Récit de la course : Ultra Trail du Mont Blanc 2009, par olivier_coursesextremes

L'auteur : olivier_coursesextremes

La course : Ultra Trail du Mont Blanc

Date : 28/8/2009

Lieu : Chamonix Mont Blanc (Haute-Savoie)

Affichage : 1064 vues

Distance : 166km

Objectif : Terminer

3 commentaires

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238 autres récits :

Until The Mental Breaks UTMB 2009

Données générales

2007 : 163 km en 39h46, 757 ème

2008 : 166 km en 40h52, 632 ème

2009 : 166 km en 40h40, 659 ème

Même préparation qu'en 2007 et 2008 (11 semaines d'entraînement qui ne sont pas de type trail, au niveau de la mer), pour en voir les détails :

http://www.kikourou.net/recits/recit-3829-ultra_trail_du_mont_blanc-2007-par-olivier_coursesextremes.html

http://www.kikourou.net/recits/recit-6067-ultra_trail_du_mont_blanc-2008-par-olivier_coursesextremes.html

L'UTMB est mon seul trail en 2009. En 2008 j'avais couru l'éco trail de Paris.

Remerciements

Les organisateurs, les bénévoles, les personnes qui ont encouragé les participants, les participants (conseils, entraide, échanges).

Pour commencer par la fin ...

La Flégère. Il ne restait plus qu'une descente de sept kilomètres.

Sept kilomètres de bonheur croissant, avec pour apothéose les rues plates de Chamonix copieusement garnies.

Le miracle, c'est que, contrairement aux deux éditions précédentes, mes genoux ne me faisaient pas souffrir depuis 17 heures. Je pouvais encore mieux apprécier cette descente, même si, n'étant pas un technicien, je me faisais doubler par des cabris.

En revanche, je passais devant quelques coureurs qui avaient du mal à mettre un pied devant l'autre. Je compatissais car je ne savais que trop ce qu'ils subissaient. A chacun je leur ai souhaité du courage. Pas de réponse, mais c'est compréhensible, je sais très bien ce qu'ils ressentent. La douleur extrême, la frustration de perdre autant de places si proches du but par des coureurs qui jusque-là étaient moins rapides. Que faisaient-ils donc avant les rapides de maintenant, ils ont dormi 2 heures ou quoi ?

Ainsi donc comme j'avais du mal à le croire on peut finir l'UTMB dans les 40 heures sans avoir mal aux genoux. Et sans bâtons je n'aurais même pour ma part pas cru cela possible.

Je pouvais donc encore mieux profiter du final. Que du bonheur !

Avant de parvenir en bas, les félicitations des quelques supporters, randonneurs ou curieux ne sont qu'un prélude au bouquet final.

Les choses sérieuses commencent lorsque la pente se termine, on entre dans Chamonix, il ne reste que quelques centaines de mètres.

Le long de L'Arve, c'est quasiment un flot ininterrompu de spectateurs. Le long des bars du centre ville, c'est la tournée des applaudissements. J'encourage la foule à applaudir ou bien à faire des ola, et ça marche.

J'avais sorti mon appareil photo pour filmer l'arrivée, mais finalement je décide de goûter pleinement ces instants. Je range donc l'appareil dans ma poche.

Il fait beau, et ces instants de bonheur font tout oublier : les heures de souffrance, d'épuisement, de fatigue, de doutes, de peurs.. On craignait que telle douleur ne dégénère, que le manque d'alimentation ne conduise à la panne sèche, que le sommeil finisse par endormir, qu'une chute ne blesse définitivement, que le mental flanche ...

On a courbé l'échine pour endurer le surpoids de la course. On en a eu marre, marre, mais à un point, car c'était trop dur. C'était déjà dur l'an dernier, et la course a encore été durcie sur certains tronçons.

C'est la dernière fois, la dernière !

Et puis on est là, à Chamonix.

Le final de Chamonix bouleverse la donne.

On entre dans un état de grâce sublime.

Oui on a survécu. Oui on peut être fiers de ce qu'on a réussi.

