Récit de la course : Courmayeur - Champex - Chamonix 2011, par Bikoon

L'auteur : Bikoon

La course : Courmayeur - Champex - Chamonix

Date : 26/8/2011

Lieu : Courmayeur (Italie)

Affichage : 1164 vues

Distance : 98km

Objectif : Objectif majeur

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Ma CCC 2011 : Complètement Content / Cramé

 

Janvier 2010 : je suis tiré au sort pour la grande fête de l’ultra trail à Chamonix fin août ! Mars 2010 : une grossesse qu’on n’attendait plus vient changer joyeusement la donne. J’échange donc mon programme de fin août d’un triple C pour un double B : CCC => BB J

Janvier 2011 : je suis encore tiré au sort. Yes ! Reste plus qu’à se concocter un programme. Fidèle à mes habitudes, et donc avec une mini poulette de quelques mois à la maison, je me dis que les 3 entraînements hebdo risquent d’être un peu juste pour cet objectif majeur ; je prévois donc 2 week-end choc les 2 mois qui précèdent la course.Le 2 juillet c’est la Montagn’hard (http://www.kikourou.net/recits/recit-12169-la_montagn_hard_-_57-2011-par-bikoon.html), qui se suffit à elle-même en terme de distance et de dénivelé, donc le week-end choc se réduit à une journée. Fin juilletje retourne en Haute-Savoie pour le petit trail des Fiz (30 km et 2400 D+) qui suit une sortie rando course de 5 heures entre Salvagny et le pied du Buet. Comme pour la Montagn’hard, les sensations sont bonnes, les km et le dénivelé sont au RDV, je suis maintenant en confiance et au taquet pour la CCC tant attendue. Ça y est l’heure du départ pour la Haute-Savoie a sonné. Malheureusement, ma petite femme et ma petite puce de presque 1 an ne peuvent m’accompagner ; c’est donc ma grande de 7 ans et mes parents (rodés à l’exercice) qui joueront le rôle de fan-club / accompagnateurs encourageants sur la course. On se met tranquillement mais surement dans l’ambiance du week-end dès le jeudi après-midi à l’occasion de la mini CCC pour ma fille. Elle est sur-motivée, excitée comme une puce et ne parle que de sa course depuis quelques jours. Tiens, ça me rappelle quelqu’un… C’est la casquette de mini finisher vissée sur  la tête qu’elle m’accompagne au retrait des dossards. Et c’est à ce moment là que je prends la mesure du gigantisme et de l’organisation ultra huilée de l’évènement. Malgré le monde, tout se déroule parfaitement et assez rapidement jusqu’au dernier stand, celui du ticket de bus qui doit nous emmener à Courmayeur : « il ne reste que des places dans les départs 6h45 ». Ouch, pour un départ de course à 10h00, la perspective de se lever à 5h00 me plaît très moyennement…

Du coup, pas de stress avant le départ, on a le temps de se préparer mentalement dès 7h15 sur la ligne de départ J Stéphane (Sputnik) et moi échangeons sur nos plans de marche respectifs et les stratégies des différents ravitaillements. Les différents estimateurs me donnant une arrivée entre 16 et 17h, j’ai un tableau de marche sur moi de 16h30. Mais à 30 mn du départ, tout est chamboulé : SMS de l’organisation « CCC : perturbation orageuse. Parcours modifié : montée directe Bertone. Champex-Chamonix, parcours de repli évitant Bovine, Catogne, Tête aux Vents. 93km 5100mD. » Mon 1er sentiment est la déception : un parcours tronqué des célèbres 3 grosses dernières ascensions ne m’emballe guère. Puis la déception laisse la place au soulagement, car mieux vaut une modification de parcours, qu’une annulation ! On essaie de recalculer nos temps de passage prévisionnels avec la suppression de la montée à la Tête de la Tronche ; un gain qu’on estime à 1 heure.

