Récit de la course : Ultra Trail du Mont Blanc 2008, par gilgamesh

L'auteur : gilgamesh

La course : Ultra Trail du Mont Blanc

Date : 29/8/2008

Lieu : Chamonix Mont Blanc (Haute-Savoie)

Affichage : 1239 vues

Distance : 163km

Objectif : Terminer

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Le récit

 

Bon, voilà, des récits de l’UTMB, j’en ai lu tellement qu’il fallait bien que je m’y mette pour faire le mien aussi un jour. J’ai du lire pratiquement tous ceux qui sont disponibles sur le site d’UFO et celui de Kikourou. Et il y en a des paquets ! J’adore les récits de course, à chaque fois je suis scotché. En les lisant, on apprend toujours quelque chose, et pas seulement sur la course à pied. Ce compte-rendu est donc dédié à tous ceux qui m’ont fait rêver sans forcément le savoir. Il est aussi rédigé pour mes proches, pour qu’ils aient une idée de ce qui a pu se passer dans ma tête pendant deux jours. Attendez-vous au pire !

 

Ma première tentative sur cette course a eu lieu en 2007, mais malheureusement, elle s’est soldée par un échec plutôt précoce, du côté du col de la Seigne. L’année 2008 est donc celle de la revanche. Pourtant, au moment du départ, j’ai assez peu de dispositions guerrières. Alors que je pense à cette course quasiment tous les jours depuis un an, j’ai justement passé les derniers jours à essayer de faire baisser la pression en me balançant des grandes maximes immortelles du genre : « ça sert à rien de faire la course 50 fois dans ta tête avant le départ. Faudra être présent mentalement le jour J, pas avant », ou « C’est comme une partie de tennis. Il y a des points importants. C’est ceux là qu’il faut bien jouer. Dans un ultra aussi, il y a des moments clés. C’est là qu’on verra si t’as du mental, mais pas avant. ». Et pour une fois, cette subtile stratégie psychologique a bien fonctionnée. Même trop bien. Je suis extrêmement cool. Zen. Et tellement zen que je ne me rends pas bien compte que la course est en train de partir. Je papote avec ma petite famille venue me soutenir. Je fais à peine attention à la musique de Vangelis. On l’a tellement entendue. J’ai le cerveau vide (d’habitude c’est plutôt en fin de course) et peu d’émotions. Je suis en toute fin de peloton et me mets à courir quand les autres le font, comme un mouton.

             Au col de Voza tu t’ennuieras. 

            Je prends assez vite un petit rythme. Ma stratégie est simple : je vais aller le plus lentement possible, ce qui, vu mon niveau, va me rapprocher dangereusement des barrières horaires. Pour éviter de trop stresser avec ces barrières, j’ai quand même prévu des temps de passages me laissant une marge de manœuvre d’une ou deux heures pour pouvoir gérer un coup dur. L’objectif est d’aller au bout quel que soit le chrono.

 

J’aime bien l’ambiance des premiers kilomètres, encore assez insouciante, où beaucoup de coureurs prennent le temps de déconner. Je discute quelques minutes avec un des organisateurs du tour du beaufortain, qui m’apprend que l’épreuve va passer à un tour complet en une étape. Ce sera une nouvelle épreuve de 100 km environ. C’est bien, mais j’aimais bien aussi la formule en deux étapes. Il me dit que sa stratégie c’est de se reposer dans les montées et d’attaquer dans les descentes. Ça ne l’empêche pas de me lâcher dès les premiers lacets montants après le ravito des Houches. Il faut dire que j’adopte délibérément un rythme très lent, en surveillant le cardio. Auparavant, je ne m’embarrassais pas de cette mécanique pendant les courses. Mais depuis mon abandon de l’année dernière, je le prends systématiquement pour éviter toute erreur de rythme. J’ai fixé la barrière à ne pas dépasser en montée à 140 puls/mn, soit environ 70% de ma fréquence cardiaque maximum. A ce rythme je pensais me faire bombarder de tous les côtés dès le départ, mais bizarrement je me rends compte que mon allure est proche de celle du peloton. Il faut dire que je dois être aux alentours de la 2000 ème place sur environ 2400 partants.

 

Dans cette portion, ce n’est pas vraiment le physique qui peine, c’est la tête qui fait des siennes. Je me persuade que cette montée est en fin de compte assez moche. C’est bien beau l’illusion lyrique du départ, mais franchement, ces grands chemins poussiéreux, ces télésièges, ces pistes de ski…On trouve largement mieux dans le secteur. Et comme je n’aime pas non plus la montée du col du Bonhomme, il va falloir patienter avant que cette course ne me plaise. En plus, tous ces gens qui discutent finissent par m’énerver. Surtout les ritals, on n’entend qu’eux. Pourquoi est-ce qu’il y a autant de gens qui sont en petit groupe et pourquoi moi je cours tout seul ? Du coup, je n’ai personne sur qui faire passer ma mauvaise humeur montante et inexplicable.

