin mais c’est tout. Dépense d’énergie inutile.

 

 

 

 

Au premier plan le gars dossard 6739 les mains dans les poches, trop cooooool …. 

 

 

 

 

Direction les arrêtes Mont Favre. Les montagnes sont belles, je profites du paysage, on a vraiment une  belle météo.

Pour l'instant je suis en roue libre. Le but est d'arriver à BSM bien frais. Pour l'instant tout va bien. Je ne vois plus les copains depuis un bon moment déjà. Mais ce qui ne m'empêche pas de parler avec plusieurs personnes autour de moi.

 

 

 

 

 

 

c'est sûr que si l'on veut faire une petite perf au niveau du chrono, bon bah il faut partir un peu plus vite afin de pas subir l' allure imposée par le peloton. Car effectivement je me suis retrouvé à plusieurs reprises en train de marcher alors que je souhaitais courir mais impossible de doubler.  donc là on subit.

 

 

 

Sur la partie descendante vers le Lac je double pas mal de petits groupes car en restant derrière je sens que mes quadris sont trop crispés. Je décide "d'envoyer" un peu et laisser libres mes jambes absorber la pente. Le corps légerement penché vers l'avant , les bras devant, merci encore PhiliippeG...:-)

 

 

 

 

LAC COMBAL

tps: 02:52:57

clt : 997

Le ravito du Lac où je fais le plein en eau. Je mange du jambon et une soupe.  Je m'étais strappé la cheville droite car trop laxe, mais depuis le départ la bande elasto, sûrement trop serrée me créait un point de compression sur le côté du pied et me forçais à poser mon pied un peu trop vers l'interieur. Du coup je décide de retirer la bande, cela me soulage immédiatement.

je suis toujours dans une allure tranquille, je sais qu'après le col Chavanne on fera la 1ère descente assez longue et où je pourrais envoyer un peu plus et gagner quelques places.

 

 

 

 

 

On attaque la montée vers le col chavanne:

Comme l'an dernier ces petits lacets courts ne sont pas faciles à négocier. il ne faut pas trop se cramer à vouloir monter trop vite. le soufle est court. Il commence à faire chaud.

 

 

 

 

 

 

 

COL CHAVANNE

tps: 04:10:29

clt : 1034

 

Arrivé au col je rencontre Tonton Trailer et le greg de draveil.

Tonton me propose de continuer avec eux. Ce que j'accepte volontier. c'est quand même sympa de courir à plusieurs si l'on arrive à garder le même rythme.

oui oui c'est bien Tonton, là complètement à droite en rouge, il déboule tel un bolide...je le suis des yeux. je descends plutôt tranquillement sans chercher à le suivre.

 

 

 

 

 

 

A cet instant la course va prendre une tout autre tournure pour moi. Ma blessure au tendon tibial (releveur) se réveille au bout seulement de 25km. Sur la 2ème descente de la course.

Je tombe en larmes, je suis anéanti. J'envoie un SMS à ma femme immédiatement pour partager ma douleur physique et moral. J'ai besoin qu'elle sache. J’ai besoin de son soutien.

je réfléchie sur les différents scénarios possibles. Est-ce que j'abandonne ? Est ce que je continue ? ...

Tout en alternant marche et course je fais le point sur la situation. La douleur me permet toujours  de courir , l'intensité n'est pas très forte en tout cas pas assez pour stopper la course pour le moment.

Je décide de continuer jusqu'au col du petit st Bernard et je ferais le bilan là bas.

 

 

 

 

 

 

 

 

j'ai le moral dans les chaussettes. Je ne comprends surtout pas pourquoi je n'ai ressenti aucune gêne durant mes 15 jours de vacances à la montagne et sa réapparition durant la course. J'ai vraiment la poisse...j'anticipe déjà dans ma tête la descente vers BSM. Je sais que cette descente sera très longue et qu'elle pourra m'être fatale pour la suite.

