Récit de la course : Ultra Trail du Mont Blanc 2014, par the dude

L'auteur : the dude

La course : Ultra Trail du Mont Blanc

Date : 29/8/2014

Lieu : Chamonix Mont Blanc (Haute-Savoie)

Affichage : 1372 vues

Distance : 166km

Objectif : Se défoncer

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Oh! La belle polaire!

Eh ben voilà.

J’y suis.

Vendredi 29 août, il est environ 16H30, et je m’entasse avec 2400 de mes congénères sur la fameuse  place du triangle de l’amitié.


Grosse affluence au salon mondial de la casquette!

 


Un raton laveur se cache sur cette image...(c'est moche mais moins que la fameuse visière!)


Une heure à attendre, à lire et envoyer quelques SMS, prendre des photos de la foule et aussi des nuages noirs qui s’amoncellent là-bas vers l’ouest – autrement dit exactement là où nous allons.



Bientôt en route pour le Mordor...


Une heure à cogiter aussi, à stresser, à imaginer tous les scenarii possibles : encore une fois j’arrive sur un ultra avec une prépa chaotique, un printemps pourri par une sale blessure au genou gauche – non encore élucidée ni totalement guérie – puis j’ai fait le forcing en juillet-août pour essayer de compenser mais ce n’est pas forcément idéal, on va être fixé.

Ah les premières gouttes, on pose les sacs, on sort les vestes, on met les vestes, on remet les sacs.

La pluie cesse et il fait doux, on pose les sacs, on enlève les vestes, on range les vestes, on remet les sacs.

Les discours, les briefings dans toutes les langues possibles, la musique à fond, le temps s’écoule lentement.

Il re-pleut, bon allez on pose les sacs, on sort les vestes, on met les vestes, on remet les sacs, on commence à être rodés, ça fait une jolie chorégraphie.

Enfin, 17H28, on envoie LA musique, le célébrissime 1492 de Vangélis, et là on a beau savoir que c’est une grosse ficelle pour nous donner le frisson, et bien on l’a ce putain de frisson, la grosse chair de poule, et même les yeux qui piquent !

On peut être blasé, critiquer la course pour son côté business, son gigantisme, son mercantilisme ou que sais-je encore, mais à ce moment-là, on est au cœur du plus grand trail du monde, 2400 coureurs prêts à en découdre, les stars mondiales tout là-bas devant, l’hélico qui survole, le public en délire, alors oui l’émotion est bien là et autant jouer le jeu à fond.




            Puis vient le compte à rebours et c’est parti pour quelques dizaines d’heures autour de ce gros caillou. On commence par piétiner un peu, mais surprise on arrive assez vite à trottiner, le premier km dans les rues de Chamonix est assez extraordinaire avec le public tout du long qui encourage et tape dans les mains, je réussis même à croiser ma petite famille dans cette cohue, excellent.

            Au bout de 2-3 kms, la pluie a cessé et on commence à transpirer sous les vestes, donc nouveau manège, je me pose au bord de la route pour enlever la veste, le temps de repartir j’ai perdu au moins 400 places.

            Les 8 premiers km jusqu’aux Houches sont extrêmement roulants, j’essaie donc de rester à vitesse à peu près constante entre 8 et 10 km/h, tout en restant très vigilant, le chemin est large et propre mais la densité de coureurs est telle qu’un accident est vite arrivé, la preuve ce coureur croisé au km 5 avec un coude en sang et qui boîte bas, sa course est déjà finie, vdm pour lui.

           Enfin nous passons les Houches, toujours soutenus par un nombreux public, et c’est parti pour la première grosse montée de la course : Le Delevret, environ 700m d’ascension. Le peloton est bien sûr toujours très compact, mes sensations ne sont pas terribles et je ne double pas du tout dans cette montée. La pluie refait son apparition, et on ressort les vestes, ça commence déjà à me souler cette histoire; mais ce n’est que le début.

            La pluie devient de plus en plus forte et régulière, passé le sommet du Delevret, déjà bien trempé au niveau des jambes et des pieds, j’attaque la descente qui est juste horrible : déjà les descentes droit dans la pente sur herbe c’est pas trop mon truc mais quand en plus l’herbe en question est trempée et trépignée par plus de 1500 gugusses ça ne me fait plus rire du tout, d’autant que mes Brooks ASR ne sont absolument pas faites pour ce type de terrain, conséquence je me bloque, je suis crispé comme pas possible sur les bâtons, me fait doubler de toute part et mes muscles refroidis par la pluie tétanisent.

Je me console en me disant qu’au moins je reste sur mes pieds contrairement à tous ceux que je vois prendre de jolies gamelles.

        Enfin, nous rejoignons un chemin plus praticable, mais de nouveau je vais perdre du temps car je dois encore m’arrêter pour sortir ma frontale que j’avais rangée dans le sac pour essayer de la garder au sec.

        Lorsque j’arrive enfin à St Gervais – 21km – sous une pluie battante, le moral est déjà bien touché : j’ai froid, je suis trempé, j’ai mal au genou, je sais que mes pieds vont souffrir, j’ai perdu des tas de places et je suis déjà à  la bourre sur mon planning le plus pessimiste (40H).

En + de ça je ne vois pas ma famille qui est censée être présente  pour m’encourager.

Bref ça va pas fort du tout.

Je ne traine pas trop au ravito, il y a beaucoup de monde, je ramasse vite fait quelques morceaux de pain et de gâteau, la bise à Seb Chaigneau venu nous encourager et c’est reparti.

En fait ma femme et mes enfants m’attendent à la sortie du village, ça me fait plaisir, je donne RDV à ma femme aux Contamines pour l’assistance.



         A peine sortis du village nous empruntons un chemin que je connais puisque c’est là que j’ai fait ma dernière sortie avant la course – lundi dernier – sans savoir qu’il faisait partie du tracé.