 

Au télésiège de Kandahar, je me rends compte que le goût de ma poudre énergétique commence à me titiller gentiment l’estomac. D’habitude cela met 10 ou 15 heures, et après je passe à l’eau. Bravo la stratégie mûrement éprouvée ! C’est en réalité un signe précurseur des problèmes digestifs qui m’attendent. Je passe à la croix de la charme à 21H15, soit exactement le temps prévu. La nuit tombe, je sors la frontale. Et pour l’instant, je m’emmerde sec.

 Au col du Bonhomme tu vomiras. 

La descente vers Saint-Gervais me redonne un peu de baume au cœur. J’adore les descentes. Sans être un crack, je descends correctement. Je cherche ici surtout à me préserver, ne pas flinguer les cuisses ou les genoux, avec de petits pas rapides. Cela suffit pour doubler pas mal de concurrents. Le parcours est ici moins « routier » que l’année dernière, ce qui est une bonne surprise. Je suis à Saint-Gervais à 22 heures passés, tout va bien au niveau timing. Je décide au ravito de me débarrasser de ma boisson énergétique, et de passer à l’eau. Finalement rien n’est meilleur que l’eau pour s’hydrater. Avec ces boissons qui deviennent un peu écœurante, on boit moins spontanément, et du coup on risque de se déshydrater plus vite. Je prends un peu de cette soupe que j’avais trouvée si bonne l’année dernière et … Pouaaaahhh ! C’est dégueulasse, hyper salé ! Le cuistot a visiblement balancé toute la salière sans faire gaffe. Le reste du gobelet finit dans les bacs à fleurs de la municipalité de Saint-Gervais. Je ne comprends pas comment d’autres peuvent ingurgiter ça sans sourciller.

 

Dès que je repars, nouveau coup de blues. Toutes les pensées que j’ai sont négatives. Il faut se rendre à l’évidence, je ne suis mentalement pas dans la course. Je ne comprends plus pourquoi je suis là, et ce que j’y fais. Pas envie de me battre, pas envie d’y aller. Bravo mon pote, c’est le jour J, celui auquel tu penses depuis un an, et tu es complètement absent ! J’interprète négativement tous les signes extérieurs. Le principal de ces signes, ce sont les petites chapelles que je remarque sur le côté droit de la route, juste avant Notre Dame de la Gorge. Il me semblait que l’année dernière, on ne passait pas par-là mais je peux me tromper. La vue des crucifix réveille en moi de drôles de pensées. L’année dernière, j’avais été victime de problèmes respiratoires au col de la Seigne. Je me sentais comme asphyxié. Peu après, en faisant des recherches sur internet pour comprendre ce à quoi pouvaient correspondre mes symptômes, j’étais tombé directement sur une page décrivant médicalement ce qui est arrivé au Christ sur la croix. Il semblerait qu’il ait en fait fini asphyxié. J’en ai aussitôt été effrayé, et je me suis demandé si finalement, l’UTMB, n’était pas une sorte de chemin de croix moderne. Au lieu des 14 stations, nous avons une dizaine de montées. Et des milliers de pèlerins qui viennent chercher je ne sais quelle rédemption au bout de leur souffrance…Je m’étais pourtant rapidement convaincu que cette comparaison était ridicule. Une insulte à la personne du Christ, qui, d’après ce que l’on en dit, a sacrifié sa vie pour l’humanité. Alors que nous, pauvres rigolos, nous ne sacrifions rien du tout et, loin de chercher la souffrance, ne recherchons que notre petit plaisir égoïste. Bref, toutes ces pensées oubliées depuis longtemps ressurgissent tout à coup et en voyant ces crucifix, c’est comme si j’entendais une petite voix me dire : « Alors mon petit, tu es prêt pour le chemin de croix ? Tu es vraiment prêt à souffrir ? » Et moi je réponds : « Nooooooonnnnnnn ! C’est pas ça que je veux, je suis venu pour m’amuser. Et puis d’abord, n’oublies pas que je suis athée ! Radicalement athée ! Je ne crois pas en toi. Et si tu existes occupes toi de choses plus importantes que des mecs qui courent à pied dans la montagne. »

 

La réalité reprend ensuite rapidement le dessus, car après Notre dame de la Gorge, ça monte sec. Je me rends compte après le Nant Borrant que les jambes ne sont pas des plus vaillantes. Mais c’est à la Balme que tout part vraiment en vrille. J’éprouve le besoin de m’asseoir pour me reposer un peu. A côté de moi, il y a un type tout blanc qu’une infirmière essaie longuement de réconforter en lui disant que c’est pas grave d’abandonner. Il finit par lui vomir dessus pour la remercier de ces mots chaleureux. Nom de dieu que c’est glauque ! Je me lève pour aller prendre un peu de soupe. C’est un peu le même goût que celle de Saint-Gervais, en moins salé. Je me dirige ensuite vers une autre table pour prendre du coca. Une gentille demoiselle d’environ 15/16 ans me sert, et crac, pour la remercier, je régurgite à mon tour la bonne soupe que je viens d’avaler. Je n’ai manqué ses chaussures que de peu. Elle se retourne vers sa mère pour lui dire d’un air absolument horrifié : « Maman, le monsieur, y vomit !!! ». Eh oui ma cocotte, c’est la dure réalité des pelotons dans les courses d’ultra ! Vraiment pas sympa avec les bénévoles tous ces coureurs ! Dans l’affaire, j’ai quand même réussi à arroser mon sac avec mes déglutitions. C’est presque dommage que j’ai raté ma casquette, que je tenais à la main. Comme j’avais déjà réussi à me pisser sur les pompes, sur le collant et sur les bâtons, ça aurait été une sorte de grand chelem. J’aurai pu faire le vide autour de moi et courir tranquille ! Un autre bénévole venu à ma rescousse me conseille du coca et des bananes. Le coca passe bien, la banane beaucoup moins.