Je décide de me faire un Strapp de maintien avec ma bande Elasto sur la zone douloureuse afin de comprimer le tendon et la gaine. En espérant que cela fonctionne.

 

 

 

 

 

  

Içi encore je me retrouve à marcher par endroit où je me sens capable de courir mais du fait de ma position dans le peloton, il est parfois très difficile de doubler. Entre ce faux rythme et ma blessure je ne suis plus très bien dans ma tête. J'avoue le plaisir est un peu gâché pour le moment.

j'ai hâte d'arriver au col et entamer la descente vers BSM et savoir si je vais pouvoir continuer.

 

 

 

 

  








il y a grosse ambiance à l'approche du col. Il y a beaucoup de supporters présents. Ça fait du bien au moral.


COL DU PETIT ST BERNARD

tps : 06:55:07

clt : 1146

Au ravito je fais mon strapp comme prévue. une soupe , du pain et du saucisson et j'attaque la descente de 14km vers BSM.

  

Dans la descente j'y vais piano piano afin de préserver mon tendon. A ce moment je n'ai aucune certitude quant la suite de ma course. Si j’arrive à passer BSM ce sera une bonne chose, un gros morceau de passer.  Je sais que dès que j'aurais basculé de l'autre côté du Passeur une autre course commencera pour moi.

 

 

 

L'arrivée sur BSM est proche mais que cette descente est longue et le ravito semble loin. On l'impression qu'il n'arrive jamais.

 

Arrivé au ravito je n'ai pas faim ni soif. Je suis surtout préoccuper par mon tendon douloureux. La douleur ne s'est pas intensifiée depuis qu'elle s'est réveillée.

C'est quand même plutôt bon signe . Surtout que la suite est l'ascencion jusqu'au Passeur.

Je regarde autour de moi pour voir si je reconnais quelque têtes connues. Je pleure encore je suis au bord de l'arrêt. trop plein d'émotion.  Je ne traine pas au ravito ,trop de monde , trop de buit. Je mange plusieurs quartiers d'orange et c'est tout. Contrôle du Matos et direction le Fort de la Platte.

 

 

BOURG ST MAURICE SORTIE 

09:27:57

clt : 1012

 

Après la rue piétonne, on tourne à droite. Je vois un muret en face du cimetière. Fatigué, je décide de m'allonger un peu, je retire mon sac et je reste là 10'. Je sais que ce qui suit sera bien costaud et très long. L'année dernière j'avais mis 5h pour rejoindre le passeur depuis BSM

Je repars, il fait bien chaud, le soleil dans le dos, je bois régulièrement. Je me cale derrière 2 féminines, bien régulière, je monte tranquillou.

Au fur et à mesure, mon allure se réduit, mes pas sont de plus en plus lourd, Je suis incapable d'aller plus vite. Je me fais lâcher par ces 2 filles. Je m'allonge sur le côté 10 -15'. J'essaye de dormir.  C'est l'enfer.

Autour de moi c'est le même spectacle. Certains vomissent. Ça tombe comme des mouches. Dans la montée, chacun emploie une stratégie différente. Certains font des pauses en restant debout sur le côté du chemin puis repartent.

Moi je préfère m'assoir ou m'allonger lorsque que cela ne va pas du tout et je repars lorsque je me sens mieux.

Dans cette montée je n'ai plus la notion de temps. J'ai l'impression d'être là depuis longtemps déjà et que le Fort est proche.

Je lève la tête, j'aperçois le fort tout là haut, trop loin, tout petit encore. « Mais c'est pas possible » !!!    Il est encore trop loin, ...je suis démoralisé, au bout ...

Le soleil nous éblouit, on l'a de face sur le fin de la montée. Difficile d'apprécier ce qui reste à monter. Je me mets en pilotage automatique à ce moment.