         Le chemin est relativement étroit et vallonné, conséquence encore et toujours des bouchons et certains passages sont devenus de vrais bourbiers, dans les coups de cul un peu raides on patine carrément, ceux qui n’ont pas de bâtons ont beaucoup de mal à ne pas reculer; il pleut toujours aussi fort, et mon moral continue à chuter : aucun plaisir à être ici, je sais que je n’abandonnerai pas aux Contamines - j’ai fait trop d’efforts pour préparer cette course – mais si la nuit devait ressembler à ça je ne suis absolument pas sûr de ne pas jeter l’éponge.

Les Contamines – 31km.

Il est 22H25, la pluie a cessé depuis plusieurs minutes, je croise les doigts pour que cela dure.

Ma femme m’attend avec des habits secs, je me change entièrement – excepté les chaussures qui sont les seules que je puisse supporter.

         20 minutes plus tard je quitte le ravito, ça va un peu mieux, le moral est toujours assez bas : j’ai pris du retard, je suis hyper loin au classement (1200 alors que j’espérais une place dans les 450 à la fin – qui est certes encore très loin),  mais je n’ai plus froid, je suis au sec et il ne pleut plus !

         


         Je sors des Contamines en trottinant au rythme d’une coureuse qui avance assez bien, les souvenirs remontent sur cette portion que j’avais faite en sens inverse lors de la Montagn’hard l’an passé. La pente augmente progressivement, le large chemin permet de progresser sans être gêné par les autres coureurs, c’est la première fois depuis le début que j’arrive à m’isoler un peu dans ma bulle.

Le temps passe relativement vite et c’est vers minuit que j’arrive sans m’y attendre à la Balme – 39 km. Comme à St Gervais je prends juste ce qu’il me faut au ravito et je trace, d’une manière générale j’ai décidé de faire un effort pour ne pas trainer trop longtemps sur les ravitos, ça permet de gagner pas mal de temps et de places et donc de s’extraire un peu des bouchons.

La suite de l’ascension se fait sur un chemin plus étroit et plus raide, donc de nouveau les  bouchons font leur apparition, je prends mon mal en patience, et réussi quand même à passer pas mal de monde.

Il me faudra environ 01H30 pour rejoindre la croix du Bonhomme – km 45km, j’en suis donc à 08H00 de course et déjà presque 3000m+ d’avalés. Le moral va un peu mieux, les jambes aussi. Je ne perds pas de temps et je me lance dans la descente vers les Chapieux, relativement roulante et assez courte, 45 minutes plus tard je suis au ravito.

Une nouvelle fois je ne m’attarde pas, mais je commets une erreur : un stand Petzl propose de changer les piles des frontales, je le zappe.

A cet instant je suis 1072 au classement mais je ne le sais pas.




         Nous quittons le village par une bonne portion de bitume pas trop raide en direction du col de la Seigne, 1000 m plus haut. Après la route une courte descente sur un large chemin nous amène dans le vif du sujet.

Le temps est assez doux et sec, et mes sensations sont meilleures.

Dès que la pente se durcit, la densité de coureurs devient à nouveau assez forte, mais on a la place pour doubler, ce dont je ne me prive pas. Je prends juste quelques secondes de repos de temps en temps pour jeter un œil en arrière et admirer la farandole des centaines de frontales en dessous dans les lacets, vraiment magnifique!

Il me faudra un peu plus de 2 H pour venir à bout de ce deuxième gros morceau, sans le savoir j’ai quand même gagné 160 places !!!

         La courte descente jusqu’au lac Combal ne présente pas de difficultés, comme souvent sur l’UTMB, le chemin est assez roulant et la pente assez douce, seul problème pour moi : les piles de ma frontale montrent des signes de faiblesse inquiétants; après une longue hésitation je finis par me résoudre à faire un nouvel arrêt pour sortir ma seconde frontale, qui de toute façon éclaire très peu, j’aurai dû changer les piles aux Chapieux!

 Je suis donc obligé de finir la descente au ralenti, cette fois au moins je suis fixé,  il faudra impérativement investir dans une frontale haut de gamme pour mon prochain ultra, Père Noël si tu me lis…




         J’arrive au lac Combal – 65km -un peu avant 6H00 du matin, il ne fait pas encore jour, mais nous allons devoir de nouveau grimper, donc le manque de lumière sera moins pénalisant. Environ 500m+ pour atteindre l’arrête du Mont Favre, j’ai un peu de mal au début de cette montée après la longue descente, mais ça revient petit à petit etje continue à doubler des grappes de coureurs, ça fait du bien au moral (encore 100 places gagnées dans cette mini montée); et ce qui fait encore plus de bien au moral c’est de voir le jour se lever au dessus des crêtes dentelées et sur les glaciers qui nous font face, superbes paysages.

         Une fois passée l’arrête, je bascule dans la très longue descente jusqu’à Courmayeur (1200m-),  le début n’est pas très roulant, pas mal de pierres et le ruissellement de l’eau rendent le chemin un peu casse gueule, je prends mon mal en patience. Au bout de 40 minutes, nous passons le col Checrouit -73km- et la descente devient plus roulante, à moi l’Italie !!!



L'Italie? C'est bien par ici?

         La joie est d’assez courte durée car la seconde moitié de la descente sur Courmayeur est vraiment très dure pour moi: de petits lacets très serrés et très raides, avec quelques escaliers par endroit, mes quadris souffrent (déjà ?!?) et mes pieds également, je sens une belle ampoule sous mon talon gauche, merci la pluie.

Enfin voici Courmayeur, première grosse étape de la course et grosse base de vie.

L’occasion d’un petit bilan chiffré : 78km, 4300m+ pour 15 H de course environ.