 

Je repars vaille que vaille et parviens pendant un moment à avancer correctement. Dans la dernière portion de la montée pourtant, je me sens de moins en moins bien. Je suis obligé de faire des pauses. Je finis par vomir la banane qui me restait au fond de l’estomac. Et moi qui n’ai d’habitude que peu de problèmes gastriques pendant les courses ! En repartant je Pete une fermeture de mon camelback. Quelle scoumoune ! Quelques minutes plus tard, une immense envie de dormir me tombe dessus. C’est quand même très étonnant car d’habitude ça ne vient pas avant la fin de la nuit. Le pire, c’est que je n’ai aucune envie de combattre cette envie de dormir. J’ai envie d’y succomber et de m’affaler dans un canapé. Enfin, dernier problème, le pire de tous : je commence à avoir du mal à respirer. Ce sont encore les mêmes symptômes que l’an dernier. Les poumons qui se rétrécissent, qui ne fonctionnement plus qu’à 50 % de leur capacité, puis 30 % puis 20 % puis 10 %. Un genre de crise d’asthme qui n’est pas de l’asthme, puisque les médecins que j’ai consultés n’ont pas pu me dire vraiment ce que c’était. Ainsi, tout ce que j’ai mis en œuvre depuis l’an dernier n’aura servi à rien : séances de kiné respiratoire en pédalant sur un vélo, respiration beaucoup plus abdominale, par le nez, plus calme aussi vu le rythme plus bas, torse plus dégagée, position du corps différente, séances de VMA et de seuil en montée et en altitude cet été (au cours desquels je dépotais pourtant bien), sans parler d’une cure de fer, de protéine, de tout le reste de l’entraînement, de la diététique, et des divers conseils récoltés sur le site d’ultrafondus. Malgré tout ça, je me retrouve avec les mêmes difficultés que l’an dernier, plus tôt dans la course, et avec en plus des problèmes gastriques, un gros coup de fatigue et pas  de moral. C’est une catastrophe intégrale.

 

Passé le col du bonhomme, malgré le terrain moins difficile vers le col de la croix du bonhomme, ça ne s’arrange pas du tout. Ne pouvant plus respirer correctement je m’affaiblis de plus en plus, j’ai des vertiges, ma progression se ralentit énormément. Je passe en mode survie à échéance de 2 ou 3 minutes. C’est une véritable souffrance physique. Il est là, le chemin de croix. Ça tombe bien, nous allons vers le col de la Croix du bonhomme. C’est qui le « bonhomme » ?

 

Cette course est un désastre total, comme je n’en ai jamais connu. Je vais devoir abandonner aux Chapieux. Après 50 km de course à peine, c’est ridicule, j’ai honte de moi. Et non seulement je vais arrêter la course, mais en plus, je vais arrêter tout ce qui ressemble à de l’ultra. Ce n’est pas la peine d’insister quand on est aussi mauvais. J’essaierai de refaire des temps sur marathon et sur dix kilomètres. Et puis je vais me remettre au tennis. Comme ma fille Clara commence à prendre des cours, je jouerai avec elle.

 Arrivé au refuge de la croix du bonhomme, je me fais « bipper » par les bénévoles, puis je me rends compte que je ne peux pas attaquer la descente des Chapieux comme ça. Il faut que je me repose. Je vais donc m’allonger par terre dans l’entrée du refuge, un peu n’importe où. Il est 4H10. L’année dernière, à cette heure-ci je quittais le ravito des Chapieux, en pleine bourre. Je suis à l’intérieur mais je vois des étoiles : j’ai des vertiges, tout tourne autour de moi. Je ressasse mes idées noires tout en sombrant périodiquement dans de brèves phases de sommeil. Dans les moments les plus lucides, deux ou trois idées me conduisent à repousser l’idée d’abandonner aux Chapieux . D’abord,  je ne sais pas quel trajet fait le bus pour ramener les coureurs à Chamonix, mais ça doit être une vraie galère, sûrement plusieurs heures de routes, ce qui ne m’enchante pas du tout. Ensuite, j’ai rendez-vous avec ma femme et mes deux filles à Courmayeur, et je serais vraiment contrarié de rater ça, car elles ne viennent pas si souvent sur mes courses. Si j’abandonne après le col de la Seigne, je serai sûr de les voir puisque je serai rapatrié sur Courmayeur. Enfin, il me revient un des 10 000 préceptes que je me suis auto-administré avant la course : « Tu ne prends jamais la décision d’abandonner. Au pire, tu te reposes jusqu’à ce que les barrières horaires te rattrapent. Dans l’intervalle, tu auras peut-être retrouvé des forces. » 