 

FORT DE LA PLATTE

12:51:50

clt : 1362

 

Enfin le fort, ...beaucoup de gens aux postes de Secours, beaucoup de coureurs rendent leurs dossards. je file m'acheter une limonade à la buvette du Fort. Moment de réconfort mais de courte durée, je suis assis et reçois un SMS de Séb ("Le Mulot") : " Abandon à la Platte, pas la tête , pas les jambes".

Il me conseille d'être vigilant quant à mon tendon douloureux car derrière c'est peut être 6 mois sans sport...Dans ma tête c'est décidé, mon objectif à cette instant est d'atteindre le Cormet et on verra là bas...   

Mon pote Nico, qui m'envois des SMS de soutien, qui  m'encourage sans cesse, m'avertis aussi de l'arrêt de Roger avec qui j'avais commencé la course. Gros coup au mental !


le Fort vue d'en haut. Je le maudit ce fort !!!

 

Après le fort c'est moins costaud mais c'est tout de même long. Il y a une première partie en descente et cela remonte bien raide après.

Direction Col de la Forclaz. Sur cette partie je suis bien physiquement. Pas de dénivelé positif.  Partie agréable mais qui ne dure pas. C’est içi que j’avais renconté Rayrun l’an dernier. J’étais au plus mal.

La nuit tombe petit à petit. Je garde mon TS manche courte et je mets ma veste coupe pluie comme protection contre le froid, mon buff « Trail d’Auffargis », des gants de soie D4  et ma frontale.

Après quelques minutes j'ai trop froid, je décide d’échanger mon TS manche courte par ma couche thermique sous ma veste. Ca va beaucoup mieux comme ça.

 

 

 

 

Ça y est j’allume ma lampe frontale, il fait bien nuit maintenant  et je ne suis même pas au Passeur ;-(

J’attaque la montée  vers le passeur, les frontales sont visibles là haut, tout là haut et très, très loin. Ca n’en finit pas. Après chaque virage, après chaque lacets,  j’espère voir le passeur. En vain. Le mental est à la limite de la rupture…il ne faut pas réfléchir, il ne faut pas penser…

 

Le Passeur

tps: 15:28:19

clt: 1395

 

Enfin j’aperçois le poste des bénévoles, j’y suis. Je range mes batons. Un Anglais me demande si c’est mieux sans les batons pour descendre içi. Je lui dis que oui c’est préférable. On a plus besoins de ses mains que de ses batons pour descendre le Passeur.

Dès que je bascule sur la descente je me sens mieux. Je discute avec les bénévoles qui nous dirigent bien et nous conseillent d’utiliser les cordes par endroit.

La descente se fait sans difficulté. Au moment où je descends je suis avec un seul gars donc pas de bouchon et pas de glissades. Dès que la pente devient un peu moins raide je le double et j’avance à mon rythme. 

A cet instant je me préoccupe quand même des Barrières Horaires, car j’ai quand même mis 6H00 pour faire BSM – Le Passeur !!! Une, si ce n’est LA pire des ascensions de tous les finishers TDS…

Je m’oblige à courir sur les parties où c’est possible, je suis trop juste et pas à l’abri d’une hypo qui pourrait me stopper net et me faire prendre par les BH.  Je cours je cours je cours ….

 

Je me prépare mentalement à mon arrivée au Cormet. Je visualise à l’avance.

1/ je prends mon sac « base de vie »

2/ je mange des pates

3/ je prends mes recharges alimentaires et je fais le plein en eau

4/ je file

Au niveau vestimentaire je ne change rien, ni chaussettes, ni TS, rien du tout. Beurk, ça sent le chacal par içi...

 

 

Cormet de Roselend

tps: 16h47

clt: 1373

J’arrive au Cormet, le scénario se déroule comme prévue. Je m’installe à une table proche de la sortie. Il est presque 23h. BH à minuit, je suis bien mais sait-on jamais…Le ravito est plein à craquer. Tout le monde semble prêt à repartir pour la nuit. Je ne vois pas de grosse défaillance autour de moi, en tout cas pas comme au fort ou à BSM.