         J’avais prévu de passer ici entre 7H45 et 09H00, il est 08H20 quand j’arrive, je suis donc dans la fourchette basse et je sais qu’après le ravito je serai en retard sur le planning le plus pessimiste. Ce qui me plombe encore un peu c’est qu’en entrant dans la grande salle du ravito j’entends des gars discuter et dire qu’ils sont classés environ 860, ce qui veut dire que moi qui suis arrivé après eux je dois être autour des 900, je suis assez déçu je pensais avoir repris bien plus pendant la nuit (en réalité je suis 813ième à ce moment là mais je n’ai toujours pas consulté le classement).

         Je prends pas mal de temps pour me changer, manger, soigner mes pieds, heureusement qu’on a un sac de délestage ici car tout ce qui est dans mon sac à dos est trempé. Je cogite un peu, essaie de positiver au maximum en me répétant ce que j’ai pensé pendant toute ma prépa : la course commence ici, l’essentiel est d’être bien physiquement maintenant et tout va se jouer dans les 12H qui viennent, rien ne sert de partir à l’abordage pour reprendre du temps tout de suite, ça se fera sur le long terme, la tactique va être de se placer toujours « un peu » au-dessus de la vitesse que j’avais planifiée, sans se mettre dans le rouge, pas facile, hein ?

         Un autre point qui m’a occupé pendant ma prépa c’était de pouvoir « bien courir » sur les portions roulantes, et justement je vais bientôt pouvoir vérifier si j’en suis capable puisqu’entre le refuge Bertone et Arnuva nous allons avoir environ 13km de plat/faux plat/descente.

Mais avant cela il faut prendre un peu de hauteur en avalant une bonne montée de 800m+.




         Je repars assez doucement avec plusieurs autres coureurs, nous traversons Courmayeur sous les encouragements du public, nous doublons un groupe de randonneurs américains euphoriques dont une mamie qui colle des mains aux fesses des coureurs à leur passage !!!

Le début de la montée n’est pas trop raide, je me fais régulièrement doubler, pas grave on se retrouvera dans la vraie pente, et effectivement lorsque le chemin devient bien raide, avec des lacets serrés, c’est moi qui vais ramasser un par un les coureurs qui m’ont lâché à la sortie du village, non mais! Le temps est au beau fixe, il y a juste quelques nuages d’altitude pour éviter qu’il ne fasse trop chaud, les conditions sont parfaites et les paysages de plus en plus beaux.

J’arrive au refuge, en même temps qu’un trio d’américains bruyants – mais sympas- dont un se la joue un peu en courant torse nu (non ce n’est pas celui auquel vous pensez !).

         Je repars avec eux sur un petit single d’abord en montée, puis quasiment plat, le chemin est très propre et l’on peut facilement courir. Toute la partie jusqu’au refuge Bonatti est un vrai régal, j’ai la réponse à mes interrogations : oui j’ai encore des jambes et oui j’arrive à bien relancer sur le roulant, pas assez cependant pour suivre mes trois Yankees euphoriques, mais je vais encore reprendre pas mal de monde sur cette très jolie portion, et mon moral remonte.




Au refuge Bonatti – km 90 – je fais encore une pause assez courte, le temps de prendre quand même 2 bols de très bonne soupe et de me régaler de la vue splendide, et je repars sur ce chemin toujours aussi plaisant à courir, je finis par rejoindre un couple d’Anglais qui emmènent un bon train je décide de rester avec eux jusqu’à Arnuva, qui n’est plus très loin.



La descente jusqu’à Arnuva – km 95 - est un peu cassante mais très courte, et le public est à nouveau très nombreux – il est 12H45 – ça fait du bien. Autre bonne nouvelle j’avais prévu de passer ici entre 12H00 et 13H45, la course sur les crêtes a donc commencé à porter ses fruits, j’ai refait une partie du retard, et surtout le moral est revenu.

Une nouvelle fois j’opte pour un passage express au ravito, je veux profiter de ma bonne condition physique et morale pour avancer le plus possible, d’autant que devant nous se présente un nouveau gros morceau.

Mesdames et messieurs : le Grand col Ferret, 756m+ sur 4.4 km, soit une pente moyenne de 17.2%.

Je sais qu’après ça on aura une très longue descente vers la Fouly, mais celui-ci il va falloir se l’avaler sans y laisser trop de plumes.



Sympa la baston avec D.Deschamps!


         Je repars avec mes « amis » Anglais, dès le début la pente est forte, mais la plupart des coureurs avancent assez bien, puis la pente se durcit encore et là ça commence à faiblir devant, nous rattrapons et doublons une belle brochette d’au moins 10-12 coureurs, puis vient un petit replat dans un bel alpage, les Anglais s’arrêtent pour une pause technique, bye bye, je continue sur mon allure, mes sensations sont encore bonnes et devant moi je vois les lacets infinis jalonnés de coureurs plus ou moins frais. Je passe encore pas mal de monde dans les portions bien raides, surtout vers la fin où certains marquent le coup, puis après un long faux plat très exposé au vent nous voilà au col.

J’ai mis 01H10 et surtout gagné encore 90 places dans cette belle montée, mais à ce moment-là je ne connais toujours pas mon classement.

Comme il fait très froid au sommet à cause du vent, j’enchaine immédiatement sur la descente, là encore très roulante.

Je garde assez peu de souvenir de la descente jusqu’à la Fouly, si ce n’est qu’elle me parait interminable (10km), et que mes jambes me permettent encore de courir le plus souvent possible.



         Je passe au ravito de la Fouly – km 110 – à 15H50 pour une prévision entre 15H00 et 17H30, autrement dit j’ai pas mal repris sur  mon plan en 40H00, mais rien sur mon plan en 36H00.