 

 

 

 

Nous sommes 1906 au départ de cette édition 2011 ; et c’est un moment d’émotion bien orchestrée par l’organisation juste avant le départ, la gorge se sert, le rythme cardiaque s’accélère, on y est, je suis sur la ligne de départ de la CCC, depuis le temps que j’attends ça, j’ai les poils hérissés sur tout le corps !! Je vis ce moment intensément, il y a foule dans les rues de Courmayeur, et les chevaux sont lâchés : ça part très vite (trop ?), les 5 premières minutes pour traverser la charmante ville italienne sont avalées entre 13 et 14 km/h. Puis viennent les premières pentes vers Bertone, il fait assez chaud, le soleil donne et la pente est assez raide, le corps  est bien vite dans la course, la tête pas encore mais ça va venir. Je suis entouré de japonais, d’un argentin, d’un grec… c’est extra ce mélange de trailers du monde entier ! Le rythme est relativement élevé jusqu’à Bertone : Courmayeur – Refuge Bertone : 54mn - 182ème. Etant parti dans l’idée de monter à la Tête de la Tronche, j’ai 2 litres dans ma poche à eau, du coup je saute ce ravitaillement, range mes bâtons sur mon sac et commence à en prendre plein les yeux.

 

 

 

Malgré les sommets pris dans les nuages sur le massif du Mont-Blanc, ce Val Ferret est une pure merveille pour le regard, je dégaine mon APN et immortalise ces sublimes paysages. Il y a de nombreux randonneurs – supporters italiens et leurs « bravi, bravissimi » sont un enchantement. Les sensations sont bonnes sur ce charmant monotrace descendant et j’essaie au maximum d’avoir une foulée économique et souple. Le rythme est bon et je rejoins assez rapidement Bonati : Refuge Bertone – Refuge Bonati : 52mn - temps cumulé 1h47 – 174ème ; en arrivant au ravitaillement, le coureur devant moi (un Népalais) est salué d’un « Namasté » par les bénévoles présents ; je suis vraiment au cœur du RDV mondial de l’ultra trail J. Là non plus je ne m’attarde pas, un verre de Coca pour le plaisir, et c’est reparti direction Arnuva.

 

 

 

Ce petit chemin est très agréable, un vrai plaisir à courir, je remonte tranquillement quelques coureurs, tout en gardant à l’esprit que seule compte une foulée économique et relâchée. Refuge Bonati – Arnuva : 35mn -  temps cumulé 2h22 – 164ème. Une fois à Arnuva je refais le plein de ma poche à eau et c’est parti pour le gros morceau de cette première partie de la course : le Grand Col Ferret. Les paysages de la fin de ce val Ferret sont superbes, très sauvages et donnent envie de crapahuter sur la gauche (versant Mont-Blanc), mais l’heure n’est pas trop à la contemplation, mais au rythme régulier qui va me mener au sommet. L’ascension se passe bien, quelques parties bien raides où je marque un peu le pas et où j’en profite pour prendre quelques films et photos J

 

 

 

 

 

Arnuva – Grand Col Ferret : 1h01 - temps cumulé 3h23 – 148ème. Il me faut finalement à peine plus d’une heure pour cette ascension. En enlevant 1 heure sur le tableau de marche, j’ai encore ½ heure d’avance sur les prévisions ; j’espère ne pas être emporté par mon optimisme… et je suis accueilli par un vent à décorner les bœufs ! Je suis trempé de transpiration, alors je ne m’attarde pas, je range mes bâtons sur le sac et j’attaque la descente. Comme je l’avais fait à la Montagn’hard, j’essaie d’adopter une foulée tout à la fois dynamique et souple pour préserver mes cuissots qui n’ont pas fini de bosser… Mais curieusement, j’ai des sensations plutôt moyennes, et les orteils qui tapent (déjà !!) au bout des chaussures. Un coup d’œil sur le profil de la course me donne quelques sueurs froides car je me rends compte que le prochain ravitaillement n’est pas au pied du col mais à la Fouly… Mauvaise anticipation. Heureusement il ne fait pas encore trop chaud, ça devrait pouvoir tenir. Je reviens sur quelques coureurs, et malgré le temps couvert et cette inquiétude naissante sur l’état de mes pieds et mes réserves hydriques, je savoure ces petits sentiers en balcon. Je trouve l’arrivée sur la Fouly un peu longue, ça serpente pas mal sans voir le ravitaillement pointer le bout de son nez, et j’ai les pieds qui commencent sérieusement à crier misère…

Grand Col Ferret – La Fouly : 1h13 - temps cumulé 4h38 – 147ème Le ravito est là et je remplie rapidement ma poche à eau + 2 bouts de banane et un coca et ça repart. 100 m après être reparti je reçois un appel de la supportrice team : « nous venons d’arriver à la Fouly, mais on a peur de t’avoir loupé car on vient de recevoir un SMS disant que tu viens de passer à la Fouly » !! Mince alors, je suis prêt à faire demi tour pour profiter de ces doux moments familiaux, mais en faisant encore quelques mètres je tombe sur mes parents et ma fille qui me tend les bras J Quelle joie après presque 5h de course de trouver du réconfort dans les encouragements familiaux ! Mais je n’oublie pas que j’ai un dossard sur la poitrine, alors même si j’en ai envie je ne m’attarde pas et on se donne RDV très vite.