Je mange mes pates, façon Bolognaise, mais pas trop en quantité. Je reste quand même vigilant pour le reste de la course. La digestion se fait la nuit, je prends soin de ne pas trop solliciter mon estomac. Je mâche bien et longuement pour faciliter la digestion.

 

30’ d’arrêt et je repars. 

Clopin clopant, j’attaque le col de la Sauce. Mes remises en route sont toujours difficiles. Je dois déverrouiller  tout ça.  Au début, la pente est douce pour devenir plus raide ensuite.

Le vent souffle sur le haut de mon crâne, j’ai froid. J’utilise ma capuche de ma veste pour me réchauffer la tête. Le problème c’est que j’ai presque aussitôt trop chaud. Alors je la retire, je la remets, je la retire, etc… Je ventile ainsi toutes les 10-15’.

Je sais qu’à partir de maintenant cette partie de nuit sera longue et difficile mentalement. On se sent seul. On ne voit que les lueurs des frontales. Pas un bruit dans les rangs, personne ne parle. Le souffle est fort et court. Pas un mot…

J’essaye tant que possible d’accrocher les quelques groupes qui se forment afin de garder une certaine régularité dans l’effort et l’ascension.  Mon pas est lent et lourd, dès que je n’en peux plus je m’arrête sur le côté et je repars avec un autre groupe. Ainsi de suite.

Depuis le Cormet , le tracé est un peu plus technique que sur la 1ère partie de la course. Il faut rester vigilant sur chaque pose de pied.

 

Enfin le col de la sauce.

Descente vers la Gîte. Mes quadris me portent bien. Ma douleur au tendon s’est installée depuis longtemps maintenant. On fait la course ensemble. Je fais juste attention à ne pas trop tirer dessus, mon cerveau analyse tout ça sur chaque pose de pied. La douleur est assez acceptable pour continuer. Je tiens un bon rythme jusque la Gîte.

 

 

 

La GITE

tps: 19:23:42 (au même moment, Bikoon boit sa bière à Chamonix,...;-)

clt: 1195


Je fais le plein en Eau, je n’ai pas bu grand chose depuis le Cormet. Direction le Col Est de la Gîte.

Comme depuis le début et plus encore depuis que ma blessure s’est réveillée je fonctionne par étape.

Pour moi l’arrivée au col Est de la Gîte sera une étape hyper stratégique et décisive pour la fin de ma course.

Je sais et je me pose comme postulat que lorsque j’arriverai au Col Est de la Gîte, ce sera la descente en « roue libre » jusqu’au Contamines.  Le gros morceaux qui restera derrière sera « uniquement »  le Tricot. Lequel me laisse un bon souvenir  au vue de ma TDS 2014. J’espère qu’il en sera ainsi cette année.

 Je suis de plus en plus confiant sur les parties descendantes tant mes quadris sont aux RDV.

Direction le Col Est de la Gîte, je suis toujours à la peine dans les montées. C’est un point que je dois absolument améliorer pour mes prochaines courses.

Dans cette montée je ne vois plus que les chaussures des coureurs qui me précèdent. Mon regard se fixe sur la foulée du copain ou de la copine qui avance devant moi. Le cerveau est OFF. J’attends impatiemment le moment où on va basculer  vers la descente.

C’est chose faite, je regarde mon road book, le Col du Joly se situe au 1er tier de la descente en direction des Contamines. Je suis pressé d’y arriver.

J’accélère le pas, je prends des risques.  Je rattrape pas mal de coureurs en descente.  Je double sans cesse.   Là où l’année dernière j’étais en marche, je cours beaucoup plus cette année sur cette portion. Cela me remonte le moral. Attention car c’est bien glissant par endroit. Il faut rester très vigilant. 