Raison de plus pour ne pas s’attarder, je repars rapidement en compagnie d’un autre sujet de sa majesté, encore 14km jusqu’au gros ravito de Champex – où m’attend ma famille – dont 10 de descente et 4 de montée.

         Une nouvelle fois je suis régulier dans la descente et finis par lâcher mon compagnon de route, je cours quasiment tout le temps jusqu’à un magnifique village de chalets, typiquement Suisse, puis je rejoins un Japonais que j’avais déjà pas mal croisé dans la journée, on essaie de discuter un peu mais son anglais étant encore pire que le mien, on est vite limités.

Et puis de toute façon voici la montée vers Champex, et rapidement mon copain Nippon décroche.

         Sur le papier cette montée semblait vraiment facile comparée aux autres – environ 350m+ - mais j’en bave vraiment et je n’en vois pas le bout. Evènement tout à fait inédit je réalise soudain que c’est la première fois depuis le début de la course – soit environ 24H – que je suis seul… C’est bizarre, ça m’est arrivé des tas de fois sur les autres courses et à l’entrainement mais là ça m’angoisse presque, personne en vue ni devant ni derrière.

         Je croise un randonneur et comme il porte une veste finisher UTMB, je me risque à lui demander si le ravito est loin, il m’annonce 40 minutes, coup de massue je m’attendais à un truc genre 10-20 minutes.

Et le pire c’est qu’il a raison, j’arrive en vue du ravito 38 minutes plus tard !!!

         J’aperçois d’abord ma fille, puis ma femme et mon fils viennent à ma rencontre; toute heureuse et croyant me faire plaisir ma femme m’annonce : « bravo t’étais 750ième à la Fouly !!!» Quoi ? Seulement ? Quelle déception, je pensais encore une fois avoir bien plus repris…

Puis j’entre dans la tente du ravito et là tout bascule.

Un écran affiche en temps réel les classements et je vois mon nom précédé du chiffre 499 !!!

Petit instant de doute, explication avec mon épouse : en fait je l’avais mal comprise elle avait annoncé 550ième à la Fouly.

A l’abattement succède l’euphorie, non seulement je suis bien en terme de classement mais en plus je continue à gagner plein de places !!!

         Cette douche écossaise me donne un sacré coup de fouet, il reste encore 45km de course et je me sens encore bien physiquement, et surtout j’ai retrouvé la gniac, je pense que je peux rentrer dans les 400 et l’objectif des 36H00 me parait encore envisageable, à condition de finir fort.

         Du coup c’est un peu l’affolement au ravito, je suis trop excité et perds ma concentration, je me change une nouvelle fois en prévision de la nuit, je ne sais pas trop quoi mettre comme vêtements, ni quoi manger et boire. Après 36 minutes de léger cafouillage, je sors de la tente prêt à en découdre.

         


         Ma petite famille m’accompagne jusqu’à la sortie de Champex, puis je me retrouve seul en foret pour une légère montée avant 5 km de descente environ et nouvelle grosse montée vers la Giète. J’ai un peu de mal à remettre la machine en route après ce long arrêt, mais petit à petit je retrouve mon rythme et fidèle à ma stratégie me force à trottiner dès que possible.

         Le début de l’ascension est en pente douce puis très rapidement on entre sur un chemin plus étroit et ça se durcit sévèrement. C’est à ce moment qu’un jeune coureur revient sur moi à vive allure, je le laisse passer, il attaque la montée en courant – pas de bâtons – et comme je me sens encore assez bien je me dis pourquoi ne pas le suivre ? A condition bien sûr de lâcher l’affaire dès que ça devient trop difficile. A ma surprise, je le suis sans difficulté, nos styles sont radicalement opposés – lui qui trottine à petites foulées, moi qui marche en poussant sur mes bâtons – mais d’égale efficacité, j’avoue que je me prends au jeu en espérant le faire craquer, et je suis certain qu’il pense exactement la même chose. Nous revenons assez vite sur 2 coureurs qui ne sont autres que le couple d’Anglais avec qui j’ai cheminé entre Bonatti et Arnuva! Nous nous saluons et ils nous laissent passer.

Vers le milieu de l’ascension, soit environ 300m+, nous passons un ruisseau, le jeune coureur s’arrête pour se rafraichir, je passe, me retourne, il met du temps à repartir, il a craqué.

Oui je sais c’est con mais ça fait plaisir, et surtout ça prouve que mes jambes sont toujours là.

Le reste de l’ascension se déroule sans problème, je double encore quelques coureurs.

Je passe le sommet au milieu des splendides Hérens et attaque le début de la descente – le pointage se fait un peu plus bas – il fait nuit depuis un moment déjà et j’appréhende un peu la descente avec ma frontale faiblarde.

 

Grosse ambiance au pointage de La Giète – 135 km - les bénévoles ont sorti une petite sono qui balance du « Hell’s Bells » à qui veut l’entendre, au moins on sait qu’on s’en rapproche longtemps avant de le voir!



Yeah Boys, I see the Dude comin' down the mountain!!!


         La suite de la descente est encore bien roulante et j’ai toujours d’aussi bonnes sensations, par conséquent je double encore pas de monde (16 personnes précisément), je voudrais éviter la métaphore du fameux Pacman, mais je n’en vois pas d’autre qui dépeigne aussi bien la situation : j’aperçois les petites lumières des frontales au loin, je fonce dessus, je dépasse et j’enchaine. Quel pied ! Non seulement de doubler, mais surtout et avant tout d’avoir de si bonnes sensations et de se faire autant plaisir après 28H00 de course. Comme il me semble loin, ce départ déprimant sous la pluie.