Cela aurait pu être l'UTMB de trop.

Sauf que je l'ai terminé ...

Until The Mental Breaks, non le mental n'a pas craqué, il a eu raison de mon propre corps.

Retour en arrière ...

Vendredi 28 août, 18 h, à une demi-heure du départ, encore allongé sur l'herbe voisine du gymnase, afin de me reposer le plus possible. J'ai mal dormi la nuit dernière.

Je suis tendu. A l'hôtel cet après-midi, en me voyant partir, les gérants m'ont dit que je faisais une tête d'enterrement. Cela fait plusieurs jours que je doute, que j'ai peur, que je me demande si ce n'est pas la course de trop. Elle sait se faire respecter cette course ! Car je sais trop ce qui m'attend. Des heures de douleur, de souffrance, d'épuisement, de combat contre moi-même pour me forcer à avancer.

Je discute avec un participant qui a fait le Mercantour. On parle des trois décédés sur la course, ils étaient expérimentés, et on comprend pas. Il me dit qu'il ne forcera pas, ça passe ou ça casse.

Le ciel se fait menaçant, le vent se lève, quelques gouttes de pluies sans plus, et surtout des nuages en abondance là où le parcours doit nous mener cette nuit. Il pourrait faire très froid. Heureusement j'ai acheté un coupe-vent de bonne qualité et une micro-polaire de qualité moyenne.

Une idée absurde traverse mon esprit fragilisé. Et si je ne prenais pas le départ ? Et si je rentrais chez moi ? Cela montrerait que je ne suis pas infaillible, que de jeter l'éponge sans même combattre valoriserait les deux dernières éditions terminées ?

Une seconde après je me dirige vers la ligne d'arrivée.

Le compte à rebours est égrené, musique de Vangelis habituelle, frissons, le Mont-Blanc en toile de fond, les soutiens du public .. je franchis la ligne de départ, l'émotion me prend, j'ai les larmes aux yeux.

La course doit être respectée et c'est peu dire que je ne la prends pas à la légère.

Je sais ce que j'ai à faire pour réussir grâce à 2007 et 2008, alors faisons le métier.

Récit de course

Pour ce troisième récit, je préfère aborder des faits de course par rubrique plutôt qu'une histoire linéaire qui ressemblera trop aux récits 2007 et 2008.

La régularité

Courez avec moi, je vous garantis un créneau de passage fiable sur les principaux points du parcours.

Démonstration :

km 21

Saint Gervais 2007 3h29

Saint Gervais 2008 3h29

Saint Gervais 2009 3h26

km 98,8

Grand Col Ferret 2007 22h31

Grand Col Ferret 2008 22h16

Grand Col Ferret 2009 22h24

km 122,8

Champex 2007 27h32

Champex 2008 27h24

Champex 2009 27h18

Qui dit mieux ? Quand je vous dis que c'est garanti. Bon certes entre ce n'est pas forcément la même musique je le concède. Mais enfin Saint-Gervais à 3 mn près sur 3 ans, ah quand même !

Ballade ou course ?

La vitesse moyenne générale est de 4,1 km/h. Elle peut paraître lente, mais au final je n'ai à peine plus de 5 heures d'avance sur la limite de 46 h.

Ne pas s'y fier, mon impression personnelle, c'est qu'il faut tout le temps relancer, dans les conditions suivantes :

- terrain relativement plat ;

- descente hors les passages difficiles.

Ce que j'appelle relancer, c'est trottiner, car sur des chemins de montagne, caillouteux, piégeux, avec la fatigue accumulée, ou de nuit, pour moi trottiner c'est courir.

Quand aux ascensions, les pentes moyennes allant de 12 % à plus de 20 %, seuls les premiers peuvent se permettre de les courir (trottiner ?).