Et c’est alors que se produit un premier miracle. J’entends un des bénévoles dire : « bon, il y a encore 75 gars qui doivent arriver jusqu’ici. ». 75 !!! On était 2400 au départ ! Je suis vraiment tout à la fin, c’est incroyable. Mais quelle heure il est ?! 4H55 ! La barrière horaire aux Chapieux est à 6H15. Si je veux avoir encore une chance de la passer, il faut que je reparte tout de suite. Je me relève, ça va mieux. Ce demi-sommeil m’a fait du bien. J’attaque doucement la descente. Si je n’avais pas entendu ce bénévole, il est certain que j’aurai continué à dormir. Dans la descente, il y a très peu de monde. C’est assez curieux, car avant que je ne m’arrête au col, le peloton était encore assez dense. Je double quelques concurrents, pas tous très vaillants. J’ai l’impression d’être à l’arrière garde d’une armée en déroute. Les fantassins ont lutté vaillamment pendant toute la bataille, mais ils sont exténués, et regagnent leur campement. Je ne cherche pas vraiment à accélérer pour rentrer à coup sur dans les barrières horaires. Je n’en ai pas vraiment les moyens, et pas l’envie. Je me dis en fait que les circonstances décideront pour moi, et que l’on verra bien en bas. Etant en meilleure forme, je suis toutefois maintenant bien décidé à ne pas abandonner aux Chapieux, si je suis dans les temps. J’y arrive finalement à 6H00. Exactement à ce moment là, un bénévole annonce « barrière horaire dans 15 mn ». Cela ne suscite aucune réaction de la trentaine de coureurs qui sont là et qui visiblement, ont déjà pris leur décision. Je remplis rapidement mon camelback, et ne m’attarde pas au ravito, car de toute façon je ne peux pas manger. Je réussis quand même à avaler deux carrés de chocolats et à embarquer un morceau de pain. Je repars à 6H02 exactement. Des bénévoles m’encouragent. Je peux lire dans leurs yeux : « Celui-là, vu comme il a le feu au cul avec les barrières horaires, il ira jamais jusqu’au bout ». Mais ça ne les empêche pas de m’encourager. Ils sont géniaux ces bénévoles.

 Au col de la Seigne tu ressusciteras. 

Sur la route qui monte doucement à la ville des glaciers, on voit se profiler le col de la Seigne car le jour se lève doucement. C’est là que j’ai arrêté l’année dernière. Il a l’air débonnaire, mais il me fait peur. Physiquement peur. Non pas à cause de sa difficulté intrinsèque, mais parce que je crains de rencontrer les mêmes problèmes de respiration dans cette nouvelle montée. Car c’est uniquement en montée que ça m’arrive. Et croyez-moi, ne plus pouvoir respirer correctement, c’est hyper flippant. Je vois quelques coureurs qui redescendent, et je crains devoir faire pareil. Je me rappelle alors que j’ai dans mon sac un médicament dénommé « Foradil » que mon médecin m’avait prescrit en disant « Essayez, vous verrez bien ». Je ne l’ai jamais essayé dans des contextes de « crise », car au cours de mes courses de préparation (Transjutrail et Tour des glaciers de la Vanoise en off et en solo), je n’en ai pas eu besoin. Après avoir hésité à le prendre en préventif avant la course, je l’avais simplement pris dans mon sac, au cas où. Curieux que je n’ai pas pensé à essayer dès le col du Bonhomme. J’inhale ce produit (qui est un bronchodilatateur de durée d’action assez longue), assez honteusement, car l’idée de prendre des médicaments en course me déplait fortement. Je réussis aussi à mâchonner lentement la moitié du bout de pain que j’ai pris au ravito, en le mélangeant à de l’eau. « Prenez ce pain car ceci est mon corps ». Pour le sang, le col de la Seigne est tout indiqué.

 