J’aperçois les lumières de Trient – km 140 - quand dans un lacet un spectateur m’encourage et m’indique que j’y suis presque, je ne vois pas son visage mais reconnais immédiatement sa voix : c’est mon pote Thierry !!! Je savais qu’il devait venir au ravito de Trient mais je suis content de le trouver ici, au milieu des bois. On termine le peu de chemin qui reste ensemble, sa femme et ses enfants nous attendent à l’entrée du village et m’encouragent de toute leur voix, excellent.

Autre bonne nouvelle, je suis pointé 431ième ici, donc maintenant un seul objectif : rentrer dans les 400.

Au niveau chrono, toujours une demi heure de retard sur les prévisions 36H00.

Au ravito Thierry fait l’assistance, petite désillusion il m’a amené des piles pour la frontale mais ce sont des LR3, et il me faut des LR6…En pleurs

Pas grave, je ferai avec les moyens du bord, j’avale une soupe, un peu de pain, un morceau de gâteau et en avant.


Mais non! Je te dis que je ne suis pas fatigué!

Thierry m’accompagne un peu sur le début de cette avant dernière grosse ascension en direction de Catogne, puis fait demi tour en me souhaitant bonne chance.




         Un peu difficile de se retrouver seul tout à coup, mais je me concentre sur ma progression et essaie de garder un rythme régulier. La fin de la montée, en faux plat me semble un peu longue, serait-ce un début de lassitude ? Une fusée me dépose, ça faisait longtemps.

Enfin voici le pointage de Catogne, on m’annonce 395ième, voilà j’y suis, il n’y a plus qu’assurer pendant encore…23km, bigre c’est long.

Mais concentrons-nous sur le présent immédiat : la descente sur Vallorcine. Le début ressemble énormément à la précédente : chemin roulant, Dude en pleine confiance qui déroule et reprend des places (16, soit exactement le même nombre que dans la précédente !), mais la seconde moitié est, elle, bien différente, plus technique, plus pentue, pas mal de cailloux et racines, et je sens la grosse fatigue qui commence – enfin – à me tomber dessus.

En arrivant à Vallorcine – km 150 – je sais très bien que cette fois ça y est, l’état de grâce est bel et bien terminé et qu’il va falloir faire l’ultime montée/descente dans la souffrance.




         Mais j’y suis prêt et mon moral est toujours bon après cette magnifique journée de samedi et ce début de nuit euphorique. Un coureur assis à la table voisine s’apprête à repartir, il a l’air sympa et relativement frais, je me dis qu’il ferait un bon compagnon de route, je lui emboîte le pas.

J’ai réalisé 2 semaines plus tard – en rédigeant ce récit – que le coureur en question n’est autre que PhilippeG94 !!!

L’entente est bonne et Philippe qui connait bien la fin du parcours me décrit la suite du programme, à savoir : montée facile jusqu’au col des Montets, puis très difficile jusqu’à la Tête au Vent, descente un peu technique jusqu’à La Flégère, et final interminable jusqu’à Chamonix. Voilà qui ne me rassure pas vraiment, mais je préfère savoir à quoi m’attendre.

A papoter comme ça le temps passe vite et nous sommes déjà au col des Montets, comme annoncé par Philippe ; c’est maintenant que ça se corse.

Cette ascension est sans aucun doute la plus difficile techniquement de la course et comme elle arrive en toute fin de parcours, elle fait très très mal. Elle se présente sous la forme d’un monotrace très raide, avec de gros rochers puis carrément des marches d’escalier, j’ai tout de suite une pensée pour mon pote Christophe qui est sur l’Echappée Belle. Je suis vraiment mal, toutes les 4 ou 5 marches je m’arrête, me pose sur les bâtons quelques secondes, je sens mon cœur qui résonne dans ma poitrine et j’ai la tête qui tourne, en plus de ça je sens que j’ai vraiment sommeil. Les autres ne sont pas tellement mieux lotis, Philippe fait un peu le yoyo derrière moi, devant je vois 2 anglais qui nous ont bien lâchés en début de montée et qui marquent sérieusement le pas.

Seul un gars qui revient de l’arrière et me passe a l’air encore en bon état, au passage il me lâche une phrase probablement en anglais, mais son accent se situe quelque part entre le mage Ecossais de Sacré Graal et Shane McGowan à jeun (en supposant que Shane McGowan soit parfois à jeun), et bizarrement à ce moment-là j’ai pas trop envie de faire d’effort pour communiquer avec mon prochain, je me contente donc d’un vague « Hum Yeah ». Ce qui en revanche est franchement agaçant c’est que le type respire bizarrement et pousse un drôle de râle à espaces réguliers, du genre: « pfu pfu hahann », ça me fait sourire 2 minutes puis petit à petit je trouve ça insupportable, après 34H d’effort les nerfs sont un peu à vif.

         Enfin nous sortons de cet enfer, mais je sais – merci Philippe – que nous ne sommes pas encore tirés d’affaire car l’ascension se poursuit par un interminable faux plat au milieu de gros rochers rendus glissants par les nombreux ruisseaux. Les 2 anglais de devant ont craqué et font une pause, je ne vois plus Philippe derrière, je m’en veux un peu de ne pas l’avoir plus attendu, mais je suis tellement fatigué que je veux juste finir le plus vite possible.

         On commence à descendre un peu en direction de la Flégère, mais là encore c’est très technique, voir franchement scabreux, il faut parfois poser les fesses pour désescalader. J’ai rejoint Grumly – oui c’est le petit nom que mon cerveau fatigué à décidé de donner à « pfu pfu hahann » - et sa technique de descente est assez peu conventionnelle, on a l’impression qu’il se jette carrément n’importe comment dans la pente sans savoir comment il va se réceptionner !!! Résultat il se gamelle régulièrement, ses articulations se plient selon des angles fort inquiétants et il jure dans sa drôle de langue mais de manière tout à fait incompréhensible il ne se blesse pas et avance plus vite que moi.