Et ce très vite arrive effectivement très vite, car le chemin qui mène de la Fouly à Praz de fort croise à ne nombreuses reprises la route, à ma plus grande joie et à celle visiblement de l’équipe fan club. Je fais ce bout de chemin en légère descente avec un coureur de Boulogne Billancourt qui partage les mêmes terrains d’entraînement que moi (Fausse Reposes, Meudon) ; nous bavardons agréablement et s’en trop s’en rendre compte nous remontons pas mal de coureur à un rythme supérieur à 12 km/h. Etait-ce trop rapide ? Quoiqu’il en soit, quand arrive les premières pentes en direction de Champex – Lac je me prend un gros coup de bambou derrière les oreilles, j’ai l’impression d’être scotché à la pente, et je commence à subir mon 1er vrai coup de moins bien depuis le départ. Je passe alors en mode « tu montes lentement, mais tu montes et tu attends le prochain ravito ». Et ce prochain ravito est décidemment très long à arriver, je me fais remonter par quelques coureurs et notamment par l’anglaise Claire Price avec qui je fais le yoyo depuis plusieurs heures. Et ce yoyo prend définitivement fin sur ces pentes, car elle terminera 2ème féminine et 48ème au scratch 45mn avant moi. Chapeau à ce petit bout de femme qui ne paie pas de mine mais qui envoie méchamment !

 

 

Enfin Champex est en vue : La Fouly – Champex : 1h42 - temps cumulé 6h19 – 120ème. Je ne le sais pas encore, mais j’ai tout de même gagné 27 places sur cette portion J Et ma fille m’attend sous la tente de ravitaillement, elle insiste pour me prendre en photo, et visiblement j’ai bien pioché dans la montée ! Quand je réalise que je suis à grosso modo mi course, et me sentant bien entamé, j’ai un coup au moral que je tente de soulager en faisant plaisir à mon palais : j’engloutis 2 bols de soupe vermicelle délicieuse et bien salée et requinque mon cerveau avec du coca bien mérité. Encore une fois je ne m’attarde pas, même si mon cœur voudrait rester encore un peu auprès de mes proches, mon cerveau est branché en mode compétition. Je jette une dernière fois un coup d’œil sur mon tableau de marche qui devait me faire arriver à Champex en 8h si j’économisais une 1h en évitant la tête de la Tronche. J’aurais donc 1h40 d’avance à ce stade de la course ? Peu importe car je pars maintenant dans l’inconnu, tout ce que je sais c’est que nous descendons vers Martigny, mais à combien de km ? Nous sommes en plein milieu de l’après-midi, et plus nous descendons dans la vallée plus la température monte ; par mesure de prudence j’ai remis 2 litres dans ma poche à eau. Je vais encore revoir avec délectation sur le bord de la route ma mini groupie qui m’encourage d’émouvants « allez papa » lancés à tue-tête. Le vent est moins fort qu'au grand col Ferret, mais le foehn se fait bien sentir, et à l’approche du point le plus bas de la course il fait 29° ! Heureusement que de nombreux enfants ont installé des « ravito pirates » avec des verres d’eau car cette impression de respirer de l’air chaud ne me plaît guère…

 

  

Enfin les vignes, commence ici une portion en montagnes russes qui aurait pu être très agréable à courir,  mais cela fait presque 2h que j’ai quitté Champex, et je ne sais toujours pas quand sera le prochain ravitaillement, la tête n’est donc pas au plaisir de courir, même si j’ai retrouvé un peu de poil de la bête. Voilà finalement le ravito de Martigny, et heureusement car ma poche à eau est rincée !