 

 

Col JOLY

tps:22:56:35

clt: 1163


Ravito Col du Joly, comme d’habitude, je fais le plein en eau je ne mange pas grand-chose, quelque quartier d’orange et je repars sans trainer, je suis dans une bonne dynamique.  Tout en descente. Je Cours toujours, pas vite certes mais je cours.

Je reprends du poil de la bête.  Direction les Contas’. J’imprime un bon train. Un passant m’indique que dès que l’on sera à notre Dame de la Gorge, ce sera bon !…je lui demande,  « combien de temps », il me répond  «45 minutes max à cette allure ». Je suis trop motivé, tout va bien. Je reprends beaucoup de monde.

Sur quelque single, je « pousse » les coureurs devant moi. J’appuie le pas pour qu’ils m’entendent arriver derrière eux. La réaction est parfois immédiate, ils s’écartent et me laisse passer avec un mot gentil. D’autres ont du mal à s'écarter, je demande de vive voix le passage en remerciant une fois passé… certains semblent agacés, j’ai du mal à comprendre pourquoi, quoi qu'il en soit je trace ma route.

Ensuite le chemin s’élargit, pas technique du tout, c’est bon pour moi. Attention aux grosses plaques de roches tout de même car elles sont bien glissantes, il faut rester bien concentré.

Le jour s’est levé, j’arrive aux Contamines. Rencontre avec un kikou, désolé j’ai oublié ton pseudo. Je le rencontre plusieurs fois ensuite, nous nous croiserons jusqu’aux Tricots.     

 

 

Les CONTAMINES

tps: 24:36:37

clt: 991 

 

Arrêt aux Contamines, 30’.

Il est 6h30. Au même moment, JagerRunner, mon pote avec qui je partage cette aventure passe la ligne d’arrivée. Bravo l’ami ! 24h25

Je prends mon temps içi. Un Thé, du Gâteau, des quartiers d’orange. Je change de veste et de Tee shirt. Je suis propre pour aborder la fin. Les SMS fusent sur mon téléphone portable. Je suis maintenant sûr de finir cette course. Je connais trop bien cette fin de parcours.

Je quitte les contamines, je suis en forme, j’attaque la montée vers les Chalets du Trucs assez confiant. Le début est sur route, ensuite c’est du sentier propre parfois beaucoup de racine en sous bois mais globalement pas technique. Je m’alimente correctement. Les Chalets arrivent vite, je visualise déjà le Col du Tricot. J’accélère, encore, dans la partie descendante. 

 

 

 

 

Ascension vers le Tricot, j’imprime un bon rythme .Je suis dans un petit groupe de 5-6. Nous montons de manière constante, pas de moment de faiblesse. Il faut parfois monter haut le genou, comme s’il y  avait des marches. Je revis mon édition 2014 à cet endroit. Le jour me fait un bien fou. Dommage que je ne puisse pas être dans cet état de forme dès le début. Surtout en montée. Je prends enfin du plaisir…

 

 

 







Col du TRICOT

tps: 27:32:02

clt: 979

 

Col du Tricot.  Direction Belle Vue !  on commence par des singles et rigoles, un peu délicat à négocier pour la pose des pieds mais globalement cette partie ne m’est pas difficile. Je cours toujours.

Un peu de D+ avant d’arriver à Belle Vue. Le piège, lorsqu’on connait le parcours, on anticipe les parties du type montée-descente. Par contre ça peut surprendre et démoraliser lorsque l’on ne s’y attend pas.

Le passage sur la passerelle est aussi beau qu’impressionnant tant le torrent est puissant sous la passerelle et le bruit assourdissant. Moment unique.

 






BELLE VUE

tps: 28:37:50

clt: 957

Arrivée sur Belle vue. Un verre de Coca et je file de suite vers les Houches. Je suis en mode compète !

Là c’est que du bonheur. Je cours toujours. J’apprécie chaque lacets en sous-bois. Chaque virage qui me rapproche des Houches. J’échange quelques mots avec chaque passant que je croise. J’ai le moral.