         Un dernier mur à grimper et voici enfin la Flégère – km 161.5 -et surtout le DERNIER ravito. Heureusement pour moi car je suis bien cuit. J’ai vraiment beaucoup souffert depuis le départ de Vallorcine et je sais que la descente va être encore très longue, d’autant plus que ma frontale a déjà beaucoup perdu de sa puissance et même en descendant lentement cela va être un handicap supplémentaire.

Début de la descente sur une piste bien raide, je gère l’allure sans trop souffrir, une frontale derrière moi, « pfu pfu hahann », tiens voilà Grumly, il est resté au ravito plus longtemps que moi, il me double, me lance une nouvelle phrase à laquelle je réponds en Gromolo parce que même à moitié mort je suis encore capable de traits d’humour tout à fait désopilants (en tout cas moi sur le moment j’étais mort de rire, les nerfs probablement).

On quitte la piste pour s’engager sur un monotrace tout en lacets assez raides mais pas trop techniques, j’arrive encore à courir sur cette partie, 3 lacets plus tard je rejoins Grumly qui me laisse passer.

Les lacets se passent assez bien, puis arrive la partie interminable dont Philippe m’avait parlé, et effectivement pour être interminable ça l’est ! On est sur un joli monotrace très agréable mais désespérément plat ; donc nous ne descendons plus du tout vers Chamonix.

Ma frontale finit par ne plus rien éclairer du tout, je la remplace par la seconde – une Petzl de base – qui n’éclaire pas tellement plus.



La frontale du Dude: écolo mais un poil juste après 35H de course


Epuisement, manque de sommeil, grande lassitude, très mauvaise visibilité, je commence à en avoir un tout petit peu marre.

Enfin une frontale se dirige vers moi, un spectateur qui vient attendre un pote, c’est bon signe.

         J’arrive finalement sur le large chemin carrossable qui signifie que l’on est tout proche de Chamonix, soudain, il s’illumine : une voiture arrive derrière moi, eh non ce n’est pas une voiture c’est un coureur qui lui a une frontale digne de ce nom, je ne sais pas combien de Lumens ça crache mais quand il me double j’ai l’impression qu’il est midi !

Puis une nouvelle frontale vient de l’arrière, je reconnais ce bruit, Grumly !

Il me passe avec son pote qui était venu l’attendre, mais à peine 100 m plus loin nous rejoignons la civilisation et avec elle ces merveilleuses inventions que sont le bitume et l’éclairage public !

La joie et l’allégresse m’envahissent, cette montée d’adrénaline me donne des ailes, j’envoie tout ce qui me reste dans les jambes, je dépose Grumly et son pote, je vole vers l’arrivée et…et elle est quand même sacrément loin l’arrivée, je me suis peut-être envolé un peu tôt.

Mais plus question de ralentir maintenant. J’en bave mais suis tellement heureux de finir si bien cette belle course que rien ne m’arrête, je finis par reconnaitre l’endroit, je longe l’Arve en direction des rues piétonnes, ma femme vient à ma rencontre et m’accompagne, le pied !

Il est un peu moins de 06H00, le public n’est pas nombreux, mais peu importe je me lâche, je croise un groupe de jeunes fêtards que j’interpelle et encourage à me suivre jusqu’à l’arrivée et ils le font !


Ami jeune, tu cherches une idée originale pour ambiancer tes after?!? Adopte un trailer!



Et enfin, euphorique je passe sous la fameuse arche, heureux d’en finir et heureux de ma course.

36H23 de course, quelques unes très difficiles et beaucoup d’autres très agréables ; assez proche de mon objectif le plus optimiste ; une 357ième place au classement qui me satisfait pleinement, mais surtout c’est le déroulement de la course et le plaisir que j’ai pris entre Courmayeur et Vallorcine qui resteront dans ma mémoire pour longtemps.

 

Eéééh Oui, j'me la pète grave; et c'est pas fini.

 

A l’heure des bilans, au niveau personnel j’en retire plusieurs points positifs :

-          Ma prépa, bien que pas assez structurée (adieu le joli plan sur 32 semaines) était axée sur 2 points qui me semblaient cruciaux : avancer sur les relances et descentes roulantes, avoir encore des jambes après 30H de course, et ça a payé

-          Ma gestion a été bonne, un peu par contrainte certes (mon départ prudent est plus dû aux conditions de course qu’à ma volonté) mais ensuite je pense avoir bien réagi à partir de Courmayeur en me remotivant bien malgré une baisse de moral et en décidant de grignoter doucement sur mon plan de marche (plutôt que de partir à l’abordage pour tout reprendre en 10km)

-          J’ai bien géré les ravitos (excepté Champex et un peu Courmayeur), c’était un choix d’avant course d’y passer le moins de temps possible, je sais par expérience qu’une fois qu’on est bien assis, avec plein de gens accueillants et quantité de bonne nourriture, il est très dur de repartir

 La courbe qui fait bien plaisir Cool


Du côté négatif :

            J’ai trop négligé le côté logistique : évidemment ma frontale totalement insuffisante, mais j’aurai dû aussi anticiper la pluie et emballer le contenu de mon sac dans des sacs congélation pour éviter de prendre l’eau, et aussi prévoir une seconde paire de chaussures potable à Courmayeur (j’en avais une mais tellement pourrie que je n’ai pas eu envie de changer…)

 

Enfin en ce qui concerne la course, on sait que c’est une course qui crée un certain nombre de polémiques : trop gros, trop cher, trop sponsorisé, trop ceci, trop cela…

Pour moi c’est un ultra parmi les autres, avec ses spécificités dont beaucoup m’ont plu pour être tout à fait honnête : oui c’est flatteur d’être ovationné par un public extrêmement nombreux, d’être un peu « au centre du monde » du trail pendant 2 jours, et si le nombre important de coureurs m’a exaspéré le soir du départ, c’est vrai qu’ensuite c’est assez ludique d’avoir toujours des concurrents devant ou derrière soit (surtout quand on les double Clin d'œil).