Champex – Martigny : 2h03 - temps cumulé 8h22 – 110ème. Il y a ici un vent à décorner les vaches suisses J, le ravitaillement n’est constitué que de liquide, mais peu importe, pas envie de m’alimenter en solide. C’est donc reparti pour une ascension de 1000 mètres de dénivelé positif qui m’amènera au col de la Forclaz avant la redescente sur Trient. A ce moment là je n’ai aucune idée du kilométrage que cela représente, et ça n’est pas très confortable de partir dans l’inconnu. Les premières pentes sur route sont bien raides et se font en marchant, pas question (et pas capable) de courir dans ces pourcentages sous peine de me cramer prématurément. Encore une fois, je rentre dans ma bulle pour franchir ce gros morceau et essaie de bien pousser sur mes bâtons, même si je sais que je n’ai pas une technique très efficace. C’est le nez dans les chaussures qu’au bout d’un moment j’entends hurler mon prénom !!?? C’est le fan club qui a retrouvé la trace du parcours (bravo !) et mon père qui harangue les quelques personnes présentes à crier mon prénom ! C’est bon de les revoir à ce moment difficile, je les reverrai encore 2 fois avant le col de la Forclaz. C’est dans les derniers hectomètres avant le col que la pluie commence à se manifester et que le début de tendinite du releveur gauche que j’avais avant d’arriver décide de se réveiller… J’essaie de positiver, la température est clémente, je suis bientôt ( ?) à Trient, ça commence à sentir bon tout ça.Totalement involontairement, le timing est parfait car la nuit commence à tomber dans la petite descente qui mène du col à Trient, ça passe encore bien sans frontale, mais je suis quand même prudent dans la petite forêt très sombre et « racineuse ». Martigny – Trient : 1h43 - temps cumulé 10h06 – 103ème.

A Trient il y a une grosse ambiance dans les rues et sous la tente de ravitaillement. Ma puce est à mes côtés, de nouveau 2 bols de soupe vermicelle et je me change alors pour enfiler mon haut manches longues, vraiment pas triste de me débarrasser de mon t-shirt trempé, ma frontale et ma petite ventrale (la 2ème lampe frontale obligatoire que je passe à ma taille). Ma mère me fait signe avec les mains que je suis 104ème, c’est la 1ère fois que je prends connaissance de mon classement, et c’est une superbe surprise, je ne m’enflamme pas mais je commence à m’imaginer entrer dans le top 100 J. Avant de repartir, je m’enquiers auprès d’un bénévole sur la suite du parcours et on me répond que ça va être très bitumeux : départementale en légère descente, puis petite route montante « sur 2-3 km »  sans circulation avant de prendre un chemin… OK, merci, autant dire que j’ai une vague idée, mais sans indication de dénivelé ou kilométrage. Bon, on verra (encore une fois). Ou plutôt on ne verra pas, car la nuit tombe très vite et la pluie se fait de plus en plus présente. Sur cette portion légèrement descendante je me sens très bien, et je vogue à un bon 12 km/h, du coup je remonte sur pas mal de coureurs. La pluie s’intensifiant, je suis contraint à passer ma veste de pluie car ça drache maintenant très fort. Cette montée n’en finit pas, je suis seul, ça serpente (jusqu’où ?) et les rubalises guident mon chemin nocturne. Ça y est, le chemin arrive, mais ça monte encore. Bon OK on est en montagne… je finis par me lasser ; mais une arrivée de télésiège dans le noir marque le début de la descente. Une descente qui va s’avérer être un calvaire pour mes pieds, je gémis quasiment à chaque pas. En encore je n’étais que sur un chemin jeepable : lorsque je quitte celui-ci pour un petit sentier (qui doit être charmant dans d’autres conditions), les douleurs s’intensifient et les gémissements également ! Je rattrape un coureur qui visiblement est encore plus en souffrance que moi, presque à l’arrêt. Il tombe des seaux d’eau quand j’arrive enfin au ravitaillement de Vallorcine. Trient – Vallorcine : 1h40 - temps cumulé 11h46 – 90ème.

La vision des supporters / spectateurs parqués et frigorifiés dans une partie de la tente est saisissante. L’équipe m’attend depuis un moment, ils sont transis de froid, je ne traîne pas, n’ai aucune idée de mon classement à ce moment là, et je repars affronter les éléments.Le vent est très fort lorsque je ressors de la tente, et la pluie n’a bien sûr pas faiblie. Je me remémore à ce moment là ce que nous avions dit avec Stéphane avant le départ : « si on est encore bien à ce moment là, il faut courir entre Vallorcine et Argentière ». Ouais, courir, courir c’est bien gentil, mais ça monte un peu quand même (surtout après 12h de course…). J’arrive tant bien que mal à me mettre en mode cerveau débranché, et je coure effectivement la plupart du temps jusqu’à Argentière.