Alors je vais tenter d'estimer la part de marche et la part de course sur le total des 166 km :

Course total estimé 75,8 km (46 %)

Chamonix Les Houches 7 km (1 km de marche)

La Charme Saint Gervais 6,1 km

Saint Gervais Les Contamines 5 km (4,9 km de marche)

Les Contamines La Balme 4 km (4 km de marche)

Refuge Croix du Bonhomme Chapieux 5,4 km

Col de la Seigne Lac Combal 4,5 km

Arête Mont Favre Col Chécrouit 4 km (0,4 km de marche)

Col Chécrouit Courmayeur 4,5 km

Bertone Bonatti 4 km (3,5 km de marche)

Bonatti Arnuva 3 km (1,3 km de marche)

La Fouly Issert 9 km (1,1 km de marche)

Bovine Trient 4 km (2,2 km de marche)

Catogne Vallorcine 3 km (1,7 km de marche)

Tête aux Vents Flégère 2 km (1,5 km de marche)

Flégère Chamonix 6 km (1,1 km de marche)

 

Marche total estimé 89,9 km (54 %)

Les Houches La Charme 6,9 km

La Balme Refuge Croix du Bonhomme 5,4 km

Les Chapieux Col de la Seigne 10,3 km

Lac Combal Arête Mont Favre 4 km

Courmayeur Bertone 4,9 km

Arnuva Ferret 4,6 km

Ferret La Fouly 5 km (4,3 km de course)

Issert Champex 4,6 km

Champex Bovine 9,2 km

Trient Catogne 4,8 km

Vallorcine Tête aux Vents 7,5 km

C'est quasiment du 50 / 50, et comme on est plus lent sur la marche, je vous laisse estimer l'impact par rapport aux barrières horaires si la répartition était par exemple de 70 30.

Personnellement, sans courir (relancer, trottiner) je me vois rattrapé par les barrières horaires. Peut-être que je me trompe. C'est bien une course, et pas une ballade !

Le parcours est-il dangereux ?

L'information sur les blessures graves survenues au cours de la course n'est pas connue de manière officielle et synthétisée. On sait par le témoignage individuel d'autres coureurs ou de visu que des chutes graves ont pu avoir lieu et pu entraîner l'abandon. C'est le cas en 2009.

Le parcours de La Réunion est sans doute plus dangereux, mais l'UTMB n'est pas en reste.

Un pas de travers, et c'est au mieux de graves blessures au Col du Bonhomme, à la descente nouvelle mouture vers Courmayeur, avant le refuge Elena, aux balcons après La Peule ou La Fouly.

Il y a des passages qui me font froid dans le dos, et un jour cela finira mal malheureusement. C'est déjà heureux qu'il n'y ait pas eu malheur alors que les coureurs sont épuisés, et surtout dans le cadre de la deuxième nuit blanche.

En 2009, des portions ont été modifiées, la descente vers Courmayeur, celle vers Vallorcine, elles sont plus dures et pour Courmayeur plus dangereuses.

Je me dis que j'ai bien de la chance de passer de jour par certains endroits, et pense à ceux derrière qui vont se le farcir la nuit. Il y a aussi sans doute certains passages de nuit qu'il ne vaudrait mieux pas que je vois de jour !

Questions sur les modifications de parcours 2008 2009

J'en ai identifié 2 (rajouter aussi l'arrivée dans Chamonix) :

- la descente vers Courmayeur ;

- la descente vers Vallorcine.

Je ne m'attendais pas à ce que le tracé soit modifié, et je l'ai découvert sur place. Alors je pouvais m'en prendre à moi-même de ne pas avoir regardé le road book.

Cela dit, comment se fait-il qu'aucune information n'ait été donnée à ce sujet (hormis en théorie dans le road book ?) sur le site de l'UTMB ou bien dans le fascicule de présentation des différentes courses ?

Je recommande aux organisateurs de publier un article spécial sur les différentes modifications de parcours par rapport à l'année dernière.

Car pour ce qui concerne la descente de Courmayeur, plus dangereuse, j'ai eu une pensée pour celles et ceux à la lutte avec les barrières horaires. Un participant ayant déjà couru l'UTMB et en lutte avec la barrière de Courmayeur a pu se retrouvé piégé : devoir accélérer sur une portion plus dangereuse qu'il ne pensait, lui faisant prendre des risques non prévus.