Je sympathise avec un autre concurrent qui a fait la CCC et s’essaye sur le grand tour. Il est préoccupé par les barrières horaires à Courmayeur. Je n’y pense même pas car je suis focalisé sur ce foutu col de la Seigne. Il me lâche dès les premiers lacets. J’adopte un rythme hyper-hyper prudent, car je veux simplement aller jusqu’en haut, quelque soit le temps que je mettrai. Je suis à 125 pulsations par minutes, soit 65 % de mes pulsations maximum. C’est même difficile de tenir un rythme aussi lent. Je  suis gentiment doublé par tous les concurrents, alors que je suis en toute fin de peloton (je saurai après que seulement 12 coureurs sont repartis après moi dans les délais aux Chapieux). Et là il ne m’arrive …rien ! Rien, tout va bien. Cette montée se passe sans problème. Quand j’arrive à la seconde partie de l’ascension, longue mais moins pentue, je comprends que ça va passer. PUTAIN MAIS C’EST UN MIRACLE ! C’est pas possible ! L’année dernière, dans ces passages, j’étais à la rue complet. Et là…je réaccélère ! Merci mon dieu, alors c’est vrai, les miracles, ça existe ! Pardonnes moi, je t’ai insulté à Notre Dame de la Gorge, mais tu m’as sauvé au col de la Seigne ! Mais non, pauvre blaireau, redescends sur terre, c’est un médicament qui t’as sauvé, c’est tout ! Un médicament dont tu découvre l’efficacité, point barre ! Je recroise au col mon compagnon, qui dans l’intervalle a eu une petite défaillance. On se souhaite bon courage, et je repars dans la descente. C’est bizarre, j’ai l’impression de lui avoir refilé le mistigri, la malédiction du col de la Seigne, et je culpabilise un peu. Moi, je suis libéré.

 A l’arête du Mont Favre tu t’envoleras. 

Et là mes amis, là, les mots « euphorie », « confiance » ou « plaisir » seraient trop faibles pour raconter ce qui m’arrive. OK, vous allez dire qu’à plus de 100 km de l’arrivée, c’est présomptueux, imprudent, mais j’ai alors la certitude que, sauf blessure, j’irai jusqu’au bout. Et les mots « sauf blessure » ne sont là que pour la forme, écrits en tout petit caractère, dans une note de bas de page de la dernière annexe du contrat. Je suis même excité à l’idée d’avoir à affronter toute cette distance. Plus question d’arrêter l’ultra ! C’est trop géant.

Je sors le MP3. L’année dernière, mon plan de bataille, c’était de ne pas le sortir avant le petit jour et le passage du col de la Seigne. Mais comme j’étais plus que mal, il était resté au fond du sac jusqu’à ce que j’arrête au refuge Elisabetta. Enorme frustration. Et maintenant, grosse revanche. C’est parti pour quelques heures de course en musique, sous le soleil, avec toute une série de points de vue magnifiques sur le massif du Mont blanc  versant italien. Le moral est en béton, les jambes sont en béton, l’estomac est redevenu paisible, et surtout, je peux respirer normalement dans les montées. Si je peux respirer, le reste, j’en fais mon affaire.

J’ai une bande son plutôt éclectique, entre musique classique, AC/DC ou Radiohead. Mais le second morceau sur lequel je tombe est un extrait de la messe en si de Bach : « Agneau de dieu, qui enlèves les pêchés du monde, prends pitié de nous ». C’est la seule musique que j’ai ayant un quelconque rapport avec la religion sur 12 heures d’enregistrement. Et là je commence à trouver  que Jésus Christ, malgré tout le respect que j’ai pour lui commence à être un peu pesant, voire lourd. Comme un commercial qui met sans arrête le pied dans la porte que vous voulez fermer. Il a sans donc compris qu’il y avait dans les pelotons d’ultra des âmes sensibles, à la recherche d’expériences nouvelles, parfois un peu déboussolées. Des conversions potentielles en pleine ascension avec des arguments bien ciblés du type : « Mes amis, pourquoi vous fatiguez-vous ? Savez-vous qu’avec la foi, on peut soulever des montagnes ? ». Merci, mais ce ne sera pas pour moi. Je ne serai pas le Saint-Paul de l’UTMB. Je reste toutefois poli avec JC. On ne sait jamais, la course n’est pas encore finie.

 

Je passe au ravito du lac Combal à 9H30. Je suis dans les barrières horaires (10H00). Je peux enfin manger, après une dizaine d’heures sans avoir quasiment rien avalé depuis les Contamines (mais beaucoup bu). Je relance en petite foulée sur la partie plate du lac Combal. J’ai découvert l’année dernière en faisant un 24 heures que j’adore relancer jusqu’à ce que les jambes n’en puissent plus (et même au-delà). Je vais attaquer jusqu’à Courmayeur la seule partie du parcours que je ne connais pas, et cela ajoute au plaisir. J’allume, le portable, et écoute les messages de soutien de ma mère, ma famille et des amis. Maintenant, tout est positif.

La montée à l’arrête du Mont Favre reste prudente, car je sais que la gestion de la chaleur sera une des difficultés de la journée qui vient. La grosse descente qui suit jusqu’à Courmayeur est une super partie de plaisir, la musique à fond sur les oreilles, et un panorama somptueux devant les yeux. J’ai l’impression de voler, je double pas mal de concurrents qui marchent. Je ne comprends pas comment on peut marcher dans une descente. Je ne m’arrête  pas au ravito du col Chécrouit. Juste une pensée pour la chouette ballade que j’ai fait un mois plus tôt avec ma petite famille au mont Chétif, jusqu’à la grande statue de la vierge qui veille sur Courmayeur.

 A Bertone tu cuiras. 