Vallorcine – Argentière : 54mn -  temps cumulé 12h40 – 87ème. Je me fais biper à ce ravitaillement, mais je ne m’arrête pas, j’ai mis un mélange coca – eau à Vallorcine, et je pense pouvoir tenir jusqu’à l’arrivée avec ce qui reste dans ma poche à eau. Dans la ruelle qui descend j’aperçois un groupe de 3-4 coureurs et je reviens assez rapidement dessus ; il y a parmi eux le gars de Boulogne que je salue au passage, et je continue à un rythme assez soutenu. Je tente quelques calculs dans ma tête en me disant qu’avec ces 4 là j’ai dû intégrer le top 100 ; je ne veux rien lâcher, et imprime un rythme bien marqué dans ce petit chemin en montagnes russes, pas envie que ça revienne de l’arrière.Mais ce rythme soutenu à ce moment de la course coûte cher physiquement ; et ça n’en finit pas de remonter, j’avoue avoir insulté les organisateurs pour ce tracé, moi qui espérait plonger sur Chamonix depuis Argentière… Depuis un moment je pense aux courageux coureurs de l’UTMB qui sont sur le point de s’élancer dans la montagne avec ce temps pourri (le départ ayant été repoussé à 23h30 au lieu de 18h30 pour cause d’intempéries) ; je les admire car il faut avoir une niak incroyable pour prendre le départ dans ces conditions. La pluie ne se calme pas et je suis trempé, est-ce la condensation ou une mauvaise imperméabilité de ma veste ? Quoiqu’il en soit quand je baisse les bras le long de mon corps, je sens l’eau ruisseler sur mes mains depuis l’intérieur ! La température a nettement chuté, il doit faire dans les 10° et mouillé comme je suis malgré la dépense énergétique, la fatigue accumulée font que j’ai froid, j’en ai marre, je ne vois pas le bout, et cerise sur le gâteau, en me retournant je vois une lampe frontale. Ce coureur revient assez facilement sur moi à ce moment où je gamberge un peu ; j’essaie malgré tout de rester en contact visuel à une cinquantaine de mètres.

 

Argentière – Les Tines : 31mn - temps cumulé 13h12 – 83ème. Un avant dernier pointage où les courageux bénévoles postés au milieu de nulle part sous une pluie battante m’indique encore 4 km avant l’arrivée. Cette perspective d’une délivrance proche, et d’une arrivée tant visualisée avec ma puce me redonne du baume au cœur et je reviens sur le coureur qui m’avait doublé peu de temps avant. Dans le même intervalle de temps, un autre concurrent est revenu de l’arrière ; nous sommes donc 3 groupés à l’approche de Chamonix. Lorsque les premières lumières de la ville se distinguent en contrebas du chemin, le plus frais de nous 3 (le dernier arrivé) lance un « allez les gars c’est fini » et nous dépose littéralement. Aucun de nous 2 n’est capable de le suivre, et nous restons ensemble pour profiter des derniers hectomètres de la ballade. Je reconnais la plaine où ma puce a couru la veille sa mini CCC, puis la salle de retrait des dossards, nous longeons l’Arve et nous nous félicitons mutuellement, et encourageons à profiter de l’instant. Les rues de Cham ne sont pas noires de monde comme un dimanche après-midi, mais il y a quand même quelques spectateurs qui applaudissent les coureurs. Je retrouve ma grande fille qui m’attend courageusement sous la pluie, j’attrape sa main et je suis envahi d’une immense émotion, j’ai le sourire jusqu’aux oreilles et les larmes se mélangent aux gouttes de pluie.

 

 

Les Tines – Chamonix : 40mn. Ça y est ! je suis finisher CCC 2011 en 13h52 85ème et 19ème V1 J. C’est trop bon, c’est fabuleux, mais après l’arrivée je suis pris de tremblements comme jamais. Je suis mort de froid, impossible de contrôler ces claquements de dents ; il me faudra plus d’une heure une fois changé et sous 2 duvets pour me réchauffer. 