La barrière horaire de Courmayeur était de 13h15 en 2009 et de 13h30 en 2008, elle a donc même été avancée. Alors que le parcours a lui été rendu plus dangereux (difficile) !

Et, sauf erreur de ma part, j'ai comparé les cartes du road book 2008 et 2009, je ne vois pas de modification pour la descente vers Courmayeur !

Il n'était donc pas possible de savoir à quelle sauce on allait être mangés.

La comparaison des cartes 2008 et 2009 pour la descente vers Vallorcine montre bien une différence. Quant à apprécier le niveau de difficulté relatif, à moins d'être sur place ...

L'alimentation et la digestion

C'est un paramètre fondamental de la course, puisque si l'organisme ne parvient pas à s'alimenter, les chances de terminer sont réduites.

Par rapport à 2007 et 2008, l'année 2009 est marquée par des différences de température plus marquées. Il a fait très froid au petit matin samedi au Col de La Seigne et toute la nuit du dimanche en Suisse. Le jour, chaud à Bertone et en arrivant à Courmayeur. De telles différences et le froid ont à mon avis contribué à rendre difficile la digestion et l'alimentation.

Paradoxalement, alors que je n'avais pas trop d'appétit à Courmayeur, j'ai mangé avec plaisir les pâtes à Champex et une compote de pommes.

Alors qu'en 2008 le coca ne passait plus à La Fouly en 2009 c'était carrément avant le Ferret à Arnuva.

Autre bizarrerie, la soupe de pâtes en haut de Bovines est mal passée, et j'ai dégluti du vide (je n'avais donc plus rien dans le ventre) deux fois avant Trient, je pense que c'est l'effet du froid en haut de Bovine, 1 h du matin le dimanche. Du coup, impossible d'avaler quoi que ce soit au ravitaillement de Trient alors qu'il restait 2 cols à franchir. En repartant sans tarder, j'ai pris le risque de manquer de carburant sur les dernières heures de la course, pari gagnant.

Concrètement, à part les soupes, le seul liquide depuis La Fouly était l'eau.

La poudre énergétique ? Deux bidons seulement jusqu'à Courmayeur. Plus rien après.

A Vallorcine, comme en 2008, seules mes pralines ont passé. Elles m'ont aussi servi à éviter une hypoglycémie en haut de la Tête aux Vents. Après, j'étais en pilote automatique jusqu'à Chamonix.

Les autres participants

Parmi les coureurs en difficulté, je retiendrai celui qui descendait en sens inverse juste après Les Houches, personne n'aurait aimé être à sa place.

Ou celui en larmes à Champex, on ne sait pas s'il allait repartir ou pas, il était entouré de beaucoup de monde en tout cas.

Ou celui qui paraissait pas trop entamé mais qui faisait demi-tour vers Champex juste avant les grosses difficultés de Bovine, je lui ai demandé si cela allait et s'il avait besoin d'eau, mais non, il avait l'air certain de ce qu'il faisait. Si proche (quoique si loin aussi quand c'est si difficile) du but ...

Et enfin celui effondré, à genoux, dans la descente vers Chamonix, à quoi, 3 km de l'arrivée ? Soutenu par sa famille, qui ne comprenait pas pourquoi il restait là ? Je pense qu'il a dû terminer quand même !

Plusieurs fois je me suis retrouvé à suivre les pas d'une participante, et comme il faut bien occuper l'esprit je me demandais si cela ne les soûlait pas qu'un type lui colle aux fesses. Mais non, je me disais que de toute manière c'était mes pieds que je regardais, pas autre chose, parce que sinon il allait m'arriver des broutilles. Quoi que entre Bertone et Bonatti, de jour ... je plaisante.

Par ci par là quelques échanges avec des coureurs, des encouragements, des discussions sur la course, les conditions. Souvent le silence quand même.

D'ailleurs en haut de Catogne, au chrono, au passage de valeureux bénévoles frigorifiés que je salue, on pouvait écouter dimanche matin vers 5h "je marche seul" de Jean-Jacques Goldman ...un peu ça quand même.