J’arrive à Courmayeur à 12H20. J’ai 40 minutes pour me requinquer un peu, la base vie fermant à 13H00. Je récupère mon sac d’affaires perso, bourré à craquer, et contenant lui-même deux sacs distincts : les affaires utiles et les affaires inutiles (mais au cas où…). Organisation subtile et finalement sans aucun intérêt pratique car beaucoup d’affaires dites « utiles » me sont en fin de compte inutiles (barres ou poudre énergétique que je ne consomme plus par exemple). Je me contente de soigner une ampoule et de changer de chaussettes, puis je vais manger un plat de pates. L’occasion de constater que l’organisation de ces barrières horaires me parait à revoir (c’est la seule critique que je pourrai faire à une organisation par ailleurs exemplaire). Je l’avais déjà entendu dire mais c’est vrai : pour les types qui arrivent peu de temps avant 13 heures, et qui pour certains se sont arrachés pour ça, c’est ingérable. Ils doivent dégager aussi vite qu’ils sont arrivés, n’ont droit à aucun soin car les podologues et médecins ferment à 12H30, et n’ont pour certains pas le temps de bouffer, tout ça sans la moindre compréhension de la part du sergent-chef qui fait le compte à rebours. Ouste ! Dehors ! Je pars en ce qui me concerne à 12H57, pour retrouver ma petite famille et m’apercevoir que j’ai très mal soigné mon ampoule. Je m’arrête pour tout recommencer avec l’aide de ma chère et tendre. Je repars du coup assez en retard sur les barrières, dans les tous derniers. Ma femme et mes filles m’accompagnent sur une bonne partie de la traversée de Courmayeur. J’ai réussi à les retrouver sur Courmayeur, ce qui était presque inespéré au Bonhomme, et maintenant il n’est absolument plus question d’abandonner.

 

J’attaque la montée sans être toutefois inquiet sur la barrière horaire d’Arnuva, car je suis en pleine forme. Je monte tranquillement à Bertone, alors que la chaleur commence à faire des dégâts parmi les coureurs. Je profite du moindre cours d’eau pour inonder complètement mon buff, que je porte autour du cou, et ma casquette. Cette montée se passe sans difficultés. Je commence tout de même à cuire au refuge  Bertone. Je cuis, mais je tiens. Je tiens suffisamment pour relancer suffisamment dans toute la portion en balcon jusqu’à Bonatti. C’est la partie que je préfère de tout le parcours. La vue sur les grandes Jorasses est sublime, et toute cette traversée vers Bonatti et Arnuva est un grand moment de bonheur, avec musique en toile de fond. Je me demande pourquoi il faut avoir été au fond du trou pour éprouver autant de plaisir. Arrivé à Arnuva à 17H45, j’ai 45 mn d’avance sur la barrière qui est à 18H30. Tout va bien, mais je suis quand même un peu éprouvé par la chaleur subie dans l’après-midi. Je reprends un coup de « Foradil », car l’effet du produit ne dure qu’une dizaine d’heures, et on va attaquer le grand col Ferret.

 Au grand col Ferret, le vent te portera. 

Je sais que ce col est un cap important dans la course, et je l’attaque encore prudemment. Nous avons maintenant l’ombre des montagnes, et un petit air frais remplace la chaleur, ce qui facilite la tache. Je suis encore tout heureux de pouvoir respirer normalement, et cette montée ne me pose pas de difficultés particulières. Contrairement aux descentes, je ne gagne toutefois pas de places, et je vais au même rythme que le reste du peloton à cet endroit. Au sommet du col, je me retourne et j’aperçois au loin le col de la Seigne. Nous quittons l’Italie pour la Suisse, et je remercie l’Italie pour la journée inoubliable qu’elle m’a offert. Je ne suis pas prêt d’oublier et j’en suis véritablement ému. Je range les bâtons et j’attaque la descente le sourire aux lèvres.

Je pensais qu’après le col Ferret, les jambes risquaient de commencer à flancher un peu. Mais non. Les jambes sont nickel, alors qu’on vient de  dépasser les 100 km de course. C’est seulement la troisième fois que je passe les 100 km. Et je repense à cette phrase de Yannis Kouros, lue dans UFO mag : « jusqu’à cent kilomètres, c’est physique. Après, c’est métaphysique. ». Je ne sais pas exactement ce qu’il a voulu dire. Surement qu’au-delà d’une certaine distance, il faut, pour continuer faire appel à des ressources dont l’origine reste un peu mystérieuses. Si Yannis Kouros, lui-même demi-dieu grec de l’ultra, l’a dit, c’est que ça doit être vrai. Ça explique peut-être pourquoi j’ai été visité par des forces de l’au-delà pendant ma course. Mais moi c’était avant les 100 kilomètres. J’ai du me planter, j’ai fait ma course à l’envers.