Après un petit passage en sous bois, succession de  petit lacets et de virages sur routes tout en descente. J’arrive à me détendre , mes quadris me portent et ne m’auront pas trahi tout du long. 

 

 

 

 

Les ZOUCHES ;-)

tps: 29:27:55

clt: 937

Arrivée aux Houches, Olivier, Carole, des amis et leur fille m’attendent  au bout de la route avant de tourner à droite vers le ravito. C’est que du bonheur !  Heureux de les voir, je suis sur vitaminé. En même temps, ma femme me voit passer « pleine balle » sur  la web cam des Houches.

 

Arrêt express aux Houches, 5’  Je remplie une gourde pour boire sur les 8 derniers km et une gourde pour me rafraichir la tête. Il fait très très chaud !

 

Sortie du ravito, mes amis sont là. Je leur donne RDV dans 1h10 sur Chamonix. C’est le temps que j’avais mis l’année dernière. 

Ca y est,  je profites des encouragements des passants. Je profites de ces instants unique, de ces instants magique.

Cette partie n’est pas du tout technique, on est là ensemble, avec 3, 4 coureurs, on est dans le même rythme. Nous finissons ensemble cette belle Aventure.  Je pense à mes amis qui m’ont suivi tout le long, mes enfants ma Femme qui ne m’ont pas lâché, un soutient mental primordial pour finir ce type d’épreuve.

 

Je rentre dans la rue principale de Chamonix, bondée, il est 12h30, synonyme d’arrivée très proche, synonyme de bonheur absolue, synonyme de partage avec les autres, synonyme de plaisir… Les spectateurs sont à fond, Ambiance de folie,  ils applaudissent, me font des signes de la main. J’arrive comme un champion, mes amis sont là, Jonathan, Carole, Olivier, La photo finish.

Olivier (baboon) me voit en direct sur la WebTV….JE SUIS FINISHER !!!

YEEEEEEEEEEEEEEEEEEES !!!!!!!!!!!!!

 

 

CHAMONIX

tps: 30h33 

clt: 880è

 

 

 

 

Eh ben franchement j’aurais pensé faire mieux que l’année dernière (28h14) avec l’expérience mais  comme quoi, y a pas de vérité…

Globalement je suis satisfait de ma course. J’ai pu finir et vu le peu de préparation physique réalisée, j’ai eu la chance de pouvoir y venir et terminer.

Je pense aujourd’hui à tous les blessés avec qui j’ai pu discuter cette année via le forum. Que chacun puisse se remettre rapidement et retrouve le chemin des sentiers.

 

Je remercie évidement ma « petite » famille qui a été à fond avec moi. Qu’est-ce que j’ai pu vous saouler durant ma prépa… ;-) comme d'hab...désolé

Mes amis pour le soutien avant,  pendant et après la course : Olivier-L, Elodie, Nico, Olivier-I, Carole, Carole’s fille, Francky, Steph, Mathieu, Fred, Mes EndoFriends, Romain, Ludo, l’ASR Trail, LE forum Kikouroù, merci !!! aux acteurs du suivi Live.

 

Next step:

Bon bah là, obligé de tenter l’UTMB l’an prochain…je croise les doigts pour le tirage.

Et Les Templiers en Octobre prochain. Une autre histoire...;-)

 

Soffian

14 commentaires

Commentaire de Tonton Traileur posté le 19-09-2015 à 18:12:34

Bravo, Bravo, BRAVISSIMO, Soffian ! j'aurais dû rester avec toi ... ;-)
bonne récup, d'ici les Templiers. On se voit à Millau, alors ?!?! ...