J'ai aussi passé un peu de temps avec un trailer de Champex à la moitié de la descente vers Trient. On avait bavardé un peu avant La Fouly et puis on avait décidé de partager la montée de Bovine.

Bovine au passage que j'ai "mené" pour la première fois en 3 ans. Les autres années, je me contentais de suivre. J'ai pu remarquer que souvent des regroupements conséquents se font dans Bovine (encore le cas cette année), car initier la trace entre les gros cailloux et s'assurer qu'on est bien sur la bonne route sont du ressort du meneur et nécessitent de fait un effort supplémentaire, suivre permet de s'économiser un peu par conséquent. C'était mon tour !

En haut, mon camarade avait besoin de dormir une heure ou deux, je lui ai conseillé de le faire à Trient plutôt. Après l'avoir rattrapé dans la descente, j'avais une meilleure allure, je lui donnai rdv au ravito de Trient.

Sauf qu'on s'est loupés, mes excuses. Faut dire que j'étais hagard et finalement pas bien non plus avec cette histoire de vomissement juste avant le ravito, l'incapacité de m'alimenter, et la décision de repartir dans de telles conditions, précaires.

Les défaillances, les douleurs, la performance

J'ai moins souffert en 2009 qu'en 2008 qu'en 2007. Dans les 3 cas, aucun complément médical ou médicament de quelque sorte pris !

Le miracle, c'est l'absence de tendinite aux genoux, je suis incapable d'expliquer pourquoi et comment. Car en 2007 et 2008, à partir du col Ferret, km 100, chaque pas me faisait hurler de douleur intérieurement.

Au final, 40h40, 659 ème. Soit 12 mn de moins qu'en 2008 et 37 places en plus.

Le niveau général des participants semble meilleur, de fait moins d'abandons (40 % en 2009 contre 50 % en 2008), ce que confirme l'impression ressentie de moins de participants vus à l'état d'épaves sur la parcours.

A Courmayeur j'avais un retard de 23 mn par rapport à 2008 que j'ai rattrapé à Champex (6 mn d'avance) par les montées de Bertone et du Col Ferret.

Le retard à Trient de 9 mn a été rattrapé dans la montée de Catogne puis l'avance de 12 mn a été principalement générée par la montée vers la Tête aux Vents.

Constat par conséquent : plus performant dans les montées en 2009 qu'en 2008. Et pourtant les tendinites aux genoux sont censées freiner dans les descentes, il semble que les descentes n'étaient pas plus rapides en 2009 qu'en 2008 malgré l'absence de douleur vive aux genoux.

Les temps passés aux différents ravitaillements me semblent comparables.

Paradoxalement avec l'absence de douleurs vives aux genoux, je ne fais que 12 minutes de moins en 2009 qu'en 2008.

Pourquoi ? Le brouillard au col du Bonhomme a créé des bouchons qu'il n'y avait pas en 2008, le même brouillard dans la descente vers Les Chapieux, par le manque de visibilité, a diminué la vitesse de la descente.

Les portions rendues plus difficiles (descentes vers Courmayeur et Vallorcine) ont pourtant été courues dans le même temps qu'en 2008. J'ai du mal à me l'expliquer.

Ce qu'il faut retenir, c'est que douleurs aux genoux ou pas, la vitesse reste à peu près la même, parce qu'en 2007 et 2008 je me forçais malgré les douleurs aiguës à avancer. Même sans douleurs aux genoux en 2009, la progression est ralentie par l'état d'épuisement du corps, les courbatures, la fatigue musculaire.

Courmayeur Bertone ravitaillement compris en 2008 c'était 2h07, en 2009 c'était pareil. Et pourtant j'ai eu l'impression de grimper plus vite en 2009.