 

Bilan : Je n’aurais jamais espéré faire une 85ème place sur la CCC, je suis hyper content de ce résultat. Il faut croire que les 2 week-ends de préparation ont porté leurs fruits. A refaire assurément. D’un point de vue alimentation, c’est une grande réussite également : à part les soupes et quelques verres de coca, je n’ai utilisé que Hydraminov menthe, et pas d’alimentation solide. Il y a malgré tous quelques points négatifs ils sont malheureusement à mettre sur le compte du physique : les pieds sont explosés, et ce, assez rapidement dans la course, peut être la faute à des chaussures un peu trop grandes. Mais surtout c’est au niveau des tendons que le bât blesse : je suis arrivé au départ avec 2 tendinopathies achilléennes récalcitrantes que je trimballe depuis 2 ans et elles devaient se sentir un peu seules car elles se sont fait une copine avec le releveur gauche L. Du coup, je me suis acheté un nouveau VTT, et je vais essayer d’être vraiment raisonnable pour une fois, en laissant passer au moins un mois sans aller courir. Que ça va être dur ! Mais j’imagine qu’il faut en passer par là si je veux continuer à me faire plaisir à gambader encore de nombreuses années…

 

 

12 commentaires

Commentaire de chorizo13 posté le 17-09-2011 à 17:42:16

respect pour ce resultat, tres belle course et super récit
bravo

Commentaire de Land Kikour posté le 17-09-2011 à 18:29:46

Superbe cr comme d'habitude Olivier !!
Souviens toi des propos que je t'avais tenu à la Montagn'hard, je ne doutais pas de ta réussite sur ce beau parcours de la CCC.
Comment en aurait été t'il possible quand on se permet de faire 16 tours aux Montagnes russes :))
Bravo pour tout, ne change rien !!

Commentaire de Bleau78 posté le 17-09-2011 à 19:28:39

Bravo Olivier, super course.Merci pour le récit?

Commentaire de tidgi posté le 17-09-2011 à 21:25:38

Une bien belle perf, bravo à toi.
J'étais encore loin à minuit...

Merci pour le récit et les photos.

Commentaire de olafmax posté le 18-09-2011 à 00:48:20

Bravo à toi Olivier,
super course, sur CR et super entrainement aux montagnes russes, c'est clair !:-)

Commentaire de L'écureuil posté le 18-09-2011 à 11:08:31

Impressionnant Olivier
Finalement l'heureuse nouvelle de 2010 t'as aidé ujpivàyuvyuçvyuçvçv








Commentaire de L'écureuil posté le 18-09-2011 à 11:17:25

Euh Bon je le refais, c'est junior qui a mis ses mains sur le clavier ( il doit avoir à peu près le même âge que le tien ) ;-)

Bravo donc à toi pour cette grosse perf
et je te souhaite d'avoir pourquoi pas une autre heureuse surprise en 2012 pour réaliser donc une autre grande perf sur le grand tour en 2013 ? ;-)
( lien de cause à effet peut être qui sait )

Faudra que je te consulte pour ton rangement de baton car j'ai le même sac
et pour ton releveur, je te conseille le KT TAPE, utilisé sur la TDS et çà m'a bien soulagé

A bientôt dans nos bois
David

Commentaire de Free Wheelin' Nat posté le 18-09-2011 à 13:02:12

On a fait la Montagn'Hard tous les deux (j'étais sur le 100n et toi?), et comme moi tu t'es coltiné un souci avec le releveur (tes gémissements à chaque foulée...pffff) , inutile de te dire que ton récit m'a émue!
Très belle perf, très beau récit! Bravo Bikoon!

Commentaire de millénium posté le 19-09-2011 à 13:35:04

merci pour ce récit et bravo pour ta superbe perf !

Commentaire de marioune posté le 20-09-2011 à 17:45:48

superbe course bikoon!!!! La remontée régulière quand on voit le classement, pour finir en un super temps. Bon, faut dire qu'avec ta finisheuse de fille et tes parents, je me souviens du soutien de ta mère à l'origole, tu avais un soutien fort!!!! Bravo et à bientôt.

Commentaire de Insigma posté le 23-09-2011 à 10:04:19

Bravo Olivier !
Top 100 sur une si grande course, c'est beau !

Commentaire de sputnik posté le 12-01-2012 à 17:47:17

je vois ton CR un peu tard, mais bon, félicitation. Tu fais un super temps. c'etait vraiment sympa de partager cette course ensemble, et j'espère que l'on aura l'occasion de remettre ca dans le futur. J'essaierais de passer un peu plus que 2km avec toi la prochaine fois....

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