Commentaire de st ar posté le 19-09-2015 à 19:30:04

Merci Jean Luc !! Avec plaisir, RDV à Millau ;-)

Commentaire de Baboon posté le 20-09-2015 à 09:52:00

TDS ou la quête du bonheur de courir ... c'est un peu ce que cette course t'aura permis de retrouver. Et puis sur le plan mental, tu es allé chercher très loin pour finir et cela sera une vraie force dans le futur.
En tout cas, depuis le fin fond de l’Ardèche d'où je suivais la course, je n'en menais pas large à l'abord de chaque descente. Que les minutes sont longues entre 2 points de passage sur le Livetrail ... mais quel plaisir de te voir en passer la ligne sur le live !

Commentaire de st ar posté le 20-09-2015 à 21:32:26

Arff...c'est sûr Olivier, mais j'aimerais bien, un jour, faire une course autrement qu'au mental...une grosse perf' tout en étant facile ;-))
Encore beaucoup d'émotion en te lisant...merci

Commentaire de Roni75 posté le 20-09-2015 à 10:24:13

Bravo pour ta course (super gestion) et pour ton CR plein d'images. On est vraiment dedans .

Commentaire de st ar posté le 20-09-2015 à 21:40:12

Merci Roni...;-) heureux que le CR et les images te plaisent...

Commentaire de PhilippeG-586 posté le 20-09-2015 à 14:28:00

Yeaaaaah, tu l'as fait, une vrai st_ar ! ;-)
Ben je suis content, je te l'avais dit aux 2x25 bosses !
Par contre c'est moche pour le retour de ta blessure, j'espère que tu vas t'en sortir ?
Finalement c'est mieux de finir en accélérant. Bonne récup à toi.

Commentaire de st ar posté le 20-09-2015 à 21:46:48

517...? Ah j'ai raté une course :-) va falloir que je vérifie ta fiche...merci encore Philippe!!
Je te rassure, ma blessure ne s'est pas manifestée depuis mon retour de Chamonix. J'ai pu reprendre tranquillement la càp et le vélo. Même quelques sauts de grenouilles ;-)
A bientôt j'espere

Commentaire de bubulle posté le 20-09-2015 à 14:53:45

On la vit cette course.....une deuxième fois puisqu'avec le live, on l'avait déjà vécue. On avait souffert avec toi dans le Passuer (c'est vrai que 6h, là t'as scoré, quand même.....:-).

Mais c'est quand même un sacré mental que tu as eu car après une galère pareille, repartir du Cormet pas loin de la BH et finir en accélération presque constante, c'est fort. Tu dois être fait pour le très long, en fait....

A un de ces quatre sur nos sentiers mordoriens !

Commentaire de st ar posté le 20-09-2015 à 22:01:55

Sur le plan mental, tu es pas mal non plus Christian...:-)
En tout cas merci pour tout ce que tu partages activement sur le forum, les Suivis, les CR, les conseils. Ma femme a pu découvrir le suivi live durant cette semaine UTMB, elle est a adoré cette ambiance entre nous tous et grâce à toi elle a découvert que nous habitons dans le Mordore !!;-)

Commentaire de Greg136 posté le 20-09-2015 à 21:33:29

Bravo pour ton courage. La montée au fort de la Platte, on la revit avec toi (on souffre même avec toi...) et pour ma part même deux ans après je me rappelle que le coup de chaud... et beh ça fait mal

Commentaire de st ar posté le 20-09-2015 à 22:08:07

Merci Greg! Beaucoup de souffrance effectivement sur cette montée. C'était vraiment l'enfer pour moi cette année. Heureusement avec un peu de recul, je ne retiens maintenant que le bonheur d'avoir participé à cette grande course et vraiment heureux de l'avoir terminé ;-)

Commentaire de Japhy posté le 23-09-2015 à 06:51:25

Un grand bravo st ar, quel deuxième partie de course magnifique, et avec ce début d'année long et difficile, quelle belle récompense ! J'espère que cette douleur va enfin te foutre la paix !

Commentaire de st ar posté le 23-09-2015 à 16:40:25

merci Japhy !! Une belle récompense, effectivement. Pour l'instant tout va bien, je continue ;-)

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