Et bien sûr un très grand merci aux bénévoles toujours attentionés, à tous les copains qui m'ont assisté, encouragé, soutenu et bien évidemment à ma famille pour son aide, son soutien et sa patience: ça n'a pas de prix!

35 commentaires

Commentaire de philtraverses posté le 17-09-2014 à 19:59:34

L'utmb est ceci ou cela mais on a beau dire, force est de constater que malgré son côté à l'évidence critiquable il laisse la place à la joie et au plaisir. Ton récit, entre autres, en est la preuve. Donc bravo pour ton récit si détaillé et ton résultat. Et pardon d'être le premier à te commenter. Marrant, tu me ressembles physiquement, en moins beau et plus jeune lol

Commentaire de philtraverses posté le 17-09-2014 à 20:38:50

oops lapsus il faut lire plus (confused)

Commentaire de the dude posté le 18-09-2014 à 11:15:14

J'aime mieux ça ;-)

Commentaire de mazbert posté le 17-09-2014 à 21:17:15

Premier CR de l'utmb que j'arrive à lire entièrement. Donc c'est que j'ai aimé. Belle perf et belle retranscription du vécu.

Commentaire de the dude posté le 18-09-2014 à 11:16:37

Merci, pas facile d'essayer de raconter une aussi longue course sans que ce soit trop pénible à lire.

Commentaire de le_kéké posté le 17-09-2014 à 21:52:09

Tous ces américains, anglais et japonais et je ne sais quoi ils ont vraiment de la chance d'avoir croisé l'esprit du trail, le monde entier veut maintenant croiser le dude sur une course (mais bon c'est pas facile, ça se mérite). Que dire, à part belle course, très bonne gestion et finalement c'est peut être pas si pourri que ça si tu le dis !!! Bon on attend de pouvoir toucher la polaire, il parait qu'elle soigne toutes les douleurs et elle est si belle. Le T-shirt est encore plus beau, ce jaune, on va croire que j'y étais ...

Commentaire de the dude posté le 18-09-2014 à 11:19:15

Effectivement d'après les Poletti, une simple apposition des mains sur la polaire te fait gagner 2km/h sur ta VMA, quant au T-shirt il est pas mal mais n'arrive pas à la cheville du tien!

Commentaire de richard192 posté le 17-09-2014 à 22:04:22

Intéressant cette courbe, qui reflète bien ta stratégie parfaitement assumée. Petite question : combien de km en plus pour entrer dans le top 100?
Je reste impressionné par une telle régularité pendant aussi longtemps et forcément ça paye à condition de tenir et tu l'as fait. Alors bravo!
Tu as croisé l'ami Philippe un sacré cador et c'est dire combien tu as réalisé une grosse perf. Il ne te reste plus que le GRR pour compléter ta collection de trophées.
Maintenant place à d'autres aventures c'est la saison du saucisson, alors à très bientôt en polaire.

Commentaire de the dude posté le 18-09-2014 à 11:23:20

Merci, bon la courbe a tendance à bien se tasser sur la fin, donc il aurait fallu un paquet de km en + pour un top 100 et je pense surtout que la pente aurait pu s'inverser assez vite :)
C'est vrai que j'ai réussi à rester assez régulier et c'est une grosse satisfaction, mais j'ai clairement senti qu'à partir de Vallorcine, c'était fini et le dernier sommet s'est vraiment fait au mental.

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 17-09-2014 à 22:29:08

Tu es mon idole






(avec l'ignoble)

Commentaire de the dude posté le 18-09-2014 à 11:24:25

...et le kéké!

Commentaire de Albacor38 posté le 17-09-2014 à 22:37:51

C'est étonnant de noter qu'à chaque photo, prise un peu plus loin dans la course, tu parais plus reposé et serein que sur la précédente. De là à penser que c'est un peu court pour toi le format de l'UTMB il n'y a qu'un pas...


Plus sérieusement je suis forcément admiratif même si je ne peux pas m'empêcher de me demander quel mécanisme psychopathologique peut conduire un homme normalement constitué à se lancer dans un pareil défi (une pareil folie ?) pour son corps et sa propre volonté.

Ou alors, bien sûr, tu es vraiment un super-héros Marvel... Wolverine définitivement démasqué

Commentaire de the dude posté le 18-09-2014 à 11:28:22

De + en + serein, c'est possible: tu sais que l'arrivée se rapproche et tu es toujours à peu près en forme, par contre de + en + reposé bof, à Trient j'ai un peu les yeux qui se ferment tous seuls en mangeant ma soupe :)
Quant au mécanisme qui nous pousse à faire ça, tu comprendras mieux quand tu auras bouclé ton premier Grand Duc.

Commentaire de paulotrail posté le 18-09-2014 à 08:36:25

Quelle gestion de course !
Un très, très grand bravo à toi.

Commentaire de the dude posté le 18-09-2014 à 15:38:59

Merci :)

Commentaire de Philippe8474 posté le 18-09-2014 à 09:11:20

C'est bon quand une course se passe crescendo!

Tout est dit sur l'UTMB, le gros barnum mais les émotions qu'on arrive à vivre!
J'adore le côté assumé
"oui c’est flatteur d’être ovationné par un public extrêmement nombreux, d’être un peu « au centre du monde » du trail pendant 2 jours, " et le port de la polaire: parce que oui ça fait plaisir quand même... et que même si on fait pas ça pour ça , ça fait plaisir et puis c'est tout!

En tout cas c'est génial sur une telle distance d'arriver encore à être en course, de se battre pour le chrono, le classement...