En attendant, je me pète ma petite descente peinard, au rythme de la chanson de Noir désir « le vent te portera ». Etant né au bord de la mer, j’ai souvent pensé qu’une bonne descente, c’est un peu comme barrer un bateau au vent arrière. Une fois que les réglages sont bons, que l’équilibre est trouvé, il n’y a plus qu’à se laisser porter par le vent, et glisser sur les vagues. Un petit coup de barre à droite, un petit coup de barre à gauche, tout en finesse. Mais c’est un équilibre instable. Un mauvais coup de barre, le vent qui tourne un peu et tu risques de te prendre un coup de baume dans la gueule. C’est pareil en descente, tu crois que tout va bien et tu as vite fait de te faire une cheville. C’est pas ce qui m’arrivera ici, parce que le vent n’est pas trop fort, et que j’arrive à éviter de me laisser griser par l’air du large. Ça vaut d’autant mieux qu’après La Peule, le sentier n’est pas si évident à négocier. J’arrive à La Fouly à 21H35, alors que la barrière est à 23H00. La nuit est tombée, tout baigne encore.

 

Je repars avec l’idée de relancer en courant dès que je peux, car ce sont les dernières portions encore un peu roulantes. C’est ce que je fais dans les premiers kilomètres, mais je me rends bientôt compte qu’un petit groupe me suit depuis un moment…en marchant. Je perds du temps à repérer les balises dans le noir, et mes foulées sont moins efficaces. Je décide donc de marcher vite avec ce groupe. Ce sera une erreur, car je ne suis pas bon en marche rapide. Ce rythme ne m’est pas naturel. Mon truc c’est plutôt d’alterner marche et course, même si au total c’est pas plus efficace qu’une bonne marche rapide. Jusqu’à Praz de fort, je suis ce rythme collectif qui en fait me fatigue. Du coup je le paie un peu dans la montée vers Champex, qui marque en fait la fin d’une période très favorable entamée au col de la Seigne plus de 12 heures plus tôt. Je marque un peu le pas et fais une montée assez lente, sans connaitre pourtant de véritable coup de mou.

 A Bovine tu atterriras. 

J’arrive à Champex à 1H15, assez largement dans les barrières horaires qui sont à 3H00. Je prends mes affaires, un plat de pates, et éprouve soudainement une grosse envie de dormir. Je prends rapidement la position horizontale. Mon sac de rechange est toujours bourré d’affaires inutiles, mais du coup il fera un excellent oreiller. Pendant une quinzaine de minutes, j’alterne périodes de perte de conscience et bref réveil. Avec le brouhaha général et l’inconfort du banc sur lequel je suis, je ne peux pas véritablement m’endormir. Heureusement car je ne me réveillerais sans doute pas. Cette stratégie totalement improvisée et peu réfléchie s’avérera très bonne car, comme après mon somme au col de la Croix du Bonhomme, je n’éprouverai plus par la suite aucune envie de dormir jusqu’à la fin de la course. Je repars vers 2H00. J’ai le plaisir d’avoir à cette heure tardive un coup de fil de ma sœur, qui, elle aussi, passe une nuit blanche, mais pour d’autres raisons : elle fait une petite teuf avec des copains ! Résultat identique, mais ambiance diamétralement opposée ! J’ai ensuite ma petite femme qui ne dort pas. Dommage pour elle, mais bien agréable pour moi de se sentir soutenu en pleine nuit.

Je suis en route vers la montée maintenant mythique de Bovine, mais je pense surtout que nous avons cette année trois difficultés à franchir avant l’arrivée, avec non seulement Bovine mais aussi les Tseppes et la petite nouveauté, la tête aux vents. Je ne hiérarchise pas vraiment ces trois ascensions. Après une assez longue approche, j’arrive avec pas mal d’autres coureurs à la barrière qui marque véritablement le début de l’ascension. Quand j’étais venu faire une reconnaissance l’année dernière, j’avais eu le sentiment, en franchissant cette barrière, de pénétrer dans le saint des saints, dans le temple de l’ultra trail. Depuis le temps que j’entendais parler de cette montée sur les forums! Et puis finalement je ne l’avais pas trouvé si impressionnante. Le mythe s’était un peu flétri. J’attaque donc la montée sans marque particulière de respect. Et au bout d’une heure, je déchante largement. Monter sans cesse les jambes, quand on est déjà un peu naze, c’est dur. Et ça n’en finit pas. Au bout du compte, sur la partie supérieure en balcon plus roulante, je me trouve bien usé et bien lent. La période euphorique est réellement terminée, j’ai arrêté de planer. Je n’ai pas assez respecté le côté sacré de ces lieux. Les dieux de l’ultra m’ont infligé une petite punition.

 

Dans la descente qui suit, je commence à avoir du mal à courir. Et voilà, moi qui regardait de haut les types qui marchent dans les descentes, j’y suis à mon tour. La marche rapide est maintenant plus efficace qu’une petite foulée étriquée. Pas grave. Le moral est toujours bon, je finirai en rampant s’il le faut.

 A Chamonix, tu finisheras. 