Tellement plus vite au début que je doublais pas mal de monde, jusqu'à la moitié de l'ascension. Je buvais toutes les 5 minutes. Tout d'un coup, le rythme a baissé, j'étais dans le rouge, en début d'hypoglycémie. Je me suis senti comme un crétin parce que je sais très bien que ce n'était pas la chose à faire, j'allais le payer. Au lieu de m'arrêter, je me suis contenté de ralentir. Toutes les personnes que j'avais doublées me sont repassés devant. Et au final je me retrouvais en haut dans les temps que je m'étais fixé en bas. Sauf que dans l'intervalle je m'étais mis dans le rouge et qu'il me fallait récupérer maintenant.

Longue pause à Bertone. Je me suis même vu abandonner. Je me suis dit que si j'abandonnais là il fallait que je redescende vers Courmayeur, malin ça. Autant essayer de continuer et abandonner plus loin, à Arnuva ?

Bref, se remettre sur le chemin, voir comment cela allait se passer.

Au refuge je ne pouvais rien avaler mais une fois sur le chemin j'ai pu prendre une barre. Et puis c'est revenu, j'ai pu reprendre un rythme normal assez vite, pour atteindre le refuge Bertone avec une condition relativement correcte.

Je m'en suis bien sorti.

Je ne reviens pas sur la soupe non digérée de Bovine.

Petite défaillance ultime, au sommet de la Tête aux Vents. Je n'allais pourtant pas trop vite puisque je me faisais doubler sans interruption, mais une fois proche du sommet, j'ai du me coller contre un rocher et sortir quelques pralines, sous peine de défaillir plus tard. Là encore je m'en suis bien sorti, reprenant un rythme normal 5 ou 10 minutes après.

Il ne faut jamais oublier qu'il est interdit de se mettre dans le rouge à quelque moment que ce soit de la course (sauf l'arrivée sur Chamonix) !

Les +, les améliorations

bénévoles et organisation toujours au top

pas de file d'attente pour retirer les dossards, possibilité de les retirer le jeudi

meilleure utilisation des bâtons par les traileurs en terme de sécurité pour les autres

finish dans Chamonix amélioré, plus on passe devant des terrasses garnies et mieux c'est

mesure des temps de passage à l'entrée et à la sortie des ravitaillements importants pour l'information après course

hommage au départ rendu aux trois disparus du Mercantour

Les -

toujours autant de déchets sur le parcours malgré la Charte

manque de communication par l'organisation sur les modifications de parcours par rapport à 2008 (descente vers Courmayeur, descente vers Vallorcine)

certains coureurs qui forcent pour doubler dans des portions dangereuses alors qu'une file d'attente est formée (col du bonhomme), qu'ils respectent la position actuelle, ils n'avaient qu'à partir plus vite avant pour éviter cette situation

question du respect des barrières horaires : strict au début et au final il semble que quelques coureurs aient pu finir "hors délais" ; je ne dis pas que ces derniers ne méritent pas leur sort, mais quid de ceux qui passent avec 5 mn de retard aux Chapieux par exemple, sont stoppés, et auraient pu finir dans les délais ?

pas vu de contrôle, sac ou autre ; à ce sujet à Champex, un concurrent a sorti sa "boîte à pharmacie" ; bien en évidence dedans, de l'efferalgan codéïné, susceptible (doctissimo) d'induire une réaction positive lors de contrôles antidopages. Je veux bien que l'ignorance conduise à autant de légèreté, mais participer à une telle course demande un niveau minimum de responsabilité. Je pense que les organisateurs devraient vérifier les cachets dans les sacs.

Merci de m'avoir lu et bonnes courses à vous.

Olivier

 

 

3 commentaires

Commentaire de vinzz posté le 04-09-2009 à 20:33:00

Félicitations olivier pour ta course et quelle métronome entre tes trois années ! c'est impressionnant !

Commentaire de bluesboy posté le 05-09-2009 à 17:26:00

Merci pour ce récit original et pour cette course
bien gérée .
La comparaison de tes diverses exrériences sera bénéfique pour tous les futurs UTMbistes ,pour moi cela reste dans le domaine de la science fiction (peut étre la CCC un jour)

Bonne récup

Commentaire de Souris posté le 13-09-2009 à 18:16:00

Bravo pour cette course et ton récit, 3 participations et 3 Finish, carton plein!!

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