Bravo pour ta perf, bravo à toi!

Commentaire de the dude posté le 18-09-2014 à 15:42:11

Merci,

Effectivement c'est le scénario quasi idéal: mauvais départ et ensuite ça va de mieux en mieux, ça se passe rarement comme ça mais quand c'est le cas c'est que du bonheur!!!

Commentaire de Bikoon posté le 18-09-2014 à 11:39:46

Très très jolie course Bruno ! admirablement gérée :o)
Quel pied n'est-ce pas de prendre encore le sien après 30h de course ! Bon, je ne parle pas de la tête-aux-vents qui est définitivement abjecte...
Et merci pour ce CR qui se déguste comme un demi bien frais à une terrasse en plein été

Commentaire de the dude posté le 18-09-2014 à 15:45:14

Merci à toi, en effet quand ça se passe comme ça c'est vraiment excellent (bon après ce que j'ai vécu l'an passé sur l'Echappée Belle, je le méritais bien).
Je suis sûr que c'est grâce à la prépa en Corse, obligé d'y retourner l'an prochain :)

Commentaire de the dude posté le 18-09-2014 à 16:14:56

Merci à toi, en effet quand ça se passe comme ça c'est vraiment excellent (bon après ce que j'ai vécu l'an passé sur l'Echappée Belle, je le méritais bien).
Je suis sûr que c'est grâce à la prépa en Corse, obligé d'y retourner l'an prochain :)

Commentaire de Japhy posté le 18-09-2014 à 15:50:38

C'est vrai qu'il y a un petit côté Wolverine sur les photos!
Bravo à toi, je comprends que la dernière courbe te fasse plaisir! Ce doit être très exaltant, même si un peu douloureux sur la fin!

Commentaire de the dude posté le 18-09-2014 à 15:55:43

Merci,
Oui on a beau dire mais sur une course c'est toujours motivant de doubler son prochain, mais surtout dans le cas présent c'était la traduction du fait que j'étais encore en forme jusqu'à la (presque) fin et ça c'était vraiment le pied!

Commentaire de Albacor38 posté le 18-09-2014 à 21:09:21

Ah toi aussi tu trouve hein !?!

Commentaire de sarajevo posté le 18-09-2014 à 21:06:32

sacre perf le Dude. Et puis une progression temps/classement/ kilometre qui fait rever n'importe quel trailer !!! Tu es un vrai endurant !!

Commentaire de the dude posté le 19-09-2014 à 10:24:47

Merci

Commentaire de Deudeu87 posté le 18-09-2014 à 22:31:26

Énorme ta remontée, énorme ta performance!
Finalement tu n’as jamais cessé de remonter au classement, scotchant! Quel suspens !!!
J’ai moi aussi put lire ton épopée, dans son intégralité, avec beaucoup de plaisir, un grand merci MONSIEUR the dude !

Commentaire de the dude posté le 19-09-2014 à 10:30:10

Merci Deudeu,
L'UTMB c'est bien beau mais tout le monde sait que la vraie grande classique c'est " "Les Gendarmes..." et celle-là il va vraiment falloir que je m'y frotte ;-)

Commentaire de El Tamanoir posté le 18-09-2014 à 22:34:36

Franchement j'en reste scotché ! Tout d'abord par la performance, l'endurance et la volonté qui t'a boosté tout au long du parcours. Ensuite par ta mémoire qui te permet de retracer et de nous faire vivre le parcours dans les moindres détails (alors que j'ai du mal à décrire le 15 Km que j'ai fait la veille...). Enfin par la qualité du récit dont on n'arrive à se détacher qu'après le point final.
Casquette basse !!!

Commentaire de the dude posté le 19-09-2014 à 10:35:30

Merci,
Concernant la mémoire, je pense que j'ai oublié beaucoup de choses...et heureusement sinon le récit ferait 3 pages de + (la difficulté c'est surtout de remettre les choses dans le bon ordre et au bon endroit).
Après sur la qualité du récit, je suis flatté, j'essaie juste de faire un truc assez clair et pas trop barbant, si c'est réussi tant mieux :)

Commentaire de Jean-Phi posté le 19-09-2014 à 11:02:48

Superbe perf et superbe remontée au classement ! C'est con mais ça donne envie malgré totu ce qui se dit ! Et puis ça n'empêche pas d'aller se faire un Gd Duc à l'occase ! ;-)
Bravo en tout cas.

Commentaire de the dude posté le 22-09-2014 à 09:47:48

Merci,
Oui je pense qu'on peut trouver son plaisir sur les 2 types de course, il faut juste savoir clairement ce qu'on vient y chercher dès le début.

Commentaire de Arclusaz posté le 22-09-2014 à 08:51:31

Un très beau récit ! et une vrai gueule de baroudeur.
J'aime beaucoup aussi la dernière photo avec les "djeunes" : quand des vies complètement différentes se croisent pour un bref instant. Et qui sait, tu as peut être susciter des vocations : pour le moment ils font la fête (et ils ont bien raison) et dans 20 ans ils feront le tour du machin blanc...

Commentaire de the dude posté le 22-09-2014 à 09:46:29

Merci,
Oui j'aime bien ce genre de moments un peu surréalistes, c'était sympa ils ont tout de suite joué le jeu.
Quant à la vocation, je ne sais, peut-être que c'est moi qui vais arrêter l'ultra pour devenir night clubber :)

Commentaire de Maido posté le 23-09-2014 à 16:27:44

De Dieu, quelle course! Quel récit ! Maintenant, tu peux troquer tes bâtons pour une bonne frontale ;)

Commentaire de M_baton posté le 25-09-2014 à 13:25:05

Merci!
Pendant ta course, je pensais souvent à toi ... ou plutot à ton CR de 2013 ... très motivant pour finir mon affaire :)

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