A Trient, le soleil se lève. Je crois qu’il est impossible que je ne finisse pas et donc j’attaque plus fort dans la montée. Pour la première fois je ne suis pas à l’économie, et passe la montée en 1heure. C’est moins bon dans la descente, car je suis encore contraint à une marche rapide que je n’aime pas vraiment. Je retrouve ma petite famille à Vallorcine. Ma femme et mes filles marchent un peu avec moi. Je leur fais croire que quand on se quittera, je vais accélérer, mais c’est faux, car je suis un peu cramé. Je m’arrache quand même dans la montée vers la tête aux vents, plus ludique que la pseudo-montée du col dit « des Montets ».

Malheureusement, après La Flégère, les quadriceps sont cramés, et je vais mettre 1H30 pour faire cette descente en marche « pas rapide », alors que je l’avais faire en ¾ d’heures en reconnaissance en courant tranquillou. Cela dit, sur les passages moins pentus de la fin, je me rends compte que je peux encore courir sans problème. Du coup je ne sais pas si les quadriceps ont lâchés, ou si la tête avait décidé que les quadriceps avaient lachés.

 

Vers la fin, à l’approche de l’arrivée, je pense comme à chaque course un peu costaud à mes parents, mes sœurs, ma femme, mes filles, et à d’autres. A mon père surtout. Si seulement toute l’énergie que je dépense sur ces courses pouvait lui servir à quelque chose. J’arrive sur le bitume de Chamonix, et alors que beaucoup d’encouragements, bien que sympathiques, me laissaient finalement froids au cours de la descente, celles d’un bénévole,  me glace au contraire d’émotion. Il me dit simplement « Allez mon gars, tu es finisher ». Je revois alors les encouragements des bénévoles aux Chapieux quand je suis reparti à 13 minutes de la barrière horaires. C’était il y a plus de 33 heures. Ils avaient raison de penser que je n’avais que très peu de chances de terminer. C’est pourtant ce qui c’est passé, et c’est le miracle de cette course qui est le théâtre de phénomènes invraisemblables. Alors peut-être que parmi toutes les prières que j’ai faites en cours de route, moi le mécréant, certaines se réaliseront. On ne sait jamais.

 

Je retrouve ma femme et mes filles, et je vais bien sûr courir avec elles les derniers hectomètres sous les applaudissements. Cela m’amuse beaucoup, mais je n’ai pas tant d’émotion que cela. J’ai en fait l’impression d’avoir déjà franchi l’arche d’arrivée au col de la Seigne. Ou plutôt, cette arche d’arrivée, je suis en train de la franchir depuis ce col. Je l’ai franchie pendant 100 km.

 Epilogue.  

J’ai voulu voir après la course ce qu’étaient devenus mes compagnons d’infortune rencontrés entre le col de la croix du bonhomme et le col de la Seigne, en regardant les résultats sur le site internet de la course. Malheureusement, très peu de ceux qui ont passé la barrière horaire des Chapieux à ce moment là ont pu aller au bout. 46 concurrents sont repartis une demi-heure avant la barrière horaire, et seulement 4 ont été jusqu’à Chamonix. Très peu ont dépassé Courmayeur. J’ai été en fait le dernier « finisher » à passer aux Chapieux. A Courmayeur, toujours parmi ceux partis une demi-heure avant la fermeture du poste (73), on compte davantage de finishers : 28. Au total, si vous êtes dans cette tranche horaire aux Chapieux, vous avez moins de 10 % de chance de terminer, et à Courmayeur, un peu moins de 40 % (si je ne me suis pas planté). C’est assez curieux car on a alors moins de chance de finir qu’au départ (plus d’une chance sur deux, le pourcentage de finisher étant supérieur à 50%).

 

6 commentaires

Commentaire de LtBlueb posté le 09-09-2008 à 23:29:00

13' aux Chapieux : le coup passa près !

Chapeau pour cette résurrection comme seul l'ultra peut en réserver

Vraiment content pour toi

L'Blueb

Commentaire de frankek posté le 10-09-2008 à 07:53:00

bravo pour ta course !! tu as eu un sacré mental ! récupère bien...

Commentaire de MiniFranck posté le 10-09-2008 à 14:49:00

CHAPEAU !!! t'as réussi ton UTMB mais aussi ton récit.... je me suis régalé en te lisant. Félicitations.

Commentaire de Baobab posté le 15-09-2008 à 11:18:00

Enorme la remontée !!! Pour tout dire j'ai failli vomir avec toi en lisant tes aventures gastriques. A l'heure de café et des paupières lourdes, j'ai vécu en relief et en couleur une partie de ton calvaire (mort de rire les fontaines de gerbe au ravito).
Merci pour ce bien CR, bien écrit et fidèle tout du long au fil rouge du calvaire.

Commentaire de blanche posté le 21-09-2008 à 02:37:00

amen........... je crois que la messe est dite.. l utmb c est dure, et dans les jambes et dans la tete et dans le coeur... recit passionnant
merci

Commentaire de Hippolyte30 posté le 25-09-2008 à 22:23:00

lève toi et marche ! J'ai adoré ton récit et ta recherche pour les intertitres. C'est une jolie nouvelle que tu as écrite. Et quelle course ! Tu as eu le feu au cul, pardon seigneur, tu es le ressucité parmi les morts ! Alelulia mon frère.

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